Lexique Théosophique

Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.

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72 notices — lettre V

VACH (sans.)

Appeler Vâch simplement "parole" manque de clarté. Vâch est la personnification mystique de la parole, et le Logos féminin, car elle est une avec Brahmâ qui la créa d'une moitié de son corps préalablement divisé en deux parties ; elle est aussi une avec Virâj (appelée le Virâj "féminin") que Brahmâ créa en elle. Dans un sens, Vâch est la "parole" qui permet à la connaissance d'être enseignée aux humains ; dans un autre sens, elle est la "parole secrète et mystique" qui descend sur les Rishis primordiaux et les pénètre, comme les "langues de feu" sont dites s'être "placées sur" les apôtres. Car elle est appelée "le créateur féminin", la "mère des Védas", etc. Esotériquement, elle est la force créatrice subjective qui émanant de la Divinité créatrice (l'Univers subjectif, sa "privation" ou idéation) devient le monde manifesté de la parole, c'est-à-dire, l'expression concrète de l'idéation, de là la "Parole" ou Logos. Vâch est l'Adam "mâle et femelle" du premier chapitre de la Genèse, et est ainsi appelée "Vâch-Virâj" par les sages. (Voir Atharva Veda). On l'appelle également "la Sarasvatî céleste produite des cieux", une "voix tirée du Brahmâ privé-de– la-parole" (Mahâbhârata) ; la déesse de la sagesse et de l'éloquence. Elle est appelée Śata-rûpa, la déesse à-la- centaine-de-formes. VACUUM (lat.). Le symbole de la Divinité absolue ou, ésotériquement, l'Espace illimité.

VAHANA (sans.)

Un véhicule, le porteur de quelque chose d'immatériel et sans formes. C'est pourquoi, tous les dieux et toutes les déesses sont représentés comme employant des vâhanas pour se manifester, lesquels véhicules sont toujours symboliques. Ainsi, par exemple, Vishnu possède durant les Pralayas, Ananta "l'infini" (Espace), symbolisé par le serpent Śesha, et pendant les Manvantaras – Garuda, le gigantesque mi-aigle, mi-homme, le symbole du grand cycle. Brahma apparaît comme Brahmâ, descendant dans les plans de la manifestation sur Kâlahamsa, le "cygne du temps ou de l'éternité finie" ; Śiva (phonétiquement Shiva) apparaît comme le taureau Nandin ; Osiris comme le taureau sacré Apis ; Indra voyage sur un éléphant ; Kârttikeya, sur un paon ; Kâmadeva sur Makâra, en d'autres temps sur un perroquet ; Agni, l'universel (et aussi solaire) dieu du Feu, qui est, comme tous ceux-ci le sont, "un Feu consumant" se manifeste comme un bélier et un agneau, Aja, le "non-né" ; Varuna, comme un poisson, etc., etc., tandis que le véhicule de l'HOMME est son corps.

VAIBHASHIKAS (sans.)

Les partisans du Vibhâshâ Śâstra, une ancienne école de matérialisme : une philosophie qui soutenait qu'aucun concept mental ne peut être formé excepté par contact direct entre l'intellect, via les sens, tels que la vue, le toucher, le goût, etc., et les objets extérieurs. En ce moment, en Inde, ce sont les Vaibhashikas.

VAIDHATRA (sans.)

Identiques aux Kumâras.

VAIDYUTA (sans.)

Le feu électrique, identique à Pâvaka, un des trois feux qui, une fois divisés, produisent les quarante-neuf feux mystiques.

VAIHARA (sans.)

Le nom d'un temple-caverne près de Râjagriha, à l'intérieur duquel le Seigneur Boudda se retirer pour méditer.

VAIJAYANTI (sans.)

Le collier magique de Vishnu, imité et porté par certains Initiés parmi les Brâhmanes des temples. Il est fait de cinq pierres précieuses, chacune symbolisant un des cinq éléments de notre Ronde, savoir, la perle, le rubis, l'émeraude, le saphir et le diamant, ou l'eau, le feu, la terre, l'air et l'éther, nommés "les agrégats des cinq rudiments élémentaires" – le mot "forces" étant, peut-être, plus correct que "rudiments".

VAIKHARI VACH (sans.)

