Lexique Théosophique
Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.
102 notices — lettre C
"Le puissant seigneur de splendeur" (Codex Nazarœus) ; ceux qui procréent sept vies bénéfiques, "ceux qui brillent dans leur propre forme et de leur propre lumière" pour contre- balancer les sept astres "mal-aspectés" ou principes. Ceux-ci sont les enfants de Karabtanos, personnification de la concupiscence et de la matière. Les seconds sont les sept planètes physiques ; les premiers, leurs génies ou régents. CABIRES ou Kabires (phénicien). Divinités qui furent l'objet de la plus grande vénération à Thèbes, à Lemnos, en Phrygie, en Macédoine et principalement à Samothrace. C'étaient les dieux des Mystères que nul profane n'avait le droit de nommer ou de mentionner. Hérodote en fait les dieux du Feu, et désigne Vulcain comme leur père. Les Cabires présidaient aux Mystères et leur nombre réel n'a jamais été révélé, leur signification occulte étant très sacrée.
Terme maçonnique pour un objet utilisé dans les Loges. Son origine doit être trouvée dans le cordon des ascètes brâhmanes, cordon qui est aussi utilisé au Tibet à des fins magiques.
Inventeur supposé des lettres de l'alphabet. Il peut en avoir été l'initiateur pour l'Europe et l'Asie Mineure et en avoir répandu l'usage ; mais en Inde les lettres étaient connues et utilisées par les Initiés des âges avant son temps.
Les poètes et mythologues grecs ont emprunté aux Egyptiens l'idée du Caducée de Mercure. On trouve le caducée composé de deux serpents s'entrelaçant autour d'un bâton dans des monuments égyptiens construits avant Osiris. Les Grecs l'ont altéré. Nous le trouvons aussi dans les mains d'Esculape mais sous une forme différente de celle du caducée de Mercure ou d'Hermès. C'est un symbole cosmique, sidéral ou astronomique aussi bien que spirituel et même physiologique dont la signification change avec son application. Métaphysiquement, le Caducée représente la chute de la matière primordiale et primitive dans la matière terrestre grossière ; l'unique Réalité devenant l'Illusion (voir Doctrine Secrète, II., p. 307 Astronomiquement, la tête et la queue représentent les points de l'écliptique où les planètes, et même le soleil et la lune, s'enlacent étroitement. Physiologiquement, c'est le symbole de la restauration de l'équilibre perdu entre la Vie, comme unité, et les courants de vie remplissant diverses fonctions dans le corps humain.
Adepte fameux, dont les ennemis prétendent que le véritable nom était Joseph Balsamo. Natif de Palerme, il étudia sous la direction d'un mystérieux étranger au sujet de qui on n'a que peu de renseignements. Il est inutile de raconter ce qu'on dit de son histoire admise, et son histoire réelle n'a jamais été dite. Son destin a été celui de tous les êtres humains qui prouvent qu'ils en savent plus que tous les autres hommes il fut "apidé"par des persécutions, des mensonges et des accusations infamantes, et il était pourtant l'ami et le conseiller des plus grands et des plus hauts personnages de tous les pays qu'il visitait. Pour finir il fut jugé et condamné à Rome pour hérésie, et on dit qu'il mourut enfermé dans une prison d'Etat (voir "Mesmer"). Pourtant sa fin ne fut pas tout à fait imméritée car il avait manqué à ses vœux, était déchu de son état de chasteté, et avait cédé à l'ambition et à l'égoïsme.
