Lexique Théosophique
Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.
60 notices — lettre L
L'étendard que l'on portait devant les anciens empereurs romains, avec un aigle placé à son sommet comme emblème de souveraineté. C'était une longue lance avec deux bâtons croisés à angle droit. Constantin remplaça l'aigle par le monogramme chrétien avec la devise έν τούτψ νίχα que l'on interpréta plus tard comme In hoc signo vinces. Pour ce qui est du monogramme, c'était une combinaison de la lettre X, Khi, et P, Rhô, la première syllabe de Christos. Mais bien longtemps avant Constantin et l'ère chrétienne, le Labarum servit d'emblème en Etrurie. Ce fut également le signe d'Osiris et d'Horus, qui est souvent représenté avec la longue croix latine, tandis que la croix pectorale grecque est purement égyptienne. Dans son Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain Gibbon a démasqué l'imposture de Constantin. L'empereur, si tant est qu'il eût une vision, doit avoir vu le Jupiter Olympien dans la foi duquel il mourut.
Un saint romain, béatifié avec solennité il y a quelques années. Sa grande sainteté consistait à demeurer assis à l'une des portes de Rome, nuit et jour, pendant quarante ans, et à ne pas se laver pendant toute cette période. La vermine le rongea jusqu'aux os.
(gr.). L'Egypte avait le "labyrinthe céleste" dans lequel les âmes des défunts se précipitaient, et aussi son modèle sur terre, le célèbre labyrinthe, une suite de salles et de passages souterrains avec les détours les plus extraordinaires. Hérodote, dans la description qu'il en donne, écrit qu'il était composé de 3.000 chambres, la moitié au-dessus du sol, les autres en-dessous. Même à son époque il n'était pas permis aux étrangers de s'aventurer dans les parties souterraines car elles contenaient les sépultures des rois qui en furent les constructeurs, ainsi que d'autres mystères. Le "Père de l'Histoire" trouva que le labyrinthe était déjà presque en ruines, cependant même dans cet état de délabrement il le considérait comme une construction bien plus étonnante que les Pyramides.
Père de l'Eglise qui déclara que le système héliocentrique était une doctrine hérétique, et que l'idée des antipodes était une "fausseté inventée par le diable".
La haute vallée de l'Indus habitée par des Tibétains, mais appartenant au Râjâ du Cachemire.
Robe que portaient les augures romains, et avec laquelle ils se couvraient la tête lorsqu'assis, ils observaient le vol des oiseaux.
Parole secrète, incantation ésotérique ; est presque identique à la signification mystique de Vâch.
"Pudeur" : demi-déesse, fille de Daksha.
100.000 unités, soit en numéraire soit en n'importe quoi d'autre ; laksha en sanskrit.
Trente-deux signes corporels d'un Bouddha ; marques qui le font reconnaître.
"Prospérité", fortune ; la Vénus indienne, née du barattement de l'océan par les dieux, déesse de la beauté et femme de Vishnou.
Célèbre biographe de Śâkyamuni, le Seigneur Bouddha, par Dharmarakcha, en 308 ap. J.C.
S'écrit "Clama". Ce titre, s'il est exactement appliqué, n'appartient qu'aux prêtres de hauts rangs, ceux qui peuvent remplir des fonctions dans des monastères, comme celle de Guru. Malheureusement tout membre ordinaire du Gedun (clergé) se nomme lui- même "lama" ou permet qu'on lui donne ce titre. Un véritable Lama est un Gelong ordonné, et trois fois ordonné. Depuis la réforme accomplie par Tsong-kha-pa, bien des abus se sont de nouveau glissés dans la théocratie du pays. On trouve des "Lamas-astrologues", le Chakhan, ou Tsikhan ordinaire (de tsigan, "tzigane") et les Lamas-devins, à qui même, par exemple, on permet de se marier et qui n'appartiennent pas du tout au clergé. Très rares cependant au Tibet oriental, on les trouve principalement au Tibet occidental, et ils font partie des sectes qui n'ont rien à voir avec les Gelukpas (bonnets jaunes). Malheureusement, les orientalistes, ne connaissant quasiment rien à tout ce qui se passe au Tibet, confondent le Choichong de la Lamaserie des Gurmakâyas (Lhassa) – les Esotéristes Initiés – avec les charlatans et les Dugpas (sorciers) des sectes Bôn. Cela n'a rien d'étonnant si – comme Schlagintweit le dit dans son Buddhism in Tibet – "alors qu'ils rencontraient les portraits du roi Choichong (le "dieu de l'astrologie") dans la plupart des monastères du Tibet occidental, et dans les Himâlayas, mes frères n'ont jamais vu un Lama Choichong", il n'est pas plus "dieu de l'astrologie" que n'importe quel autre Dhyân Chohan planétaire. Ceci est tout naturel. Ni le Choichong, ni le Khubilkhan (V.) ne dirigent le pays. Quant au "Dieu" ou "Roi Choichong", il n'est pas plus "dieu de l'astrologie" que n'importe quel autre Dhyân Chohan planétaire.