Ce qui est murmuré : une des quatre formes de la parole.

VAIKUNTHA (sans.)

Un des noms des douze grands dieux, d'où Vaikunthaloka, la demeure de Vishnu. VAIRAJAS (sans.). Dans la croyance populaire, des êtres semi-divins, ombres de saints, inconsummables au feu, imperméables à l'eau, qui habitent le Tapo-loka dans l'espoir d'être transférés en Satya-loka – une condition plus purifiée qui répond au Nirvâna. On explique le terme comme corps aériens ou ombres astrales des "ascètes, mendiants, anachorètes et pénitents, qui ont terminé la succession de leurs austérités rigoureuses". Mais dans la philosophie ésotérique ils sont appelés Nirmânakâyas, Tapo-loka se trouvant sur le sixième plan (vers le haut) et en communication directe avec le plan mental. On se réfère aux Vairâjas comme aux premiers dieux parce que les Mânasaputras et les Kumâras sont les plus anciens dans la théogonie, car on dit que les dieux eux-mêmes leurs rendaient un culte (Matsya Purâna) ; ceux que Brahmâ, "avec l'œil du Yoga, contemplait dans les sphères éternelles, et qui sont les dieux des dieux" (Vâyu Purâna).

VAIROCHANA (sans.)

"Tout-illuminant". Symbole mystique ou plutôt la personnification générique d'une classe d'êtres spirituels décrits comme l'incarnation de la sagesse essentielle (bodhi) et de la pureté absolue. Ils habitent dans le quatrième Arûpa Dhâtu (monde sans formes) ou Buddhakshetra, et font partie de la première hiérarchie et la plus élevée des cinq Dhyâni-Buddhas orthodoxes. Il y eut un Śramana (un Arhat) de ce nom (voir Sanskrit Chinese Dictionary d'Eitel), un natif du Cachemire, "qui introduisit le Bouddhisme au Kustan et travailla au Tibet" (au septième siècle de notre ère). Il fut le meilleur traducteur du canon serai- ésotérique du Bouddhisme du Nord, et fut contemporain du grand Samantabhadra (V.). VAIŚAKHA (sans.). Une célèbre ascète femme, née â Śrâvastî, et appelée Sudatta, "vertueux donneur". Elle fut la mère-abbesse d'une Vihâra, ou couvent d'Upâsikâs (nonnes), et est reconnue comme le constructeur d'une Vihâra pour Śâkyamuni Buddha. Elle est considérée comme la protectrice de toutes les femmes-ascètes bouddhistes. VAIŚESHIKA (sans.). Une des six Darśanas ou écoles de philosophie, fondée par Kanâda. Elle est appelée l'Ecole Atomistique, car elle enseigne l'existence d'un univers d'atomes d'un caractère transitoire, un nombre infini d'âmes et un nombre fixe de principes matériels, par la corrélation et l'interaction desquels des évolutions cosmiques périodiques ont lieu sans aucune force directrice, sauf une sorte de loi mécanique inhérente aux atomes : une école très matérialiste.

VAISHNAVA (sans.)

Un partisan de n'importe quelle secte reconnaissant Vishnu comme l'unique Dieu suprême, et lui rendant un culte.

VAIVASVATA (sans.)

Le nom du septième Manu, l'ancêtre de la race post-diluvienne, ou notre cinquième humanité. Fils réputé de Sûrya (le Soleil), il devint, après avoir été sauvé du Déluge dans une arche (construite sur l'ordre de Vishnu), le père d'Ikshvâku le fondateur de la race solaire des rois. (Voir "Sûryavamśa").

VAJRA (sans.)

Litt., "massue de diamant" ou sceptre. Dans les ouvrages hindous, le sceptre d'Indra, similaire à la foudre de Zeus, avec quoi cette divinité, en tant que dieu du tonnerre, tue ses ennemis. Mais dans le Bouddhisme mystique, c'est le sceptre magique des Prêtres-Initiés, exorcistes et adeptes – le symbole des Siddhis – ou pouvoirs surhumains, manié au cours de certaines cérémonies par les prêtres et les théurges. C'est aussi le symbole de la puissance du Bouddha sur les esprits du mal ou.élémentals. Les possesseurs de cette baguette sont appelés Vajrapâni (V).

