Lexique Théosophique

Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.

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AARON (héb.)

Le frère aîné de Moïse et le premier Initié du législateur hébreu. Le nom veut dire l'Illuminé ou l'Eclairé. Aaron est donc le chef de file, ou hiérarchie, des Nabim initiés, ou Voyants.

AB (héb.)

Le onzième mois de l'année civile hébraïque ; le cinquième de l'année sacrée commençant en juillet. (w.w.w.)

AB-I-HAYAT (persan)

Eau d'immortalité. Supposée donner la vie et la jeunesse éternelles à ceux qui en boivent. ABIRI (gr.). Voir Cabires. Aussi écrit parfois Kabires, les Puissants, les célestes fils de Zedec le juste. Groupe de divinités adorées en Phénicie ; ils semblent être identiques aux Titans, Corybantes, Curètes, Telchines et Dii Magni de Virgile (w.w.w.).

AB-SOU (chaldéen)

Le nom mystique pour l'Espace, signifiant la demeure d'Ab, le "Père", ou la Tête de la Source des Eaux de la Connaissance ; le savoir de celle-ci est caché dans l'espace invisible ou régions âkâshiques.

ABADDON (héb.)

Un ange de l'Enfer, correspondant à l'Apollyon grec.

ABATUR (gn.)

L' "Ancien-des-Jours" dans le système nazaréen. Antiquus Altus, le Père du Démiurge de l'Univers, est appelé la Troisième Vie ou "Abatur". Il correspond au Troisième "Logos" dans La Doctrine Secrète (Voir Codex Nazarœus).

ABBA AMONA (héb.)

Litt., "Père-Mère" ; les noms occultes des deux plus hautes Sephiroth, Hochmah et Binah, de la triade supérieure, dont le sommet est Sephira ou Kether. De cette triade sort le septénaire inférieur ou Arbre séphirotique.

ABHAMSI (sans.)

Nom mystique des "quatre ordres d'êtres" qui sont les Dieux, les Démons, les Pitris et les Hommes. Les orientalistes rattachent en quelque sorte ce nom aux "eaux", mais la philosophie ésotérique rattache son symbolisme à l'Akâśa – les "eaux éthérées de l'espace", puisque c'est sur le sein de l' "espace" et dans ses sept plans que les "quatre ordres d'êtres" (inférieurs) et les trois ordres supérieurs d'Etres Spirituels sont nés (voir Doctrine Secrète, II, 192 et 193 et "Ambhâmsi").

ABHASVARAS (sans.)

Les Devas ou "Dieux" de la Lumière et du Son, les plus hautes des trois régions (plans) célestes supérieures du second Dhyâna (V.). Une classe de dieux au nombre de soixante-quatre, représentant un certain cycle et un nombre occulte.

ABHAVA (sans.)

Négation des objets individuels ou leur non-être ; la substance nouménale ou objectivité abstraite.

ABHAYA (sans.)

"Absence de peur" – un fils de Dharma ; et aussi une vie religieuse de devoir. Comme adjectif voulant dire "sans peur", Abhaya est une épithète donnée à chaque Bouddha.

ABHAYAGIRI (sans.)

Litf., "Mont-sans-peur" à Ceylan. On y trouve un ancien vihâra, ou monastère, dans lequel le voyageur chinois bien connu Fa-hien rencontra cinq mille prêtres et ascètes bouddhistes en l'an 400 de notre ère, et une école appelée Guhâvâneyâh Vâsinah, "Ecole de la Forêt Secrète". Cette école philosophique était regardée comme hérétique, parce que ses ascètes étudiaient les doctrines des deux véhicules le "grand" et le "petit" – ou systèmes Mahâyâna et Hînayâna, et le Triyâna ou les trois degrés successifs de Yoga ; tout comme une certaine Fraternité le fait maintenant au-delà des Himâlayas. Ceci prouve que les "disciples de Kâtyâyana" étaient et sont aussi peu sectaires que leurs humbles admirateurs les Théosophes le sont maintenant. (Voir Ecole "Sthâvirâh") C'était la plus mystique de toutes les écoles et elle était célèbre pour le nombre des Arhats qu'elle produisait. Les membres de la Fraternité d'Abhayagiri s'appelaient eux-mêmes les disciples de Kâtyâyana, le chelâ favori de Gautama le Bouddha. La tradition dit qu'à cause de l'intolérance sectaire et de la persécution ils quittèrent Ceylan et passèrent au-delà des Himâlayas où depuis lors ils ont toujours demeuré.

ABHIDHARMA (sans.)

