Lexique Théosophique

Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.

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103 notices — lettre K

KA (sans.)

Selon Max Müller, c'est le pronom interrogatif "qui ?" – mais élevé à la dignité d'une divinité sans cause ni raison. Pourtant il a sa signification ésotérique et c'est un nom pour Brahmâ sous son caractère phallique comme géniteur ou Prajâpati (V.). KA'BA ou Kaaba (ar.). Nom du célèbre temple musulman de la Mecque, et grand lieu de pèlerinage. L'édifice n'est pas grand mais très original ; il a une forme parallélépipédique de 23 × 24 coudées de base et 27 de haut, avec une seule ouverture vers l'est pour l'entrée de la lumière. A l'angle nord-est se trouve la "pierre noire" de la Kaaba, que l'on dit être descendue directement du ciel, aussi blanche que la neige, mais qui par la suite est devenue noire à cause des péchés des hommes. La "pierre blanche", la tombe qui passe pour être celle d'Ismaël, se trouve du côté nord, et la place d'Abraham est à l'est. Si, comme le prétendent les Musulmans, ce temple fut, à la demande d'Adam après son exil, transféré par Allah ou Jehovah directement de l'Eden sur la terre, les "païens" peuvent, à bon droit, prétendre avoir de beaucoup dépassé la divine architecture primordiale par la beauté de leurs édifices.

KABALAH (héb.)

La sagesse cachée des rabbins hébreux du moyen âge dérivée des doctrines secrètes plus anciennes concernant les choses divines et la cosmogonie, qui furent combinées en une théologie après le temps de la captivité des Juifs à Babylone. Tous les ouvrages qui entrent dans la catégorie ésotérique sont dits cabalistiques.

KABIRES (phénicien)

, ou kabirim. Divinités et dieux très mystérieux de nations anciennes, y compris les Israélites, que certains – comme Terah, le père d'Abraham – adoraient sous le nom de teraphim. Cependant pour les Chrétiens, ce sont maintenant des diables, quoique les archanges modernes soient la transformation directe de ces mêmes kabires. En hébreu ce dernier nom signifie "les puissants", gibborim. Il fut un temps, où toutes les divinités rattachées au feu – quelles soient divines, infernales ou volcaniques – étaient appelées kabiriennes. (Voir "Cabires").

KADMON (héb.)

L'homme archétype. Voir "Adam Kadmon".

KADOSH (héb.)

Consacré, saint ; s'écrit aussi kodesh. Quelque chose mise à part pour le culte du temple. Mais entre le sens étymologique du terme et ses significations ultérieures appliquées aux kadeshim (les "prêtres" réservés à certains rites du temple) – il y a un abîme. Les mots kadosh et kadeshim sont employés au Livre II des Rois bien plus comme un terme injurieux, car les kadeshuth de la Bible étaient identiques dans leur fonction et devoirs aux filles Nautches de certains temples hindous. C'était des Galli, les prêtres mutilés des rites lascifs de Vénus Astarté, qui vivaient "près de la maison du Seigneur". Il est assez curieux que le terme kadosh ait été adopté dans plusieurs degrés de chevalerie maçonnique.

KAILASA (sans.)

En métaphysique, "le ciel", la demeure des dieux ; géographiquement, une chaîne de montagnes dans les Himâlayas, au nord du lac Mânasasarovara, appelé aussi lac Mânasa.

KAILEM (héb.)

Litt., Vaisseaux ou véhicules ; les vases qui servent pour la source des eaux de la vie. Terme employé pour les dix séphiroth considérées comme les noyaux primordiaux de toutes les forces cosmiques. Certains Cabalistes les regardent comme se manifestant dans l'univers par vingt-deux canaux représentés par les vingt-deux lettres de l'alphabet hébreu, faisant ainsi avec les dix séphiroth les trente-deux sentiers de sagesse. (w.w.w.).

KAIMARATH (persan)

La dernière des races de rois préhumains. Ils sont identiques à Adam Kadmon. Un fabuleux héros perse. KAKODÆMON (gr.). Le mauvais génie, l'adversaire d'agatho dæmon, le bon génie ou divinité. Un terme gnostique.

