Lexique Théosophique

Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.

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176 notices — lettre P

PRANIDHANA (sans.)

La cinquième observance des Yogins : une dévotion incessante. (Voir Yoga Śâstras, ii. 32).

PRAPTI (sans.)

De Prâp, atteindre. Un des huit Siddhis (pouvoirs) du Râja Yoga. Le pouvoir de se transporter d'un endroit à un autre, instantanément, par la simple force de la volonté ; la faculté de divination, de guérison et de prophétie : également un pouvoir du Yoga.

PRASANGA MADHYAMIKA (sans.)

Une école bouddhique de philosophie au Tibet. Elle suit, tel le système Yogâchârya, le Mahâyâna ou "Grand Véhicule" de préceptes. Cependant, ayant été fondée bien plus tardivement que le Yogâchârya, elle est moitié moins rigide et sévère. C'est un système semi-exotérique et très populaire parmi les gens-de- lettres et les laïques. PRAŚRAYA, ou Vinaya (sans.)." La Progénitrice de l'affection" ; titre conféré à l'Aditi védique, la "Mère des Dieux".

PRATIBHASIKA (sans.)

La vie apparente ou illusoire.

PRATISAMVID (sans.)

Les quatre "formes illimitées de la sagesse" atteintes par un Arhat : dont la dernière est la connaissance absolue des douze Nidânas et le pouvoir que l'on a sur eux. (Voir Nidâna).

PRATYABHAVA (sans.)

La condition de l'Ego dans la nécessité de naissances répétées.

PRATYAGATMAN (sans.)

Identique à Jîvâtman, ou l'unique Ame Universelle vivante – Alaya.

PRATYAHARA (sans.)

Identique au Mahâpralaya.

PRATYAHARANA (sans.)

L'entraînement préliminaire dans le Râja Yoga pratique.

PRATYAKSHA

(sans.). Perception spirituelle au moyen des sens.

PRATYAYASARGA (sans.)

L'évolution intellectuelle de l'univers dans la philosophie Sâmkhya ; la huitième création dans les Purânas.

PRATYEKA BUDDHA (sans.)

Identique au "Paśi-Buddha". Le rang de Pratyeka Buddha appartient exclusivement à l'école Yogâchârya ; néanmoins cette condition n'offre qu'un développement intellectuel élevé sans aucune spiritualité véritable. C'est la lettre morte des lois du Yoga, où intellect et compréhension jouent le plus grand rôle, jointe à la stricte exécution des règles du développement intérieur. C'est l'un des trois sentiers qui mènent au Nirvâna, et le plus inférieur, sur lequel un Yogin – sans instructeur et sans s'occuper du salut des autres – par la simple force de volonté et par les observances techniques, atteint individuellement une sorte de Bouddhéité qui n'est que nominale : n'accomplissant aucun bien pour quiconque, mais travaillant égoïstement pour son propre salut et pour lui-même seul. Les Pratyekas sont respectés extérieurement mais sont méprisés intérieurement par ceux qui possèdent une appréciation pénétrante ou spirituelle. On compare généralement un Pratyeka au "Khadga" ou rhinocéros solitaire et on le nomme Ekaśringa Rishi, un Rishi (ou saint) égoïste et solitaire. "Traversant le Samsâra (l'océan des naissances et des morts, ou la série des incarnations), supprimant les fautes, et cependant n'atteignant pas la perfection absolue, le Pratyeka Buddha est comparé au cheval qui traversant une rivière en nageant, ne touche pas le fond" (Sanskrit Chinese Dictionary d'Eitel).Il se situe bien au-dessus de l'authentique"Bouddha de Compassion". Il s'efforce seulement d'atteindre le Nirvâna.

PREMIER POINT

Métaphysiquement, le premier point de la manifestation, le germe de la différenciation primitive, ou le point clans le Cercle Infini "dont le centre est partout et la circonférence nulle part". Ce Point est le Logos.

PRETAS (sans.)