La (troisième) partie métaphysique du Tripitaka, un ouvrage bouddhique très philosophique rédigé par Kâtyâyana.

ABHIJNA (sans.)

Six dons phénoménaux (ou "surnaturels") que le Bouddha Śâkyamuni acquit dans la nuit où il atteignit la condition de Buddha. C'est le "quatrième" degré de Dhyâna (le septième selon l'enseignement ésotérique) auquel tout véritable Arhat doit parvenir. En Chine, les ascètes bouddhistes initiés admettent six de ces pouvoirs, mais à Ceylan on n'en compte que cinq. Le premier Abhijnâ est Divyachakshus, la vue instantanée de toute chose qu'on veut voir ; le second est Divyaśrotas, le pouvoir de comprendre n'importe quel son, etc., etc.

ABHIMANIM (sans.)

Le nom d'Agni (feu), le "fils aîné de Brahmâ" : en d'autres termes, le premier élément, ou Force, produit dans l'univers dans son évolution (le feu du désir créateur). De sa femme, Svâhâ, Abhimânim eut trois fils, (les feux) Pâvaka, Pavamâna, et Śuchi et ceux-ci eurent "quarante-cinq fils, qui, avec le fils originel de Brahmâ et ses trois descendants, constituent les quarante-neuf feux" de l'occultisme.

ABHIMANYU (sans.)

Un fils d'Arjuna. Il tua Lakshmana dans la grande bataille du Mahâbhârata, le deuxième jour, mais fut lui-même tué le treizième.

ABHUTARAJASAS (sans.)

Classe de dieux ou Devas durant la période du cinquième Manvantara.

ABIB (héb.)

Le premier mois sacré juif, commençant en mars aussi appelé Nisan.

ABIEGNUS MONS (lat.)

Nom mystique d'où, comme d'une montagne bien réelle, on trouve souvent émanés des documents rosicruciens – "Monte Abiegno". Il y a un rapport avec le Mont Méru et les autres montagnes sacrées (w.w.w.).

ABLANATHANALBA (gnose)

Terme analogue à "Abracadabra". C.W. King dit qu'il signifiait "tu es un père pour nous". Il se lit de façon identique en commençant des deux bouts et on l'utilisait comme porte- bonheur en Egypte. (Voir "Abracadabra").

ABRACADABRA (gnose)

Ce mot symbolique apparaît pour la première fois dans un traité médical en vers par Samonicus qui vivait sous le règne de l'empereur Septime Sévère. Godfrey Higgins dit qu'il vient de Abra ou Abar, "Dieu" en celte, et de cad "saint" ; il était employé comme charme et était gravé sur des camées comme amulette (w.w.w.). Godfrey Higgins avait à peu près raison, car le mot "Abracadabra" est une corruption tardive du terme sacré gnostique "Abrasax", celui-ci étant lui- même une corruption antérieure d'un mot sacré antique copte ou égyptien ; c'est une formule magique qui dans son symbolisme signifie "ne me blesse pas" et s'adressait à la divinité dans ses hiéroglyphes comme à un "Père". Ce mot était généralement attaché à une amulette ou à un charme et porté comme un Tat (V.) sur la poitrine sous les vêtements. ABRAXAS ou ABRASAX (gnose). Mots mystiques qu'on fait remonter à Basilidès, le Pythagoricien d'Alexandrie, 90 av. J.C. Il emploie Abraxas comme appellation pour la Divinité, le suprême des Sept, et comme possédant 365 vertus. Dans la numération grecque, a. 1, b. 2, r. 100, a. 1, x. 60, a. 1, s. 200 = 365 jours de l'année, une année solaire, un cycle de l'action divine. C.W. King, auteur de The Gnostics, considère le mot comme équivalent à l'hébreu Shemhamphorasch, un saint mot, le nom développé de Dieu. Une gemme Abraxas, en général, montre un corps humain ayant la tête d'un coq, un bras portant un bouclier et l'autre un fouet (w.w.w.). Abraxas est la contrepartie de l'hindou Abhimânim (V.) et de Brahmâ combinés. Ce sont ces qualités complexes et mystiques qui ont conduit Oliver, Franc-Maçon d'une grande autorité, à rattacher le nom d'Abraxas à celui dAbraham. C'est insoutenable. Les vertus et attributs d'Abraxas, qui sont au nombre de 365, auraient dû lui montrer que la divinité se rattachait au Soleil et à la division solaire de l'année – et même qu'Abraxas est l'antitype et le Soleil, le type.