Le signe de l'initiation mentionné dans l'Apocalypse de St. Jean. Le mot prix s'y trouvait gravé, et il était le symbole de ce mot confié au néophyte qui, lors de son initiation, avait traversé avec succès toutes les épreuves des MYSTÈRES. C'était la puissante cornaline blanche des Rose-Croix médiévaux, qui la tenaient des Gnostiques. " celui qui vaincra, je donnerai à manger de la manne cachée (la connaissance occulte qui descend du ciel comme sagesse divine), et je lui donnerai un caillou blanc, et sur ce caillou est écrit un nom nouveau (le nom mystérieux de l'homme intérieur ou EGO du nouvel initié), que personne ne connaît hormis celui qui le reçoit". (Apocalypse, II. 17). GAIN ou Kayn (héb.). En symbologie ésotérique on dit qu'il est identique à Jehovah ou le "Seigneur Dieu" du 4e chapitre de la Genèse. On tient de plus qu'Abel n'était pas son frère mais son aspect féminin (Voir Doctrine Secrète, sous ce vocable). CAMPANELLA, Tomaso. Calabrais, né en 1568, qui dès son enfance témoigna de pouvoirs étranges et s'adonna, pendant toute sa vie, aux Arts Occultes. L'histoire qui raconte qu'il fut initié aux secrets de l'alchimie dès son enfance et pleinement instruit dans la science secrète par un rabbin cabaliste, au moyen du notaricon, en une quinzaine de jours, est un conte à dormir debout. La connaissance occulte, même lorsqu'elle est l'héritage d'une vie précédente, ne vient pas en l'espace de deux semaines à une nouvelle personnalité. Il devint adversaire de la philosophie matérialiste aristotélicienne lorsqu'il était à Naples et dut s'enfuir pour sauver sa vie. Plus tard l'Inquisition chercha à le juger et à le condamner pour la pratique des arts magiques, mais ses efforts furent vains. Pendant sa vie, il écrivit un nombre énorme d'ouvrages de magie, d'astrologie et d'alchimie, dont la plupart n'existent plus. On dit qu'il mourut au couvent des Jacobins à Paris, le 21 mai 1639.
Langage du Karnatique, à l'origine appelé Kanara, une des divisions de l'Inde du Sud.
Dixième signe du Zodiaque (en sanskrit Makara), considéré, à cause de sa signification cachée, comme la plus importante des constellations du mystérieux Zodiaque. Il est parfaitement décrit dans la Doctrine Secrète, aussi n'y a-t-il que peu de choses à ajouter. Il importe peu qu'en accord avec les affirmations exotériques ce soit le Capricorne qui ait été rattaché d'une façon quelconque à la chèvre (nourrice) Amalthée qui nourrit Jupiter de son lait, ou que le dieu Pan se soit changé en bouc et ait laissé son empreinte sur les archives sidérales. Chacune de ces fables possède sa signification. Tout dans la nature est intimement relié au reste, et par conséquent les étudiants de la science antique ne seront pas trop surpris qu'on leur dise que même les sept pas faits dans la direction de chacun des points cardinaux – 28 en tout – par le Bouddha nouveau-né sont en rapport étroit avec les 28 étoiles de la constellation du Capricorne. CARDAN, Jérôme. Astrologue, alchimiste, cabaliste et mystique bien connu en littérature. Né à Pavie en 1501 et mort à Rome en 1576.
Très ancien site de Bretagne (France) d'un temple de structure cyclopéenne, consacré au Soleil et au Dragon ; de même nature que Karnac, en Egypte antique, et de Stonehenge en Angleterre (Voir "Origine du Mythe satanique" dans la Doctrine Secrète, III., 474.). Il fut construit par les prêtres-hiérophantes préhistoriques du Dragon solaire, ou sagesse symbolisée (les kumâras solaires qui s'incarnèrent étant les plus élevés). Chacune des pierres était placée sur son site par les adeptes-prêtres successivement en charge et en personne, et commémorait en langage symbolique le degré de pouvoir, de rang et de savoir de chacun d'eux. (Pour plus de développements voir la Doctrine Secrète, III., 474 et sep. et aussi la section "Carnac", ibid. IV., 387 et seq.).
A l'origine le système des quatre classes héréditaires en lesquelles la population indienne était divisée : Brâhmanes, Kshatriya, Vaiśya et Śûdra (ou descendants de Brahmâ, Guerriers, Marchands et la plus inférieure ou Agriculteurs). En plus de ces quatre castes originelles, il s'en est formé des centaines d'autres en Inde. CAZOTTE, Jacques. Merveilleux voyant qui prédit la décollation de plusieurs personnages royaux, et sa propre décapitation lors d'un joyeux repas, quelque temps avant la première révolution en France. Il naquit à Dijon en 1720 et étudia la philosophie mystique dans l'école de Martinès de Pasqually à Lyon. Le 11 septembre 1791 il fut arrêté et condamné à mort par le président du Tribunal Révolutionnaire qui, il est honteux de le souligner, avait été son camarade d'études et membre de la Loge mystique de de Pasqually à Lyon. Cazotte fut exécuté le 25 septembre sur la Place du Carrousel.