KALA (sans.)

Mesure de temps : quatre heures, une période de trente kâshthâs.

KALA (sans.)

Temps, destin : un cycle et un nom propre, ou un titre donné à Yama, roi du monde inférieur et Juge des morts. KALAGNI (sans.). La flamme du temps. Un être divin créé par Śiva, un monstre ayant 1.000 têtes. Titre de Śiva signifiant "le feu du destin". KALAHAMSA ou Hamsa (sans.). Titre mystique donné à Brahma (ou Parabrahman) ; signifie "le cygne dans le temps et hors de lui". Brahmâ (mâle) est appelé Hamsa-Vâhan, le véhicule du "cygne". KALANABHA (sans.). Identique à Târaka (voir la Doctrine Secrète,

KALAVINKA (sans.)

, aussi karâyikâ et kârandava, etc... "L'oiseau à la douce voix d'immortalité". Eitel l'identifie au cuculus melanoleicus, quoique l'oiseau lui-même soit allégorique et non-existant. Sa voie est entendue lors d'une certaine étape de Dhyâna dans la pratique yoguique. On dit qu'elle réveilla le roi Bimbisâra et ainsi le sauva de la morsure d'un cobra. Dans son sens ésotérique cet oiseau à la douce voix est notre égo supérieur.

KALEVALA

L'épopée finnoise de la création.

KALI (sans.)

La "noire" ; à présent le nom de Pârvatî, la compagne de Śiva, mais à l'origine celui d'une des sept langues d'Agni, dieu du feu – "la langue noire et ardente". Le mal et la méchanceté.

KALIDASA (sans.)

Le plus grand poète et dramaturge de l'Inde.

KALIYA (sans.)

Le serpent à cinq têtes tué par Krishna dans son enfance. Monstre mystique symbolisant les passions de l'homme – la rivière ou l'eau étant un symbole de la matière.

KALIYUGA (sans.)

Le quatrième âge, noir ou de fer, notre période actuelle dont la durée est de 432.000 ans. Le dernier des âges en lesquels la période d'évolution de l'homme est divisée en une série de tels âges. Il débuta 3.102 ans Av. J.C. au moment de la mort de Krishna et le premier cycle de 5.000 ans finira entre 1897 et 1898.

KALKI AVATAR (sans.)

L' "Avatâr du Cheval Blanc" qui sera la dernière incarnation manvantarique de Vishnu, selon les Brâhmines ; de Maitreya Buddha conformément aux Bouddhistes du Nord ; de Sosiosh, le dernier héros et sauveur des Zoroastriens, comme le prétendent les Parsis ; et du "Fidèle et Vrai" sur le Cheval Blanc (Apocalypse, XIX., 2). Dans sa future épiphanie ou dixième avatâr, les cieux s'ouvriront et Vishnu apparaîtra "assis sur un coursier d'un blanc laiteux, brandissant un glaive étincelant comme une comète, pour la destruction finale des méchants, la rénovation de la création et le rétablissement de la pureté". (Comparez l'Apocalypse). Cela aura lieu à la fin du Kali Yuga dans 427.000 ans. La dernière partie de chaque yuga est appelée "la destruction du monde", parce qu'alors la terre change à chaque fois sa forme extérieure, submergeant un ensemble de continents et en soulevant un autre groupe.

KALPA (sans.)

La période d'une révolution du monde, ordinairement un cycle de temps, mais selon la coutume, elle représente un "jour" et une "nuit" de Brahmâ, période de 8.640.000.000 d'années.

KAMA (sans.)

Désir mauvais, concupiscence, volition : l'attachement à l'existence. Kâma est généralement identifié à Mâra le tentateur.

KAMADEVA (sans.)