"Démons de la faim" dans le folklore populaire. "Coques" de l'homme avare et égoïste après la mort ; d'après les enseignements ésotériques, "Élémentaires" nés à nouveau comme Pretas en Kâma loka.

PRETRESSES

Toutes les religions anciennes possédaient leurs prêtresses attachées aux temples. En Égypte, elles étaient appelées les Sa, desservaient l'autel d'Isis et s'occupaient d'autres déesses dans les temples. Canephorœ, était le nom que donnaient les Grecs à celles des prêtresses consacrées dont la fonction était de porter les paniers aux dieux durant les festivités publiques des Mystères d'Eleusis. On trouvait des femmes prophètes en Israël comme en Égypte, devineresses de rêves et d'oracles. Hérodote mentionne les Hiérodules, les vierges ou nonnes consacrées au Jupiter thébain, qui généralement étaient filles du Pharaon et d'autres princesses de la Maison Royale. Les orientalistes nomment la femme de Khéphren, le bâtisseur de cette pyramide qui est dite la seconde, comme étant prêtresse de Thoth. (Voir "Nonnes"). PRIMORDIALE, Lumière. En occultisme, la lumière qui est née dans les ténèbres surnaturelles du Chaos et par leur entremise, lequel Chaos contient "le tout en tout", les sept rayons qui deviennent plus tard les sept Principes dans la Nature. PRINCIPES. Les Éléments ou les Essences originelles, différenciations basiques sur lesquelles toute chose est édifiée et dont elle provient. Nous utilisons le terme pour désigner les sept aspects individuels et fondamentaux de la Réalité Une et Universelle dans le Cosmos et dans l'homme. De là aussi découlent les sept aspects dans leur manifestation dans l'être humain – divin, spirituel, psychique, astral, physiologique et tout bonnement physique.

PRIYAVRATA (sans.)

Le nom du fils de Manu Svâyambhûva dans l'Hindouisme exotérique. En occultisme, la désignation secrète de l'une des races primitives.

PROCLUS (gr.)

Ecrivain et philosophe mystique grec, connu comme le commentateur de Platon, et surnommé le Diadoque. II vécut au cinquième siècle, et mourut, âgé de 75 ans, à Athènes, en 485 Ap. J.C. Son dernier disciple, un ardent partisan ainsi que traducteur de ses ouvrages en anglais, fut Thomas Taylor de Norwich, qui, d'après le Frère Kenneth Mackenzie, "fut un mystique moderne qui adopta la foi païenne parce qu'elle était l'unique et vraie foi, sacrifiant réellement des colombes à Vénus, un bouc à Bacchus et... se destinait à immoler un taureau à Jupiter" lorsqu'il en fut empêché par sa propriétaire.

PROMETHEE (gr.)

Le logos grec : celui qui dota les humains de raison et de mental en apportant sur terre le feu divin (intelligence et conscience). Prométhée est le type hellène de nos Kumâra ou Egos, ceux qui en s'incarnant dans l'homme, en firent des dieux potentiels à la place d'animaux qu'ils étaient. Les dieux (ou elohim) étaient opposés à ce que les hommes deviennent "comme l'un de nous" (Genèse, III., 22.), avec la connaissance "du bien et du mal". C'est pourquoi nous voyons ces dieux dans toutes les légendes religieuses punissant l'homme pour son désir de connaître. Comme le mythe grec nous le présente, c'est pour avoir dérobé le feu qu'il apporta du Ciel aux hommes, que, par ordre de Jupiter, Prométhée fut enchaîné sur un rocher escarpé dans les montagnes du Caucase.

PROPATOR (gr.)

Terme gnostique. La "Profondeur" du Bythos, ou En-Aiôr, la lumière insondable. Cette dernière est seule le Soi-Existant et l'Eternel – Propator est seulement périodique. PROPHETES, Ecole des. Ecoles fondées par Samuel pour l'entraînement des Nabim (prophètes). Leur méthode était conduite selon des lignes identiques à celles utilisées pour un chelâ ou un candidat à l'initiation aux sciences occultes, c'est-à-dire, le développement de facultés anormales ou clairvoyance conduisant à la Voyance. De ces écoles, on en trouvait beaucoup dans les temps anciens en Palestine et en Asie Mineure. Que les Hébreux aient adoré Nebo, le dieu chaldéen du savoir secret, est tout à fait certain, puisqu'ils adoptèrent son nom comme le substitut de Sagesse.