Surnommé "Francesco Stabili". Il vécut au 13ème siècle et fut considéré comme le plus fameux astrologue de son temps. Il existe encore un de ses ouvrages publié à Bâle en 1485 et appelé Commentarii in Sphœram Joannis de Sacrabosco. Il fut brûlé vif par l'Inquisition en 1327.
Cerbère, ce monstre canin à trois têtes qui était censé veiller au seuil de l'Hadès, est venu d'Égypte aux Grecs et aux Romains. C'était le monstre mi-chien, mi-hippopotame qui gardait le portail de l'Amenti. La mère de Cerbère était Echidna – être mi-femme, mi-serpent, très honorée en Etrurie. Aussi bien le Cerbère égyptien que le grec sont des symboles du kâmaloka et de ses monstres bizarres, coques abandonnées des mortels.
Il y a plusieurs "cercles" avec des adjectifs mystiques pour les qualifier. C'est ainsi que nous avons : (1) le "Décussaté ou Cercle Parfait" de Platon, qui le montre décussaté en forme d'X ; (2) la "Danse du Cercle" des Amazones, autour d'une image priapique, identique à la danse des Gopîs autour du Soleil (Krishna), les bergères représentant les signes du Zodiaque ; (3) le "Cercle de Nécessité" de 3.000 ans des Egyptiens et des occultistes, la durée du cycle entre les renaissances ou réincarnations étant de 1.000 à 3.000 ans en moyenne. Il en sera traité aux articles "Renaissance" ou "Réincarnation".
, Le. Le cercle à l'intérieur duquel sont renfermés tous ceux qui sont encore victimes de l'illusion de la séparativité.
En grec, Déméter. En tant qu'aspect féminin du Pater Æther, Jupiter, elle est ésotériquement le principe producteur dans l'Esprit qui pénètre tout et qui active tous les germes de l'univers matériel. CÉSAR. Astrologue de grande renommée et "professeur de magie", c'est-à-dire un occultiste, sous le règne d'HENRI IV de France. "Il passait pour avoir été étranglé par le diable en 1611", nous rapporte le frère Kenneth Mackenzie.
Un Ordre appartenant à la souche rosicrucienne dont les membres étudient la Cabale et les Sciences Hermétiques ; il admet les deux sexes et possède beaucoup de grades d'instruction. Les membres se rassemblent en privé et l'existence même de l'Ordre est généralement inconnue. (w.w.w.).
Fondateur d'une secte mystique en Inde. Un sage plutôt moderne, que l'on croit être un avatâr de Krishna.
N'importe quelle localité rendue sacrée grâce à certains événements de la vie du Bouddha ; mot qui signifie la même chose mais à l'égard des dieux, et de tout genre d'endroit ou objet de culte.
"Celui qui tient le lotus", se dit de Chenresi, le Bodhisattva. Ce n'est pas un mot authentiquement tibétain ; il est à moitié sanskrit.
Une roue. Le disque ou cercle de Vishnu qui servait d'arme : la roue du Zodiaque ; également la "roue du Temps", etc... Avec Vishnu, c'était le symbole de l'autorité divine. Une des soixante-cinq figures du Supâda, ou empreinte mystique du pied du Bouddha qui contient ce nombre de figures symboliques. Le chakra est utilisé dans les phénomènes mesmériques et dans d'autres pratiques anormales.
L' "Œil". Loka-chakshuh ou "l'œil du monde" est le titre du soleil.
La première Vijnâna. Litt., "l'œil", signifiant la faculté de la vue, ou plutôt une perception occulte de réalités spirituelles et subjectives. CHALDEENS, ou Kasdim. Tout d'abord une tribu, puis une caste de Cabalistes érudits. C'étaient les savants, les mages de Babylonie, les astrologues et les devins. Le fameux Hillel, précurseur de Jésus en philosophie et en éthique, était chaldéen. Franck, dans sa Kabbala, montre l'étroite ressemblance de la "doctrine secrète" trouvée dans l'Avesta et la métaphysique religieuse des Chaldéens.