Dans les idées populaires, c'est le dieu de l'amour ; un Viśvadeva, dans le panthéon hindou. Comme l'Eros d'Hésiode, dégradé en Cupidon par la loi exotérique, et encore plus dégradé par un sens populaire ultérieur attaché à ce terme, Kâma est ainsi le sujet le plus mystérieux et le plus métaphysique. La description védique primitive de Kâma donne la note tonique de ce dont il est l'emblème. Kâma est le premier désir conscient embrassant tout pour le bien universel, l'amour et pour tout ce qui vit et sent, a besoin d'aide et de bienveillance, le premier sentiment de compassion tendre et infinie et de pitié qui s'élève dans la conscience de l'UNIQUE FORCE créatrice dès qu'elle s'éveille à la vie et à l'être, comme un rayon de l'ABSOLU. Le Rig Veda dit "D'abord le désir s'éleva en Cela, qui était le germe primordial du mental, et que les Sages, cherchant avec leur intelligence, ont découvert dans leur cœur comme le lien qui relie l'entité avec la non-entité", ou le manas avec le pur âtma-buddhi. Il n'existe pas d'idée d'amour sexuel dans cette conception. Kâma est avant tout le désir divin de créer le bonheur et l'amour ; et ce n'est que des siècles plus tard, lorsque l'humanité commença à matérialiser, par l'anthropomorphisation, ses idéaux les plus élevés en dogmes tout faits, que Kâma devint le pouvoir qui gratifie le désir sur le plan animal. C'est prouvé par ce qu'en dit tout Veda et certains Brâhmanas. Dans l'Atharva Veda, Kâma est représenté comme la Divinité Suprême et le Créateur Suprême. Dans la Taittiriya Brâhmana, il est l'enfant de Dharma, dieu de la loi et de la justice, de Śraddhâ, la foi. Dans un autre récit il surgit du cœur de Brahmâ. D'autres le montrent né de l'eau, c'est-à-dire du chaos primordial, ou "l'abîme". De là découle un de ses nombreux noms, Irâ-ja, "le né de l'eau" ; et Aja, le "non-né" ; et âtmabhû ou "auto-existant". A cause du signe de makara (le Capricorne) sur sa bannière, on l'appelle aussi "Makara Ketu". L'allégorie concernant Śiva, le "Grand Yogin", réduisant Kâma en cendres par le feu venant de son œil central (ou troisième) pour inspirer au Mahâdeva des pensées pour son épouse, tandis qu'il était dans ses dévotions, – est très suggestive, car on dit qu'ainsi il réduisait Kâma à sa forme spirituelle primitive.

KAMADHATU (sans.)

Aussi appelé kâmâvatchara, région englobant le kâmaloka. D'après les idées exotériques, c'est le premier des trailokya – ou trois mondes (que l'on applique également aux êtres célestes) ou sept plans ou degrés, chacun approximativement représentés par une des trois principales caractéristiques, savoir, kâma, rûpa et arûpa, ou celles du désir, de la forme et de l'absence de forme. Le premier des trailokyas, kâmadhâtu, est donc composé de la terre et des six Devalokas inférieurs, la terre étant suivie par kâmaloka (V.). Ceux-ci pris ensemble constituent les sept degrés du monde matériel de forme et de satisfaction sensorielle. Le deuxième des trailokyas (ou trilokas) est appelé rûpadhâtu ou "forme matérielle" et est également composé de sept lokas (ou localités). Le troisième est arûpadhâtu ou "lokas immatériels". Le mot "localité" est cependant un terme incorrect dans la traduction de dhâtu, qui ne signifie pas du tout dans certaines de ses applications particulières un "endroit". Par exemple, arûpadhâtu est un monde purement subjectif, un "état" bien plus qu'un lieu. Mais comme les langues européennes n'ont pas de termes métaphysiques adéquats pour exprimer certaines idées, nous ne pouvons que signaler la difficulté.

KAMALOKA (sans.)

Le plan semi-matériel, subjectif et invisible pour nous, où les "personnalités", les formes astrales désincarnées, appelées kâmarûpa demeurent, jusqu'à ce qu'elles en disparaissent par épuisement complet des effets des impulsions mentales qui ont créé ces eidolons de passions et de désirs. (Voir "Kâmarûpa"). C'est le Hadès des anciens Grecs et l'Amenti des Egyptiens, la terre des Ombres silencieuses : une division du premier groupe des trailokyas. (Voir "Kâmadhâtu").

