Lexique Théosophique

Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.

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150 notices — lettre T

THEANTHROPISME

Un état où l'on est à la fois dieu et homme : un avatâr (V.) divin.

THEIOHEL (héb.)

Le globe habitable producteur d'hommes ; notre terre dans le Zohar.

THELI (chaldéen)

Le grand Dragon dont on dit qu'il environne symboliquement l'univers. En lettres hébraïques c'est T L I = 400 + 30 + 10 = 440 ; lorsque "sa crête est réprimée (la lettre initiale)", disaient les rabbins, "40 demeure", ou l'équivalent de mem : M = eau, les eaux au- dessus du firmament. Evidemment c'est la même idée qui est symbolisée par Śesha – le Serpent de Vishnu. THEOCRASIE. Litt., "union des dieux". Le culte de dieux variés, comme celui de Jehovah et des dieux des Gentils dans le cas des Juifs idolâtres.

THEODICEE

"Droit divin", c'est-à-dire, le privilège d'un Dieu juste et tout-miséricordieux d'affliger les innocents, et de damner ceux qui sont prédestinés, et de demeurer toujours une Divinité aimante et juste : théologiquement – un mystère.

THEODIDACTE (gr.)

Litt., "instruit par Dieu". Employé pour Ammonius Saccas, le fondateur de l'École Eclectique néo-Platonicienne des Philalèthes au troisième siècle à Alexandrie.

THEOMACHIE

Le combat avec les dieux ou contre eux, telles que la "Guerre des Titans", la "Guerre dans le Ciel" et la bataille des Archanges (dieux) contre leurs frères les Arch'Démons (ex-dieux, Asuras, etc...).

THEOMANCIE

La divination par les oracles ; de theos, dieu, et manteia, divination.

THEOPATHIE

Souffrance pour son dieu. Fanatisme religieux.

THEOPEE (gr.)

Un art magique qui permet de douer des images inanimées, statues et autres objets, de vie, de langage et de mouvement. THEOPHILANTHROPISME (gr.). Amour pour Dieu et pour l'homme, ou plutôt, dans un sens philosophique, amour de Dieu au travers de l'amour de l'Humanité. Quelques personnes qui, durant la première révolution en France, cherchaient à remplacer le Christianisme par la pure philanthropie et la raison, s'appelaient théophilanthropes.

THEOPHILOSOPHIE

La combinaison du théisme et de la philosophie.

THEOPNEUSTIE

Révélation : quelque chose qui est donné ou inspiré par un dieu ou un être divin. Inspiration divine.

THERMUTIS (égypt.)

La couronne en forme d'aspic de la déesse Isis ; aussi le nom de la fille légendaire du Pharaon qui, prétend-on, a sauvé Moïse du Nil. THERO, (pâli). Prêtre du Bouddha. Aussi, Therunnanse.

THEURGE

La première école de théurgie pratique (de θεος, dieu, et εργον, travail), pendant la période chrétienne, fut fondée par Jamblique parmi certains Platoniciens d'Alexandrie. Les prêtres, cependant, qui étaient attachés aux temples d'Égypte, d'Assyrie, de Babylonie et de Grèce, et dont le travail était d'évoquer les dieux pendant la célébration des Mystères, étaient connus sous ce nom, ou son équivalent dans d'autres langages, depuis la plus ancienne période archaïque. Les Esprits (mais non pas ceux des morts, dont l'évocation était appelée nécromancie) étaient rendus visibles aux yeux des mortels. Ainsi un théurge devait être un hiérophante et un expert en savoir ésotérique des Sanctuaires de tous les grands pays. Les néo-platoniciens de l'école de Jamblique étaient appelés théurges, car ils exécutaient le soi-disant "cérémonial magique", et évoquaient les simulacra ou les images des anciens héros, des "dieux", et des daimonia (δαιµονια, entités spirituelles divines). Dans les rares cas où la présence de l' "esprit" tangible et visible était requise, le théurge devait pourvoir l'étrange apparition d'une partie de sa chair et de son sang – il devait exécuter la théopée, ou la "création de dieux", par un processus mystérieux bien connu des anciens Tântrikas (et peut-être de quelques-uns parmi les modernes) et des Brâhmanes initiés de l'Inde. Tel est ce qui est dit dans le Livre des Evocations des Pagodes. Cela montre la parfaite identité des rites et du cérémonial entre la plus ancienne théurgie brâhmanique et celle des Platoniciens d'Alexandrie. Ce qui suit est tiré d'Isis Dévoilée : "Le Brâhmane Grihasta (l'évocateur) doit être dans une condition de complète pureté avant qu'il ne s'aventure à invoquer les Pitris. Après avoir préparé une lampe, un peu d'encens au santal, etc..., et après avoir tracé les cercles magiques qui lui ont été enseignés par le Guru qualifié afin de tenir éloignés les mauvais esprits, il arrête de respirer, et demande l'assistance du feu (Kundalinî) pour disperser son corps". Il prononce un certain nombre de fois le mot sacré, et "son âme (corps astral) s'échappe de sa prison, son corps disparaît, et l'âme (l'image) de l'esprit évoqué descend dans le double du corps et l'anime". Ensuite "son (celle du théurge) âme (l'astral) réintègre son corps, dont les particules subtiles ont à nouveau été rassemblées (pour la perception objective) après avoir formé un corps aérien pour le deva (dieu ou esprit) évoqué"... Et alors, l'opérateur propose des questions à ce dernier "sur les mystères de l'Etre et sur la transformation de l'impérissable". L'idée populaire qui prévaut est que les théurges, ainsi que les magiciens, sont des faiseurs de prodiges, telles que l'évocation des âmes ou ombres des héros et des dieux, et autres œuvres thaumaturgiques, par des moyens surnaturels. Mais ceci n'a jamais été la vérité. Ils le faisaient simplement par la libération de leur corps astral personnel, qui, revêtant la forme du dieu ou du héro, servait de médium ou de véhicule grâce auquel le courant particulier conservant les idées et la connaissance de ce héro ou dieu pouvait être atteint et rendu manifeste. (Voir "Jamblique").

THEURGIE (gr.)

Une communication avec des esprits planétaires et des anges – les "dieux de Lumière", et les moyens de les amener sur terre. La connaissance de la signification intérieure de leurs hiérarchies, et la pureté de vie seules peuvent conduire à l'acquisition des pouvoirs nécessaires à la communion avec eux. Pour atteindre un but si exalté l'aspirant doit être absolument vertueux et désintéressé.