Nom donné par les Assyro-Chaldéens à leurs Champs-Elysées, qui étaient entremêlés avec leur Hadès. Comme M. Boscawen le dit à ses lecteurs : – "Le royaume du Monde Souterrain était le domaine du dieu Hea, et l'Hadès des légendes assyriennes était placé dans le monde souterrain et régi par la déesse, Nin-Kigal, ou "la Dame du Grand Pays". On l'appelait aussi Allât". La traduction d'une inscription se lit ainsi : – "Après les dons des jours actuels, au milieu des fêtes du pays du ciel d'argent, des cours resplendissantes, des demeures de bénédiction, et dans la lumière des Champs Heureux, qu'il réside dans la vie éternelle et sainte, en la présence des dieux qui habitent l'Assyrie". C'est digne d'une inscription funéraire chrétienne. Ishtar, la belle déesse, descendit dans l'Hadès cherchant après son bien-aimé Tammuz et découvrit que cet endroit ténébreux des ombres avait sept sphères et sept portails ; à chacun de ceux-ci, elle devait laisser quelque chose de ce qui lui appartenait.
Hors-caste, ou individu sans caste ; nom qui est maintenant donné à toutes les basses classes hindoues, mais dans l'Antiquité, on l'appliquait à une certaine classe d'hommes qui ayant été déchus de leurs droits à l'appartenance à l'une ou l'autre des quatre castes – Brâhmanes, Kshatriyas, Vaiśyas et Śûdras – étaient expulsés des villes et cherchaient refuge dans les forêts. Ils devinrent ensuite "briqueteurs" jusqu'à ce que finalement expulsés du pays ils le quittèrent environ 4.000 ans avant notre ère. Quelques-uns y voient les ancêtres des Juifs primitifs, dont les tribus débutèrent avec A-brahm ou "Non-Brahm". Jusqu'à nos jours, en Inde, c'est la classe la plus méprisée par les Brâhmanes.
La lune ; aussi en tant que divinité. Les termes Chandra et Soma sont synonymes.
La "pierre de lune" ; une pierre précieuse qu'on prétend se former et se développer sous les rayons de lune qui lui donnent des propriétés occultes et magiques. Elle possède une propriété rafraîchissante lorsqu'on l'applique sur les deux tempes en cas de fièvre.
Le fils de Nanda, le premier roi bouddhiste en Inde de la dynastie des Maurya, le grand-père du roi Aśoka, le "bien-aimé des dieux" (Piyadasi). Le Sandracottos des écrivains grecs imprécis qui allèrent en Inde au temps d'Alexandre (voir "Aśoka").
La méthode pour calculer le temps d'après la lune.
La chronologie lunaire annuelle. CHANDRA-VAMŚA (sans.). La "Race-lunaire" par opposition à Sûrya-vamśa, la "Race-solaire". Certains orientalistes pensent qu'il y a contradiction dans le fait que Krishna qui est Chandravamśa (de la branche Yadu) ait été proclamé avatâr de Vishnu qui est une manifestation de l'énergie solaire dans le Rig Veda dont l'autorité est suprême pour les Brâhmanes. Cela montre pourtant la profonde signification occulte de l'Avatâr, signification que la philosophie ésotérique seule peut expliquer. Un glossaire n'est pas le cadre d'une telle explication ; mais il peut être utile de rappeler à ceux qui savent, et d'apprendre à ceux qui ne savent pas, qu'en occultisme l'homme est appelé un être luni-solaire, solaire dans sa triade supérieure, et lunaire dans son quaternaire. De plus, c'est le soleil qui donne à la lune sa lumière de la même façon que la triade humaine déverse sa lumière divine sur la coque mortelle de l'homme pécheur. La vie céleste active la vie terrestre. Krishna représente métaphysiquement l'Ego devenu un avec Atma-Buddhi, et accomplit mystiquement la même fonction que le Christos des Gnostiques, tous deux étant "le dieu intérieur dans le temple" – l'homme. Lucifer est "la brillante étoile du matin", symbole bien connu dans l'Apocalypse, et, comme planète, correspond à l'EGO. Or Lucifer (ou la planète Vénus) est le Śukra-Uśanas des Hindous ; et Uśanas est le Daitya-guru, c'est-à-dire, le guide spirituel et l'instructeur des Dânavas et des Daityas. Ces derniers sont les démons-géants des Purânas et, dans les interprétations ésotériques, le symbole antitype de l'homme de chair, l'humanité physique. Les Daityas peuvent s'élever, dit- on, par la connaissance, "les austérités et la dévotion" jusqu'au "rang des dieux et de l'ABSOLU". Tout cela est très suggestif dans la légende de Krishna ; et ce qui l'est encore plus c'est que Krishna, Avatâr d'un grand dieu en Inde, est de la race de Yadu, et qu'il en est de même d'une autre incarnation, "Dieu lui-même fait chair" – ou "l'homme-Dieu Christ", également de la race Iadoo – nom donné aux Juifs dans toute l'Asie. De plus, comme sa mère, qu'on représente comme Reine du Ciel debout sur le croissant de lune, est identifiée dans la philosophie gnostique, et aussi dans le système ésotérique, avec la Lune elle-même comme toutes les autres déesses lunaires telles qu'Isis, Artémis, Astarté et autres – mères des Logoï, de même le Christ est à maintes reprises appelé, dans l'Eglise catholique romaine, le Christ-Soleil, etc... S'il s'agit là d'une métaphore, c'est aussi le cas pour l'autre.
