Lexique Théosophique

Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.

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59 notices — lettre I

IACCHOS (gr.)

Un synonyme de Bacchus. La mythologie mentionne trois personnages de ce nom : ce furent des idéaux grecs adoptés plus tard par les Romains. On affirme que le mot Iacchos est d'origine phénicienne et signifie "un bébé à la mamelle". Beaucoup de monuments antiques représentent Cérès ou Déméter avec Bacchus dans les bras. Un Iacchos était appelé le Thébain et le Conquérant, fils de Jupiter et de Sémélé ; sa mère mourut avant sa naissance et, pendant un certain temps, il fut abrité dans la cuisse de son père : il fut tué par les Titans. Un autre était fils de Jupiter, en tant que Dragon, et de Perséphone : celui-ci était appelé Zagreus. Un troisième était Iacchos d'Eleusis, fils de Cérès ; son importance vient de ce qu'il apparaissait le sixième jour des mystères d'Eleusis. Certains voient une analogie entre Bacchus et Noé, tous deux cultivateurs de la vigne et patrons de l'excès alcoolique. (w.w.w.).

IACHUS (gr.)

Médecin égyptien dont la mémoire, selon Ælian, fut révérée durant de longs siècles à cause de son merveilleux pouvoir occulte. On porte au crédit de Iachus le fait d'avoir arrêté des épidémies seulement par certaines fumigations, et guéri des maladies en faisant inhaler des herbes à ses patients.

IAHO

Quoique ce nom soit plus complètement traité aux mots "Yaho" et "Iao", ce n'est pas mal faire que de donner quelques mots d'explication. Diodore mentionne que le dieu de Moïse était Iao ; mais comme ce dernier nom indique un "dieu de mystère", il ne peut donc pas être confondu avec Iaho ou Yaho (V.). Les Samaritains le prononçaient Iabe, Yahva, et les Juifs Yaho, puis Jehovah, par changement des voyelles massorétiques, un procédé élastique qui peut permettre n'importe quel changement. Mais "Jehovah" est une invention et une invocation postérieures, car à l'origine le nom était Jah ou Iacchos (Bacchus). Aristote montre que les anciens Arabes représentaient Iach (Iacchos) par un cheval, c'est-à-dire, le cheval du soleil (Dionysos) qui suivait le chariot dans lequel Ahura Mazda, le dieu du ciel, circulait chaque jour.

IAO (gr.)

Voir Iaho. Le plus grand dieu des Phéniciens – "la lumière seulement concevable par l'intellect", le principe physique et spirituel de toutes choses, "l'Essence masculine de Sagesse". C'est la lumière solaire idéale. IAO HEBDOMAI (gr.). Les "sept cieux" (également anges) collectifs, selon Irénée. Le dieu mystérieux des Gnostiques. Identique aux sept mânasa-putras des occultistes. (Voir aussi "Yah" et "Yaho"). IBN GEBIROL, Salomon Ben Yehudah. Grand philosophe et érudit, Juif de naissance, qui vécut en Espagne au onzième siècle. Identique à Avicebron. (Voir "Gebirol").

ICHCHHA (sans.)

Volonté ou pouvoir de la volonté. ICHCHHA ŚAKTI (sans.). Pourvoir de la volonté, force du désir, une des forces occultes de la nature. Ce pouvoir de la volonté qui, exercé dans des pratiques occultes, génère les courants nerveux nécessaires pour mettre en mouvement certains muscles et pour en paralyser certains autres.

ICHTHUS (gr.)