THOMEI (égypt.)

La Déesse de la Justice, avec les yeux bandés et tenant une croix.

THOR (scandin.)

De Thonar, "tonner". Le fils d'Odin et de Freya, et le chef de tous les Esprits Elémentaux. Le dieu du tonnerre, Jupiter Tonans. Le mot Thursday (jeudi en anglais, N. d. T) tient son nom de Thor. Chez les Romains, "Thursday" était le jour de Jupiter, Jovis dies, jeudi en français – le cinquième jour de la semaine, également consacré à la planète Jupiter. THOR, Marteau de. Une arme qui avait la forme de la Svastika : appelée par les mystiques européens et les Maçons la "Croix d'Hermès", et aussi "la Croix Jaïna", croix cramponnée ; le symbole le plus archaïque comme le plus sacré et le plus universellement respecté. (Voir "Svastika").

THORAH (héb.)

La "Loi", mise par écrit à partir de la transposition des lettres de l'alphabet hébreu. De la "Thorah cachée" il est dit qu'avant qu'At-tee-kah (l' "Ancien de tous les Anciens") se soit organisé Lui-même en membres, se préparant à la manifestation, Il voulait créer une Thorah. Cette dernière aussitôt produite s'adressa à Lui en ces termes : "Celui-là, qui désire s'organiser et nommer d'autres choses, doit tout d'abord s'organiser Lui-même en Ses Formes convenables". En d'autres termes, la Thorah, la Loi, rembarra son Créateur dès le moment de sa naissance, d'après ce qui est dit ci-dessus, et qui est une interpolation d'un Talmudiste récent. Au fur et à mesure qu'elle s'accrut et se développa, la Loi mystique du Cabaliste primitif fut transformée et les rabbins firent en sorte que dans sa lettre morte elle supplantât toutes les conceptions métaphysiques. Ainsi la Loi rabbinique et talmudique rend Aïn Soph et tous les principes divins subordonnés à elle-même, et tourne le dos aux véritables interprétations ésotériques. THOTH (égypt.). Le plus mystérieux et le moins compris des dieux, dont le caractère personnel est entièrement distinct de celui de toutes les autres anciennes divinités. Alors que les permutations d'Osiris, d'Isis, d'Horus et d'autres, sont aussi innombrables et que leur individualité en est presque perdue, Thoth demeure inchangé depuis la première Dynastie jusqu'à la dernière. Il est le dieu de la Sagesse et possède l'autorité sur tous les autres dieux. C'est l'archiviste et le juge. Sa tête d'ibis, le porte-plume et la tablette de scribe céleste, qui tient le compte des pensées, des paroles et des actes des hommes et les pèse dans sa balance, le fait ressembler au type du Lipika ésotérique. Son nom est un des premiers à apparaître sur les monuments les plus anciens. Il est le dieu lunaire des premières dynasties, le maître du Cynocéphale – le singe à la tête de chien qui se présentait en Egypte comme le vivant symbole et le souvenir de la Troisième Race- racine. (Doctrine Secrète, IIL, 456). Il est le "Seigneur d'Hermonpolis" – Janus, Hermès et Mercure combinés. Il est couronné de l'atef et du disque lunaire, et porte l' "Œil d'Horus", le troisième œil, dans sa main. Il est l'Hermès grec, le dieu du savoir, et Hermès Trismégiste, le "Trois-Fois- Grand Hermès", le protecteur des sciences physiques, et le protecteur et l'âme même de la connaissance occulte ésotérique. Comme M. J. Bonwick l'exprime admirablement : – "Thoth... a un effet puissant sur l'imagination... dans sa superbe quoique compliquée fantasmagorie de pensées et de sentiments moraux de ce passé obscurci. Nous avons beau nous demander comment l'homme, dans l'enfance de ce monde d'humanité, dans la rudesse d'une civilisation supposée naissante, pouvait avoir rêvé d'un roi céleste tel que Thoth. Les lignes sont si délicatement dessinées, entremêlées si intimement et avec goût, que nous semblons observer un tableau dessiné par le génie de Milton, et exécuté par l'habileté d'un Raphaël". Véritablement il y a du vrai dans cette expression, "La sagesse des Egyptiens...". "... Quand l'on montre que l'épouse de Khépren, le constructeur de la seconde Pyramide, était prêtresse de Thoth, on voit que les idées que renfermait ce dieu, étaient fixées il y a 6.000 ans". D'après Platon, "Thoth-Hermès fut le découvreur et l'inventeur des nombres, de la géométrie, de l'astronomie et des lettres". Proclus, le disciple posthume de Plotin, parlant de cette divinité mystérieuse, dit : "Il préside à tous les genres d'état, nous menant depuis cette demeure mortelle jusqu'à une essence intelligible, régissant les différentes troupes d'âmes". En d'autres termes, Thoth, en tant que secrétaire et archiviste d'Osiris dans l'Amenti, la Salle de Jugement des Morts, était une divinité psychopompe, tandis que Jamblique lance cette allusion que "la croix avec une anse (le thau ou tau) que Thoth tient dans sa main, n'est rien d'autre que le monogramme de son nom". Hormis le Tau, considéré comme le prototype de Mercure, Thoth porte la verge en forme de serpent, emblème de la Sagesse, la verge qui devint le Caducée. Comme l'a dit M. Bonwick, "Hermès était lui-même le serpent dans un sens mystique. Comme cette créature il se glisse sans bruit, sans effort apparent, tout au long du cours des âges. Il est... un représentant du ciel étoilé. Mais il est l'ennemi du mauvais serpent, car l'ibis dévorait les serpents d'Egypte".

THOTHO RINYANTSEN (tibétain)

Un roi du Tibet au quatrième siècle. On raconte que durant son règne, il reçut la visite de cinq mystérieux étrangers, qui lui révélèrent comment il pouvait utiliser pour la prospérité de son pays les quatre choses précieuses qui, en 331 ap. J.C., étaient tombées du ciel dans un écrin d'or et "dont l'utilité n'était connue de personne". Celles-ci étaient (1) des mains pliées à la manière des ascètes bouddhistes ; (2) un shorten couvert de bijoux (une Stûpa construite sur un reliquaire) ; (3) un joyau avec l'inscription "Aum mani padme hum" ; et (4) le Zamatog, un ouvrage religieux traitant d'éthique, une partie du Kanjur. Ensuite une voix venue du ciel dit au Roi qu'après un certain nombre de générations tout le monde apprendrait de quelle façon ces quatre choses étaient précieuses. Le nombre de générations énoncé menait le monde au septième siècle, lorsque le Bouddhisme devint la religion acceptée au Tibet. Tenant compte de la licence des légendes, les quatre choses tombées du ciel, la voix, et les cinq mystérieux étrangers, peuvent être facilement vus comme ayant été des faits historiques. Il y eut, sans aucun doute, cinq Arhats ou Bhikshus de l'Inde, qui voyageaient pour effectuer des conversions. Nombreux furent les sages de l'Inde qui, persécutés en Inde pour leur nouvelle foi, s'en allèrent au Tibet et en Chine.