Volume sacré de préceptes et de règles rédigé par Tsong-kha-pa "pour le progrès de la connaissance".
Titre de la traduction de l'ouvrage de Nâgârjuna, Ekaśloka-Śâstra.
Ancien nom de l'île de Ceylan. C'est également le nom d'une montagne située au sud-est de l'île, où, d'après la tradition, se trouvait Lankâpuri, une ville peuplée de démons. Dans l'épopée du Râmâyana, sa munificence et son imposante étendue y sont décrites, "avec sept larges fossés et sept prodigieux murs en pierre et en métal". Sa fondation est attribuée à Viśvakarman, qui l'aurait fait bâtir pour Kubera, le roi des démons, de qui elle fut prise par Râvana, le ravisseur de Sîtâ. Le Bhâgavad Purâna montre Lankâ ou Ceylan comme étant originellement le sommet du Mont Méru, qui fut soudainement brisé par Vâyu, dieu du Vent, et précipité dans l'Océan. Depuis lors, l'île est devenue le siège de l'Eglise Bouddhiste du Sud, la secte du Siam (présentement dirigée par le Grand-Prêtre Sumangala), l'expression du Bouddhisme exotérique le plus pur sur ce versant des Himâlayas.
Disciple ; identique à "chelâ".
Grand sage, saint et philosophe, qui précéda Confucius.
"Pierre Philosophale" ; terme mystique en alchimie, ayant une signification tout à fait différente de celle qui lui est habituellement attribuée.
Appartement dans la maison des anciens Romains où les Lares, ou dieux domestiques, étaient conservés avec d'autres reliques de famille.
Il y en avait de trois sortes : Lares familiares, les gardiens du cercle familial, ceux qui y président invisiblement ; Lares parvi, petites statuettes (votives) utilisées dans les divinations et les présages ; et Lares praestites, qui étaient supposés maintenir l'ordre parmi les autres. Les Lares sont les mânes ou esprits des désincarnés. Apulée dit que l'inscription tombale "Aux dieux mânes qui ont vécu", voulait dire que l'Ame avait été transformée en Lémure : et il ajoute que bien que "l'âme humaine soit un démon que notre langage peut nommer génie", et "qu'elle soit un dieu immortel quoique dans un certain sens elle soit née au même moment que l'homme en qui elle se trouve, cependant nous pouvons dire qu'elle meurt de la même manière qu'elle est née". Ce qui en langage plus clair signifie que les Lares et les Lémures sont simplement les coques rejetées par l'EGO, l'âme supérieure spirituelle et immortelle, dont la coque et aussi sa réflexion astrale, l'âme animale, meurent, tandis que l'Ame supérieure se maintient dans toute l'éternité.
L'âme animale. Les larves sont les ombres des hommes qui ont vécu et qui sont morts. LAYA ou Layâm (sans.). De la racine Li, "dissoudre", "désintégrer". Point d'équilibre (point zéro) en physique et en chimie. En occultisme, c'est le point où la substance devient homogène et est incapable d'agir et de se différencier.
Expression moderne utilisée en premier par quelques matérialistes, et maintenant adoptée par les Théosophistes, pour indiquer un continent qui, d'après la doctrine secrète de l'Orient, précéda l'Atlantide. Le nom qu'on lui donne en Orient ne révélerait pas grand-chose aux oreilles européennes. LEON, Moïse de. Nom d'un rabbin juif du XIIIème siècle accusé d'avoir composé le Zohar, qu'il fit connaître comme l'ouvrage véritable de Siméon ben Yochaï. Son nom complet, donné dans l'ouvrage de Myer, Qabbalah, est Rabbin Moyse ben-Shem-Tob de Léon, en Espagne ; ce même auteur démontre très habilement que de Léon n'est pas l'auteur du Zohar. Ils seront peu nombreux ceux qui diront qu'il le fut, mais tout le monde devra suspecter Moyse de Léon d'avoir changé considérablement le Livre des Splendeurs (Zohar) originel. Cette faute, cependant, il la partage avec les "Cabalistes chrétiens" du moyen âge et tout particulièrement Knorr von Rosenroth. Assurément, ni le rabbin Siméon, condamné à mort par Titus, ni son fils, le rabbin Eléazar, ni non plus son secrétaire, le rabbin Abba, ne peuvent être accusés d'avoir introduit dans le Zohar des dogmes purement chrétiens et des doctrines inventées par les Pères de l'Eglise plusieurs siècles après la mort desdits rabbins. Cela reviendrait à étirer un peu trop la prétendue prophétie divine.