Poisson. Le symbole du poisson a souvent été rattaché à Jésus, le Christ du Nouveau Testament, en partie parce que les cinq lettres formant ce mot sont les initiales des mots de la phrase grecque, lêsous Christos Theou Uios Sôtêr, Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur. De là vient que ses disciples des premiers siècles étaient souvent appelés poissons, et on trouve des dessins de poissons dans les Catacombes. Rapprochez aussi du récit disant que certains de ses premiers disciples étaient des pêcheurs, l'affirmation de Jésus – "Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes". Notons également que la Vesica Piscis, forme conventionnelle du poisson en général, se voit souvent entourant une image du Christ, de la Sainte Vierge ou d'un saint : c'est un ovale long aux bouts pointus, l'espace délimité par l'intersection de deux cercles égaux, lorsqu'ils déterminent une surface inférieure à la moitié de l'un d'eux. Rapprochez la recluse chrétienne, une nonne – ce mot étant le nom chaldéen pour poisson, lequel est rattaché au culte de la déesse Vénus – au fait que les Catholiques romains mangent encore du poisson le jour de Vénus (dies veneris) ou vendredi. (w.w.w.).

IDA (scandin.)

Nom des plaines sur lesquelles les dieux se rassemblent pour tenir conseil dans l'Edda. Champ de paix et de repos.

IDA VATSARA (sans.)

Une des cinq périodes de cette forme de yuga. Ce cycle est éminemment védique, et il est pris comme base de calcul pour des cycles plus vastes.

IDASPATI (sans.)

Identique à Nârâyana ou Vishnu ; ressemble en quelque sorte à Poséidon.

IDDHI (sans.)

Synthèse des dix pouvoirs occultes "surnaturels" du Bouddhisme et du Brâhmanisme.

IDEATION COSMIQUE (occultisme)

Pensée éternelle imprimée sur la substance, ou esprit-matière, dans l'éternité. Pensée qui devient active au début de tout nouveau cycle de vie. IDEOS. Identique à chaos chez Paracelse, ou le mysterium magnum, comme ce philosophe l'appelle. IDISES (scandin.). Identique aux Dises, les Fées et Walkyries, femmes divines dans les légendes des Norses. Les Teutons les révéraient bien avant l'époque de Tacite ainsi que cet auteur le montre.

IDOLE

Statue ou image d'un dieu païen, statue ou image d'un saint de l'Eglise romaine, ou encore fétiche de tribus non civilisées.

IDRA RABBA (héb.)

La "grande assemblée sainte", une division du Zohar.

IDRA SUTA (héb.)

La "petite assemblée sainte", une autre division du Zohar.

IDUNA (scandin.)

Déesse de la jeunesse immortelle. La fille d'Iwaldi le nain. Dans l'Edda, on dit qu'elle a enfoui la "Vie" dans les profondeurs de l'océan, et qu'une fois de plus elle l'a restituée à la terre lorsque les temps furent révolus. Elle était l'épouse de Bragi, le dieu de la poésie ; un très charmant mythe. Pareil à Heimdal, le "né de neuf mères", Bragi à sa naissance s'élève sur la crête de la vague qui vient du fond de la mer (voir à "Bragi"). Il épousa Iduna, l'immortelle déesse qui l'accompagne à Asgard où chaque matin elle nourrit les dieux avec les pommes de la jeunesse et de la santé éternelles. (Voir Asgard and the Gods).

IEU

Le "premier homme" ; terme gnostique utilisé dans Pistis Sophia. IEZEDIENS ou Iezidi (pers.). Secte dont les membres venant de Basrah s'établirent en Syrie. Ils utilisent le baptême, croient aux archanges, mais en même temps révèrent Satan. Leur prophète, Iezad, qui précéda Mahomet de longs siècles, enseignait qu'un messager venu du ciel leur apporterait un livre écrit de toute éternité. IFING (scandin.). Le large fleuve qui sépare le séjour des dieux, Asgard, de celui des Jotuns, les grands magiciens forts et puissants. Au- dessous d'Asgard se trouvait Midgard, où dans l'éther ensoleillé était construite la demeure des Elfes de lumière. Leurs dispositions et emplacements les font correspondre aux devas-lokas et autres lokas des Hindous, habités par les diverses classes de dieux et d'asuras.