THRÆTAONA (mazdéen)

Le Michel perse qui combattit contre Zohah ou Azhi-Dahâka, le serpent destructeur. Dans l'Avesta, Azhi- Dahâka est un monstre à trois têtes, dont l'une est humaine et les deux autres ophidiennes. Dahâka, que l'on montre dans les Ecritures Zoroastriennes comme venant de Babylonie, est là comme symbole allégorique de la Dynastie assyrienne du roi Dahâka (Az-Dahâka) qui gouverna l'Asie d'une main de fer, et dont les bannières portaient le signe pourpre du dragon, purpureum signum draconis. Métaphysiquement, néanmoins, la tête humaine indique l'homme physique, et les deux têtes de serpent le double principe manasique – le dragon et le serpent se tenant tous deux comme symboles de la sagesse et des pouvoirs occultes.

THSANG THISRONG TSAN

, (tibétain). Un roi qui florissait entre 728 et 787 et qui invita du Bengale le pundit Rakshit (Padmasambhava, N. d. T), sollicité, pour son grand savoir comme Bodhisattva, à venir au Tibet et à s'y installer, afin d'instruire les prêtres de ce pays en philosophie bouddhique.

THUMI SAMBHOTA (sans.)

Mystique indien et homme érudit l'inventeur de l'alphabet tibétain.

THUMMIM (héb.)

"Perfections". Un ornement qui figurait sur les pectoraux des anciens Grands Prêtres du Judaïsme. Les rabbins modernes et les hébraïsants peuvent bien prétendre ne pas connaître les buts communs des Thummim et des Urim ; mais les Cabalistes les connaissent et les occultistes pareillement. C'étaient des instruments de divination magique et de communication théurgique et astrologique par les oracles. Ceci est démontré par les faits suivants bien connus : – (1) sur chacune des douze pierres précieuses était gravé le nom de l'un des douze fils de Jacob, chacun de ces fils jouant le rôle d'un des signes du zodiaque ; (2) ces deux (Thummirri et Urim) étaient des images oraculaires, comme les teraphim, et énonçaient les oracles au moyen d'une voix, et tous deux étaient des agents d'hypnotisation et jetaient les prêtres qui les portaient dans une condition extatique. Les Urim et les Thummim n'étaient pas originellement hébreux, mais avaient été empruntés, comme la plupart de leurs autres rites religieux, aux Egyptiens, chez qui les scarabées mystiques, portés sur la poitrine par les hiérophantes, avaient les mêmes fonctions. C'étaient ainsi des modes de divination purement païens et magiques, et lorsqu'on demande au "Seigneur Dieu" juif, de manifester sa présence et d'énoncer sa volonté par les Urim, au moyen d'incantations préliminaires, le modus operandi était le même que celui utilisé par tous les prêtres gentils du monde entier.

THUMOS (gr.)

L'âme animale, astrale : le Kâma Manas ; Thumos a la signification de passion, désir et confusion et n'est pas employé par Homère. Le mot vient probablement du sanskrit Tamas, qui possède la même signification.

THÉOGONIE

La genèse des dieux : cette branche de toutes les théologies non-chrétiennes qui enseigne la généalogie des diverses divinités. Un ancien nom grec pour ce qui fut traduit plus tard par "généalogie de la descendance d'Adam et des Patriarches" – ces derniers étant tous "des dieux, des planètes et des signes zodiacaux".

THÉOSOPHES

Nom par lequel beaucoup de mystiques à différentes périodes de l'histoire se sont appelés. Les Néo-platoniciens d'Alexandrie étaient des Théosophes : les Alchimistes et Cabalistes durant les siècles médiévaux étaient pareillement nommés ; également les Martinistes, les Quiétistes, et d'autres sortes de mystiques, œuvrant soit en toute indépendance soit agrégés à une fraternité ou une société. Tous les véritables amis de la Sagesse divine et de la Vérité avaient, et ont, droit à ce nom, plutôt que ceux qui, s'appropriant la qualification, vivent leur vie ou accomplissent des actes en opposition aux principes de la Théosophie. Comme les décrit le Frère Kenneth R. Mackenzie, les Théosophes des siècles passés, "entièrement spéculatifs, et ne fondant aucune école, ont cependant exercé une influence silencieuse sur la philosophie ; et il n'y a aucun doute, que, en temps opportun, bien des idées ainsi exposées silencieusement peuvent tout de même donner des nouvelles directions à la pensée humaine. Une des façons par lesquelles ces doctrines ont obtenu non seulement autorité, mais puissance, fut de se répandre parmi certains enthousiastes des hauts degrés de la Maçonnerie. Cette puissance, cependant, jusqu'à un certain degré est morte avec ses fondateurs, et la moderne Franc-maçonnerie ne contient que peu de traces de l'influence théosophique. Quelles que justes et belles certaines des idées de Swedenborg, Pernety, Pasqually, Saint-Martin, Marconis, Ragon, et Chastanier aient pu être, elles n'ont eu que peu d'influence directe sur la société. "Ceci est vrai des Théosophes des trois derniers siècles, mais non de ceux du XIXème. Car les œuvres de nos membres se sont déjà visiblement imposées à la littérature moderne, et ont introduit un désir et des besoins impérieux pour une certaine philosophie à la place de la foi dogmatique aveugle de jadis, parmi les fractions les plus intelligentes de l'humanité. Telle est la différence entre la THÉOSOPHIE du passé et celle de maintenant.

THÉOSOPHIE (gr.)