"Celui aux 1.000 yeux", un des noms de Padmâpâni ou Chenresi (Avalokiteśvara).
L'Abîme, la "Grande Profondeur". En Egypte il était personnifié par la déesse Neïth, antérieure à tous les dieux. Comme le dit Deveria, "le seul Dieu, sans forme ni sexe, qui sans fécondation se donna naissance, est adoré sous la forme d'une Vierge-Mère". C'est une déesse à tête de vautour trouvée à Abydos dans les couches appartenant à la plus ancienne période, qui, selon Mariette, sont de la première Dynastie ce qui la situerait, même de l'aveu des orientalistes qui rapetissent le temps, à quelque 7.000 ans d'âge. Comme le dit Bonwick dans son excellent ouvrage sur les croyances égyptiennes – Neïth, Nout, Nepte, Nuk (ses noms sont différemment lus) est une conception philosophique digne du dix-neuvième siècle de l'ère chrétienne plutôt que du trente-neuvième avant cette ère ou plus tôt que cela". Et il ajoute : "Neïth ou Nout n'est ni plus ni moins que la Grande Mère et cependant la Vierge Immaculée ou Dieu féminin, d'où toutes choses procèdent". Neïth est le "Père-Mère" des Stances de la Doctrine Secrète, le Svabhavat des Bouddhistes du Nord, en vérité, la Mère immaculée, le prototype de la dernière "Vierge" de toutes ; car, comme le dit Sharpe, "la fête de la Chandeleur – en l'honneur de la déesse Neïth – est encore indiquée dans nos almanachs comme la Chandeleur on la Purification de la Vierge Marie et Beauregard nous parle de l' "Immaculée Conception de la Vierge, qui peut désormais, comme égyptienne, la mystérieuse Neïth, se vanter d'être venue d'elle-même et d'avoir donné naissance à Dieu". Que celui qui rejetant l'action des cycles et la récurrence des événements lise ce qu'était Neïth il y a 7.000 ans dans la conception des Initiés égyptiens, essayant de populariser une philosophie trop abstraite pour les masses, et qu'il se rappelle les sujets de dispute au Concile d'Ephèse en 431, lorsque Marie fut déclarée Mère de Dieu, et que son Immaculée Conception fut imposée comme sur l'ordre de Dieu par le Pape et le Concile en 1858. Neïth est Svabhavat et aussi l'Aditi védique et l'Akâśa purânique, car "elle n'est pas seulement la voûte céleste ou éther, mais on la fait apparaître dans un arbre, d'où elle donne le fruit de l'Arbre de Vie (semblable à une autre Eve) ou déverse sur ses adorateurs une partie de l'eau divine de vie". C'est de là que lui vient l'appellation favorite de "Dame du Sycomore", une épithète appliquée à une autre Vierge (Bonwick). La ressemblance est encore plus marquée quand on trouve Neïth dans de vieilles images représentée comme une Mère tenant embrassé le dieu à tête de bélier, l' "Agneau". Une ancienne stèle déclare qu'elle est "Nout, la lumineuse, qui a engendré les dieux" – y compris le Soleil, car Aditi est la mère de Mârtanda, le Soleil – un Aditya. Elle est Naus, le vaisseau céleste : c'est pourquoi nous la trouvons à la proue des navires égyptiens, comme Didon sur celle des nefs des marins phéniciens, et immédiatement nous avons la Vierge Marie, de Mar, la "Mer", appelée la "Vierge de la Mer", et la "Dame Protectrice" de tous les marins Catholiques romains. Le Rd. Sayce, cité par Bonwick, l'explique comme un principe dans le Bahu babylonien (Chaos, ou confusion) c'est-à-dire "simplement le Chaos de la Genèse... et peut-être aussi Môt, la substance primitive qui était la mère de tous les dieux". Nabuchodonosor semble avoir occupé la pensée du savant professeur, puisqu'il a laissé le témoignage suivant en caractères cunéiformes, "J'ai construit un temple à la Grande Déesse, ma Mère". Nous pouvons citer, pour finir, les paroles de Bonwick que nous approuvons totalement : "Elle (Neïth) est la Zerouâna de l'Avesta, "temps sans limites". Elle est la Nerfe des Étrusques, demi- femme, demi-poisson" (d'où le rapport entre la Vierge Marie et le poisson et pisces, la constellation des Poissons) dont il est dit : "De la bonne et sainte Nerfe la navigation est heureuse. Elle est la Bythos des Gnostiques, l'Un des Néo-Platoniciens, le Tout des métaphysiciens allemands, l'Anaïta de l'Assyrie".
