Lexique Théosophique

Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.

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25 notices — lettre Y

Y H V H

, ou ayant une nature mâle et femelle. C'est simplement Adam et Eve, ou l'homme et la femme fondus en un, et tel qu'on l'écrit et le prononce maintenant il est lui-même un substitut. Mais les rabbins ne se soucient pas de se rappeler l'aveu du Zohar que Y H V H signifie "Je ne Suis pas Lu comme je Suis Ecrit" (Zohar, folio III, 230 a). Il faut savoir comment diviser le Tétragramme ad infinitum avant d'arriver au son du nom véritablement indicible du mystérieux dieu juif. Il n'est guère nécessaire de répéter que les occultistes orientaux ont leur propre "Nom ineffable".

YADAVA (sans.)

Descendant de Yadu ; de la grande race d'où naquit Krishna. Le fondateur de cette lignée était Yadu, le fils du roi Yayâti de la Somavamśa ou race Lunaire. Ce fut à l'époque de Krishna – certainement pas le personnage mythique – que le royaume de Dvârakâ au Gugerat fut fondé ; et ce fut également après la mort de Krishna (3.102 Av. J.C.) que tous les Yâdavas présents dans la ville périrent, lorsqu'elle fut submergée par l'océan. Des Yâdavas, seulement quelques-uns, ceux qui n'étaient pas dans la ville au moment de la catastrophe, survécurent pour perpétuer cette grande race. Les Râjas de Vijaya-Nagara figurent maintenant parmi le petit nombre de ses représentants.

YAH (héb.)

Le mot, comme on le prétend dans le Zohar, grâce auquel les Elohim formèrent les mondes. La syllabe est une adaptation à la nation (juive) du "nom mystérieux" IAO, et une de ses nombreuses formes. (Voir "Iaho" et "Yâho").

YAHO (héb.)

Fürst démontre que ce nom est identique au Iao grec. Yâho appartient au sémitique ancien et est le nom très mystique de la divinité suprême, tandis que Yah (V) est une abréviation tardive qui, après avoir renfermé un idéal abstrait, s'appliqua finalement à un symbole phallique – le lingam de la création, et y fut rattaché. Ces deux, Yah et Yâho, étaient des mots hébreux mystérieux dérivés de I a o, mais les Chaldéens possédaient un Yâho avant que les Juifs ne l'adoptassent, et pour eux, ainsi que certains Gnostiques et Néo-platoniciens l'expliquent, il fut la divinité la plus haute concevable siégeant au-dessus des sept cieux et représentant la Lumière Spirituelle (l'universel Atman), dont le rayon était le Nous, représentant à la fois le Démiurge intelligent de l'Univers de Matière et le Manas Divin dans l'homme, tous deux étant l'Esprit. La véritable clef de ceci, communiquée seulement aux Initiés, est que le nom IAO est "trilittéral et sa nature secrète", comme l'expliquaient les Hiérophantes. Les Phéniciens aussi avaient une divinité suprême dont le nom était trilittéral, et dont les significations étaient gardées secrètes ; c'était aussi Iao ; et Y-ha-ho fut un mot sacré des mystères égyptiens, il signifiait "la divinité une, éternelle et cachée" dans la nature et dans l'homme, c'est-à-dire, l' "Idéation Divine universelle", et le Manas humain, ou l'Ego supérieur.

YAJNA (sans.)

"Sacrifice", dont le symbole ou la représentation est maintenant la constellation Mriga-Śira (tête de daim), et aussi une forme de Vishnu. "Le Yajna", disent les Brâhmanes, "existe de toute éternité, car il est né du Suprême, dans lequel il sommeillait depuis le non- commencement". Il est la clef du Trai-Vidya, la science trois fois sacrée contenue dans les strophes du Rig Veda, qui enseigne le Yajna ou les mystères du sacrifice. Comme le déclare Haug dans son Introduction à l'Aitareya Brâhmana – le Yajna existe de tout temps comme une présence invisible, s'étendant depuis l'Ahavanîya ou feu sacrificiel jusqu'aux cieux, formant un pont ou une échelle au moyen desquels le sacrificateur peut communiquer avec le monde des Devas, "et même monter, quand il est vivant, jusqu'à leurs demeures". C'est l'une des formes de l'Akâśa, à l'intérieur duquel le Mot mystique (ou le "Son" qui lui est sous-jacent) l'appelle à l'existence. Prononcé par le Prêtre-Initié ou le Yogin, ce MOT reçoit les pouvoirs créateurs, et est communiqué, comme un mouvement, sur le plan terrestre grâce à un pouvoir de volonté entraîné.