La lune : la planète et son influence astrologique. LEVI Eliphas. Le vrai nom de ce savant cabaliste était "Abbé Alphonse Louis Constant". Eliphas Levi Zahed fut l'auteur de plusieurs ouvrages de magie philosophique. Membre des Fratres Lucis (Frères de la Lumière) il fut aussi pendant quelque temps prêtre, un abbé de l'Eglise catholique romaine qui se fit un devoir de le défroquer promptement lorsqu'il devint cabaliste de renom. Il mourut il y a environ vingt ans, laissant cinq ouvrages célèbres, Dogme et Rituel de Haute Magie (1856), Histoire de la Magie (1860), La Clef des Grands Mystères (1861), Légendes et Symboles (1862), La Science des Esprits (1865), et en outre quelques autres ouvrages d'importance mineure. Il avait le style extrêmement léger et fascinant, mais son trait caractéristique assez marqué pour la moquerie et le paradoxe n'en faisait pas le modèle du cabaliste sérieux.
Dans l'ésotérisme biblique, une Divinité dans sa double manifestation de bien et de mal. On peut en trouver la signification dans le Zohar. "Le rabbin Siméon dit : Le travail du commencement (de la "création"), les compagnons (candidats) l'étudient et le comprennent ; mais les petits (les initiés complets ou parfaits), sont ceux qui saisissent l'allusion au travail des commencements par le Mystère du Serpent de la Grande Mer, à savoir, Thannin, Léviathan". (Voir aussi Qabbalah, d'I. Myer, p. 234).
Les esprits des sphères supérieures : d'où le nom de Lhassa, la résidence du Dalai Lama. Le titre de Lha est souvent donné au Tibet â quelques Narjols (Saints et adeptes Yogins) qui ont atteint de grands pouvoirs occultes.
Mercure : la planète.
Temple : une crypte, particulièrement un temple souterrain pour des cérémonies mystiques.
Esprits follets élémentals du plan terrestre inférieur. L'imagination populaire en a fait des démons et des diables.
Une chaîne de montagnes en Syrie, avec les restes d'une forêt de cèdres gigantesques, qui autrefois en couronnait les crêtes. La tradition veut que les charpentes du temple du Roi Salomon aient été tirées de cet endroit. (Voir "Druzes").
Lif et Lifthrésir : les deux seuls êtres humains à qui l'on permit d'être présents au "Renouvellement du Monde". "Purs et innocents, et libres de tout désir coupable, on leur permet de pénétrer dans le monde où maintenant règne la paix". L'Edda les décrit cachés dans la forêt d'Hodmimir, rêvant des rêves d'enfance, tandis que le dernier conflit était en cours. Ces deux créatures, et l'allégorie dont ils font partie, sont des allusions aux rares nations de la Quatrième Race-racine qui échappèrent à la grande submersion de leurs continents et de la plus grande partie de leur race, et passèrent dans la cinquième pour continuer leur évolution ethnique dans la race humaine actuelle.
Les enfants de Lilith et leurs descendants. "Lilith est la mère des Shedim et des Muquishim (les enjôleurs)". C'est pourquoi toutes les classes de Lilins sont des diables dans la démonologie des Juifs. (Voir Zohar ii. 268a).
Littéralement, jeu, ou passe-temps. Dans les Écritures hindoues orthodoxes, on explique que "les actes de la divinité sont une lîlâ", ou un jeu.
Dans la tradition juive, une démone qui était la première épouse d'Adam, avant qu'Eve ne fut créée. On suppose qu'elle a une influence fatale sur les mères et les enfants nouveau-nés. LIL c'est la nuit, et LILITH c'est aussi le hibou ; et dans les ouvrages du moyen âge c'est un synonyme de Lamia ou un démon-femelle. (w.w.w.).
