Lexique Théosophique
Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.
106 notices — lettre D
Les Dieux inférieurs, ceux rattachés à la formation de la matière. DIEUX INTERCOSMIQUES. Esprits Planétaires, Dhyân-Chohans, Devas de divers degrés de spiritualité et "Archanges" en général.
Mendiant nu. Litt., "vêtu d'espace". Nom de Śiva dans son personnage de Rudra, le Yogin.
Le groupe inférieur ou "réfléchi" des "douze dieux" ou Dii Majores décrits par Cicéron dans son De Natura Deorum, I. 13.
Espace, Vacuité.
Initiation. Dîkshita, un initié.
ou Dictame (fraxinelle). Curieuse plante possédant des propriétés très occultes et mystiques, bien connue autrefois. Elle était consacrée à la déesse Lune : Luna, Astarté, Diane. Le nom crétois de Diane était Diktynna et comme telle, la déesse portait une couronne tressée de cette plante magique. Le Diktamnon est un buisson toujours vert dont le contact, selon l'occultisme, développe le somnambulisme et le guérit également. Mélangé à de la verveine il produira clairvoyance et extase. La pharmacie attribue au Diktamnon des propriétés fortement sédatives et tranquillisantes. Il croît en abondance sur le mont Diktè, en Crète, et entre dans la composition de nombreux accomplissements magiques auxquels recourent les Crétois, encore de nos jours. DINGIR et Mul-lil (akkadien). Les dieux créateurs.
Le Fleuve de Feu dont la flamme brûle les âmes coupables, selon l'allégorie des Cabalistes.
Le Démiurge, qui, semblable à Osiris, fut tué par les Titans et découpé en 14 morceaux. C'était le soleil personnifié, ou, comme le dit l'auteur du Great Dionysiak Myth : – "C'est Phanès, l'esprit de la visibilité matérielle, le Cyclope géant de l'univers, ayant un seul œil solaire brillant, le pouvoir de croissance du monde, le tout-pénétrant animisme des choses, fils de Sémélé...". Dionysos est né à Nysa ou Nissi, nom donné par les Hébreux au Mont Sinaï (Exode xVII. 15), le lieu de naissance d'Osiris, ce qui les identifiait tous deux, mais d'une manière suspecte, à "Jehovah Nissi". (Voir Isis Dévoilée, III., 186/187, IV. 198).
Nom de Castor et de Pollux, fils de Jupiter et de Léda. Leur fête, les Dioscuria, était célébrée avec beaucoup d'entrain par les Lacédémoniens. DIPAMKARA (sans.). Litt., "Le Bouddha de la lumière fixe", prédécesseur de Gautama Bouddha.
Production de monstres mixtes : en abréviation, tératologie. DIS (gr.). Dans la Théogonie de Damascius, identique à Protogonos, la "lumière première née", appelé par cet auteur "celui qui dispose de toutes choses". DISES, (scandin.). Un nom d'époque récente pour les femmes divines appelées Walkyries, Nornes, etc..., dans l'Edda.
Litt., "Œil céleste" ou vue divine, la perception. C'est la première des six "Abhijnâs" (V.) : la faculté développée par la pratique du Yoga pour percevoir n'importe quel objet dans l'univers quel qu'en soit l'éloignement. DIVYAŚRAUTRA (sans.). Litt., "Oreille céleste" ou ouïe divine. La deuxième "Abhijnâ", ou la faculté de comprendre le langage ou le son émis par n'importe quel être vivant sur la Terre. DIX VERTUS PYTHAGORICIENNES, Les. Vertus de l'Initiation, etc... nécessaires avant l'admission. (Voir "Pythagore"). Elles sont identiques à celles prescrites par Manu, et aux Pâramitâs bouddhiques de Perfection. DJATI prononciation de JATI :(sans.). Un des douze "Nidânas" (V.) : cause et effet du mode de naissance qui a lieu selon le "Chatur Yoni" (V.) lorsque, pour chaque cas, un être humain ou un animal, est placé dans un des six (le sept ésotérique) Jâti ou sentiers de l'existence sensible qui, ésotériquement et en les comptant de haut en bas sont : (1) le plus haut Dhyâni (Anupapâdaka) ; (2) les Devas : (3) les Hommes ; (4) les Elémentals ou Esprits de la Nature ; (5) les Animaux ; (6) les Elémentals inférieurs ; (7) les Germes organiques. Dans la nomenclature populaire ou exotérique ce sont les Devas, les Hommes, les Asuras, les Etres dans les Enfers, les Prêtas (démons affamés) et les Animaux.