VAJRACHARYA (sans.)

L'âchârya spirituel (guru, instructeur) des Yogâchâryas. Le "Maître Suprême de Vajra".

VAJRADHARA (sans.)

, ou le Manjuśrî Dhyâni-Bodhisattva (en tant que reflet spirituel, ou le fils des Dhyâni-Buddhas, sur terre) né directement d'une forme subjective d'existence ; le profane rend le un culte à cette divinité comme à un dieu, et les Initiés le lui rendent comme à une Force subjective, dont la nature réelle n'est connue. que des plus hauts Initiés de l'Ecole Yogâchârya, et est expliquée par eux.

VAJRASATTVA (sans.)

Le nom du sixième Dhyâni-Buddha (dont il n'y a que cinq dans le Bouddhisme populaire du Nord) – dans l'Ecole Yogâchârya, et autant de Bodhisattvas – les "fils du mental" des premiers. C'est pourquoi, les orientalistes se réfèrent à Vajrasattva comme "à un Bodhisattva imaginaire".

VALA (scandin.)

Prophétesse dans les chants de l'Edda (mythologie des Hommes du Nord). C'est grâce aux incantations d'Odin qu'elle fut évoquée et se leva de sa tombe pour prophétiser la mort de Balder.

VALHALLA (scandin.)

Une sorte de paradis (Devakhan) pour les guerriers occis, appelés par les Nordiques "le Hall-des-Occis" ; il possède cinq cents portes. VALI, (scandin.). Fils d'Odin qui venge la mort de Balder, "le bien- aimé".

VALKYRIES (scandin.)

Appelées "celles qui choisissent les morts". Dans la poésie populaire des Scandinaves, ces déesses sacrent les héros tombés morts, par un baiser, et les enlevant du champ de bataille, elles les transportent vers les séjours de félicité et devant les dieux dans le Valhalla.

VALLABACHARYA (sans)

Le nom d'un mystique qui fut le chelâ (disciple) de Vishnu Svâmi, et le fondateur d'une secte de Vaishnavas. Ses successeurs sont appelés Gisvâmin Mahârâj, et possèdent beaucoup de propriétés foncières et de nombreux mandirs (temples) à Bombay. Ils ont dégénérés en une secte honteusement licencieuse.

VAMANA (sans)

Le cinquième avatâr de Vishnu, d'où le nom du nain dont la forme fut assumé par ce Dieu.

VANES (scandin)

Race de Dieux de grande antiquité, adorée à l'aube des temps par les Nordiques, et plus tard par les races teutoniques.

VARA (mazdéen)

Un terme employé dans le Vendîdâd, où Ahura Mazda commande à Yima de bâtir Vara. Il a aussi la signification de ce qui est contenu par une clôture ou véhicule, une arche (argha), et en même temps, l'HOMME (verset 30). Vara est le véhicule de nos Egos animateurs, c'est-à-dire, le corps humain dans lequel l'âme est définie par l'expression "une fenêtre brillant d'elle même à l'intérieur".

VARA (scandin.)

Une des servantes de la Freya nordique ; "la sage Vara", qui est attentive aux désirs de chaque cœur humain, et qui venge tout manquement à la fidélité.

VARAHA (sans)

Un avatâr de Vishnu, celui du sanglier : le troisième dans la série.

VARNA (sans)

Caste ; Litt., "couleur". Les quatre principales castes mentionnées par le Manu– Brâhmane, Kshatriya, Vaiśya et Sûdra – sont appelées châturyarnya.

VARSHA (sans)

Une région, une plaine : toute étendue d'une contrée située entre les grandes chaînes de montagnes de la terre.