PROTO-ILOS (gr.)

La première matière primordiale.

PROTOGONOS (gr.)

Le "premier né" : on l'utilise pour tous les dieux manifestés et pour le soleil dans notre système.

PROTOLOGOI (gr.)

Les sept forces créatrices primordiales lorsqu'elles sont anthropomorphisées en Archanges ou Logoï.

PROTYLE (gr.)

Un mot nouvellement forgé en chimie pour désigner la première substance primordiale homogène. PSCHENT (égypt.). Un symbole en forme d'une double couronne, dont la signification est la présence de la Divinité dans la mort comme dans la vie, sur terre comme au ciel. Ce Pschent n'est seulement porté que par certains dieux.

PRÉEXISTENCE

Ce terme est utilisé pour indiquer que nous avons vécu auparavant. Sa signification est identique à celle de réincarnation dans le passé. Quelques-uns tournent l'idée en dérision, d'autres la rejettent, et d'autres encore la déclarent absurde et incohérente ; cependant, depuis une antiquité immémoriale, c'est la croyance la plus ancienne et la plus universellement acceptée. Et si cette croyance était universellement acceptée par les esprits philosophiques les plus fins du monde pré-chrétien, sûrement il ne serait pas mauvais de voir quelques-uns de nos intellectuels modernes y croire également, ou du moins accorder à cette doctrine le bénéfice du doute. Même la Bible y fait allusion plus d'une fois Saint Jean Baptiste était considéré comme la réincarnation d'Elie, et les Disciples ont demandé si l'aveugle était né aveugle à cause de ses péchés, ce qui revient à dire qu'il aurait vécu et péché avant d'être né aveugle. Comme M. Bonwick le dit fort bien, c'était "un travail de progression spirituelle et de discipline de l'âme. Le jouisseur dorloté retournait mendiant ; l'oppresseur orgueilleux, esclave ; la femme du monde égoïste, ouvrière couturière. Un tour de roue accordait une chance au développement de l'intelligence et du sentiment négligés ou mal employés, d'où la popularité de la réincarnation sous tous les climats et à toutes les époques... ainsi la purgation du mal était... graduellement mais sûrement accomplie". En vérité, "une action mauvaise suit un homme, traversant cent mille transmigrations" (Panchatantra). "Toutes les âmes possèdent un véhicule subtil, réplique du corps, qui entraîne cette âme, alors dans un état passif, d'une demeure matérielle à une autre" dit Kapila, alors que Basnage donne cette explication des Juifs : "Par cette seconde mort ce n'est pas l'enfer que l'on considère, mais ce qui arrive lorsqu'une âme, pour la seconde fois, vient animer un corps". Hérodote apprend à ses lecteurs que les Egyptiens "sont les premiers à avoir parlé de cette doctrine, suivant laquelle l'âme de l'homme est immortelle, et qu'après la destruction du corps, elle entre dans un être nouvellement né,. Lorsque, disaient-ils, elle a passé dans tous les animaux de la terre et de la mer, et chez tous les oiseaux, elle entrera une fois encore dans le corps d'un être humain nouveau-né". Ceci est la Préexistence. Déveria montrait que les inscriptions funéraires des Égyptiens disent clairement "que la résurrection n'était en réalité qu'un renouvellement, conduisant à une nouvelle enfance et à une nouvelle jeunesse". (Voir "Réincarnation").

PSYCHE (gr.)

L'Ame animale et terrestre : le Manas inférieur.

PSYCHISME

Vient du grec psyché. Un terme maintenant utilisé pour désigner très abusivement tous les genres de phénomènes mentaux, par exemple, la médiumnité et la sensibilité supérieure, la réceptivité hypnotique et la prophétie inspirée, la simple clair-voyance dans la lumière astrale et la réelle Voyance divine : en un mot, le terme recouvre toutes les phases et toutes les manifestations des pouvoirs et des puissances des Ames humaine et divine.