IGAGA (chaldéen)

Anges célestes identiques aux archanges. I.H.S. Cette triade d'initiales représente le in hoc signo de la prétendue vision de Constantin, dont personne ne savait rien à l'exception d'Eusèbe qui en était l'auteur. On interprète I.H.S. par Jesus Hominum Salvator et In hoc signo. Il est cependant bien connu que le grec ΙΗΣ était un des plus anciens noms de Bacchus. Comme Jésus ne fut jamais identifié à Jehovah, mais à son propre "Père" (comme nous le sommes tous), et était plutôt venu pour détruire le culte de Jehovah que pour le renforcer, comme l'ont bien affirmé les Rose-Croix, le plan d'Eusèbe est fort transparent. In hoc signo vinces, ou le Labarum P/T (le tau et le resh) est un très vieux signum, placé sur le front de ceux qui venaient d'être initiés. Kenealy le traduit comme voulant dire "celui qui est initié au secret naronique, ou le 600, sera vainqueur" ; mais c'est tout bonnement "par ce signe tu as vaincu", c'est-à-dire, par la lumière de l'initiation – Lux. (Voir "Néophyte" et "Naros").

III

, 41-42).

III

478 Note 4).

III

, folio 288, Qabbalah de Myer). Et il est expliqué, "Au-dessus de Kether il y a le Ayin, ou Ens, c'est-à-dire, Aïn, le Néant". "Il est ainsi nommé parce que nous ne savons pas, et il est impossible de savoir ce qu'il y a dans ce Principe, parce qu'il est au-dessus de la Sagesse elle-même". (III., folio 288). Ceci montre que les cabalistes véritables s'accordent avec les occultistes sur cette essence, ou sur ce qui est dans le principe de Sagesse, ce qui est encore plus élevé que la Sagesse la plus haute.

IKHIR BONGA

Un "esprit de l'abîme" des tribus kolariennes.

IKSHVAKU (sans.)

Le progéniteur de la tribu solaire (les Sûryavamśas) en Inde, et le fils de Vaivasvata Manu, le progéniteur de la race humaine actuelle.

ILA (sans.)

Fille de Vaivasvata Manu, épouse de Budha, le fils de Soma ; un mois femme, et homme le mois suivant, par le décret de Sarasvatî : c'est une allusion à la seconde race androgyne. Ilâ est aussi Vâch sous un autre aspect.

ILAVRITA (sans.)

Région au centre de laquelle est placé le mont Méru, l'habitat des dieux.

ILDA BAOTH

Litt. "l'enfant venu de l'œuf", terme gnostique. C'est le créateur de notre globe physique (la terre) selon l'enseignement gnostique du Codex Nazarœus (l'Evangile des Nazaréens et des Ebionites). Ces derniers l'identifient à Jehovah, le dieu des Juifs. Ildabaoth est "le fils des Ténèbres" dans un mauvais sens et le père des six "stellaires" terrestres, sombres esprits, antithèse des brillants esprits stellaires. Leurs demeures respectives sont les sept sphères, dont la supérieure commence dans l' "espace moyen", la région de leur mère Sophia Achamoth, et l'inférieur se termine sur la terre – la septième région (voir Isis Dévoilée III. 106/207). Ilda Baoth est le génie de Saturne, la planète, ou plutôt le mauvais esprit de son régent.

ILIADOS

Identique, chez Paracelse, à "Ideos" (V.). Matière primordiale dans son état subjectif.

ILLA-AH

, Adam (héb.). Dans le Zohar, Adam Illa-ah est l'Adam céleste supérieur.

ILLINUS

Un des dieux de la Théogonie chaldéenne de Damas cius.

ILLUMINATI (lat.)

Les "illuminés", les adeptes initiés.

ILLUSION

En occultisme toute chose finie (comme l'univers et tout ce qu'il contient) est appelée illusion ou mâyâ.

ILMATAR (finnois)

La vierge qui, avant la création, tombe du ciel dans la mer. Elle est la "fille de l'air" et la mère de sept fils (les sept forces de la nature). (Voir le Kalevala, le poème épique de la Finlande).

ILUS (gr.)

Boue ou limon primordial ; appelé aussi hyle.