KAMARUPA (sans.)

Métaphysiquement, et dans notre philosophie ésotérique, c'est la forme subjective créée par le mental, les désirs et les pensées physiques en relation avec les objets de la matière, chez tous les êtres sensibles ; une forme qui survit à la mort de leur corps. Après cette mort, trois des sept "principes" – ou disons des plans des sens et de la conscience sur lesquels les instincts humains et l'idéation humaine agissent tour à tour, c'est-à-dire, le corps, son prototype astral et la vitalité physique – qui maintenant n'ont plus aucune utilité, restent sur terre ; les trois principes supérieurs, groupés en un seul, s'absorbent dans l'état de Devachan (V.), état dans lequel l'égo supérieur demeurera jusqu'au moment où une nouvelle réincarnation survient : et l'eidolon de l'ex- personnalité est laissé seul dans son nouveau séjour. Là, la pâle copie de l'homme qui vécut, végète pendant une certaine période dont la durée variable dépend des éléments de matérialité qui reste en elle, et se trouve déterminée par la vie passée du défunt. Privée comme elle est de son mental supérieur, de l'esprit et des sens physiques, si elle est laissée toute seule à ses propres ressources, dépourvue de sens, elle se désintégrera petit à petit et disparaîtra. Mais si elle est tirée de force en arrière dans la sphère terrestre soit par un désir passionné et des appels d'amis survivants, soit par de franches pratiques nécromantiques dont l'une des plus pernicieuses est la médiumnité, le "revenant" peut se maintenir pendant une période qui dépasse de beaucoup le temps de la vie naturelle de son corps. Une fois que le kâmarûpa a appris la voie qui le ramène vers des corps humains vivants, il devient un vampire, se nourrissant de la vitalité de ceux qui sont tellement désireux de sa compagnie. En Inde, ces eidolons sont appelés piśâchas et sont très redoutés comme cela a déjà été expliqué ailleurs.

KAMEA (héb.)

Amulette ; ordinairement un carré magique. KANDU, (sans.). Sage et saint de la deuxième race-racine, un yogin que Pramlôcha, "nymphe" envoyée par Indra à cette fin, trompa et qui vécut avec lui pendant plusieurs siècles. Finalement le Sage, revenant à son bon sens, la répudia et la chassa. Là-dessus, elle donna le jour à une fille, Maricha. L'histoire est contée dans une fable allégorique des Purânas.

KANISHKA (sans.)

Roi du Tochari qui vivait lorsque le troisième synode bouddhique se réunit au Cachemire, c'est-à-dire, vers le milieu du premier siècle Av. J.C. Il fut un grand protecteur du Bouddhisme et il construisit les plus belles stûpas ou dagobas de l'Inde du Nord et du Kabulistan. KANISHTHAS (sans.). Une classe de dieux qui, d'après les Hindous, se manifesteront dans le quatorzième ou dernier manvantara de notre monde.

KANYA (sans.)

Vierge ou jeune fille. Kanyâ Kumârî "la vierge" est un titre de Durgâ-Kâlî adorée par les Thugs et les Tântrikas.

KAPILA RISHI (sans.)

Grand sage et adepte de l'antiquité. Auteur de la philosophie Sâmkhya. KAPILAVASTU (sans.). Lieu de naissance du Seigneur Bouddha, appelé "la demeure jaune" ; la capitale du monarque qui fut le père de Gautama le Bouddha. KARABTANOS (gr.). La personnification du désir aveugle ou animal, symbole du kâma rûpa. L'esprit "dépourvu de sens et de jugement" dans le Codex des Nazaréens. Il est le symbole de la matière et représente le père des sept esprits de la concupiscence qu'il engendra en sa mère, le "spiritus" ou la lumière astrale.

KARAM (sans.)

Grande fête en l'honneur de l'Esprit du soleil chez les tribus kolariennes.

