Lexique Théosophique
Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.
96 notices — lettre N
Une déesse de la Mort et du Déclin.
Un anga ou membre, une division des Veda ; un commentaire glossarial.
Sans attributs : la négation des attributs. NIRVANA (sans.). Selon les orientalistes, la totale "extinction", pareille à la flamme d'une chandelle (que l'on souffle), la complète extinction de l'existence. Mais selon l'explication ésotérique, c'est un état d'existence absolue et de conscience absolue auquel l'Ego d'un homme qui a atteint le plus haut degré de perfection et de sainteté durant sa vie, accède après la mort du corps, et occasionnellement, comme dans le cas de Gautama Bouddha et d'autres, durant la vie (voir "Nirvânî").
Celui qui a atteint Nirvâna – une âme émancipée. Ainsi que tous les érudits qui ont visité la Chine, l'Inde et le Japon en ont bien conscience ce nirvâna-là ne signifie rien de pareil à ce qui est soutenu par les orientalistes. C'est la "délivrance de la souffrance" : mais seulement de celle de la matière, l'affranchissement de kleśa, ou kâma, et la complète extinction des désirs animaux. Si l'on nous dit qu'Abhidharma définit Nirvâna "comme un état d'annihilation absolue", nous sommes d'accord, ajoutant à l'avant dernier mot le qualificatif de "toute chose reliée à la matière ou au monde physique", et ceci simplement parce que ce dernier monde (comme aussi tout ce qu'il comprend) est illusion, mâya. Le Bouddha Śâkyamuni disait, dans les derniers moments de sa vie, que "le corps spirituel est immortel" (Voir Sanskrit Chinese Dictionary). Ainsi que M. Eitel l'érudit sinologue l'explique : "Les systèmes exotériques populaires s'accordent pour définir Nirvâna négativement comme un état absolu d'exemption du cercle de transmigration ; comme un état de totale liberté à l'égard de toutes les formes d'existence, et pour commencer, un état d'affranchissement de toute passion et de tout effort, une condition d'indifférence à l'égard de toute sensation perceptible" – et il aurait pu ajouter "la mort de toute compassion pour le monde de la souffrance". Et ceci est la raison pour laquelle les Bodhisattva qui préfèrent le vêtement Nirmânakâya au vêtement Dharmakâya, se situent dans le jugement populaire à un niveau plus élevé que les Nirvânî. Mais le même érudit ajoute que : "Positivement (et ésotériquement) ils définissent Nirvâna comme l'état de félicité spirituelle le plus élevé, mais conservant l'individualité de telle manière – citons en exemple les Bouddhas – qu'après avoir pénétré en Nirvâna, ils puissent réapparaître sur terre" – c'est-à-dire, dans le futur Manvantara. NIŚABDA (sans.). L'une des sept qualités du son – l'unique et seul attribut d'âkâśa.
La septième note de l'échelle musicale hindoue ; un "hors-caste", la postérité d'un père brâhmane et d'une mère śûdra.
Une chaîne de montagnes au sud du Mérou, mais au nord des Himâlayas.
L'un des sept dieux chaldéens.
Litt., prudence ; utilisé en éthique.
Litt., continuelle extinction.
Litt., pralaya "perpétuel" ou dissolution. Ce sont les changements constants et imperceptibles subis par les atomes qui durent aussi longtemps qu'un Mahâmanvantara, un âge entier de Brahmâ, lequel requiert quinze chiffres pour s'écrire. C'est une condition de changement chronique et de dissolution : les périodes de croissance et de déclin. C'est la durée de "Sept Eternités" (Voir Doctrine Secrète, II, p. 80 ; et III, pp. 86 et 387). Il y a quatre sortes de pralaya, ou conditions d'immutabilité. Le Naïmittika, lorsque Brahmâ sommeille ; le Prâkritika, un pralaya partiel de n'importe quelle durée durant le manvantara ; Atyantika, lorsque l'homme s'est lui-même identifié avec l'UN ABSOLU – un synonyme de nirvâna ; et Nitya, spécialement pour les choses physiques, comme un état de sommeil profond et sans rêves.
L'état de constante création ou évolution, tel qu'il s'oppose au Nitya Pralaya – l'état de dissolution perpétuelle et incessante (ou changement d'atomes), désintégration de molécules, d'où changement de formes.
Les esprits des eaux, Ondines. (Folklore germanique)
Prières parsies.
La "Montagne du Déluge", l'Ararat des Babyloniens avec "Xisouthros" comme Noé.