ABSOLU-TE

Comme attribut au PRINCIPE UNIVERSEL, ce mot désigne un nom abstrait qui est plus correct et logique que l'emploi de l'adjectif "absolu" pour ce qui n'a ni attributs ni limitations, et qui ne peut en avoir aucun.

ACACIA (gr.)

Innocence ; et aussi arbre utilisé en Franc-Maçonnerie comme symbole de l'initiation, de l'immortalité et de la pureté. Cet arbre fournissait le bois sacré Schittim des hébreux (w.w.w.).

ACHAMOTH (gnose)

Le nom de la deuxième Sophia, l'inférieure. Esotériquement, et pour les Gnostiques, la Sophia aînée était le Saint- Esprit (Saint-Esprit féminin) ou la Śakti de l'Inconnu, et l'Esprit Divin, tandis que Sophia Achamôth n'est que la personnification de l'aspect féminin de la Force créatrice mâle dans la nature. C'est aussi la Lumière Astrale.

ACHAR (héb.)

Les Dieux au-dessus desquels (selon les juifs) Jéhovah est le Dieu.

ACHARA (sans.)

Obligations (religieuses) personnelles et sociales. ACHARYA (sans.). Instructeur spirituel, guru : comme Śankârâchârya, Litt., un "instructeur d'éthique". Un nom donné d'ordinaire aux Initiés, etc., et signifiant "Maître".

ACHATH (héb.)

L'un, le premier, féminin : achad étant masculin. Mot talmudique appliqué à Jéhovah. Il vaut la peine de remarquer que le terme sanskrit ak signifie un, ekata étant l' "unité", Brahmâ étant appelé âk, ou eka, l'un, le premier, il s'ensuit le mot hébreu et sa signification.

ACHER (héb.)

Le nom talmudique de l'apôtre Paul. Le Talmud conte l'histoire des quatre Tanaïm qui entrèrent dans le Jardin des Délices, c'est- à-dire, vinrent pour être initiés : Ben Asai, qui regarda et perdit la vue, Ben Zoma qui regarda et perdit la raison, Acher qui fit des déprédations dans le jardin et échoua, et Rabbi Akiba, qui seul réussit. Les Cabalistes disent qu'Acher est Paul.

ACHERON (gr.)

Une des rivières de l'Hadès dans la mythologie grecque.

ACHIT (sans.)

Non-intelligence absolue ; comme Chit est – par contraste – l'intelligence absolue.

ACHYUTA (sans.)

Ce qui n'est pas sujet au changement ou à la chute ; le contraire de chyuta "tombé". Un titre de Vishnu.

ACOSMISME (gr.)

La période pré-créatrice, quand il n'y avait pas de Cosmos mais le Chaos seul.

AD (assyrien)

Ad, "le Père". En araméen ad signifie un, et ad-ad "l'unique".

ADAH (assyrien)

Emprunté par les hébreux pour le nom de leur Adah, père de Jubal, etc. Mais Adah dont la signification est le premier, l'un, est propriété universelle. Il y a des raisons de croire que Ak-ad signifie le premier-né ou Fils de Ad. Adon était le premier "Seigneur" de Syrie. (Voir Isis Dévoilée, II, 334.)

ADAM (héb.)

Dans la Cabale, Adam est le "seul-engendré", et il signifie aussi "terre rouge". (Voir "Adam-Adami dans la Doctrine Secrète, III, p. 53 ; note 2). Il est presque identique à Athamas ou Thomas, et il est rendu en grec par Didumos, le "jumeau", – dans le chapitre I de la Genèse, on le présente comme "mâle-femelle".

ADAM CELESTE

La synthèse de l'Arbre séphirotique ou de toutes les Forces de la Nature et leur essence déifique animatrice. Dans les diagrammes, la septième des Sephiroth inférieures, la Sephira Malkuth – Royaume de l'Harmonie – représente les pieds du Macrocosme idéal, dont la tête atteint la première Tête manifestée. Cet Adam Céleste est la natura naturans, le monde abstrait, tandis que l'Adam de la Terre (l'Humanité) est la natura naturata ou univers matériel. La première est la présence de la Divinité dans son essence universelle ; la seconde la manifestation de l'intelligence de cette essence. Dans le véritable Zohar – non pas la caricature fantastique et anthropomorphique qu'on trouve souvent dans les écrits des Cabalistes d'Occident – il n'y a aucune parcelle de divinité personnelle comme celle que nous trouvons d'une manière si marquée dans le sombre manteau de la Sagesse Sacrée connue sous le nom de Pentateuque Mosaïque.

ADAM KADMON (héb.)