Religion-Sagesse ou "Sagesse Divine". Le substratum et la base de toutes les religions mondiales et les philosophies enseignées et pratiquées par de rares élus depuis que l'homme est devenu un être pensant. Dans sa conduite pratique, la Théosophie est une éthique divine à l'état pur : les définitions que l'on trouve dans les dictionnaires sont de pures absurdités, basées sur les préjugés religieux et sur l'ignorance du véritable esprit des premiers Rose-Croix et des philosophes médiévaux qui s'appelaient Théosophes. THÉOSOPHIQUE, Société, ou "Fraternité Universelle". Fondée à New York en 1875, par le colonel H.S. Olcott et H.P. Blavatsky, aidée par W.Q. Judge et plusieurs autres. Son but déclaré était d'abord l'investigation scientifique des phénomènes psychiques ou soi-disant "spirites", mais ensuite ses trois principaux buts furent ainsi énoncés (1) Fraternité de l'homme, sans distinction de race, de couleur, de religion, ou de situation sociale ; (2) une étude sérieuse des anciennes religions mondiales à des fins de comparaison et pour pouvoir en sélectionner l'éthique universelle ; (3) l'étude et le développement des pouvoirs divins latents dans l'homme. A l'heure présente (en 1891, N. d. T) elle a plus de 250 Branches réparties dans le monde entier, dont le plus grand nombre se trouvent en Inde, où également son principal Quartier Général a été établi. Elle se compose de plusieurs grandes Sections – les Sections Indienne, Américaine, Australienne et Européenne.

THÉRAPEUTES (gr.)

Ecole d'Esotéristes qui fut un groupe intérieur dans le milieu juif d'Alexandrie et non pas, comme on le croit généralement, une "secte". Ils étaient "guérisseurs" dans le sens où le sont certains Scientistes "Chrétiens" et "Mentaux", membres de la S.T., tandis qu'en même temps ils sont de bons théosophistes et étudient les sciences ésotériques. Philon le Juif les appelle "serviteurs de dieu". Ainsi que A Dictionary of Literature, Sects, and Doctrines (Vol. IV., art. "Philon le Juif") le montre justement en mentionnant les Thérapeutes – "Il n'y a, semble-t-il, aucune raison de penser à une "secte" spéciale, mais plutôt à un cercle ésotérique d'illuminati, d' "hommes sages"... C'étaient les Juifs hellénistiques contemplatifs".

TIA-HUANACO (péruvien)

Les ruines les plus superbes d'une ville préhistorique au Pérou.

TIAMAT (chaldéen)

Un dragon féminin qui personnifie l'océan la "grande mère" ou le principe vivant du chaos. Tiamat voulait avaler Bel, mais Bel envoya un vent qui pénétra dans la bouche ouverte de Tiamat qui en mourut.

TIAOU (égypt.)

Une sorte d'état devakhanique post mortem.

TIEN-HOANG (chinois)

Les douze hiérarchies de Dhyânis. TIEN-SIN (chinois). Litt., "le ciel de l'esprit", ou un ciel idéal, subjectif et abstrait. Terme métaphysique appliqué à l'Absolu.

TIKKUN (chaldéen)

L'Homme manifesté ou Adam Kadmon, le premier rayon venant du Logos manifesté.

TIPHERETH (héb.)

La Beauté : la sixième des dix Sephiroth, une puissance active masculine, en correspondance avec le Vau, V, du Tétragramme I H V H ; aussi nommée Melech ou Roi, et le Fils. C'est la Sephira centrale des six qui composent Zeir Anpin, le Microprosope, ou Petit Visage. On la traduit par "Beauté" et "Douceur".

TIRTHAKARA (sans.)

Saints et guides Jaïnas dont il y eut vingt- quatre. On prétend que l'un d'entre eux fut le guru spirituel de Gautama Bouddha. Tîrthakara est synonyme de Jaïna. TIRTHAKAS, ou Tîrthikas et Tîrthas (sans.). "Instructeurs hérétiques". Epithète appliquée par les ascètes bouddhistes aux Brâhmanes et à certains Yogins de l'Inde. TIRYAKŚROTAS (sans.). De tiryak, "courbé" et śrotas "canal" (digestif). Le nom de la "création" par Brahmâ des hommes et des êtres dont les estomacs occupèrent une position horizontale, du fait de leur position verticale comme bipèdes. Ceci est une invention purânique que l'occultisme ignore.

TISHYA (sans.)

Identique au Kali Yuga, le Quatrième Age.

TITANS (gr.)

Géants d'origine divine dans la mythologie grecque qui firent la guerre contre les dieux. Prométhée fut l'un d'eux.

TITIKSHA (sans.)

Litt., "longanimité, patience". Titikshâ, la fille de Daksha et l'épouse de Dharma (loi divine) en est la personnification.

TO ON (gr.)

L' "Etre", le "Tout Ineffable" de Platon. Celui "que personne n'a vu, excepté le Fils".

TOBO (gnosticisme)

Dans le Codex Nazarœus, un être mystérieux qui porte l'âme d'Adam depuis Orcus jusqu'à la place de vie, d'où son nom de "libérateur de l'âme d'Adam".

TODAS

Un peuple mystérieux de l'Inde dans les parties reculées et inexplorées des Nilgiri Hills (Montagnes Bleues) situées dans la Présidence de Madras, dont l'origine, le langage et la religion demeurent jusqu'à ce jour inconnus. Ils sont ethniquement, philologiquement et en tout autre point, entièrement distincts des Badagas et des Mulakurumbas, deux autres races que l'on trouve dans les mêmes endroits.

TOHOU VA-BOHOU

(héb.). De Tohou – "l'Abîme" et Bohou "Espace primordial" – ou l'Abîme de l'Espace Primordial, librement rendu par "Chaos", "Confusion" et ainsi de suite. Il est également épelé et prononcé "tohu-bohu".

TOPE

Une butte artificielle recouvrant des reliques du Bouddha ou de quelque autre grand Arhat. Les Topes sont aussi appelés Dâgobas.

TOPHET (héb.)

Un lieu dans la vallée de la Géhenne, près de Jérusalem, où se trouvait un feu que l'on entretenait continuellement, et dans lequel on immolait des enfants à Baal. Cet endroit est ainsi le prototype de l'Enfer chrétien, la Géhenne de feu du malheur sans fin. TORALVA, Dr. Eugène. Un docteur qui vivait au quatorzième siècle et qui reçu en don de Frater Pietro, grand magicien et moine Dominicain, un démon nommé Zequiel pour lui être son fidèle serviteur. (Voir Isis Dévoilée, III., 73.).

TOUM (égypt.)

Un dieu provenant d'Osiris sous son caractère de Grand Abîme, Nout. Il est le dieu protéique qui engendre d'autres dieux, "assumant la forme qu'il désire". Il est Fohat. (La Doctrine Secrète, II., 461-462).