KARANA (sans.)

Cause (métaphysiquement). KARANA ŚARIRA (sans.). Le "corps causal". Son sens est double. Exotériquement, c'est avidyâ, l'ignorance ou ce qui est la cause de l'évolution de l'égo humain et de sa réincarnation, donc le manas inférieur ésotériquement ; le corps causal ou kâranopâdhi se trouve dans le Târaka Raja yoga comme correspondant au buddhi et au manas supérieur ou âme spirituelle.

KARANDA (sans.)

L' "oiseau à la douce voix", identique à kalavinka (V.).

KARANOPADHI (sans.)

Base ou upâdhi de kârana, l' "âme causale". Dans le Târaka Râja Yoga, ce terme correspond à la fois à manas et à buddhi. (Voyez le tableau dans la Doctrine Secrète, I. 142). KARDECISTES. Disciples du système spirite d'Allan Kardec, fondateur français du mouvement moderne de l'Ecole Spirite. Les spirites de France diffèrent des spirites américains et anglais en ce que leurs "esprits" enseignent la réincarnation alors que ceux des Etats-Unis et de Grande-Bretagne dénoncent cette croyance comme une erreur, injurient et calomnient ceux qui l'acceptent. "Lorsque les esprits ne sont pas du même avis...".

KARMA (sans.)

Physiquement, une action ; métaphysiquement, la

KARNAIM (héb.)

Cornu ; attribut d'Ashtoreth et d'Astarté. Ces cornes figurent l'élément mâle, et transforment cette divinité en androgyne. Isis aussi est parfois cornue. Rapprochez également l'idée du Croissant de Lune – symbole d'Isis – en tant que symbole cornu. (w.w.w.).

KARNAK (égypt.)

Ruines des antiques temples et palais qui se dressent maintenant sur l'emplacement de l'ancienne Thèbes. Les représentations les plus magnifiques de l'art et de l'habileté des anciens Egyptiens. Quelques lignes empruntées à Champollion, Denon et à un voyageur anglais montrent avec éloquence ce que sont ces ruines. De Karnak, Champollion écrit : – "Le terrain couvert par la masse des bâtiments restants est carré, et chaque côté mesure 600 mètres. On est surpris et émerveillé de la grandeur de ces sublimes restes, de l'abondance et de la magnificence de l'ouvrage qu'on peut voir partout. Aucun peuple des temps anciens ou modernes n'a conçu l'art de l'architecture sur une échelle aussi sublime, aussi grandiose que ce qui existait chez les anciens Egyptiens ; et l'imagination qui en Europe s'élève bien au-dessus de nos portiques, s'arrête d'elle-même et s'effondre impuissante au pied des cent quarante colonnes de la salle hypostyle de Karnak ! Dans une de ces salles, la cathédrale de Notre Dame pourrait se dresser sans toucher le plafond, et être considérée comme un petit ornement au centre de la salle. Un autre écrivain s'exclame : – "Les cours, les salles, les portails, les colonnes, les obélisques, les personnages monolithiques, les sculptures, les longues rangées de sphinx, se trouvent en telle profusion à Karnak, que la vue en est submergée pour la compréhension moderne". Le voyageur français Denon dit : – "Il n'est guerre possible de croire, après les avoir vus, à la réalité de l'existence de tant de monuments réunis en un seul point, à leurs dimensions, à la persévérance résolue que leur construction a demandée, et aux incalculables dépenses d'une si grande magnificence ! Il est nécessaire que le lecteur imagine voir en rêve ce qui lui est montré, car celui qui parfois voit les objets eux-mêmes cède au doute quant à savoir s'il est parfaitement éveillé... Il y a des lacs et des montagnes à l'intérieur du périmètre du sanctuaire. Ces deux édifices sont choisis à titre d'exemples parmi une liste presque inépuisable. Toute la vallée du Nil, et son delta, depuis les cataractes jusqu'à la mer, était couverte de temples, de palais, de tombeaux, de pyramides, d'obélisques et de colonnes. Le fini des sculptures est au-dessus de tout éloge. La perfection mécanique avec laquelle les artistes burinaient le granit, la serpentine, la brèche, et le basalte, est étonnante, d'après tous les experts... les animaux et la végétation sont aussi bien rendus qu'au naturel, et les objets de l'art des hommes sont admirablement sculptés ; des batailles navales et terrestres, et des scènes de la vie domestique peuvent être découvertes dans tous leurs bas-reliefs".