Terme utilisé par Paracelse pour désigner la matière (alchimique) primordiale : la "terre d'Adam". LINGA ou Lingam (sans.). Signe ou symbole de la création abstraite. La force ne devient organes de procréation que sur cette terre. En Inde, on trouve 12 grands lingams de Ś-iva, dont quelques-uns se trouvent sur des montagnes et des rochers, et aussi dans des temples. Tel est le Kadâresa, une masse rocheuse immense, et sans forme dans les Himalayas. A son origine, le Lingam n'eut jamais la grossière signification rattachée au phallus, idée qui est d'une date tout à fait récente. Le symbole a la même signification en Inde que celle qu'il eut en Egypte, et qui simplement est que la force créatrice ou procréatrice est divine. Il indique aussi le double Créateur, le mâle et femelle – Śiva et sa Śakti. L'idée grossière et impudique en rapport avec le phallus n'est pas indienne mais grecque et éminemment juive. Les Bethels bibliques étaient de véritables pierres priapiques, le "Beth-el" (phallus) où Dieu demeure. Ce même symbole était caché à l'intérieur de l'Arche d'Alliance, le "Saint-des-Saints". C'est pourquoi, le "Lingam", alors même qu'il est considéré comme phallus, n'est pas seulement un "symbole pour Śiva", mais celui de tout "Créateur" ou dieu créateur dans toutes les nations, les Israélites inclus et leur "Dieu d'Abraham et de Jacob".
Ecriture sacrée des Śaïvas, ou adorateurs de Śiva. Le "grand Seigneur", Maheśvara, dissimulé dans le lingam d'Agni, y explique l'éthique de la vie – le devoir, la vertu, le sacrifice de soi et finalement la libération au moyen d'une vie ascétique à la fin de l' Agni Kalpa (la septième ronde). Ainsi que le Professeur Wilson le fait justement observer "l'esprit du culte (phallique) est peu influencé par le caractère du modèle comme on peut bien l'imaginer. Il n'y a rien de semblable aux orgies phalliques de l'antiquité : tout est mystique et spirituel". LINGA ŚARIRA (sans.). Le "corps", c'est-à-dire le symbole aérien du corps. Ce terme désigne le döppelganger ou "corps astral" de l'homme ou de l'animal. C'est l'eidolon des Grecs, le corps vital et prototypal : le reflet des hommes de chair. Il est né avant le corps et meurt ou se dissipe à la disparition du dernier atome du corps.
Écrire. Voir "Lipikas" dans le Volume I de la Doctrine Secrète.
Les archivistes célestes : les "Scribes", ceux qui enregistrent chaque mot prononcé et chaque action accomplie par l'être humain au cours de son séjour sur la terre. Ainsi que l'occultisme l'enseigne, ils sont les agents du Karma – la loi qui récompense et qui punit.
Un ouvrage qui contient tout ce qui se trouve dans le Zohar de Siméon ben Yochaï, et bien davantage. Il doit lui être antérieur de plusieurs siècles, et, en un sens, il en est l'original puisqu'il contient tous les principes fondamentaux enseignés dans les ouvrages cabalistiques juifs, mais sans leurs voiles. C'est un livre vraiment très rare puisqu'il n'en existe peut-être que deux ou trois copies, et qu'elles appartiennent à des bibliothèques privées.
Antique ouvrage cabalistique. LIVRE DES MORTS. Ouvrage ancien égyptien, ritualiste et occulte, attribué à Thoth-Hermès. Trouvé dans les cercueils d'anciennes momies.
Convoitise, cupidité ; un fils né de Brahmâ dans une mauvaise heure.
Second personnage de la trinité des dieux dans l'Edda des Nordiques et le père des douze grands dieux. C'est Lodur qui dote de qualités le premier homme – fait de frêne (Ask), avec du sang et de la couleur.
Litt., "flamme". Ce géant, ses fils et ses parents se font finalement reconnaître comme les auteurs de tous les cataclysmes et conflagrations dans le ciel ou sur la terre, en permettant aux mortels de les apercevoir au milieu des flammes. Tous ces géants démoniaques furent des ennemis de l'homme, essayant de détruire ses œuvres partout où ils les trouvaient. Symbole des éléments cosmiques.