TOYAMBUDHI (sans.)

Un pays dans la partie nord duquel est située "l'Ile Blanche" – Śveta Dvipa – une des sept îles purâniques ou continents. TRAILOKYA ou Trilokya.(sans.). Litt., les "trois régions" ou mondes : la triade complémentaire au quaternaire brâhmanique de mondes nommé Bhuvanatraya. Un laïque profane bouddhiste ne mentionnera que trois divisions pour chaque monde, tandis qu'un Brâhmane non initié soutiendra qu'il y en a quatre. Les quatre divisions de ce dernier sont purement physiques et sensuelles, le Trailokya du Bouddhiste étant purement spirituel et d'ordre éthique. On peut trouver la division brâhmanique entièrement décrite sous le titre de Vyâhriti, les différences en étant suffisamment démontrées pour l'instant dans la comparaison suivante : Division brâhmanique des mondes. Division bouddhique des régions. 1. Bhûr, la terre. 1. Le monde du Désir, Kâmadhâtu ou Kâmaloka 2. Bhuvah, l'air, le firmament. 2. Le monde de la forme, Rûpadhâtu. 3. Svah, l'atmosphère, le ciel. 3. Le monde sans-forme, Arûpadhâtu. 4. Mahar, l'essence lumineuse et éternelle. Ce ne sont pas tous des mondes de conditions post mortem. Par exemple, Kâmaloka ou Kâmadhâtu, la région de Mâra, est ce que les Cabalistes médiévaux et modernes appellent le monde de la lumière astrale, et le "monde des coques". Kâmaloka possède, comme toute autre région, ses sept divisions, dont la plus inférieure commence sur la terre ou invisiblement dans son atmosphère ; les six autres s'élèvent graduellement, la plus élevée étant la demeure de ceux qui sont morts à cause d'un accident, ou par suicide dans un accès de folie temporaire, ou furent d'une autre manière les victimes de forces extérieures. morts avant la fin du terme qui leur était assigné et dont les principes supérieurs, pour cette raison, ne passent pas sur le champ dans la condition devakhanique, dorment d'un doux sommeil d'oubli sans rêves, à la fin duquel ou bien ils renaissent immédiatement, ou bien passent graduellement dans la condition devakhânique. Rûpadhâtu est le monde céleste de la forme, ou ce que nous appelons Devakhan. Chez les Brâhmanes non-initiés, les Chinois et autres Bouddhistes, le Rûpadhâtu est divisé en dix-huit Brahmâlokas ou Devalokas, et la vie de l'âme y dure d'un demi-yuga jusqu'à 16.000 yugas ou kalpas, et la hauteur des "Ombrages" est comprise entre une demi-Yojana et 16.000 Yojanas (un Yojana mesurant de 8.800 mètres à 16.000 mètres !!), et autres fadaises de ce genre sorties des cerveaux des prêtres. Or la philosophie ésotérique enseigne que bien que pour les Egos, dans le temps dont on parle, chaque chose ou chacun conserve sa forme (comme dans un rêve), cependant comme Rûpadhâtu est une région purement mentale, et un état, les Egos eux-mêmes n'ont pas de forme en dehors de leur conscience propre. L'ésotérisme divise cette "région" en sept Dhyânas, "régions", ou états de contemplation, qui ne sont pas des localités mais des représentations mentales de celles-ci. Arûpadhâtu : cette "région" est encore divisée en sept Dhyânas, encore plus abstraits et sans formes, car ce "Monde" est sans aucune forme ni désir quels qu'ils soient. C'est la région la plus haute du Trailokya post mortem, et comme c'est la demeure de ceux qui ont presque atteint le Nirvâna, et est de ce fait le seuil même de l'état nirvânique, cela va sans dire qu'en Arûpadhâtu (ou Arûpavachara) il ne peut y avoir ni forme ni sensation ni aucun sentiment rattaché à notre univers à trois dimensions.

TREFLE

Semblable au "shamrock" d'Irlande, il possède un sens symbolique, "le mystère du trois-en-un" comme un auteur le nomme. Il couronnait la tête d'Osiris, et la guirlande tomba lorsque Typhon assassina le dieu radieux. Quelques-uns y voient une signification phallique, mais nous rejetons cette idée en occultisme. C'était la plante de l'Esprit, de l'Ame et de la Vie.

TRENTE-DEUX VOIES DE SAGESSE

, Les. (cabale). Le Zohar dit que Hochmah ou Chochmah (sagesse) produit toutes les choses "au moyen de (ces) trente-deux sentiers". (Zohar III., 290a). Leur complet exposé est trouvé dans le Sepher Yetzirah, où les lettres et les nombres constituent, telles des entités, les Trente-Deux Sentiers de Sagesse, par lesquels les Elohim construisirent l'Univers entier. Car, ainsi qu'il est dit par ailleurs, le cerveau (la tête) a une voie d'écoulement depuis Zeir Anpin, et c'est pourquoi il se répand et va à l'extérieur par trente-deux chemins". Zeir Anpin, le "Petit Visage" ou l' "Image d'en-Bas", est l'Adam Céleste, l'Adam Kadmon, ou l'Homme. L'Homme dans le Zohar est considéré comme les vingt-deux lettres de l'alphabet hébreu auxquelles la décade est ajoutée ; et il en découle les trente-deux symboles de ses facultés ou sentiers.

TRETA YUGA (sans.)

Le deuxième âge du monde : une période de 1.296.000 ans. TRIADE, ou les Trois. Les dix Sephiroth sont considérées comme un groupe de trois triades : Kether, Hochmah et Binah forment la triade éternelle ; Hesed, Ghebourah et Tiphereth, la seconde ; et Netsah, Hod et Yesod, la triade inférieure. La dixième Sephira, Malcuth, est en dehors des trois triades. (w.w.w.). Ce qui est ci-dessus est de la Cabale occidentale orthodoxe. Les occultistes orientaux ne reconnaissent qu'une seule triade – la supérieure (correspondant à l'Atma-Buddhi et à "l'Enveloppe" qui reflète leur lumière, les trois en un) – et comptent sept Sephiroth inférieures, dont chacune représente un "principe", commençant avec le Manas supérieur et finissant avec le corps physique – dont Malcuth est le représentant dans le Microcosme et la Terre dans le Macrocosme. TRI BHUVANA, ou Tri-loka (sans.). Les trois mondes – Svarga, Bhûmi, Pâtâla – ou, le Ciel, la Terre, et l'Enfer dans les croyances populaires : ésotériquement, ce sont les régions Spirituelle et Psychique (ou Astrale), et la sphère Terrestre. TRIDANDIN :(sans.). Le nom donné ordinairement à une classe ou secte de Samnyâsins, qui gardent constamment à la main une espèce de massue (danda) s'embranchant en trois verges au sommet. On donne différentes étymologies du mot, et certains donnent ce nom au triple cordon brahmanique. TRI DAŚA (sans.). Trois fois dix ou "trente". C'est en chiffres ronds le total du Panthéon indien – les trente-trois crores de divinités – les douze Adityas, les huit Vasus, les onze Rudras et les deux Aśvins, ou trente-trois kotis, ou 330 millions de dieux.