IMAGE

L'occultisme n'admet pas d'autre image que celle de l'image vivante de l'homme divin (le symbole de l'humanité) sur terre. La Cabale enseigne que cette divine image, la copie de l'image supérieure sublime et sainte (les Elohim), s'est maintenant changée en une autre similitude, à cause du développement de la nature pécheresse de l'homme. Ce n'est que l'image divine supérieure (l'égo) qui reste la même ; l'inférieure (la personnalité) a changé, et l'homme, maintenant dans la crainte des bêtes sauvages, s'est développé jusqu'à porter sur son visage la ressemblance de beaucoup de bêtes sauvages. (Zohar I. folio 71a). Dans la période primitive de l'Egypte il n'y avait pas d'images ; mais plus tard, comme le dit Lenormand, "dans les sanctuaires d'Egypte on divisa les propriétés de la nature et par conséquent de la Divinité (les Elohim, ou les égos), en sept qualités abstraites, chacune caractérisée par un emblème, tels que matière, cohésion, écoulement, coagulation, accumulation, position et division". C'était là les attributs symbolisés en diverses images.

IMAGE DOUBLE

Le nom, chez les cabalistes juifs, de l'égo double appelé respectivement le supérieur, Metatron, et l'inférieur, Samael. On les figure allégoriquement comme les deux compagnons de l'homme, l'un son ange gardien, l'autre son mauvais démon.

IMAGINATION

En occultisme il ne faut pas la confondre avec la fantaisie, car c'est un des pouvoirs plastiques de l'âme supérieure, et c'est la mémoire des incarnations précédentes, qui, si défigurée qu'elle soit par le manas inférieur, repose pourtant toujours sur un fond de vérité. IMHOT-POU ou Imhotep (égypt.) Le dieu du savoir (le grec Imouthès). C'était le fils de Ptah, et, sous un aspect, Hermès, parce qu'il est représenté comme communiquant la sagesse avec un livre devant lui. C'est un dieu solaire ; litt., "le dieu au visage bien fait".

IMMAH (héb.)

Mère, par opposition à abba, père.

IMMAH ILLA-AH (héb.)

La mère supérieure ; nom donné à Shekinah.

IN (chinois)

Principe féminin de la matière, imprégnée par Yo, le principe mâle éthéré, et précipitée ensuite dans l'univers. INCARNATIONS DIVINES ou Avatârs. L'Immaculée Conception est, d'une manière prééminente, autant égyptienne qu'indienne. Comme l'auteur d'Egyptian Belief and Modern Thought le dit : "Ce n'est pas l'histoire vulgaire, grossière et sensuelle comme dans la mythologie grecque, mais raffinée, morale et spirituelle". Et de nouveau l'idée de l'incarnation a été retrouvée révélée sur le mur d'un temple de Thèbes par Samuel Sharpe, qui en fait ainsi l'examen : "D'abord le dieu Thoth... en tant que messager des dieux, pareil au Mercure des Grecs (ou au Gabriel du premier évangile) dit à la reine vierge Mautmès qu'elle doit donner le jour à un fils, lequel sera le roi Amenoteph III. En second lieu, le dieu Kneph, l'esprit... et la déesse Hathor (la nature)... se saisissent tous deux de la reine par les mains et lui placent dans la bouche l'hiéroglyphe de la vie, une croix, qui doit être la vie de l'enfant à venir", etc..., etc... En vérité l'incarnation divine ou la doctrine de l'avatâr constituait le mystère le plus grandiose de tout système religieux antique !

INCAS (péruvien)

Le nom donné aux dieux créateurs de la théogonie péruvienne, puis ensuite aux gouverneurs du pays. "Les Incas qui sont sept ont repeuplé la terre après le Déluge", leur fait dire Coste (I. iv., p. 19). Ils appartenaient au début de la cinquième race-racine, à une dynastie de rois divins, comme celles d'Égypte, d'Inde et de Chaldée.

INCUBE (lat.)