Les entretiens et les enseignements secrets de Jésus contenus dans l'évangile de Matthieu – dans l'original hébreu et non dans le texte grec apocryphe que nous possédons – et conservés par les Ebionites et les Nazaréens dans la bibliothèque constituée par les Pamphyliens à Césarée. Cet "Évangile", appelé par beaucoup d'écrivains, "l'évangile authentique de Matthieu", était utilisé, d'après (St.) Jérôme, par les Nazaréens et les Ebionites de Bérée en Syrie, à son époque (4ème siècle). Semblables aux Aporrheta, ou entretiens secrets des Mystères, ces Logia ne pouvaient être compris qu'au moyen d'une clef. Envoyé par les évêques Chromatius et Héliodoros, Jérôme, après en avoir obtenu la permission, les traduisit mais trouva que c'était "une tâche difficile" (oui, vraiment !) de réconcilier le texte de l' "authentique" évangile avec celui de l'apocryphe grec avec lequel il était habitué. (Voir Isis Dévoilée, III, 204. et seq.).
La divinité manifestée chez toutes les nations et tous les peuples : l'expression extérieure ou l'effet d'une cause qui demeure à jamais cachée. Ainsi la parole est le Logos de la pensée ; il s'ensuit qu'on le traduit convenablement par "Verbum" et "Parole" dans son sens métaphysique.
La planète Mars.
, la loi de cause et d'effet ou de causation éthique. Némésis, en un sens seulement, celui de mauvais karma. C'est le onzième nidâna dans l'enchaînement des causes et effets du Bouddhisme orthodoxe ; c'est cependant le pouvoir qui contrôle toutes choses, le résultat de l'action morale, le samskâra métaphysique, ou l'effet moral d'un acte accompli pour atteindre quelque chose qui satisfasse un désir personnel. Il y a le karma de mérite et le karma de démérite. Karma ne punit ni ne récompense, il est seulement la loi universelle unique qui guide infailliblement, et, pour ainsi dire, aveuglément toutes les autres lois produisant certains effets tout au long des ornières de leurs causations respectives. Lorsque le Bouddhisme enseigne que "karma est le noyau moral (de tout être) qui seul survit à la mort et qui continue en transmigration" ou réincarnation, il veut simplement dire qu'il ne reste rien, après chaque personnalité, sauf les causes qu'elle a produites, causes qui ne meurent pas, c'est-à-dire, qui ne peuvent être éliminées de l'univers jusqu'à ce qu'elles soient remplacées par leurs justes effets, et effacées par eux, pour ainsi dire, et de telles causes, à moins qu'elles n'aient été compensées durant la vie de celui qui les a produites par des effets proportionnés, suivront l'égo réincarné et l'atteindront dans les incarnations suivantes jusqu'à ce qu'une harmonie entre les effets et les causes soit pleinement rétablie. Aucune "personnalité" – simple amas d'atomes matériels et de caractéristiques instinctives et mentales – ne peut naturellement continuer, comme telle, dans le monde du pur esprit. Il n'y a que ce qui est immortel dans sa nature correspondant au buddhi-même, et divin en essence, à savoir, l'Ego, qui peut exister pour toujours. Et comme c'est cet égo qui choisit la personnalité qu'il animera, après chaque Devachan, et qui recevra, par l'entremise de ces personnalités, les effets de causes karmiques produites, c'est donc lui, cet égo, le soi, qui est le "noyau moral" dont il est question et qui incarne le karma "qui seul survit à la mort".
(Voir "Karma").
Une région ou un endroit limité. En métaphysique, c'est un monde, une sphère ou un plan. En Inde, les Purânas parlent constamment de sept et de quatorze lokas, au-dessus et au-dessous de notre terre : de cieux et d'enfers. LOKA CHAKSHUH (sans.). "Œil du Monde" : titre appliqué au Soleil, Sûryâ.
Les soutiens du monde, ses gouverneurs et gardiens. Les divinités (dieux planétaires) qui président aux huit points cardinaux, parmi lesquels se trouvent les Chatour (quatre) Mahârâjah.
Exotériquement l'Esprit du Mal scandinave ; dans la philosophie ésotérique c'est une puissance d'opposition mais seulement parce qu'elle se différencie de l'harmonie primordiale. Dans les Eddas, cette puissance est le père du terrible loup Fenrir et du serpent Midgard. Par le sang, il est le frère d'Odin, le dieu bon et vaillant ; mais dans la nature il est son contraire. Loki-Odin, c'est tout bonnement deux-en-un. De même que Odin, dans un sens, est la chaleur vitale, ainsi est Loki, le symbole des passions générées par l'intensité du premier.