Elémentals, Esprits de la Nature, Génies. Les Djins ou Jins sont très redoutés en Egypte, en Perse et ailleurs.
Prononciation de Jnâna. Litt., le Savoir. Esotériquement, la "connaissance supérieure ou divine acquise par le Yoga".
Litt.,"Les Illusionnistes". Nom donné par les chrétiens orthodoxes à ceux des Gnostiques qui croyaient que le Christ n'avait pas, et n'aurait pas pu, souffrir la mort réellement, mais que si pareille chose s'était produite, ce n'était qu'une illusion qu'ils expliquaient de diverses façons.
Le nom général donné aux enseignements ésotériques dans l'antiquité.
Selon Platon, l'Univers est construit par le "premier engendré" d'après la figure géométrique du Dodécaèdre (Voir Le Timée).
Ancienne cité de Thessalie, célèbre par son temple de Jupiter et ses oracles. Selon les anciennes légendes la ville avait été fondée par une colombe. DOIGT de CYBELE, Doigt de l'Ida. Un doigt en fer, fortement magnétisé et utilisé dans les temples pour des soins curatifs. Il produisait des merveilles dans ce domaine, et c'est pourquoi il était dit posséder des pouvoirs magiques.
, ou Thunar, Thor. Dans le Nord, le Dieu du Tonnerre ; c'était le Jupiter Tonans de Scandinavie. Comme le chêne était l'arbre de Jupiter, on le trouvait aussi consacré à Thor, et ses autels étaient ombragés de chêne. Thor ou Donar était le fils d'Odin "le Dieu Tout- Puissant du Ciel", et de Mère Terre.
Identique au sanskrit Paramârthasatya ou "vérité absolue", la plus haute soi-connaissance spirituelle et perception spirituelle, soi-conscience divine : un terme très mystique.
Synonyme de "Double" et de "Corps Astral" dans le parler occulte.
L' "Ame Diamant", un nom du Bouddha céleste.
Un titre pour Bouddha dans son aspect le plus élevé ; un nom du Bouddha suprême. Egalement le Dorje.
Identique au "Corps Astral" ou "Doppelgänger". DRACONTIA (gr.). Temples consacrés au Dragon, emblème du soleil, symbole de la Divinité de la Vie et de la Sagesse. Tout le monde connaît les Dracontia de Karnak en Egypte, de Carnac en Bretagne et de Stonehenge en Angleterre.
ou Dragon. Considéré maintenant comme un monstre "mythique" qui ne se perpétuait en Occident que sur des Sceaux, etc... comme un griffon héraldique, et le Diable tué par Saint George, etc... En fait c'est un monstre antédiluvien disparu. Dans les antiquités babyloniennes on s'y réfère comme au "couvert d'écailles" et on le rattache à des pierres précieuses et à Tiamat la mer. "Le Dragon de la Mer" est mentionné à maintes reprises. En Egypte, c'est l'étoile du Dragon (alors l'Etoile Polaire) l'origine des rapports de presque tous les dieux avec le Dragon. Bel et le Dragon, Apollon et Python, Osiris et Typhon, Sigur et Fafnir, et pour finir Saint George et le Dragon, sont tous la même chose. Tous étaient des dieux solaires et partout où nous trouvons le soleil nous trouvons aussi le Dragon, symbole de la Sagesse – Thoth-Hermès. Les Hiérophantes d'Egypte et de Babylone se disaient "Fils du Dieu Serpent" et "Fils du Dragon". "Je suis un Serpent, je suis un Druide", disait le Druide des régions Celto-Britanniques, car le Serpent et le Dragon étaient tous deux des symboles de Sagesse, d'Immortalité et de Renaissance. Comme le serpent rejette sa vieille peau pour réapparaître dans une neuve, de même l'Ego immortel rejette une personnalité pour s'en attribuer une autre.
Brassard d'or de Wotan ou Odin, le compagnon de l'épée Gungnir qu'il tient dans sa main droite. Tous deux sont doués de propriétés magiques merveilleuses.