Quelque chose de plus réel et de plus dangereux que le sens ordinaire donné au mot ne le laisserait supposer, c'est-à-dire, celui de "cauchemar". Un incube est un élémental mâle, et une succube, la femelle, et ce sont incontestablement les revenants de la démonologie médiévale, attirés des régions invisibles par la passion humaine et la luxure. On les appelle maintenant "épouses-esprits" et "époux-esprits" chez certains spirites ignorants et parmi des médiums spirituels. Mais ces noms poétiques ne les empêchent nullement d'être ce qu'ils sont – des goules, des vampires et des élémentals sans âme ; des centres de vie sans forme dépourvus de sens ; en bref, des protoplasmes subjectifs quand on les laisse tranquille, mais appelés à devenir des êtres et des formes définies par l'imagination créatrice et maladive de certains mortels. On les a connu sous tous les cieux et en tous les temps, et les hindous peuvent narrer maintes histoires terribles de drames engendrés par les piśâchas, qui est leur nom en Inde, dans la vie de jeunes étudiants et de mystiques.

INDIVIDUALITÉ

Un des noms donnés en Théosophie et en occultisme à l'égo supérieur humain. Nous faisons une distinction entre l'égo immortel et divin, et l'égo mortel humain qui périt. Ce dernier, ou "personnalité" (égo personnel), survit à la mort du corps seulement pour un temps en kâma loka ; l'individualité demeure à jamais.

INDRA (sans.)

Dieu du Firmament, roi des dieux sidéraux. Une divinité védique.

INDRANI (sans.)

Aspect féminin d'Indra. INDRIYA ou Deha Samyama (sans.). Contrôle des sens dans les pratiques yoguiques. Ce sont les dix agents extérieurs. Les cinq sens utilisés pour la perception sont appelés jnâna-indriya, et les cinq utilisés pour l'action, karma-indriya. Pancha indriyani signifie littéralement, et dans son sens occulte, "les cinq racines produisant la vie" (éternelle). Chez les Bouddhistes, ce sont les cinq agents positifs produisant les cinq qualités célestes. INDUVAMŚA (sans.). Également Somavamśa ou race (dynastie) lunaire ; vient de Indu, la Lune. (Voir : Sûryavamśa").

INITIATION

De la même racine que le latin initia qui signifie les principes premiers ou de base de n'importe quelle science. La pratique de l'initiation ou de l'admission dans les Mystères sacrés, enseignés par les hiérophantes et les prêtres instruits des temples, est un des plus anciens usages. Elle avait cours dans toutes les religions nationales antiques. En Europe elle fut abolie avec la chute du dernier temple païen. Il n'existe actuellement qu'une espèce d'initiation connue du public, et c'est celle aux rites maçonniques. Cependant la Maçonnerie n'a plus de secrets à dévoiler ou à cacher. Dans les temps glorieux de jadis, les Mystères, d'après les plus grands philosophes grecs et romains, se rangeaient parmi les solennités les plus sacrées aussi bien que bienfaisantes, et faisaient beaucoup pour promouvoir la vertu. Les Mystères représentaient le passage de la vie mortelle en la mort finie, et les expériences de l'Esprit et de l'Ame désincarnée dans le monde de la subjectivité. De nos jours, comme le secret est perdu, le candidat traverse diverses cérémonies dépourvues de sens et est initié à l'allégorie solaire d'Hiram Abiff, le "Fils de la Veuve".

INITIE

Du latin Initiatus. Désignation de quiconque a été reçu dans les secrets et mystères soit de la Maçonnerie soit de l'occultisme, secrets qui lui ont été révélés. Aux temps antiques, ceux qui avaient été initiés à la connaissance secrète enseignée par les hiérophantes des Mystères. Et dans nos temps modernes ceux qui ont été initiés par la science des adeptes du savoir mystique dans la mystérieuse connaissance qui, en dépit du passage des âges, n'a encore sur terre qu'un très petit nombre de vrais sectateurs.