VARUNA (sans)

Le dieu de l'eau, ou dieu marin ; mais bien différent de Neptune, car dans le cas de la plus ancienne des divinités védiques, l'Eau signifie les "Eaux de l'Espace", ou le ciel qui investit tout, l'Akâśa, dans un sens. Varuna ou Ouarouna (phonétiquement), est certainement le prototype de l'Ouranos grec. Comme Muir le dit : – "Les plus grandes fonctions cosmiques sont attribuées à Varuna. Doué d'une connaissance illimitée……il soutient le ciel et la terre, il habite tous les mondes comme leur gouverneur souverain ……Il fait……briller le soleil doré au firmament. Le vent qui retentit dans l'atmosphère est son souffle.…..Par l'opération de ses lois, la lune se déplace en toute clarté et les étoiles……s'évanouissent mystérieusement à la lumière du jour. Il connaît le vol des oiseaux dans le ciel, les routes des navires sur les océans, la course du vent qui voyage au loin, et contemple toutes les choses qui ont été ou qui seront……Il est le témoin de la vérité des hommes et de leur fausseté. Il instruit le Rishi Vasishtha dans les mystères ; mais ses secrets et ceux de Mitra ne doivent pas être révélés au sot"……"Les attributs et les fonctions assignés à Varuna accordent à son caractère une élévation morale et une sainteté qui dépassent de loin celles attribuées à n'importe quelle autre divinité védique".

VASISHTHA (sans.)

L'un des sept grands Rishis primitifs, et le sage védique le plus fameux.

VASUDEVA (sans.)

Le père de Krishna. Il appartenait à la branche Yâdava du Somavamśa, ou race lunaire.

VASUS (sans.)

Les huit divinités du mal qui accompagnent Indra. Elles personnifiaient des phénomènes cosmiques, comme leur nom le montre. VAUDOUISME, ou Vaudou. Un système de sorcellerie africaine : une secte de magiciens noirs, à laquelle les Noirs de La Nouvelle Orléans sont très attachés. Elle est répandue pareillement à Cuba et en Amérique du Sud.

VAYU (sans.)

L'air : le dieu et le souverain de l'air. Une des cinq conditions de la matière, savoir, l'état gazeux ; un des cinq éléments, appelé, en tant que vent, Vâta. Le Vishnu Purâna fait de Vâyu le roi des Gandharvas. Il est le père de Hanumant, dans le Râmâyana. La trinité des dieux mystiques dans le cosmos, étroitement alliés l'un à l'autre, se présente ainsi, "Agni (le feu) dont la place est sur terre ; Vâyu (l'air, ou l'une des formes d'Indra), dont la place est dans l'air ; et Sûrya (le soleil) dont la position est dans l'air" (Nirukta). Selon l'interprétation ésotérique, ces trois principes cosmiques correspondent aux trois principes humains, Kâma, Kâma-Manas et Manas, le soleil de l'intellect.

VE (scandin.)

Un des trois dieux – Odin, Vili et Vé – qui tuèrent le géant Ymir (force chaotique), et utilisèrent son corps, la substance primordiale, pour former l'univers.

VEDA-VYASA (sans.)

Le compilateur des Védas (V).

VEDANA (sans.)

Le second des cinq Skandhas (perceptions, sens). Le sixième Nidâna.

VEDANTA (sans.)

Système mystique de philosophie qui s'est développé en conséquence des efforts de générations de sages pour interpréter le sens secret des Upanishads (V.). Dans les Shad-Darśanas (six écoles ou systèmes de démonstration), on l'appelle Uttara Mîmânsâ, et on l'attribue à Vyâsa, le compilateur des Védas, à qui on se réfère ainsi comme au fondateur du Vedânta. Les Hindous orthodoxes nomment Vedânta – un terme voulant dire littéralement la "fin de toute connaissance (védique)" – le Brahmâjnâna, ou la connaissance pure et spirituelle de Brahmâ. Même si nous acceptons les dates récentes assignées aux diverses écoles sanskrites et aux traités, par nos orientalistes, le Vedânta doit être vieux de 3.300 ans, puisqu'on dit que Vyâsa a vécu 1.400 ans av. J.C. Si, comme Elphinstone le dit dans son History of India, les Brâhmanas sont le Talmud des Hindous, et les Vedas les Livres Mosaïques, alors le Vedânta peut être parfaitement appelé la Cabale de l'Inde. Mais combien immensément plus grand ! Śankarâchârya, qui a vulgarisé le système védântique, et qui fut le fondateur de la philosophie Advaita, est quelquefois appelé le fondateur des écoles modernes du Vedânta.

VEDAS (sans.)