Auteur sur la Médecine qui vécut aux temps védiques. On croit qu'il a été une incarnation (Avatâra) du Serpent Śesha, c'est-à-dire une incarnation de la Sagesse divine, puisque Śesha-Nâga, le Roi de la race des "Serpents", est synonyme d'Ananta, le Serpent aux sept- têtes, sur lequel dort Vishnou durant les pralayas. Ananta est le "sans fin" et le symbole de l'éternité, et, comme tel, un avec l'Espace, tandis que Śesha n'est que périodique dans ses manifestations. C'est pourquoi, tandis que Vishnu est identifié à Ananta, Charaka n'est que l'Avatâra de Śesha. (Voir "Ananta" et "Śesha"). CHARNOCK, Thomas. Grand alchimiste du XVIème siècle ; chirurgien qui vivait et exerçait près de Salisbury, étudiant l'Art dans des cloîtres voisins avec un prêtre. On dit qu'il fut initié au secret final de la transmutation par le fameux mystique William Bird qui "avait été prieur de Bath, et avait couvert les dépenses de réparations de l'église de l'Abbaye au moyen de l'or qu'il avait fait grâce aux élixirs blanc et rouge" (Royal Masonic Cyclopœdia). Charnock a écrit son Breviary of Philosophy en 1557 et The Enigma of Alchemy, en 1574.
L'égyptien Khu-en-ua, le nocher à la tête de faucon de la barque conduisant les Ames au-delà des eaux noires qui séparent la vie de la mort. Charon, le fils de l'Erèbe et de la Nuit, est une variante de Khu- en-ua. Les morts étaient obligés de payer une obole, petite pièce de monnaie, à ce sombre nautonnier du Styx et de l'Achéron ; aussi les Anciens plaçaient-ils toujours une pièce sous la langue du défunt. C'est une coutume qui s'est maintenue jusqu'à nos jours, car la plupart des gens des classes inférieures de Russie placent une pièce de cuivre sous la tête du défunt pour les frais post-mortem.
Il y eut deux êtres fameux portant ce nom. L'un était un Râkshasa (démon) qui se déguisa en Brâhmane et entra dans Hastinâ-pura. Sur ce, les Brâhmanes ayant découvert l'imposture réduisirent Chârvâka en cendres avec le feu de leurs yeux, – c'est-à-dire, magnétiquement au moyen de ce qu'on appelle en occultisme le "regard noir" ou le "mauvais œil". Le second fut un formidable matérialiste, négateur de tout ce qui n'était pas matière, qui, s'il pouvait revenir à la vie, ferait honte à tous les "Libres Penseurs" et "Agnostiques" de notre temps. Il vivait avant l'époque du Râmâyana, mais ses enseignements et son école ont survécu jusqu'à nous, et il a encore maintenant des disciples, surtout au Bengale. CHASTANIER, Benoît. Un maçon français qui, en 1767, établit à Londres une loge appelée "Les Théosophes Illuminés".
Les "Quatre Rois" des Devas, qui veillent sur les quatre quartiers de l'univers, et sont reliés au karma.
"Celui qui a quatre visages", titre de Brahmâ.
Les quatre castes (litt., couleurs). CHATURDAŚA BHUVANAM (sans.). Les quatorze lokas ou plans d'existence. Esotériquement, les sept états doubles.