Groupe de tribus du sud de l'Inde : les aborigènes.
Substance (métaphysiquement).
Vue incomplète et erronée menant au scepticisme et à l'incroyance.
Une caste sacerdotale qui était florissante en Gaule et en Grande-Bretagne. C'étaient des Initiés qui admettaient des femmes dans leur ordre sacré, et les initiaient aux mystères de leur religion. Ils ne confièrent jamais leurs versets sacrés et leurs textes à l'écriture, mais comme les Brâhmanes de jadis, les apprenaient par cœur, exploit qui, selon ce qu'en dit César, leur demandait vingt ans d'efforts. Comme les Parsis ils n'avaient pas d'images ou de statues de leurs dieux. La religion celtique considérait comme un blasphème la représentation d'un dieu quelconque, fût-il de caractère mineur, sous une forme humaine. Il eut été bon que les chrétiens – grecs ou romains – apprissent cette leçon des Druides "païens". Les trois principaux commandements de leur religion étaient : – "Obéir à la loi divine ; se soucier du bien de l'humanité ; et souffrir avec force d'âme tous les maux de la vie".
Vaste secte ayant dans les 100.000 adhérents, qui vivent dans les montagnes du Liban, en Syrie. Leurs rites sont très mystérieux et aucun des voyageurs qui en ont parlé ne connaît avec certitude toute la vérité. Ce sont les Soufis de Syrie. Ils considèrent le terme Druze qu'on leur applique comme une insulte, et s'appellent eux-mêmes les "Disciples de Hamsa", leur Messie qui, au 9ème siècle, vint à eux du "Pays du Verbe de Dieu", pays et verbe qu'ils gardent religieusement secrets. Le Messie à venir sera ce même Hamsa, mais appelé Hakem, "Celui qui guérit tout" (Voir Isis Dévoilée, III., pp. 346 et seq.).
Mandragores. L'Atropa Mandragora est mentionnée dans la Genèse, XXX., 14, et dans le Cantique des Cantiques. En hébreu le nom est apparenté aux mots signifiant "seins" et "amour". La plante était notoire comme charme d'amour et a été utilisée en de nombreuses formes de magie noire (w.w.w.). Dans le parler cabalistique Dudaim est l'Ame et l'Esprit, deux choses quelconques unies dans l'amour et l'amitié (dodim). "Heureux celui qui préserve son dudaim (Manas supérieur et inférieur) inséparable".
Litt.," Bonnets Rouges" : une secte du Tibet. Avant la venue de Tsong-kha-pa, au quatorzième siècle, les Tibétains, dont le Bouddhisme s'était détérioré et avait été terriblement contaminé par la doctrine de la vieille religion Bön, étaient tous des Dugpas. Pourtant, depuis cette époque, après l'imposition de lois rigoureuses aux Gelukpas (bonnets jaunes), et après la réforme et la purification générale du Bouddhisme (ou Lamaïsme), les Dugpas se sont livrés plus que jamais à la sorcellerie, à l'immoralité et à l'ivrognerie. Dès lors le mot Dugpa est devenu synonyme de "sorcier", "adepte de magie noire" et de tout ce qui est vil. Il n'y a que peu – ou pas du tout – de Dugpas dans le Tibet oriental, mais ils se rassemblent au Bhoutan, au Sikkim et en général sur les frontières. Les Européens n'ayant pas la possibilité d'aller au-delà des régions frontalières, les orientalistes n'ayant jamais étudié le Bouddhisme- Lamaïsme dans le véritable Tibet, mais portant leurs jugements d'après des on-dits et d'après ce que Csoma de Köros, Schlagintweit et quelques autres en ont appris des Dugpas, font la confusion entre les deux religions et les mettent dans le même sac. C'est ainsi qu'ils donnent au public du Dugpaisme pur au lieu du Bouddho-lamaïsme. Bref le Bouddhisme du Nord, dans sa forme purifiée et métaphysique, est à peu près inconnu.
Chagrin, souffrance.
L'Ange du Silence (la Mort) dans la Cabale.
Litt., "inaccessible". La puissance féminine d'un dieu : le nom de Kâlî, épouse de Śiva, le Mahêśvara ou "le Grand dieu".