PSYCHOGRAPHIE

Un mot d'abord utilisé par les théosophistes : il signifie écrire sous la dictée ou sous l'influence du "pouvoir de son âme", quoique les spirites l'aient maintenant adopté pour désigner l'écriture produite par leurs médiums sous la conduite d'Esprits guides.

PSYCHOLOGIE

Dans les temps anciens la science de l'Ame : une science qui servait d'inévitable fondement à la physiologie. Tandis qu'à notre époque moderne, c'est la psychologie qui se trouve fondée (grâce à nos grands savants) sur la physiologie.

PSYCHOMETRIE

Litt., "Mesurer l'Ame" : en lisant ou en voyant, non pas avec les yeux physiques, mais avec l'âme ou la Vue intérieure.

PSYCHOPHOBIE

Litt., "Crainte de l'Ame" : cela peut s'appliquer aux matérialistes et à certains athées, qui deviennent saisis de démence à la simple mention de l'Ame ou de l'Esprit.

PSYLLES (gr.)

Charmeurs de serpent de Cyrénaïque et d'Egypte. PTAH, ou Phtah (égypt.). Le fils de Cneph dans le Panthéon égyptien. Il est le principe de Lumière et de Vie à travers lequel la "création" ou plutôt l'évolution avait lieu ; le logos créateur d'Egypte, le Démiurge. Une très ancienne divinité, car, d'après Hérodote, Ménès, le premier roi d'Egypte, lui avait élevé un temple. Il est "le donneur de vie", le né de lui- même, et le père d'Apis – le taureau sacré – conçu par l'entremise d'un rayon du Soleil. Ptah est ainsi le prototype d'Osiris, une divinité plus récente. Hérodote fait de lui le père des Cabires, les dieux mystérieux ; et le Targoum de Jérusalem relate : "Les Egyptiens donnaient à la Sagesse de la Première Intelligence le nom de Ptah". Il s'ensuit qu'il est Mahat, la "divine sagesse", bien que sous un autre aspect il soit Svabhâvat, la substance qui se crée elle-même, ainsi que le proclame une prière qui lui est adressée dans le Livre des Morts, après que Ptah eût été nommé "père des pères et de tous les dieux, géniteur de tous les humains produits de sa substance" : "Tu es sans père, étant engendré de ta propre volonté ; tu es sans mère, étant né du renouvellement de ta propre substance de laquelle procède la substance".

PU-TSI K'IUN-LING (chinois)

Litt., "le Sauveur universel de tous les êtres". Un titre d'Avalokiteśvara, et aussi de Buddha. PYGMALION (gr.). Sculpteur et statuaire célèbre de l'île de Chypre, qui s'éprit de la statue qu'il avait faite. Aussi la Déesse de la Beauté, le prenant en pitié, la changea en une femme vivante (Ovide, Métamorphoses). Cette histoire est une allégorie de l'âme.

PUJA (sans.)

Une offrande : culte et honneurs divins rendus à une idole ou à quelque chose de sacré.

PULASTYA (sans.)

Un des sept "fils nés-du-mental" de Brahmâ le père putatif des Nâgas (serpents, et aussi Initiés) et autres créatures symboliques.

PUMS (sans.)

L'Esprit, le suprême Purusha, l'Homme.

PUNARJANMAN (sans.)

Le pouvoir de développer des manifestations objectives : mouvement de formes ; également renaissance.

PUNDARIKAKSHA (sans)

Litt., "aux yeux de lotus", une qualification de Vishnu. "Gloire suprême et impérissable", c'est ainsi que le traduisent quelques orientalistes.

PURANA (sans.)

Litt., "ancien". Un recueil d'écrits symboliques et allégoriques – maintenant au nombre de dix-huit – qui, suppose-t-on, aurait été composé par Vyâsa, l'auteur du Mahâbhârata.