C'est la copie germanique de la "vierge du lac" scandinave. Ondine, est l'un des noms donnés à ces jeunes vierges qui, dans la magie exotérique de l'occultisme, sont connues comme Elémentals des Eaux.
Une plante, la plus occulte, sacrée en Égypte comme elle le fut et l'est en Inde et ailleurs, et nommée "L'enfant de l'Univers portant la ressemblance de sa mère dans son sein". Il fut un temps "où le monde était un Lotus d'or" (padma) d'après l'allégorie. On mange en Crète et dans d'autres îles, une grande variété de ces plantes, depuis le majestueux lotus indien jusqu'au lotus des marais (trèfle-à-patte-d'oiseau, trèfle ornithope) et la "Dioscoridès" grecque. C'est une variété de nymphea, d'abord introduite de l'Inde en Égypte où elle n'était pas une plante indigène. Voir le texte du Symbolisme Archaïque (Doctrine Secrète) en son appendice VIII Le Lotus considéré comme symbole universel". LOTUS, Seigneur du. Titre que l'on applique à divers dieux créateurs, comme aussi aux Seigneurs de l'Univers dont cette plante est le symbole. (Voir "Lotus").
Le dieu de la peste et de la maladie.
La planète Vénus représentée par la brillante "Étoile du Matin". Avant Milton, Lucifer n'avait jamais été le nom donné au Diable. Bien au contraire, puisqu'on fait dire au Sauveur chrétien lui-même dans l'Apocalypse (XXII, 16.), "Je suis... la brillante étoile du matin" ou Lucifer. Un des premiers papes de Rome porta ce nom ; et il y eut même, au 4ème siècle, une secte chrétienne dont les membres s'appelaient Lucifériens. LULLE, Raymond. Alchimiste, adepte et philosophe, né au XIIIème siècle dans l'île de Majorque. On rapporte de lui qu'il fit, pour le roi Édouard III d'Angleterre – alors dans un moment de difficultés financières – plusieurs millions de "nobles à la rose" en or (pièce de monnaie de l'époque-N. du T.), et ainsi l'aida à poursuivre victorieusement la guerre qu'il menait. Il fonda de nombreux collèges pour l'étude des langues orientales, et le cardinal Ximénès fut l'un de ses protecteurs qui le tint en grande estime, ainsi d'ailleurs que le pape Jean XXI. Il mourut en 1314 à un âge très avancé. La littérature a conservé sur le compte de Raymond Lulle de bien étranges histoires qui formeraient un roman des plus extraordinaires. Il était le fils aîné d'un sénéchal de Majorque dont il recueillit à la mort, et par héritage, de grandes richesses. LUMIERE, Frères de la. Voici ce que la grande autorité sur les sociétés secrètes, Frère Kenneth R.H. Mackenzie (Masonic Cyclopœdia, IX), dit de cette Fraternité. "Un ordre mystique, Fratres Lucis, établi à Florence en 1498 ; parmi les membres de cet Ordre on compte Pasqually, Cagliostro, Swedenborg, Saint Martin, Eliphas Lévi et bien d'autres mystiques éminents. Ses membres furent très persécutés par l'Inquisition. Ordre petit par le nombre mais très uni, dont les membres sont répandus dans le monde entier".