Identique au dieu Khonsou, le dieu lunaire de Thèbes. Litt., "celui qui est dans un repos absolu". Nofir-Hotpou est l'une des trois personnes de la trinité égyptienne, composée dAmon, de Mout et de leur fils Khonsou ou Nofir-Hotpou.
La planète Vénus : splendeur étincelante.
Pour les Juifs, le substitut du "nom mystérieux" de leur divinité tribale Eh-yeh, "Je suis" ou Jehovah. Le troisième commandement interdisant, mais en vain, l'emploi de ce dernier nom, les hébreux lui ont substitué Adonaï ou le "Seigneur". Mais les Chrétiens Protestants qui, traduisant littéralement Jehovah et Elohim – qui est aussi un substitut perse, en plus d'être un nom de divinité inférieure – par les mots "Seigneur" et "Dieu", sont, en l'occurrence, devenus plus Catholiques que le Pape, et ont fait entrer les deux noms dans l'interdiction. Cependant de nos jours, ni les Juifs ni les Chrétiens ne semblent se rappeler ni même soupçonner la raison occulte pour laquelle le fait de qualifier Jehovah ou Y H V H est devenu répréhensible, et la majorité des Cabalistes occidentaux semblent aussi l'ignorer. La vérité est que le nom qu'ils mettent en avant comme "ineffable", ne l'est pas du tout. C'est l' "indicible" ou plutôt le nom qu'on ne doit pas prononcer, pour ne pas dire plus ; et cela pour des raisons symboliques. Tout d'abord le "Nom Ineffable" du véritable occultiste n'est pas du tout un nom, celui de Jehovah. Ce dernier implique, même dans la signification ésotérique cabalistique, une nature androgyne,
Il y avait des nonnes dans l'ancienne Egypte ainsi qu'au Pérou et dans la vieille Rome païenne. C'étaient les "vierges fiancées" à leurs dieux (solaires) respectifs. Comme le rapporte Hérodote, "les fiancées d'Amon sont exclues de tout commerce sexuel avec les hommes", elles sont les "fiancées du Ciel" ; et virtuellement elles deviennent mortes au monde, précisément comme elles le sont actuellement. Au Pérou, c'étaient les "Pures Vierges du Soleil", et dans certaines inscriptions on se réfère aux Pallakistes d'Amon-Râ comme à ses "épouses divines". La sœur d'Ounnefer, le Premier Prophète d'Osiris, durant le règne de Ramsès II, est décrit comme "Taia, Dame Abbesse des Nonnes" (Mariette Bey).
Litt., "la Lumière des Elohim". Certains Musulmans croient que cette lumière est transmise aux mortels "par une centaine de prophètes-guides". Connaissance divine ; Lumière de la Sagesse Secrète.
L'abîme céleste dans le Rituel ou Livre des Morts. Dans les Veda, c'est l'espace infini personnifié par Aditi, la déesse qui, semblable à Noun (V.), est la "mère de tous les dieux".
Dans les Eddas, les trois déesses sœurs qui font connaître aux hommes les décrets d'Orlog ou du Destin. On les montre comme venant de distances inconnues enveloppées d'un voile sombre, se dirigeant vers le Frêne Ygdrasil (V), et "l'aspergeant journellement avec l'eau de la Fontaine d'Urd, afin que, ne se desséchant pas, il demeure vert, frais et fort" (Asgard and the Gods). Elles ont pour nom respectivement "Urd", le Passé ; "Vervandi", le Présent ; et "Skuld", le Futur, "qui est soit riche d'espérances soit obscurci par les larmes". Ainsi révèlent-elles les décrets du Destin, "car les événements et les actions du Futur naissent du Passé et du Présent" (loc. cit.).
Une division de la cabale pratique qui traite de la formation des mots à partir des initiales ou des terminales des mots de chaque phrase ; ou réciproquement, elle forme une phrase à partir des mots dont les initiales ou les terminales sont celles d'un certain mot. (w.w.w.).
Les eaux primordiales de l'espace appelées "Père- Mère" ; la "face de l'abîme" de la Bible, car au-dessus de Nou plane le Souffle de Khnoum, que l'on représente avec l'Œuf Mondain dans sa bouche.
Sculpteur céleste dans les légendes égyptiennes qui crée une ravissante jeune fille qu'il envoie, telle une autre Pandore, à Batou (ou l' "homme") dont le bonheur est ensuite détruit. Le "sculpteur" ou l'artiste est identique à Jéhovah, l'architecte du monde, et la jeune fille est "Eve".
La nature essentielle et véritable de l'être que l'on distingue des objets illusoires des sens.