PUROHITAS (sans.)

Prêtres familiaux ; Brâhmanes.

PURURAYAS (sans.)

Le fils de Budha, lui-même fils de Soma (la lune), et d'Ila ; renommé pour avoir été le premier à produire le feu par la friction de deux morceaux de bois, et à le rendre triple. Un personnage occulte.

PURUSHA (sans.)

"L'Homme" ; l'Homme Céleste. L'Esprit, identique à Nârâyana sous un autre aspect. Le "Soi Spirituel".

PURUSHA NARAYANA (sans.)

Le mâle primordial – Brahmâ.

PURUSHAUTTAMA (sans.)

Litt., "le meilleur des hommes" cependant métaphysiquement c'est l'esprit, l'Ame Suprême de l'univers. Une qualification de Vishnu.

PURVAJA (sans.)

"Prégénétique", identique au Protologos orphique ; une qualification de Vishnu.

PURVASHADHA (sans.)

Un astérisme.

PUSHAN (sans.)

Une divinité védique, dont la signification réelle demeure inconnue des orientalistes. Elle est qualifiée de "Nourricière", la nourrice de tous les êtres (sans ressources). La philosophie ésotérique en explique le sens. A ce propos, le Taïttirîya Brâhmana dit que, "lorsque Prajâpati façonnait les êtres vivants, Pûshan les nourrissait". C'est donc la même force mystérieuse qui nourrit le fœtus et le bébé à naître, par osmose, et qui est appelée la "nourrice atmosphérique (ou âkâśique)", et le "père nourricier". Lorsque les Pitri lunaires évoluèrent les hommes, ceux- ci demeuraient dépourvus de sens et réduits à l'impuissance, et c'est "Pûshan qui nourrit l'homme primordial". C'est également un nom du Soleil.

PUSHKALA (sans.)

, ou Pushkola. Une feuille de palmier apprêtée pour l'écriture ; utilisée à Ceylan. Tous les livres indigènes sont écrits sur de telles feuilles de papier, et durent des siècles.

PUSHKARA (sans.)

Un lotus bleu ; le septième Dvîpa ou région de Bhâratavarsha (Inde). Un célèbre lac près d'Ajmer ; également le nom propre de plusieurs personnes.

PUTO (chinois)

Une île en Chine où Kwan-Shaï-Yin et Kwan-Yin possèdent temples et monastères à profusion.

PUTRA (sans.)

Un fils.

PYMANDRE (gr.)

La "Pensée divine". Dans l'ouvrage hermétique nommé Pymandre, c'est le Prométhée égyptien et le Nous personnifié, ou lumière divine, qui apparaît à Hermès Trismégiste et l'instruit.

PYRRHA (gr.)

Une fille d'Epiméthée et de Pandore qui avait été mariée à Deucalion. Après un déluge où la race humaine fut presque anéantie, Pyrrha et Deucalion firent des hommes et des femmes en prenant des pierres qu'ils jetèrent derrière eux.

PYRRHONISME (gr.)

La doctrine du Scepticisme, telle qu'elle fut d'abord enseignée par Pyrrhon, encore que son système ait été bien plus philosophique que le refus absolu de nos modernes Pyrrhonistes.

PYTHAGORE (gr.)