INNOCENTS

Un surnom donné aux initiés et cabalistes avant l'ère chrétienne. Les "Innocents" de Bethléhem et de Lud (ou Lydda) qui furent mis à mort par Alexandre Jannée, au nombre de plusieurs milliers (en 100 Av. J.C. ou vers cette date), ont donné naissance à la légende des 40.000 bébés innocents assassinés par Hérode à la recherche de l'enfant Jésus. Le premier est un petit fait historique mal connu, le second une fable, ainsi que l'a suffisamment prouvé Renan dans sa Vie de Jésus.

IRKALLA (chaldéen)

Dieu de l'Hadès, endroit que les Babyloniens appelaient "le pays non vu".

ISARIM (héb.)

Initiés esséniens. IŚATVA (sans.). Pouvoir divin.

ISHIM (chaldéen)

Les B'ne-Aleim, les "magnifiques fils de dieu", les originaux et prototypes des "anges déchus" postérieurs.

ISHMONIA (ar.)

Ville près de laquelle se trouve ensevelie dans le désert ce qu'on appelle la "cité pétrifiée." Des légendes font état de salles et de chambres souterraines immenses, de passages et de bibliothèques qui y sont cachées. Après le coucher du soleil, les Arabes en redoutent la proximité.

ISHTAR (chaldéen)

La Vénus babylonienne appelée "l'aînée du ciel et de la terre" ; elle est fille d'Anu, le dieu du ciel. C'est la déesse de l'amour et de la beauté. La planète Vénus, en tant qu'étoile du soir, est identifiée à Ishtar, et en tant qu'étoile du matin à Anunit, déesse des Akkadiens. Il existe une très remarquable histoire de sa descente dans l'Hadès, sur les 6ème et 7ème tablettes assyriennes en argile déchiffrées par feu G. Smith. Tout occultiste qui lit le récit de son amour pour Tammuz, assassiné par Izdubar, le désespoir de la déesse et sa descente à la recherche du bien- aimé à travers les sept portes de l'Hadès et finalement sa libération du sombre séjour, y reconnaîtra la belle allégorie de l'âme à la recherche de l'esprit.

ISIS

Issa en égyptien, la déesse vierge-mère, la nature personnifiée. En égyptien ou copte, Uasi, reflet féminin d'Uasar ou Osiris. C'est la "femme vêtue de soleil" de la terre de Chemi. Isis-Latone est l'Isis romaine.

ISRAEL (héb.)

Les Cabalistes d'Orient font dériver son nom d'Isaral ou Asar, le dieu-soleil. "Isra-el" signifie "luttant avec dieu" ; le "soleil se levant sur Jacob-Israel" signifie le dieu-soleil Isaral (ou Isar-el) luttant avec la matière et la fécondant, qui possède le pouvoir avec "Dieu et avec l'homme" et souvent l'emporte sur les deux. Esaü, Æsaou, Asu, est aussi le soleil. Esaü et Jacob, les jumeaux allégoriques, sont les emblèmes du principe double toujours en lutte dans la nature – le bien et le mal, les ténèbres et la lumière solaire – et le "Seigneur" (Jehovah) est leur antitype. Jacob-Israel est le principe féminin d'Esaü, comme Abel est celui de Caïn, tous les deux, Caïn et Esaü étant le principe mâle. C'est pourquoi, comme Malach-Iho, le "Seigneur", Esaü combat avec Jacob et ne l'emporte pas sur lui. Dans la Genèse XXXII, le dieu-soleil combat d'abord avec Jacob, lui brise la cuisse (symbole phallique) et est pourtant battu par son type terrestre – la matière ; et le dieu-soleil se dresse sur Jacob et sa cuisse en alliance. Tous ces personnages bibliques leur "Seigneur Dieu" y compris sont des symboles représentés en récits allégoriques. Ce sont les types de la Vie et de la Mort, du Bien et du Mal, de la Lumière et des Ténèbres, de la Matière et de l'Esprit dans leur synthèse, tous étant présentés sous leurs aspects opposés. IŚVARA (sans.). Le "Seigneur" ou le dieu personnel – esprit divin en l'homme. Litt., existence souveraine (indépendante). Titre donné à Śiva et à d'autres dieux en Inde.