L'Homme Archétype, l'Humanité ; l' "Homme Céleste" qui n'est pas tombé dans le péché. Les Cabalistes le rattachent aux Dix Sephiroth sur le plan de la perception humaine (w.w.w.). Dans la Cabale, Adam Kadmon est le Logos manifesté correspondant à notre Troisième Logos : le filon-Manifesté étant l'Homme idéal, premier paradigme, symbolisant l'Univers in abscondito ou dans sa "privation" au sens aristotélicien. Le Premier Logos est la "Lumière du Monde", le Second et le Troisième – ses ombres qui s'approfondissent par degrés.

ADBHUTA BRAHMANA (sans.)

La Brâhmana des miracles ; elle traite des merveilles, des augures et de divers phénomènes.

ADBHUTA DHARMA (sans.)

La "loi" des choses encore jamais entendues. Classe d'ouvrages bouddhiques sur des événements miraculeux ou phénoménaux.

ADEPTE (lat.)

Adeptus,"Celui qui a atteint". En occultisme, celui qui a atteint le niveau de l'initiation, et est devenu un Maître dans la science de la philosophie ésotérique.

ADHARMA (sans.)

Iniquité, vice ; le contraire du Dharma.

ADHI (sans.)

Suprême. Supérieur.

ADHI-DAIVIKA DUHKHA (sans.)

La troisième des trois sortes de souffrance : "Le mal provenant de causes divines, ou un juste châtiment karmique".

ADHIBHANTIKA DUHKHA (sans.)

La deuxième des trois sortes de souffrance : litt., "Le mal provenant de choses ou d'êtres extérieurs".

ADHISHTHANA (sans.)

Base : un principe auquel est inhérent un autre principe.

ADHYATMA VIDYA (sans.)

Science de l'âme universelle. Une des Pancha Vidyâ Śâstras, ou les Ecritures des Cinq Sciences.

ADHYATMIKA DUHKHA (sans.)

La première des trois sortes de souffrances : litt."Le mal procédant du Soi", un mal induit ou généré par Soi ou l'homme lui-même. ADI, (sans.). Le premier, le primordial.

ADI (Les Fils d')

Dans la philosophie ésotérique, les "Fils d'Adi" sont appelés les "Fils du Brouillard de Feu". Terme employé pour certains adeptes.

ADI BHUTA (sans.)

Le premier Etre ; aussi l'élément primordial. Adibhûta est un titre de Vishnu, le "premier Elément" contenant tous les éléments, "la divinité insondable".

ADI-BUDDHA (sans.)

Le premier et suprême Buddha, non reconnu par l'Eglise du Sud. La Lumière Eternelle.

ADI-BUDHI (sans.)

Intelligence primordiale ou Sagesse ; la Budhi éternelle ou Mental Universel. Employé pour l'Idéation Divine, "Mahâbudhi" étant synonyme de MAHAT.

ADI-NATHA (sans.)

Le "premier" Seigneur. Adi, "premier" (masc.) ; nâtha, "Seigneur".

ADI-NIDANA (sans.)

Première Causalité Suprême, d'Adi, la première et Nidâna, la cause principale (ou l'enchaînement de cause et d'effet).

ADI-SAKTI (sans.)

Force primordiale divine ; le pouvoir créateur féminin, aspect de chaque dieu mâle, et en lui. La Śakti dans le panthéon hindou est toujours l'épouse d'un dieu.

ADI-SANAT (sans.)

Litt., "Premier Ancien". Le terme correspond à l' "ancien des jours" des cabalistes, puisque c'est un titre de Brahmâ, appelé dans le Zohar l'Attika d'Attikin, ou l'Ancien des Anciens, etc.

ADI-VARSHA (sans.)

La première terre ; la contrée primordiale où habitèrent les premières races.

ADIKRIT (sans.)

Litt., le "premier produit" ou fait. La Force créatrice éternelle et incréée mais se manifestant périodiquement ; terme appliqué à Vishnu sommeillant sur les "eaux de l'espace" pendant le "pralaya". (V.)

ADITI (sans.)

Le nom védique de la Mûlaprakriti des Védântins ; l'aspect abstrait de Parabrahman, tout à la fois non-manifesté et inconnaissable. Dans les Védas, Aditi est la "Déesse-Mère", son symbole terrestre étant l'espace infini et sans rivage.

ADITI-GAEA

Terme composé sanskrit-latin, signifiant, dans la littérature théosophique, la nature double – spirituelle et physique – comme Gaea est la déesse de la terre et de la nature objective.

ADITYA (sans.)

Nom du Soleil ; comme Mârtânda, il est le Fils d'Aditi.