Se prononce tchâtur-yonî. Identique à Karmanya ou "les quatre modes de naissance" – quatre façons d'entrer sur le sentier de la naissance tel qu'il est décidé par Karma : (a) naissance d'une matrice, comme les hommes et les mammifères ; (b) naissance d'un neuf, comme les oiseaux et les reptiles ; (c) naissance de l'humidité et des germes de l'air, comme les insectes ; (d) par soudaine auto-transformation, comme les Bodhisattvas et les Dieux (Anupapâdaka).
Identique à Eve : "La Mère de tout ce qui vit" ; la "Vie". CHAVIGNY, Jean Aimé de. Disciple du fameux Nostradamus, un astrologue et un alchimiste du XVIème siècle. Il mourut en 1604. Sa vie fut très tranquille et il fut presque un inconnu pour ses contemporains ; mais il laisse un précieux manuscrit sur l'influence prénatale et post-natale des astres sur certains individus marqués : secret qui lui avait été révélé par Nostradamus. Ce traité était, en dernier lieu, en possession de l'empereur Alexandre de Russie.
Disciple, élève d'un Guru ou Sage, le partisan d'un adepte quelconque d'une école de philosophie (litt., enfant).
L'ancien nom de l'Egypte. CHENE SACRE. Chez les Druides le chêne était l'arbre le plus sacré, et ainsi également chez les anciens Grecs, si nous pouvons ajouter foi à Phéréxydes et à sa Cosmogonie, qui nous parle du chêne sacré "dans les branches exubérantes duquel un serpent (c'est-à-dire la Sagesse) habite, et ne peut être délogé". Chaque peuple possède ses propres arbres sacrés, les Hindous entre tous.
L'Avalokiteśvara tibétain. Le Bodhisattva Padmâpâni, un Bouddha divin.
Ou Heru. Glaive magique, arme de Heru, "le dieu au glaive". Dans l'Edda, la Saga le décrit comme détruisant son possesseur, s'il était indigne de le porter. Il ne donne la victoire et la renommée que dans la main d'un héro vertueux.
"Compassion" ; nommée aussi Gedulah, la quatrième des dix Sephiroth : puissance masculine et active. (w.w.w.).
"Le pas du désir", un terme employé dans le Râja Yoga. C'est la renonciation finale de tout désir en tant que condition sine qua non pour l'obtention des pouvoirs phénoménaux et l'entrée sur le sentier direct du Nirvâna.
Le Samhitâ (une collection) du Sâma Veda ; également un prêtre ou un chanteur du Sâma Veda.
Grand Bodhisattva pour les Bouddhistes du Nord, fameux pour son ardent amour de l'Humanité ; regardé dans les écoles ésotériques comme un Nirmânakâya. CHHASSIDI ou Chasdim. Traduit par Assidaï dans les Septante, et par Assideans en anglais. Macchabées (I. VII. 13) les mentionne comme mis à mort avec beaucoup d'autres. Ils étaient les disciples de Mattathias, le père des Macchabées, et tous étaient des mystiques initiés, ou adeptes juifs. Le mot signifie "habile, versé en sagesse humaine et divine". Mackenzie (Royal Masonic Cyclopœdia) les regarde comme les gardiens du Temple pour la préservation de sa pureté ; mais comme Salomon et son Temple sont tous deux allégoriques et n'ont pas eu d'existence réelle, le Temple, en ce cas, signifie le "Corps d'Israël" et sa moralité. "Scaliger rattache cette société des Assidéens à celle des Esséniens, considérant qu'elle l'a précédée dans le temps". CHHAYA (sans.)." Ombre". Le nom d'une créature que Samjnâ, épouse de Sûrya, produisit d'elle-même (corps astral). Incapable d'endurer l'ardeur de son époux. Samjnâ laissa Chhâyâ à sa place comme épouse et s'en fut se livrer à des austérités. Chhâyâ est l'image astrale d'une personne dans la philosophie ésotérique.
Le monde des Ombres ; pareil à l'Hadès, le monde des Eidola et des Umbrae. Nous l'appelons kâmaloka.
La Vie ; Vita revivificata. Dans la Cabale, la deuxième essence supérieure de l'âme humaine, correspondant à Hochmah (Sagesse).
Chih-Śakti, le pouvoir qui génère la pensée.