TRI-KUTA (sans.)

Litt., "trois pics". La montagne sur laquelle la moderne Srî Lankâ (ancienne Lankâ) et sa capitale furent construites. On dit qu'allégoriquement elle est une chaîne de montagnes qui court vers le sud depuis le Meru. Et ainsi, il n'y a pas de doute, c'était avant que Lankâ fût submergée, ne laissant maintenant au-dessus des eaux que ses sommets les plus élevés. La topographie sous-marine et la formation géologique doivent avoir considérablement changées depuis le miocène. Il y a une légende qui raconte que Vâyu, le dieu du vent, détacha le sommet du Meru et le jeta dans la mer, et il devint Lankâ immédiatement.

TRIGUNA (sans.)

La division en trois des qualités inhérentes à la matière différenciée – c'est-à-dire, celle de pure quiétude (sattva), celle d'activité et de désir :(râjas), celle de stagnation et de déclin (tamas). Elles correspondent à Vishnu, Brahmâ, et Śiva. (Voir "Trimûrti").

TRIJNANA (sans.)

Litt., "triple connaissance". Elle comprend trois degrés : (1) croyance basée sur la foi ; (2) croyance basée sur le savoir théorique ; et (3) croyance d'après la connaissance personnelle et pratique.

TRIKAYA (sans.)

Litt., "trois corps" ou formes. Ceci est un enseignement des plus abstrus qui, cependant, une fois compris, explique le mystère de toutes les triades et trinités, et est la clef véritable de tous les symboles métaphysiques triples. Dans sa forme la plus simple qui puisse être comprise, on le trouve dans l'Entité humaine sous sa triple division en esprit, âme, et corps, et dans l'univers, considéré sous l'angle panthéiste, comme une unité composée d'un Principe déifique, purement spirituel, d'Etres Eternels – ses rayons directs – et de l'Humanité. On en trouve l'origine dans les enseignements de la Religion-Sagesse préhistorique, ou philosophie ésotérique. Le grand idéal panthéiste de l'Essence inconnue et inconnaissable qui se transforme d'abord en matière subjective, et ensuite en matière objective, est à la racine de toutes ces triades et triplés. Ainsi, nous trouvons dans le philosophique Bouddhisme du Nord (1) Adi-Buddha (ou Sagesse Primordiale Universelle) ; (2) les Dhyâni-Buddhas (ou Bodhisattvas) ; (3) les Mânushî (humains) Buddhas. Dans les conceptions européennes, nous trouvons de même : Dieu, les Anges et l'Humanité symbolisés théologiquement par le Dieu-Homme. La Trimûrti brahmanique et également le triple corps de Śiva dans le Śivaïsme, ont tous deux été conçus sur la même base, si tant est qu'elles ne se développent pas complètement selon les données des enseignements ésotériques. Il n'est donc pas étonnant de trouver ce concept du triple corps – ou les robes du Nirmânakâya, Sambhogakâya et Dharmakâya, la plus grande des doctrines de la philosophie ésotérique – accepté sous une forme plus ou moins défigurée par toutes les sectes religieuses, et expliqué tout à fait incorrectement par les orientalistes. Ainsi, dans son application générale, le triple corps symbolise la statue de Bouddha, ses enseignements et ses stûpas ; dans les conceptions sacerdotales il s'applique à la profession de foi bouddhique appelée le Triratna, qui est la formule de prendre "refuge dans le Bouddha, dans le Dharma et dans le Samgha". L'imagination populaire rend Bouddha omniprésent, le situant de cette manière sur le même pied qu'un dieu anthropomorphique, et l'abaissant au niveau d'une divinité tribale ; et ce qui en résulte, c'est qu'il tombe en de nettes incompatibilités, comme au Tibet et en Chine. Ainsi, la doctrine exotérique semble enseigner que tandis qu'il est dans son Nirmânakâya (corps qui passe par 100.000 kotis de transformations sur terre), lui, le Bouddha, est en même temps un Lochana (un Dhyânî- Bodhisattva céleste) dans son Sambhogakâya, "un vêtement de perfection absolue", et en Dhyâna, ou un état qui doit le séparer du monde et de tous ses liens ; et, finalement et en dernier lieu, il est, étant de plus un Nirmânakâya et un Sambhogakâya, aussi un Dharmakâya "de pureté absolue", un Vairochana ou Dhyâni-Buddha en Nirvâna complet ! (Voir Sanskrit Chinese Dictionary d'Eitel). Ceci est le pêle-mêle de contradictions, impossibles à réconcilier, qui est présenté par les missionnaires et certains orientalistes comme les dogmes philosophiques du Bouddhisme du Nord. Si cela n'est pas une confusion intentionnelle d'une philosophie redoutée des partisans d'une religion basée sur d'inextricables contradictions et de prudents "mystères", alors c'est le produit de l'ignorance. Comme le Trailokya, le Trikâya, et le Triratna sont les trois aspects de conceptions identiques, et doivent être, pour ainsi dire, fondus en un, le sujet est encore expliqué sous chacun de ces termes. (Voir également sous ce rapport le terme "Triśarana").

TRILOCHANA (sans.)

Litt., "aux-trois-yeux" épithète de Śiva. On raconte que, pendant que le dieu était engagé dans de sévères austérités un certain jour sur les sommets des Himâlayas, son épouse plaça amoureusement sa main sur son troisième œil ; celui-ci s'élança hors du front de Śiva avec une grande flamme. C'est cet œil qui réduisit Kâma en cendres, le dieu de l'amour (comme Mâra, le tentateur), pour avoir essayé de l'inspirer avec les pensées de sa femme au cours de sa méditation de dévotions.

TRIMURTI (sans.)