La "révélation", les Ecritures des Hindous ; de la racine vid, "connaître", ou "connaissance divine". Ce sont les plus anciens des ouvrages sanskrits aussi bien que les plus sacrés. Les Védas – sur la date et l'antiquité desquels il n'y a pas deux orientalistes qui peuvent se mettre d'accord, ont été tout d'abord enseignés oralement pendant des milliers d'années, et ensuite composés sur les rivages du lac Mânasasarovara (phonétiquement, Mânsarovara) au-delà des Himâlayas, au Tibet, d'après ce que prétendent les Hindous eux-mêmes, dont les Brâhmanes et les pandits doivent savoir mieux que personne ce qu'il en est au sujet de leurs ouvrages religieux. Quand cela fut-il fait ? Alors que leurs instructeurs religieux, tel que Svami Dayanand Sarasvati, revendiquent pour ceux-ci une antiquité de maintes décades d'âges, nos orientalistes modernes ne leur accordent pas, sous leur forme présente, une ancienneté plus grande qu'entre 1.000 et 2.000 av. J.C. Tels qu'ils ont été composés sous leur forme finale par un Veda-Vyâsa, les Brâhmanes eux-mêmes, cependant, à l'unanimité assignent 3.100 ans avant l'ère chrétienne pour la date où ce Vyâsa vivait. Donc les Védas doivent être aussi anciens que cette date. Cependant leur antiquité est suffisamment prouvée par le fait qu'ils sont rédigés dans une forme si ancienne de sanskrit, tellement différente du sanskrit actuellement employé, qu'il n'existe aucun autre ouvrage comme eux dans la littérature de cette sœur aînée de tous les langages connus, ainsi que le professeur Max Muller l'appelle. Seuls les plus instruits parmi les Brâhmanes pandits peuvent lire les Vedas dans le texte d'origine. On allègue que Colebrooke trouva la date de 1.400 av. J.C. absolument corroborée par un passage qu'il découvrit et qui est basé sur des données astronomiques. A moins, comme cela est démontré unanimement par tous les orientalistes et aussi par les Pandits hindous, que (a) les Vedas ne soient pas un ouvrage unique, ni non plus aucun des Védas distincts ; mais que chaque Veda, et presque chaque hymne et section de celle-ci, soit la production de divers auteurs ; et que (b) ces Védas aient été rédigés (que ce soit comme śruti, "révélation" ou non) en des périodes différentes de l'évolution ethnologique de la race indo- aryenne, alors – que prouve la découverte de M. Colebrooke ? Simplement que les Védas furent finalement arrangés et rédigés quatorze siècles avant notre ère, mais ceci ne contrarie d'aucune façon leur antiquité. Bien au contraire ; car, à titre de compensation au passage de M. Colebrooke, il y a un article documenté, écrit sur des données purement astronomiques par Krishna Śâstri Godbole (de Bombay), qui prouve aussi absolument et sur la même évidence que les Védas doivent avoir été enseignés il y a au moins 25.000 ans. (Voir The Theosophist, Vol. II, p. 238 et seq., August, 1881). Cette affirmation, sinon soutenue, n'est pas en tout cas contredite par ce que dit le Prof. Cowell dans l'Appendice VII, d'History of India d'Elphinstone : "Il y a une différence d'époque entre les diverses hymnes, qui sont maintenant réunies sous leur forme actuelle comme le Samhitâ du Rig Veda ; mais nous n'avons aucune donnée pour déterminer leurs antiquités respectives, et une pure critique subjective, en dehors de toute donnée sérieuse, a si souvent échouée dans d'autres exemples, que nous ne pouvons accorder que peu de confiance à aucune de ses conclusions dans un domaine de recherche tel que celui de la littérature sanskrite, ouvert si récemment. (II n'y a pas le quart de la littérature védique qui soit déjà imprimée, et il y en a très peu qui ait été traduite en anglais – 1866 – ). Les controverses qui ne sont pas encore réglées à propos des poèmes homériques pourraient bien nous prévenir d'accorder trop de confiance à nos jugements concernant les hymnes encore plus primitives du Rig Veda……. Lorsque nous examinons ces hymnes... elles sont profondément intéressantes pour l'histoire de l'esprit humain, appartenant comme c'est le cas à une phase bien plus ancienne que les poèmes d'Homère ou d'Hésiode". Les écrits védiques sont tous classés en deux grandes divisions, l'exotérique et l'ésotérique, la première étant appelée Karma- Kânda, "division des actes ou œuvres", et le Jnâna-Kânda, "division de la connaissance (divine)", les Upanishads (V) se rangeant sous cette dernière classification. Ces deux parties sont considérées comme Śruti ou révélation. Pour chaque hymne du Rig Veda, figure en tête le nom du Voyant ou Rishi à qui elle fut révélée. Ainsi, il devient évident sur l'autorité de ces noms même (tels que Vasishtha, Viśvâmitra, Nârada, etc), dont tous appartiennent à des hommes nés en différents manvantaras et même âges, que des siècles, et peut-être des millénaires, doivent s'être écoulés entre les dates de leur composition.