Litt., "le foyer dans le cœur" ; le siège de la force qui éteint tout désir individuel. CHIDAKAŚAM (sans.). Le champ ou la base de la conscience universelle. CHIFFLET, Jean. Chanoine cabaliste du XVIIème siècle qu'on dit avoir appris d'Initiés coptes une clef pour l'interprétation d'ouvrages gnostiques. Il écrivit, en deux parties, un livre sur ABRAXAS, mais la partie ésotérique fut brûlée par l'Église.
Un nom pluriel – "les vies", trouvé dans des mots composés tels que Elohim Chiim, les dieux des vies, que Parkhurst traduit par "le dieu vivant", et Ruach Chiim, l'Esprit des vies ou de la vie. (w.w.w.).
Une secte de Musulmans qui place le prophète Ali sur un rang supérieur à celui de Mahomet ; elle rejette Sunnah ou la tradition. CHIKITSA VIDYA ŚASTRA (sans.). Un traité de médecine occulte qui contient plusieurs prescriptions "magiques". C'est l'un dès Pancha Vidyâ Śâstra ou Ecritures.
Le nom pour la Chine dans les ouvrages bouddhiques ; le pays étant ainsi appelé depuis la dynastie Tsin, qui débuta en l'année 349 avant notre ère. CHINE, La Cabale de. Un des plus anciens livres chinois connus est le Yi King (ou I Ching) ou Livre des Changements. On prétend qu'il fut écrit en 2850 avant J.C. dans le dialecte des races noires akkadiennes de Mésopotamie. C'est un système très difficile de philosophie mentale et morale avec un plan de rapport universel et de divination. Les idées abstraites sont représentées par des lignes, des demi-lignes, des cercles et des points. C'est ainsi qu'un cercle représente YIH, le Grand Suprême ; une ligne se rapporte à YIN, la Puissance masculine active ; deux demi-lignes à YANG, la Puissance féminine passive. KWEI est l'âme animale, SHAH l'intellect, KHIEH le ciel ou le Père, KHWAH la terre ou la Mère, KAN ou QHIN est le Fils : les nombres masculins sont impairs et représentés par des cercles clairs, les nombres féminins pairs et représentés par des cercles noirs. Il existe deux diagrammes très mystérieux, l'un est appelé "Ho ou la Carte de la Rivière", il est également associé à un Cheval ; et l'autre, appelé "l'Ecrit de Lo". Ces deux diagrammes sont formés de groupes de cercles noirs et clairs, arrangés d'une manière cabalistique. Le texte est d'un Roi nommé Wan, et le commentaire de Kan, son fils : on admet que ce texte est plus ancien que l'époque de Confucius. (w.w.w.).
La conscience abstraite.
Chiton, vêtement sacerdotal : les "vêtements de peau" donnés par le Java Aleim à Adam et Eve après leur chute.
En philosophie ésotérique, identique aux Kumâras qui s'incarnèrent tout d'abord dans les hommes de la Troisième Race- Racine. (Voir la Doctrine Secrète, Vol. I, 286).
Le deva (ou dieu) qui est l'archiviste de Yâma (dieu de la mort) et qui est censé lire le compte de la vie de chaque âme dans un registre appelé Agra Sandhâni quand l'âme en question apparaît devant le Tribunal. (Voir "Agra Sandhâni"). CHITRA ŚIKHANDIN (sans.). La constellation de la Grande Ourse ; la demeure des sept Rishis (Sapta-Riksha). Litt.,"à la crête brillante".
"Le pas de la mémoire". La troisième condition de la série mystique qui conduit à l'adeptat ; c'est-à-dire, la renonciation à la mémoire physique et à toutes les pensées rattachées aux événements mondains ou personnels de sa propre vie – avantages, plaisirs personnels ou associations privées. La mémoire physique doit être sacrifiée, et rappelée par le pouvoir de la volonté lorsqu'elle est seulement nécessaire. Le Riddhi Pâda, litt., les quatre "Pas vers Riddhi", sont les quatre modes pour contrôler et finalement annihiler le désir, la mémoire, et en dernier lieu la méditation elle-même – pour autant que ces choses sont liées à un effort du cerveau physique – la méditation ensuite devient absolument spirituelle.
Un des quatre buts du Smriti Upasthâna, c'est-à-dire, l'aptitude à garder toujours présent à l'esprit le caractère passager de la vie de l'homme et l'incessante révolution de la roue de l'existence.