Le fleuve céleste qui coule en Nout, l'abîme cosmique ou Nou. Comme tous les dieux ont été générés dans le fleuve (le plérôme gnostique), on l'appelle le "Père-Mère des dieux".
Terme platonicien pour le Mental Supérieur ou Ame. Il signifie Esprit lorsqu'on le considère comme distinct de l'âme animale – psyche ; divine conscience ou esprit dans l'homme, Nous était la désignation donnée à la divinité suprême (troisième logos) par Anaxagoras. Emprunté à l'Egypte, où on l'appelait Nout, il fut adopté par les Gnostiques pour leur premier Eon conscient qui, chez les occultistes, est cosmiquement le troisième logos, et le troisième "principe" (en comptant depuis le haut) ou manas, dans l'homme. (Voir "Nout").
Dans le panthéon égyptien ce terme désignait "le Seul et l'Unique", parce que dans leur religion populaire ou exotérique, ils n'allaient pas plus haut que la troisième manifestation qui émet un rayonnement depuis l'Inconnu et l'Inconnaissable, le premier (non- manifesté) et le second Logoï dans la philosophie ésotérique de chaque nation. Le Nous d'Anaxagoras était le Mahat du Brahmâ hindou, la première divinité manifestée – "l'Intelligence ou l'Esprit puissant par lui- même" ; ce Principe créateur naturellement le primum mobile de tout dans l'univers – son Ame et son Idéation. (Voyez les "Sept Principes" de l'homme.)
La période comprise entre la dissolution de l'univers et sa vie active qui, par contraste, est appelé "Jour de Brahmâ".
Période de durée égale au Jour de Brahmâ (4.320.000.000 d'années) pendant laquelle, dit-on, Brahmâ dort. A son réveil il recommence le processus, et cela se poursuit pendant un AGE de Brahmâ, composé de l'alternance de "jours" et de "nuits" (de 4.320.000.000 d'années chacune) qui dure 100 ans. Il faut un nombre de 15 chiffres pour exprimer la durée d'un tel âge ; à son expiration, s'établit le Mahâpralaya ou Grande Dissolution, et celle-ci dure un temps égal à ce nombre de 15 chiffres.
Un Elfe, le plus puissant roi des Riesengebirge ; le plus puissant des génies dans les folklores scandinave et germanique.
Le "Soleil-loup", nom de la planète Mercure. Il est l'assistant du soleil, Solaris luminis particeps. (Voir Doctrine Secrète, III, 36).
L'une des six Darśanas ou Ecoles de philosophie en Inde ; un système de logique hindoue fondé par le rishi Gotama.
Astrologiquement, le Soleil.
Identique à Alaya, "l'Ame du Monde" ; aussi appelé Tsang. O O La quinzième lettre, et quatrième voyelle, de l'alphabet anglais. Elle n'a pas d'équivalent en hébreu, dont l'alphabet, sauf une exception, est sans voyelles. Comme lettre numérique, sa valeur est 11 chez les Anciens, et avec un tiret par-dessus, 11.000. Chez d'autres peuples de l'antiquité, elle était tenue pour très sacrée. En devanâgarî, ou caractère des dieux, sa signification varie, mais la place nous manque ici pour fournir des exemples.
Un novice : postulant ou candidat aux Mystères. Les méthodes d'initiation étaient variées. Les néophytes, au cours de leurs épreuves, devaient passer par les quatre éléments, ressortant dans le cinquième comme des Initiés glorieux. Ayant ainsi passé par le Feu (Divinité), l'Eau (Esprit Divin), l'Air (le Souffle de Dieu), et la Terre (la Matière), ils recevaient une marque sacrée, un tat et un tau, ou une + et un T. Ce dernier était le monogramme du cycle appelé Naros, ou Neros. Ainsi que le montre le Dr. E.V. Kenealy dans son Apocalypse, "la croix, en langage symbolique (l'une des sept significations), (+) présente en même temps trois lettres primitives dont est composé le mot L V X ou Lumière... Les Initiés étaient marqués de ce signe lorsqu'ils étaient admis aux parfaits mystères. Nous voyons constamment le Tau et le Resh unis de cette manière P/T. Ces deux lettres, dans l'ancien samaritain, telles qu'on les trouve sur des pièces de monnaie, représentent la première 400, la seconde 200, soit 600. C'est le bâton de commandement d'Osiris". C'est exactement cela, or ceci ne prouve pas que le Naros fut un cycle de 600 ans, mais simplement que l'Église s'est approprié un symbole païen de plus. (Noir "Naros" et "Neros", et aussi "I.H.S").