VEDDHAS (cingalais)

Le nom d'une race sauvage d'êtres humains vivants dans les forêts de Ceylan (maintenant Sri Lanka, N. d. T). Ils sont très difficiles à découvrir.

VEHICULE DE VIE (mysticisme)

L'homme "septénaire" chez les Pythagoriciens, le "nombre sept" pour le profane. Les premiers l' "expliquaient en disant, que le corps humain était composé de quatre éléments principaux (les principes), et que l'âme est triple (la triade supérieure)". (Voir Isis Dévoilée, IV, 71). Il a souvent été remarqué que dans les premiers ouvrages théosophiques, aucune division septénaire de l'homme n'était mentionnée. La citation ci-dessus est une garantie suffisante de ce que, bien qu'avec toutes les précautions nécessaires, le sujet fut plus d'une fois abordé, et que ce n'est pas une théorie absolument neuve ou une invention.

VENDIDAD (pehlvi)

Le premier livre (nosk) dans la collection de fragments zendes habituellement connu comme le Zend-Avesta. Le Vendîdâd est une corruption du mot composé "Vîdaêvô-dâtem", dont la signification est "loi anti-démoniaque", et cet ouvrage est rempli d'enseignements sur la façon d'éviter les péchés et les souillures par des purifications, morales et physiques – chacun de ces enseignements est basé sur les lois occultes. C'est par excellence un traité occulte, rempli de symbolisme et souvent d'un sens tout à fait opposé à ce qui est exprimé dans la lettre morte du texte. Le Vendîdâd, ainsi que le prétend la tradition, est le seul des vingtet-un nosks (ouvrages) qui ait échappé à l'auto-da-fé que l'ivrogne Iskander-le-Rumi exécuta de ses mains, celui que la postérité appelle Alexandre le Grand – quoique l'épithète ne soit justifiable que lorsqu'elle est appliquée à la brutalité, aux vices et à la cruauté de ce conquérant. C'est grâce au vandalisme de ce Grec que la littérature et la connaissance ont perdu beaucoup de savoir sans prix dans les nosks qu'il brûla. Même le Vendîdâd n'est parvenu jusqu'à nous qu'à l'état de fragments. Les premiers chapitres sont très mystiques, et sont donc appelés "mythiques" dans les comptes-rendus des orientalistes européens. Les deux "créateurs" de l' "esprit-matière" ou du monde de différenciation – Ahura- Mazda et Angra-Mainyu (Ahriman) – y sont présentés, et aussi Yima (le premier homme, ou humanité personnifiée). L'ouvrage est divisé en fargards ou chapitres, et une partie y est consacrée à la formation de notre globe, ou évolution terrestre. (Voir Zend-Avesta).

VERBE (Logos)

perdu de la magie divine.

VERVANDI (scandin.)

Voir les "Nornes", les trois déesses-sœurs qui représentent le Passé, le Présent et le Futur. Vervandi représente ce-qui- est : le Présent.

VETALA (sans.)

Un élémental : un fantôme qui hante les lieux de sépulture et anime des cadavres.

VETALA SIDDHI (sans.)

Pratique de sorcellerie : moyens d'obtenir du pouvoir sur le vivant par magie noire, incantations, et cérémonies exécutées sur un corps humain mort, processus au cours duquel le cadavre est profané. (Voir "Vetâla").

VIBHAVASU (sans.)

Feu mystique en rapport avec le début du pralaya, ou la dissolution de l'univers.