Les "dix actions mauvaises", savoir, trois actions du corps, nommément prendre la vie, voler et commettre l'adultère ; quatre actions mauvaises de la bouche, nommément mentir, exagérer en accusant, médire et parler sottement ; et trois actions mauvaises du mental (le Manas inférieur), nommément l'envie, la malice ou la vengeance, et l'incrédulité.
Le troisième des "Quatre Ages" dans la philosophie hindoue ; ou le second en partant du plus matériel.
Aversion. Un des trois principaux états du mental (on en énumère 63) qui sont Râga, passion ou désir violent, Dvesha, l'aversion dont la haine fait partie, et Moha, ignorance de la vérité. Tous trois sont à éviter avec persistance.
"Deux fois né". Jadis le terme n'était utilisé que pour les Brâhmanes Initiés ; mais, de nos jours, on l'applique à tout homme appartenant à la première des quatre castes, celui qui est passé par une certaine cérémonie.
L'investiture au moyen du cordon sacré qui maintenant constitue la "seconde naissance". Même un Śûdra qui décide de payer pour cet honneur, devient, après la cérémonie du passage à travers une vache en or ou en argent, un dvija.
Ile ou continent. Les Hindous en ont sept (Sapta dvîpa) ; les Bouddhistes quatre seulement. Cela est dû à un contresens sur une remarque faite par le Seigneur Bouddha, qui, utilisant le terme de façon métaphorique, appliqua le terme Dvîpa aux races d'hommes. Les quatre Races-Racines qui précédèrent notre cinquième étaient comparées par Siddhârtha à quatre continents ou îles qui parsemaient l'océan de la naissance et de la mort – le samsâra.
En Inde il y en a deux, la Lunaire et la Solaire, ou la Somavamśa et la Sûryavamśa. En Chaldée et en Egypte il y avait aussi deux sortes de dynasties, la divine et l'humaine. Dans ces deux pays les peuples étaient gouvernés au début des temps par des dynasties de Dieux. En Chaldée ils régnèrent cent vingt Sari, ou en tout 432.000 ans, ce qui revient aux mêmes chiffres qu'un Mahâyuga hindou de 4.320.000 ans. La chronologie qui précède le Livre de la Genèse (en sa traduction anglaise) donne "4004 avant le Christ". Mais les chiffres expriment des années solaires. Dans l'original hébreu, qui conservait les calculs lunaires, les chiffres sont 4.320 ans. Cette "coïncidence" est bien expliquée en occultisme.
Dans les œuvres originales hermétiques, et dans les classiques de l'antiquité, ce mot avait un sens identique à "dieu", "ange" ou "génie". Le Dæmon de Socrate est la partie incorruptible de l'homme, ou plutôt le véritable homme intérieur que nous appelons Nous ou l'Ego rationnel divin. De toute façon, le Dæmon (ou Daimon) du grand Sage n'était sûrement pas le démon de l'enfer chrétien ou de la théologie chrétienne orthodoxe. Ce nom était donné par les peuples antiques, et spécialement par les philosophes de l'Ecole d'Alexandrie, à toutes sortes d'esprits bons ou mauvais, humains ou autres. Cette appellation est souvent synonyme de dieux ou d'anges. Mais certains philosophes ont cherché, avec de bonnes raisons, à établir une juste distinction entre leurs nombreuses classes.
Litt., "Connaissance" ; en l'homme le principe de compréhension, l'Ame rationnelle, ou Manas, selon l'Avesta. DAG, DAGON (héb.). "Poisson" et aussi "Messie". Dagon était Oannès, l'homme-poisson chaldéen, le personnage mystérieux qui sortait chaque jour des profondeurs de la mer pour enseigner au peuple toute science utile. On l'appelait aussi Annedotus.
Axiome cabalistique : litt., "le diable est dieu sans dessus dessous", ce qui veut dire qu'il n'y a ni mal ni bien, mais que les forces qui créent l'un créent l'autre selon la nature des matériaux à leur disposition.
Selon la Cabale, les démons habitent le monde d'Assiah, le monde de la matière et celui des "coques" des morts. Ce sont les Klippoth. Il y a Sept Enfers, et les démons qui les habitent sont les vices personnifiés. Leur prince est Samael, sa compagne est Isheth Zenunim – la prostituée ; unis dans un aspect, on les nomme "La Bête", Chiva. (w.w.w.).