Litt., les "trois visages" ou la "triple forme" – la Trinité. Dans le Panthéon moderne, ces trois personnes sont Brahmâ, le créateur, Vishnu, le conservateur, et Śiva, le destructeur. Mais c'est une présentation postérieure, car dans les Védas ni Brahmâ ni Śiva ne sont connus, et la trinité védique se compose d'Agni, de Vâyu et de Sûrya, ou comme le Nirukta l'explique, le feu terrestre, le feu atmosphérique (ou aérien), et le feu céleste, puisqu'Agni est le dieu du feu, Vâyu celui de l'air, et que Sûrya est le soleil. Comme le Padma Purâna le dit : "Au commencement, le grand Vishnu, désireux de créer le monde entier, devint triple créateur, préservateur, destructeur. Afin de produire ce monde, l'Esprit Suprême émana du côté droit de son corps, lui-même, comme Brahmâ ; ensuite, afin de préserver l'univers, il produisit du côté gauche de son corps, Vishnu ; et afin de détruire le monde, il produisit du milieu de son corps l'éternel Śiva. Certains rendent un culte à Brahmâ, certains à Vishnu, d'autres à Śiva : mais Vishnu, un quoique triple, crée, préserve et détruit, c'est pourquoi laissez le pieux ne faire aucune différence entre les trois". Le fait est que les trois "personnes" de la Trimûrti sont simplement les trois gunas qualifiées ou attributs de l'univers de l'Esprit-Matière différencié, qui-se-forme-lui-même, qui-se-conserve-lui-même, qui-se- détruit-lui-même à des fins de régénération et de perfectibilité. Ceci est la signification correcte ; et l'on montre que Brahmâ, lorsqu'on en fait l'incarnation personnifiée de Rajoguna, possède l'attribut ou qualité d'activité, du désir de procréer, ce désir à cause duquel l'univers et tout ce qu'il contient est appelé à l'existence. Vishnu est la personnification de Sattvaguna, cette propriété de préservation provenant du plaisir tranquille et paisible, qui caractérise la période intermédiaire entre le complet développement et le commencement du déclin ; tandis que Śiva, en lequel est incorporé Tamoguna – qui est l'attribut de la stagnation et du déclin final – devient naturellement le destructeur. Ceci est aussi hautement philosophique sous son masque d'anthropomorphisme, qu'il est peu philosophique et absurde de maintenir à la face du monde la lettre morte de la conception originelle et de le contraindre à l'accepter.

TRINITE

Chacun connaît le dogme chrétien du "trois-en-un" et du "un-en-trois" ; c'est pourquoi il est inutile de répéter ce qui peut être trouvé dans tout catéchisme. Athanase, le Père de l'Eglise qui a défini la Trinité comme un dogme, n'avait pas grand besoin de mettre son inspiration à contribution ou la puissance de ses cellules grises : il n'avait qu'à se tourner vers l'une des innombrables trinités des credos païens, ou vers les prêtres égyptiens, dans le pays desquels il avait vécu toute sa vie. Il ne modifia légèrement qu'une des trois "personnes". Toutes les triades des Gentils étaient composées du Père, de la Mère et du Fils. En la construisant ainsi, "Père, Fils et Saint-Esprit", il ne modifia le dogme qu'extérieurement, car le Saint-Esprit a toujours été féminin, et on fait s'adresser Jésus au Saint- Esprit comme à sa "mère" dans tous les évangiles gnostiques.

TRIPADA (sans.)

"A trois-pieds" ; la fièvre, personnifiée comme ayant trois pieds ou stades de développement – froid, chaleur et sueur.

TRIPITAKA (sans.)