VIBHUTAYAH (sans.)

Identique aux Siddhis ou pouvoirs magiques.

VIDYA (sans.)

Connaissance, science occulte.

VIDYA-DHARA (sans.)

, et Vidyâ-dharî, divinités mâles et femelles. Litt., "les possesseurs de connaissance". Ils sont aussi appelés Nabhaś- chara, "se mouvant dans l'air", volant, et Priyamvâda, "au parler bienveillant". Ce sont les Sylphes des Rose-Croix : divinités inférieures habitant la sphère astrale entre la terre et l'éther, que le folklore populaire croit être bienveillants, mais qui en réalité sont de rusés, malicieux et intelligents Elémentals, ou "Puissances de l'air". On les représente en Orient et en Occident comme ayant des rapports sexuels avec les humains ("se mariant les uns les autres", comme on le dit dans le parler des Rose- Croix ; voir Le Comte de Gabalis). En Inde, on les appelle aussi Kâma- rûpin, car ils prennent forme à volonté. C'est parmi ces créatures que les "épouses-esprits" et les "maris-esprits" de certains médiums spirites modernes et d'hystériques sont recrutés. Ceux-ci se vantent orgueilleusement d'avoir de telles relations pernicieuses (par exemple, l'américaine "Lily", l'épouse-esprit du chef bien connu de cette communauté, maintenant dispersée, de spirites, un grand poète et écrivain bien connu), et les appellent anges-guides, soutenant que ce sont les esprits de ces fameux mortels désincarnés. Ces "maris-esprits" et ces "épouses- esprits" n'ont pas débuté chez les spirites modernes, mais sont connus en Orient depuis des milliers d'années, dans la philosophie occulte, sous le nom donné ci-dessus, et parmi les hommes ordinaires comme – Piśâchas.

VIHARA (sans.)

Tout endroit habité par des prêtres ou des ascètes bouddhistes ; un temple bouddhique, ordinairement une caverne ou un temple creusé dans le roc. Un monastère ou aussi un couvent de religieuses. De nos jours, on trouve des Vihâras construites dans les enceintes des monastères et des académies destinées à l'entraînement des Bouddhistes dans les villes et les cités. Mais au temps jadis, on ne les rencontrait que dans des jungles sauvages loin des lieux fréquentés, sur le sommet des montagnes, et dans les endroits les plus déserts.

VIHARASVAMIN (sans.)

Le supérieur (qu'il soit homme ou femme) d'une Vihâra, monastère ou couvent. Appelé aussi Karma– dâna, parce que tous les instructeurs ou gurus, investis d'une autorité, prennent sur eux la responsabilité de certaines actions, bonnes ou mauvaises, commises par leurs élèves ou par les ouailles qui leur sont confiés.

VIJNANAM (sans.)

Le nom chez les Védântins du principe qui réside dans le Vijnânamaya Kosha (la gaine de l'intellect) et qui correspond aux facultés du Manas Supérieur.

VIKARTANA (sans.)

Litt., "dépouillé de ses guenilles" : nom du Soleil, et le type du néophyte initié. (Voir La Doctrine Secrète, II, 25, note 1).

VILI (scandin.)

Voir "Vé".

VIMOKSHA (sans.)

Identique à Nirvâna. VINA (sans.). Une sorte de grande guitare utilisée en Inde et au Tibet, dont l'invention est diversement attribuée à Śiva, Nârada, et autres.

VINATA (sans.)

Fille de Daksha et femme de Kaśyapa (un des "sept orateurs" du monde). Elle mit au monde l'œuf d'où naquit Garuda. VIPRACHITTI, (sans.). Le chef des Dânavas – ces géants qui faisaient la guerre aux dieux : les Titans de l'Inde.

VIRABHADRA (sans.)

Monstre aux mille-têtes et aux mille-bras, "né du souffle" de Śiva Rudra, un symbole qui est en rapport avec les "nés-de- la-sueur", la seconde race de l'humanité (La Doctrine Secrète, III, 228). VIRAJ (sans.). Le Logos hindou dans les Purânas : le Manu masculin, créé dans la partie féminine du corps de Brahmâ (Vâch) par ce dieu. Selon Manu : "Ayant divisé son corps en deux parties, le seigneur (Brahmâ) devint mâle avec une moitié et femelle avec l'autre moitié, et dans celle-ci il créa Virâj". Le Rig Veda fait naître Virâj de Purusha, et Purusha de Virâj. Ce dernier est le prototype de tous les êtres masculins, et Vâch, Śata-rûpa (celle aux cent formes), le prototype de toutes les formes féminines.