KARNEIOS (gr.)

"Apollon Karneios", est évidemment un avatâr de l'hindou "Krishna karna". Tous deux étaient des dieux-soleil ; tous deux, "karna" et karneïos, signifient "rayonnant". (Voir la Doctrine Secrète, III., 55, note 2).

KARSHIPTA (mazdéen)

L'oiseau sacré du ciel dans les Ecritures mazdéennes, dont Ahura Mazda dit à Zarathoustra qu' "il récite l'Avesta dans le langage des oiseaux" (Bund. xix, et seq.). L'oiseau est le symbole de l' "âme", de l'ange et du deva dans n'importe quelle religion ancienne. Il est donc facile de voir que cet "oiseau saint" signifie l'égo divin en l'homme ou l' "âme". Identique à kârandava (V.).

KARSHVARE (zende)

Les "sept terres" (notre chaîne septénaire) que régissent les Amesha Spenta, les Archanges ou Dhyân-Chohans des Parsis. Les sept terres, dont une seule, savoir, Hvanirata – notre terre – est connue des mortels. Les Terres (ésotériquement), ou sept divisions (exotériquement), sont notre propre chaîne planétaire comme il est dit dans le Bouddhisme Esotérique et la Doctrine Secrète. La doctrine est exposée nettement dans le fargard XIX, 39, du Vendidâd.

KARTTIKEYA (sans.)

, ou Kârttika. Dieu indien de la guerre, fils de Śiva, né de sa semence tombée dans le Gange. C'est aussi la personnification du pouvoir du Logos. La planète Mars. Kârttika est un personnage très occulte, le nourrisson des Pléiades, et un Kumâra. (Voir la Doctrine Secrète).

KARUNA-BHAVANA (sans.)

La méditation de pitié et de compassion dans le Yoga.

KASBECK

Le sommet dans la chaîne de montagnes caucasiennes où Prométhée fut enchaîné. KAŚI (sans.). Autre nom plus ancien de la cité sainte de Bénarès.

KASINA (sans.)

Un rite mystique de yoga utilisé pour libérer l'esprit de toute agitation, et amener l'élément kâmique à une complète immobilisation. KAŚI KHANDA (sans.). Un long poème qui forme une partie de la Skanda Purâna, et qui contient une autre version de la légende de la tête de Daksha. Celle-ci ayant été perdue au cours d'une échauffourée, les dieux la remplacèrent par la tête du bélier Mriga-Śiras, alors que d'autres versions la décrivent comme une tête de chèvre, substitution qui modifie considérablement l'allégorie. KAŚYAPA (sans.). Un sage de l'époque védique et, selon l'expression de l'Atharva Veda, "l'auto-généré qui naquit du Temps". Etant en outre le père des Adityas dont le chef est Indra, Kaśyapa est aussi le progéniteur des serpents, reptiles, oiseaux et autres créatures qui marchent, volent et rampent.

KATHA (sans.)

Une des Upanishads commentée par Śankarâchârya.

KAUMARA (sans.)

La "Création de Kumâra" ; les adolescents vierges qui naquirent du corps de Brahmâ.

KAURAVYA (sans)

Le roi des Nâgas (serpents) dans Pâtâla ; exotériquement une salle. Mais ésotériquement cela signifie quelque chose de fort différent. Il y a une tribu de Nâgas dans l'Inde du nord-est, et Nagal est, au Mexique, le nom porté par le chef des sorciers-guérisseurs encore aujourd'hui comme il fut celui du chef des adeptes à l'aurore de l'histoire ; enfin Pâtâla veut dire antipodes et est un nom pour les Amériques. Il s'ensuit que l'histoire d'Arjuna se rendant à Pâtâla, et se mariant à Ulupi, la fille du roi Kauravya, peut être aussi historique que beaucoup d'autres considérées tout d'abord comme fabuleuses et trouvées ensuite véridiques.