Litt., "les trois corbeilles" : le nom du canon bouddhique. Il est composé de trois sections : (1) la doctrine ; (2) les règles et les lois des prêtres et des ascètes ; (3) les dissertations philosophiques et la métaphysique : à savoir, l'Abhidharma, défini par Buddhaghośa comme la loi (dharma) qui va au-delà (abhi) de la loi. L'Abhidharma contient les enseignements métaphysiques et philosophiques les plus profonds, et est le dépôt d'où le Mahâyâna et le Hînayâna ont reçu leurs doctrines fondamentales. Il existe une quatrième section – le Samyaktâ Pitaka. Mais comme il est une addition tardive faite par les Bouddhistes chinois, il n'est pas accepté par l'Eglise du Sud au Siam et à Ceylan. TRIRATNA, ou Ratnatraya (sans.). Les Trois Joyaux : le terme technique pour la formule bien connue "le Bouddha, le Dharma, le Sangha" (ou Samgha), les deux derniers termes voulant dire, selon l'interprétation moderne, "la loi religieuse" (Dharma), et la "prêtrise" (Sangha). La philosophie ésotérique, cependant, regarderait ceci comme une traduction très libre. Les mots "Bouddha, Dharma et Sangha", devraient être prononcés comme au temps de Gautama, le Seigneur Bouddha, nommément : "Bodhi, Dharma et Sangha", et interprétés pour signifier "la Sagesse, ses lois et ses prêtres", ce dernier mot dans le sens de "représentants spirituels", ou adeptes. Bouddha, cependant, étant considéré comme la personnification de "Bodhi" sur terre, un véritable avatâr d'Adi- Buddha, le Dharma en vint graduellement à être regardé comme la loi qui lui était propre, et Sangha comme sa prêtrise particulière. Néanmoins, ce sont les profanes qui professent les enseignements plus tardifs (maintenant modernes) qui ont montré un plus grand degré d'intuition naturelle que les réels interprètes du Dharma, les prêtres bouddhistes. Les gens regardent le Triratna dans les trois statues d'Amitâbhâ, d'Avalokiteśvara et de Maitreya Buddha ; c'est-à-dire, dans la "Lumière sans bornes" ou Sagesse Universelle, un principe impersonnel qui est le sens correct d'Adi-Buddha ; dans le "Seigneur Suprême" des Bodhisattvas, ou Avalokiteśvara ; et dans Maitreya Buddha, le symbole des bouddhas terrestres et humains, le "Mânushî-Buddha". Ainsi, même si les non-initiés appellent bien ces trois statues "les Bouddhas du Passé, du Présent et du Futur", cependant chaque disciple du véritable Bouddhisme philosophique – appelé "athéiste" par M. Eitel – expliquera le terme Triratna correctement. Les philosophes de l'Ecole Yogâchârya diraient – pour autant qu'ils le pourraient – "le Dharma n'est pas une personne mais une entité inconditionnée et qui n'est tirée de rien, combinant en elle-même les principes spirituels et matériels de l'univers, tandis que de Dharma procédait, par émanation, Bouddha (plutôt Bodhi "réfléchi"), comme énergie créatrice qui a produit, conjointement avec Dharma, le troisième facteur dans cette trinité, savoir, 'Samgha', la somme totale exhaustive de toute la vie réelle". Samgha alors n'est pas et ne peut pas être ce que l'on comprend qu'il est maintenant à savoir, la"prêtrise" effective, car cette dernière n'est pas la somme totale de la vie réelle, mais seulement de la vie religieuse. La signification réelle et première du mot Samgha ou "Sangha" s'applique aux seuls Arhats ou Bhikhous, ou aux "initiés", c'est-à-dire aux réels interprètes du Dharma – la loi divine et la sagesse, venant à eux comme une lumière reflétée d'une "lumière illimitée". Telle est sa signification philosophique. Et cependant, loin de satisfaire les érudits des races occidentales, ceci semble seulement les irriter : car E.J. Eitel, de Hongkong, remarque, en ce qui concerne le point ci-dessus : "Ainsi qui provient de trois premiers articles de foi, a culminé dans la conception de trois personnes, une trinité dans l'unité, a dégénéré en une théorie métaphysique de l'évolution de trois principes abstraits" ! Et si l'un des plus capables parmi les érudits européens veut sacrifier tous les idéaux philosophiques sur l'autel d'un grossier anthropomorphisme, alors que peut attendre le Bouddhisme avec sa métaphysique subtile entre les mains de missionnaires ignorants ? TRIŚARANA (sans.). Identique à "Triratna" et accepté à la fois par les Eglises bouddhistes du Nord et du Sud. Après la mort du Bouddha il fut adopté par les conciles comme juste une espèce de formule de foi, enjoignant "de prendre refuge dans le Bouddha", "de prendre refuge dans le Dharma", et "de prendre refuge dans le Sangha", ou son Eglise, dans le sens où on l'interprète maintenant ; mais ce n'est pas dans ce sens que la "Lumière de l'Asie" aurait enseigné la formule. Du Trikâya, M. E.J. Eitel, de Hongkong, nous dit dans son Handbook of Chinese Buddhism que cette "trichotomie était enseignée en ayant en vue la nature de tous les Bouddhas. Bodhi étant la caractéristique d'un Bouddha" – une distinction était faite entre "Bodhi essentiel" comme attribut du Dharmakâya, c'est-à- dire, "le corps essentiel" ; "Bodhi reflété" comme attribut du Sambhogakâya ; et "Bodhi pratique" comme attribut du Nirmânakâya. On dit que Bouddha combinant en lui-même ces trois conditions d'existence, a vécu au même moment sur trois sphères différentes. Eh bien, ceci nous montre combien est grandement mal compris cet enseignement purement panthéiste et philosophique. Sans nous arrêter pour rechercher comment même une robe Dharmakâya peut avoir un "attribut" en Nirvâna, dont il est démontré, dans le Brahmanisme philosophique aussi bien que dans le Bouddhisme, que l'état est absolument vide de tout attribut tel que conçu par une pensée humaine finie – il sera suffisant de souligner les points suivants : (1) la robe Nirmânakâya est préférée par les "Bouddhas de Compassion" à celle de la condition du Dharmakâya, précisément parce que cette dernière empêche celui qui l'atteint d'avoir toute relation ou communication avec le fini, c'est-à-dire, avec l'humanité ; (2) ce n'est pas Bouddha (Gautama, l'homme mortel, ou tout autre Bouddha personnel) qui vit en ubiquité dans "trois sphères différentes, en même temps", mais Bodhi, le principe universel et abstrait de la sagesse divine, symbolisé en philosophie par Adi-Buddha. C'est ce dernier qui est omniprésent parce que c'est un principe ou une essence universelle. C'est Bodhi, ou l'esprit de la Bouddhéité, qui, s'étant dissous lui-même dans son essence primordiale homogène et s'y étant fondu, comme Brahmâ (l'univers) se fond en Parabrahm, l'ABSOLUITE – qui est visé sous le nom de "Bodhi essentiel". Car il faut supposer que le Nirvânî, ou Dhyâni-Buddha, – en vivant en Arûpadhâtu, l'état sans forme, et en Dharmakâya – est ce "Bodhi essentiel" lui-même. Ce sont les Dhyâni-Bodhisattvas, les rayons primordiaux de la Bodhi universelle, qui vivent en "Bodhi reflété" dans Rûpadhâtu, ou le monde des "formes" subjectives ; et ce sont les Nirmânakâyas qui en cessant leurs vies de "Bodhi pratique", dans les formes "illuminées" ou semblables à Bouddha, demeurent volontairement dans le Kâmadhâtu (le monde du désir), soit dans des formes objectives sur terre, soit dans des états subjectifs dans sa sphère (le second Buddhakshetra). Ceci ils le font afin de veiller, de protéger et d'aider l'humanité. Ainsi ce n'est ni d'un Bouddha dont on veut parler, ni d'un avatâr particulier des Dhyâni- Buddhas collectifs, mais véritablement d'Adi-Bodhi – le premier Logos, dont le rayon primordial est Mahâbuddhi, l'Ame Universelle, ALAYA, dont la flamme est omniprésente et dont l'influence possède une sphère différente dans chacune des trois formes d'existence, parce que, une fois encore, c'est l'Etre Universel lui-même ou la réflexion de l'Absolu. Il s'ensuit que s'il est philosophique de parler de Bodhi, qui "en tant que Dhyâni-Buddha gouverne le domaine spirituel" (quatrième Buddhakshetra ou région de Buddha), des DhyâniBodhisattvas "gouvernant le troisième Buddhakshetra" ou domaine de l'idéation, et même des Mânushî-Buddhas, qui sont dans le second Buddhakshetra comme Nirmânakâyas – appliquer l' "idée d'une unité dans la trinité" à trois personnalités, est hautement anti- philosophique.

TRISHNA (sans.)

Le cinquième Nidâna : amour spirituel. TRIŚULA (sans.). Le trident de Śiva.

TRISUPARNA (sans.)

Une certaine partie des Vedas ; c'est après l'avoir étudié complètement qu'un Brâhmane est également appelé un Trisuparna.

TRITHEME

Un abbé de l'Abbaye bénédictine de Spanheim, un cabaliste très savant et un adepte des sciences secrètes ; l'ami et l'instructeur de Cornélius Agrippa.