VISAGE D'EN BAS

, ou l'Image d'en Bas (cabale). Un terme appliqué au Microprosope dans la mesure ou celui de "Image d'en Haut" l'est au Macroprosope. Les deux sont identiques au Grand Visage et au Petit Visage. VISHNU (sans.). La seconde personne de la Trimûrti (trinité) hindoue, composée de Brahmâ, de Vishnu et de Śiva. Vient de la racine vish, "se répandre dans". Dans le Rig Veda, Vishnu n'est pas un grand dieu, mais simplement une manifestation de l'énergie solaire, que l'on décrit comme "marchant à grandes enjambées d'un bout à l'autre de l'Univers en trois pas et couvrant toutes choses de poussière (de ses rayons)". Quelles que puissent être les six autres significations occultes de cette déclaration, ceci s'apparente à la même classe de caractères que les sept et dix Sephiroth, que les sept et trois orifices de l'Adam Kadmon complet, que les sept "principes" et la triade supérieure dans l'homme, etc., etc. Plus tard ce caractère mystique devient un grand dieu, le préservateur et le rénovateur, celui "aux mille noms – Sahasranâma". VIŚVAKARMAN (sans.). Celui "qui fait toutes choses". Un dieu védique, la personnification de la Force créatrice, décrit comme l'Unique "dieu qui voit tout,.…..le générateur, le dispensateur, qui...….. est par-delà la compréhension des mortels (non initiés)". Dans les deux hymnes du Rig Veda qui lui sont particulièrement consacrées, on dit qu'il "se sacrifie à lui- même". Le nom de sa mère, "l'aimante et vertueuse Yoga-Siddhâ" (Purânas), et de sa fille Samjnâ (conscience spirituelle), montrent son caractère mystique. (Voir La Doctrine Secrète, sub. voc.). Comme artisan des dieux et fabricant de leurs armes, on l'appelle Kâru, "ouvrier", Taksha "menuisier", ou Takshaka "bûcheron", etc..., etc... VIŚVATRYARCHAS (sans.). Le quatrième rayon solaire (mystique) des sept. (Voir La Doctrine Secrète, II., 264, note 2).

VISAGES CABALISTIQUES

, ou, comme en hébreu, Partzuphim. Le mot se réfère habituellement à Arik Anpin ou Grand Visage, et à Zeir Anpin ou Petit Visage, et à Resha Hivrah, la "Tête Blanche" ou Visage. La Cabale affirme que dès le moment de leur apparition (l'heure de la différenciation de la matière) tout le matériel pour les futures formes était contenu dans les trois Têtes qui n'en font qu'une, et que l'on appelle Attika Kadosha (L'Ancien Sacré et les Visages). C'est lorsque les Visages se regardent que les Anciens Sacrés dans les trois Têtes, ou Attika Kadosha, sont appelés Arik Appayim, c'est-à-dire, les "Grands Visages" (Voir Zohar, III, 292a). Cela se rapporte aux trois principes supérieurs cosmiques et humains. Ces visages sont Nephesch, Ruach et Neschamah, ou les Ames animale (vitale), spirituelle et divine dans l'homme – Corps, Ame et Intelligence.

VITTOBA (sans.)

Une forme de Vishnu. Moor, dans son Hindu Pantheon, donne l'image de Vittoba crucifié dans l'Espace ; et le Rd. Dr. Lundy prétend (Monumental Christianity) que cette gravure est antérieure au Christianisme et représente le crucifié Krishna, un Sauveur, et ainsi une prophétie concrète du Christ. (Voir Isis Dévoilée, IV., 231).

VIVASVAT (sans.)

Le "Brillant", le Soleil. VIVANA (sans.). Un genre "de véhicule à air", comme un ballon, mentionné mais non décrit dans les anciens ouvrages sanskrits, que les Atlantes et les anciens Aryens semblent avoir connu et employé.