KAVANIM (héb.)

S'écrit aussi Cunim ; nom de certains gâteaux magiques offerts à Ishtar, la Vénus babylonienne. Jérémie parle de ces cunim offerts à la "Reine des Cieux" (VII., 18.). De nos jours, nous n'offrons pas de petits gâteaux au lait, mais les consommons à Pâques. (w.w.w.).

KAVYAVAHANA (sans.)

Le feu destiné aux Pitris.

KEBAR-ZIVO (gnosticisme)

L'un des chefs des créateurs dans le Codex Nazarœus.

KEHERPAS (sans.)

Une forme aérienne. KEŚARA (sans.). Un "promeneur du ciel", c'est-à-dire, un yogin qui peut voyager dans sa forme astrale.

KETHER (héb.)

La Couronne ; la plus élevée des dix séphiroth la première de la triade céleste. Elle correspond au Macroprosope – la vaste contenance, ou Arik Anpin, qui se différencie en Hochmah et Binah. (w.w.w.).

KETU (sans.)

Le nœud descendant en astronomie ; la queue du dragon céleste qui attaque le soleil pendant les éclipses, et aussi une comète ou un météore.

KHA (sans.)

Identique à "âkâśa".

KHADO (tibétain)

Démons femelles du mal dans le folklore populaire. Dans la philosophie ésotérique, les forces cachées du mal dans la nature. Elémentals connus en sanskrit comme Dâkinî.

KHALDI

Les plus anciens habitants de la Chaldée qui furent d'abord adorateurs du dieu Lune – Deus Lunus – un culte qui leur fut apporté par le grand courant de l'émigration primitive hindoue ; plus tard, une caste d'astrologues et d'initiés réguliers.

KHAMISME

Nom donné par les égyptologues à l'ancienne langue d'Egypte ; aussi Khami.

KHANDA KALA (sans.)

Le temps fini ou conditionné par opposition au temps infini ou éternité – Kâla.

KHEM (égypt.)

Identique à Horus. "Le dieu Khem vengera son père Osiris", dit un texte d'un papyrus.

KHEPRA (égypt.)

Dieu égyptien qui préside à la renaissance et à la transmigration. On le représente avec un scarabée en guise de tête.

KHI (chinois)

Litt., "souffle", signifiant buddhi. KHI et RHO, généralement nommé le Labarum de Constantin, et faussement appelé P et Croix. C'était, cependant, l'un des plus vieux emblèmes d'Etrurie bien avant l'empire romain. Ce fut aussi le signe d'Osiris. Les deux croix, la longue latine et la pectorale grecque sont égyptiennes, la première étant très souvent vue dans la main d'Horus. "La croix et le calvaire, si communs en Europe, se rencontrent sur les poitrines des momies" (Bonwick).

KHNOUM (égypt.)

La grande profondeur, ou espace primordial.

KHODA (pers.)

Le nom d'une divinité. KHONS, ou Khonsou (égypt.). Le fils de Mout et d'Amon ; la personnification du matin. Selon certains il est l'Harpocrate thébain, pareil à Horus, il écrase sous son pied un crocodile, symbole de la nuit et de l'obscurité, ou Seb (Sebek) qui est Typhon. Mais dans les inscriptions, on s'adresse à lui comme "au Guérisseur des maladies et celui qui bannit tout mal" Il est aussi le "Dieu de la chasse", et Sir Gardner Wilkinson avait l'habitude de voir en lui l'Héraklès égyptien, probablement parce que les Romains avaient un dieu nommé Consus qui présidait aux courses de chevaux et était donc appelé "le dissimulateur des secrets". Mais le second est une variante tardive de l'égyptien Khons, qui est plus probablement un aspect d'Horus, car il porte une tête de faucon, tient le fouet et la houlette d'Osiris, le tat et la crux ansata.