La région invisible qui entoure et pénètre notre globe comme tout autre d'ailleurs et qui correspond, en tant que second principe du Cosmos (le troisième étant la Vie dont il est le véhicule), au Linga Śarîra ou Double Astral de l'homme. Essence subtile qui n'est visible qu'à la vision du clairvoyant ; c'est le plus inférieur, sauf un (à savoir la Terre), des sept principes Akâshiques ou Cosmiques. Eliphas Lévi l'appelle le Grand Serpent ou le Dragon, d'où rayonnent toutes les influences mauvaises sur l'humanité. Il en est ainsi ; mais pourquoi ne pas ajouter que la Lumière Astrale ne donne rien d'autre que ce qu'elle a reçu ? C'est le grand creuset terrestre dans lequel les basses émanations de la terre (morales et physiques), dont la Lumière Astrale se nourrit, sont toutes converties en leur essence la plus subtile, et intensifiées, sont alors irradiées en retour, devenant ainsi des épidémies morales, psychiques et physiques. Finalement, la Lumière Astrale est identique à la Lumière Sidérale de Paracelse et autres philosophes hermétiques. "Physiquement c'est l'éther de la science moderne. Métaphysiquement, et dans son sens spirituel ou occulte, l'éther est bien plus que ce qu'on s'imagine souvent. En physique occulte et en alchimie, il est bien démontré qu'il enferme dans ses ondes sans rivages non seulement la "promesse et la puissance de toute qualité de vie" de M. Tyndall, mais aussi la réalisation de la puissance de toute qualité de l'esprit. Les Alchimistes et les Hermétistes croient que leur éther astral ou sidéral, en plus des propriétés ci-dessus du soufre et de la magnésie, blanche et rouge, ou magnès, est l'anima mundi, l'atelier de la nature et de tout le cosmos, spirituellement aussi bien que physiquement, Le "grand magistère" s'affirme dans les phénomènes du mesmérisme, dans la "lévitation" des corps, humains ou inertes, et, en fonction de son aspect spirituel, peut être appelé l'éther. La désignation astrale est ancienne ; elle était employée par certains Néo-platoniciens, quoique d'aucuns affirment qu'on en doit l'emploi aux Martinistes. Porphyre décrit le corps céleste qui est toujours joint à l'âme comme "immortel", lumineux et étoilé. La racine de ce mot a peut-être pour origine le mot scythe Aist-aer – qui signifie étoile, ou l'assyrien Ishtar qui, selon Burnouf, a le même sens". (Isis Dévoilée). LUNAIRES, Dieux. Appelés en Inde Pères, "Pitris" ou ancêtres lunaires. Ils sont subdivisés, comme tout le reste, en sept classes ou Hiérarchies. Bien que le culte rendu à la lune fût en Egypte moins important qu'en Chaldée ou en Inde, Isis, cependant, est la représentante de Luna-Lunus, l' "Hermaphrodite Céleste". Assez curieusement d'ailleurs, tandis que les modernes n'associent la lune qu'à la folie et la génération, les anciens peuples, qui en savaient plus long, ont, individuellement et collectivement, associé leurs "dieux de sagesse" à cette déesse. Ainsi en Egypte, les dieux lunaires sont Thoth-Hermès et Khons ; en Inde, Budha, le fils de Soma, la lune ; en Chaldée, Nébo est le dieu lunaire de la Sagesse Secrète, etc...,. etc... La femme de Thoth, Sifix, la déesse lunaire, tient un mât à cinq flèches ou étoile à cinq pointes, symbole de l'homme, le Microcosme par opposition au Macrocosme septénaire. Comme dans toutes les théogonies, une déesse a préséance sur un dieu, d'après le principe très probable que le poussin peut difficilement précéder l'œuf d'où il provient, et en Chaldée la lune était considérée comme plus ancienne et plus vénérable que le soleil, parce que, ainsi qu'on le disait, les ténèbres précèdent la lumière à chaque renaissance (ou "création") périodique de l'univers. Pourtant Osiris, relié au soleil et lui-même dieu solaire, est néanmoins né sur le Mont Sinaï, parce que Sin est le terme chaldéo- assyrien pour la lune. Ainsi fut Dio-Nysos, dieu de Nyssi ou Nisi ; cette dernière appellation était celle du Sinaï en Egypte, que l'on nommait Mont Nissa. Le croissant n'est pas – ainsi que le démontrent de nombreux écrivains – un insigne spécial des Turcs, mais fut adopté par les Chrétiens comme symbole avant que les Musulmans ne l'utilisent. Pendant des siècles, le croissant fut l'emblème de l'Astarté chaldéenne, l'Isis égyptienne et l'Artémis grecque, toutes d'ailleurs reines du Ciel, et finalement il devint l'emblème de la Vierge Marie. "L'empire grec chrétien de Constantinople en avait fait son palladium. Dès la conquête turque, le Sultan l'adopta... et depuis lors on a fait s'opposer le croissant à l'idée de la croix". (Egyptian Belief and Modern Thought de Bonwick).