Le plus fameux des philosophes mystiques, né à Samos vers 586 Av. J.C. Il semble avoir voyagé d'un bout à l'autre du monde, et avoir recueilli les éléments de sa philosophie des divers systèmes auxquels il eut accès. Ainsi étudia-t-il les sciences ésotériques avec les Brâhmanes de l'Inde, et l'astronomie et l'astrologie en Chaldée et en Egypte. Jusqu'à ce jour, on le connaît dans le premier des pays ci-dessus mentionnés sous le nom de Yavanâchârya (le "Maître Ionien"). Après en être revenu, il se fixa à Crotone, en Grande Grèce, et là, il fonda un collège où s'assemblèrent très tôt les meilleurs esprits des centres civilisés de l'époque. Son père était un certain Mnésarchus de Samos, et c'était un homme de naissance noble et un érudit. Ce fut Pythagore qui, le premier, enseigna le système héliocentrique : pour son temps, il possédait la plus grande compétence en géométrie. Ce fut lui également qui créa le mot "philosophe", composé de deux mots dont la signification est "ami de la sagesse" – philo-sophos. Pythagore a gagné une renommée impérissable comme le plus grand mathématicien, géomètre et astronome de l'antiquité historique, et aussi comme le plus sublime des métaphysiciens et des savants. Il enseignait la réincarnation telle qu'on la professe en Inde, et aussi bien d'autres éléments de la Sagesse Secrète. PYTHAGORICIEN, Pentacle (gr.). Une étoile cabalistique à six pointes avec un aigle à l'apex, et un taureau et un lion sous la figure d'un homme : symbole mystique adopté par les Chrétiens d'Orient et de Rome, lesquels placent ces animaux auprès des quatre Evangélistes. PYTHIE ou Pythonisse (gr.). Les dictionnaires modernes nous informent que le terme veut dire celle qui délivre les oracles au temple de Delphes, et "toute femme supposée être possédée par l'esprit de divination – une sorcière" (Webster). Ceci n'est ni véridique, ni juste, ni correct. Sur l'autorité de Jamblique, de Plutarque et d'autres, une Pythie était une prêtresse choisie parmi les sensitives des classes pauvres, et placée dans un temple où l'on pratiquait les pouvoirs oraculaires. C'est là qu'elle vivait dans une chambre à l'écart de tous sauf du principal hiérophante et voyant ; et une fois reconnue, elle était, telle une nonne, perdue pour le monde. Assise sur un trépied d'airain placé au-dessus d'une fissure qui s'ouvrait à même le sol, duquel s'élevaient des vapeurs enivrantes, elle était pénétrée de ces effluves souterraines, qui, s'introduisant dans tout son organisme, produisaient le délire prophétique, condition anormale dans laquelle elle délivrait ses oracles. Aristophane dans Væstas (I. reg. 28.) nomme la Pythie ventriloqua vates ou "prophétesse ventriloque", à cause de sa voix ventrale. Les anciens situaient l'âme de l'homme (le Manas inférieur) ou sa conscience personnelle, au creux de l'estomac. Nous trouvons au quatrième verset de la seconde hymne Nâbhânedishtha des Brâhmanas : "Écoutez, O fils des dieux, celui qui parle à travers son nom (nâbhâ), car il vous salue là où vous résidez !". C'est là un phénomène somnambulique moderne. Le nombril était regardé dans l'antiquité comme "le cercle du Soleil, le siège de la lumière intérieure divine. C'est pourquoi l'oracle d'Apollon résidait à Delphes, la cité de Delphus, la matrice ou abdomen – tandis que le siège du temple était appelé l'omphalos, l'ombilic. Ainsi qu'on le sait bien, de nombreux sujets mesmérisés peuvent lire des lettres, entendre, sentir et voir par cette partie de leur corps. En Inde, ainsi que chez les Parsis, il existe jusqu'à ce jour une croyance selon laquelle les adeptes ont des flammes dans leur nombril, lesquelles, pour eux, dispersent toute obscurité et dévoilent le monde spirituel. Elle est appelée, chez les Zoroastriens, la lampe de Deshtur ou du "Grand Prêtre", et la lumière ou rayonnement du Dîkshita (l'Initié) chez les Hindous.

PYTHO (gr.)

Identique à Ob – une influence satanique et diabolique : l'Ob par l'entremise duquel, dit-on, les sorciers opèrent. Q Q La dix-septième lettre de l'alphabet anglais. C'est l'éolien périmé Qoppa, et l'hébraïque Koph. Comme valeur numérique elle est 100, et son symbole est l'arrière d'une tête depuis les oreilles jusqu'au cou. Chez les occultistes d'Eolie elle représentait le symbole de la différenciation.

PÉAN (gr.)

Une hymne d'allégresse et de prière en l'honneur du dieu- soleil Apollon ou Hélios.