ITHYPHALLIQUE (gr.)

Qualification des dieux mâles et hermaphrodites, tels que la Vénus barbue, Apollon en vêtements de femme, Ammon le générateur, Ptah embryonnaire, et ainsi de suite. Pourtant le phallus, tellement visible et, selon nos idées collet-monté, si indécent, était, dans les religions Indienne et Égyptienne, associé dans le symbolisme ancien, avec des notions bien plus pures que celles de la création sexuelle. Comme le montrent beaucoup d'orientalistes, il exprimait la résurrection, la sortie en vie de la mort, et même l'autre signification n'avait en soi rien d'indécent : – "Ces images symbolisent simplement d'une façon très expressive les forces créatrices de la nature sans intention obscène" écrit Mariette Bey qui ajoute, "ce n'est qu'une autre façon d'exprimer la génération céleste qui ferait entrer le défunt dans une nouvelle vie". Les Chrétiens et Européens en général s'en prennent durement aux symboles phalliques des anciens. Les dieux et déesses nus, et leurs emblèmes générateurs et leurs statues, ont des départements secrets qui leurs sont assignés dans nos musées : pourquoi alors adopter et préserver les mêmes symboles pour le Clergé et les Laïcs ? Les fêtes d'amour dans l'Église primitive – ses agapes – étaient aussi pures (ou impures) que les fêtes phalliques des païens. Les longues robes sacerdotales des Eglises romaine et grecque, et les longs cheveux portés dans cette dernière, les goupillons d'eau bénite et le reste, sont là pour montrer que le ritualisme chrétien a conservé de façon plus ou moins modifiée tout le symbolisme de l'Egypte antique. Quant au symbolisme de nature purement féminine, nous sommes contraints d'avouer qu'au regard de tout archéologue impartial, les toilettes à demi-nues des dames de la bonne Société sont bien plus suggestives du culte du sexe féminin que ne le sont les rangées de lampes en forme de yoni, allumées le long des chemins menant aux temples en Inde.

IU-KABAR ZIVO (gnosticisme)

Connu également comme NebatIavar-bar-Iufin-Ifafin, "Seigneur des Eons" dans le système nazaréen. C'est le procréateur (émanateur) des sept vies saintes (les sept Dhyân Chohans primordiaux, ou Archanges, chacun représentant une des vertus cardinales), et il est lui-même appelé la troisième vie (le troisième Logos). Dans le Codex on s'adresse à lui comme "au gouvernail et à la vigne de l'aliment de vie". Il est donc identique au Christ (Christos) qui dit : "Je suis la vraie vigne et mon père est le vigneron" (Jean xv. 1). Il est bien connu que le Christ est regardé par l'Eglise catholique romaine comme le "chef des Eons", et aussi comme Michel "qui est comme dieu". Telle était aussi la croyance des Gnostiques.

IURBO ADONAI

Terme gnostique, ou nom composé pour Iao- Jehovah, que les Ophites considéraient comme une émanation de leur Ilda- Baoth, fils de Sophia Achamoth – le dieu orgueilleux, ambitieux et jaloux et l'esprit impur, que beaucoup de sectes gnostiques regardaient comme le dieu de Moïse. "Iurbo est appelé par les Avortons (les Juifs) Adonaï" dit le Codex Nazarœus (vol. III., p. 13). "Avortons" et Avortés étaient des surnoms donnés aux Juifs par leurs adversaires gnostiques.

IWALDI (scandin.)

Le nain dont les fils fabriquèrent pour Odin la lance magique. Un des forgerons souterrains qui, avec d'autres gnomes, contribua à la fabrication d'un glaive enchanté pour Cheru le grand dieu de la guerre. Ce glaive à deux tranchants figure dans la légende de l'empereur Vitellius, qui le reçut du dieu, "pour se blesser lui-même", selon l'oracle d'une "femme sage", le négligea et fut finalement tué avec lui au pied du Capitole par un soldat germain qui avait dérobé cette arme. Le "sabre du dieu de la guerre" a une longue biographie, puisqu'il reparaît dans la biographie semi-légendaire d'Attila. Ayant épousé contre sa volonté Ildikd, la jolie fille du roi des Burgondes qu'il avait tué, son épouse obtient le glaive magique d'une mystérieuse vieille femme et avec lui tue le roi des Huns.