Le satellite de la terre a figuré très largement comme emblème dans les religions de l'Antiquité. Et plus communément, on l'a représenté comme féminin, mais ceci n'est pas universel, car dans les mythes des Teutons et des Arabes, aussi bien que dans la conception des Rajputs de l'Inde (History de Todd), et en Tartarie, la lune était masculine. Les auteurs latins parlent de luna et aussi de lunus, mais pour ce dernier avec extrême rareté Le nom grec est séléné, l'hébreu lebanah et aussi yarcah. En Egypte, la lune était associée à Isis, en Phénicie à Astarté et en Babylonie à Ishtar. De certains points de vue, les anciens regardaient la lune comme androgyne également. Les astrologues assignent à la lune une influence sur les différentes parties de l'homme, suivant les différents signes zodiacaux qu'elle traverse, aussi bien qu'une influence spéciale produite par la maison qu'elle occupe dans un signe. La division du Zodiaque entre les 28 maisons de la lune paraît être plus ancienne que celle en 12 signes : les Coptes, les Egyptiens, les Arabes, les Persans et les Hindous utilisaient, il y a bien des siècles, la division en 28 parties, et les Chinois l'utilisent encore. Les Hermétistes disaient que la lune donnait à l'homme une forme astrale, tandis que la Théosophie moderne enseigne que les Pitris Lunaires furent les créateurs de nos corps humains et de nos principes inférieurs (Doctrine Secrète, II, 73.). (w.w.w.)
Magnifiques fêtes populaires célébrées dans l'ancienne Rome, le 15 février, en l'honneur du dieu Pan et au cours desquelles les Luperci (Luperques), les plus anciens et les plus respectables des fonctionnaires sacerdotaux, sacrifiaient deux chèvres et un chien, et deux des plus illustres jeunes gens devaient courir nus à travers la ville en fouettant les passantes avec une lanière de peau de chèvre pour les rendre fertiles. Le pape Gélase abolit les Lupercalia en 496, mais il y substitua le même jour la procession des chandelles allumées.
Un mot composé qui provient de lux (lumière) et aur (feu) ; signifiant ainsi la "Lumière du Feu (divin)". LUXOR, Fraternité de. Une certaine fraternité de mystiques. Il eut bien mieux valu que le nom n'en fût jamais divulgué. En effet c'est ce nom qui a conduit un grand nombre de personnes bien intentionnées à être induites en erreur et à être soulagées de leur argent par des spéculateurs dirigeant une fausse Société mystique et qui après l'avoir fondée en Europe pour seulement s'y faire démasquer, s'enfuirent en Amérique. Son nom vient de l'ancienne Loukshur située au Balouchistan, entre Bela et Kedjee. L'Ordre est très ancien et des plus secrets. Il est inutile de répéter que ses membres déclarent n'avoir aucun lien avec la "H.B. of L.", et les tutti quanti de mystiques à l'inspiration commerciale, qu'ils soient de Glasgow ou de Boston.
Physiologiquement une maladie ou une manie au cours desquelles une personne s'imagine être devenue un loup et agit comme tel. Du point de vue de l'occultisme, ce mot possède la même signification que loup-garou, faculté psychologique que possèdent certains sorciers de revêtir l'apparence de loup. Voltaire affirme que dans la région du Jura, en deux ans, entre 1598 et 1600, plus de 600 lycanthropes furent mis à mort par un juge trop chrétien. Ceci ne veut pas dire que les bergers accusés de sorcellerie, et aperçus sous la forme de loup, possédaient vraiment le pouvoir de se changer ainsi, mais simplement qu'ils avaient le pouvoir hypnotique de faire croire aux autres (ou à ceux qu'ils considéraient comme leurs ennemis) qu'ils voyaient un loup alors qu'en fait il n'y en avait aucun. L'exercice d'un tel pouvoir est véritablement de la sorcellerie. La possession "diabolique" est au fond une chose véridique, mais sans les diables de la théologie chrétienne. Cependant il n'y a pas de place ici pour un long examen des mystères occultes et des pouvoirs magiques. M M La treizième lettre des alphabets hébreu et anglais, et la vingt quatrième de l'alphabet arabe. Utilisée comme chiffre romain, cette lettre représente 1.000, et avec un tiret par- dessus (M) elle signifie un million. Dans l'alphabet hébreu, Men est le symbole de l'eau, et en chiffre il équivaut à 40. Le sanskrit ma est l'équivalent du nombre 5 et se du et se trouve également rattaché à l'eau grâce au signe Zodiaque nommé Makâra (V.). En outre, dans les chiffres hébreux latins le m est utilisé "comme le chiffre défini d'un nombre indéterminé" (Masonic Cyclopœdia de Mackenzie) et "le nom sacré hébreu appliqué à cette lettre est Meborah, Benedictus". Chez les Esotéristes, le M est le symbole de l'Ego supérieur – Manas, le Mental.