IZDUBAR

Nom d'un héros dans les fragments d'histoire et de théogonie chaldéennes sur ce qu'on appelle les tablettes assyriennes, qui ont été lues par feu George Smith et d'autres. Smith cherche à identifier Izdubar à Nemrod. Ceci peut être exact ou non, mais comme le nom de ce roi babylonien lui-même n' "apparaît" que comme Izdubar, son identification avec le fils de Cush peut aussi se révéler plus apparente que réelle. Les érudits ne sont que trop enclins à contrôler leurs découvertes archéologiques au moyen de texte que l'on trouve dans les livres de Moïse, beaucoup plus tardifs, au lieu de faire juste le contraire. Le "peuple élu" a eu tendance, à toutes les périodes de son histoire, à s'approprier le bien des autres. Depuis l'appropriation de l'ancienne histoire de Sargon, roi d'Akkad, et son application globale à Moïse (si c'est une réalité) plusieurs milliers d'années plus tard, jusqu'à leur "pillage" des Egyptiens, fait sous la direction et le conseil divin de leur Seigneur Dieu, tout le Pentateuque semble être fait de fragments mosaïques non reconnus, pris dans les écritures d'autres peuples. Cela aurait dû inspirer plus de prudence aux assyriologues, mais comme beaucoup d'entre eux appartiennent à la caste cléricale, ils ne sont que peu affectés par des coïncidences du genre de celle de Sargon. Une chose est certaine : Izdubar, quel qu'ait été son nom, est montré dans toutes les tablettes comme un puissant géant qui dominait en taille tous les autres hommes, comme un cèdre domine les broussailles – un chasseur, selon les légendes cunéiformes, qui combattait les lions, les tigres, les taureaux sauvages et les buffles, les animaux les plus formidables, et les détruisait. J J Dixième lettre des alphabets anglais et hébreu ; dans ce dernier elle équivaut également à y et à i, et numériquement elle est 10, le nombre parfait. (Voir Yod ou un, et aussi I).

ŒIL D'HORUS

Symbole excessivement sacré de l'Egypte antique. On l'appelait oudjat : l'œil droit représentait le Soleil, le gauche la Lune. Comme le dit Macrobe : "L'Oudjat (ou udjat) n'estil pas l'emblème du soleil, roi du monde, qui de son trône élevé voit tout l'univers qui se trouve au-dessous de lui ?" ŒUFS de Pâques. Les œufs ont été utilisés comme symboles depuis une époque reculée. Il y avait l' "Œuf Mondain" dans lequel Brahmâ était en gestation – Hiranyagarbha pour les Hindous, et l'Œuf Mondain des Egyptiens, qui procède de la bouche de la "divinité non-faite et éternelle", Khnoum, et qui est l'emblème du pouvoir générateur. Puis l'Œuf de Babylone dont l'éclosion fit paraître Ishtar et qui, disait-on, était tombé du ciel dans l'Euphrate. C'est pourquoi des œufs colorés étaient utilisés chaque année durant le printemps dans presque tous les pays, et, en Egypte, ils étaient échangés comme symbole consacré au renouveau – un symbole qui était, qui est et qui sera toujours l'emblème de la naissance et de la renaissance, cosmique et humaine, céleste et terrestre. On les suspendait dans les temples égyptiens et on en suspend encore maintenant dans les mosquées musulmanes. OGDOADE :(gr.). D'après la Gnose de Marcion, la Tétrade, ou quaternaire, en se réfléchissant produit l'ogdoade, le "huit". Les huit grands dieux formaient ce qu'on appelait l' "Ogdoade sacrée".