YAKSHA (sans.)

Une classe de démons, qui, dans le folklore populaire indien, dévorent les humains. Selon la science ésotérique, ce sont simplement les influences mauvaises (élémentales), qui, à la vision du clairvoyant, descendent sur l'homme lorsqu'il s'ouvre à la réception de telles influences, une étoile filante.

YAMA (sans.)

La troisième race-racine personnifiée en occultisme. Dans le Panthéon indien, Yama est le sujet d'un mythe qui a deux versions distinctes. Dans les Védas il est le dieu des morts, un Pluton ou un Minos, chez qui habitent les ombres des défunts (les Kâmarûpas en Kâmaloka).Une hymne parle de Yama comme du premier homme qui mourut, et le premier qui s'en alla au monde de béatitude (Devakhan). Ceci, parce que Yama est l'incarnation de la race qui fut la première à être dotée de la conscience (Manas), pareilles à une comète enflammée ou sans laquelle il ne pouvait y avoir ni Ciel ni Hadès. On représente Yama comme le fils de Vivasvat (le Soleil). Il avait une sœur jumelle nommée Yamî, qui le pressait toujours, selon une autre hymne, de la prendre pour femme, afin de perpétuer l'espèce. Ce qui vient d'être dit possède une signification symbolique très suggestive, qui est expliquée en occultisme. Comme le Dr. Muir le remarque à juste titre, le Rig Veda – la plus grande autorité sur les mythes primitifs qui fait résonner la note tonique originale des thèmes qui sont sous-jacents à toutes les variations suivantes – ne montre nulle part Yama "comme ayant fait quoi que ce soit pour le châtiment du méchant". Comme roi et juge des morts, en un mot un Pluton, Yama est une création bien plus tardive. On doit étudier le vrai caractère de Yama-Yamî entièrement dans plus d'une hymne et d'un poème épique, et recueillir les divers récits éparpillés dans des douzaines d'anciens ouvrages. Ensuite on obtiendra une unanimité des affirmations allégoriques qui, trouvera-t-on, corroborent et justifient l'enseignement ésotérique que Yama-Yamî est le symbole du Manas double dans une de ses significations mystiques. Par exemple, YamaYamî est toujours représenté de couleur verte et habillé de rouge, et comme habitant un palais de cuivre et de fer. Les étudiants de l'occultisme connaissent ceux des "principes" humains, auxquels doivent être appliquées les couleurs verte et rouge, et par correspondance le fer et le cuivre. Le "double-gouverneur" – une épithète de Yama-Yamî – est regardé dans les enseignements exotériques des Bouddhistes chinois comme représentant à la fois le juge et le criminel, celui qui réprime ses propres actions mauvaises et le malfaiteur lui-même. Dans les poèmes épiques hindous, Yama-Yamî est le jumeau du Soleil (la divinité) par Samjnâ (la conscience spirituelle) ; mais tandis que Yama est le "seigneur du jour" aryen, apparaissant comme le symbole de l'esprit en Orient, Yamî est la reine de la nuit (obscurité et ignorance) "qui ouvre aux mortels le sentier d'Occident" – l'emblème du mal et de la matière. Dans les Purânas, Yama a beaucoup d'épouses (beaucoup de Yamîs) qui le forcent à habiter dans le monde inférieur (Pâtâla, Myalba, etc..., etc...) ; et une allégorie le représente avec le pied levé, poussant du pied Chhâyâ, la servante de son père (le corps astral de sa mère, Samjnâ, un aspect métaphysique de Buddhi ou Alaya). Comme les Ecritures hindoues le déclarent, lorsqu'une âme quitte sa forme mortelle, elle se rend en sa demeure dans les régions inférieures (Kâma-loka ou Hadès). Une fois là, l'Archiviste, le messager karmique appelé Chitragupta (clarté cachée ou dissimulée), lit à haute voix son histoire dans le Grand Registre, là où, durant la vie de l'être humain, chaque acte et chaque pensée sont imprimés d'une manière indélébile – et, selon la sentence prononcée, l'âme, ou monte vers la demeure des Pitris (Devakhan), ou descend vers l' "enfer" (Kâma-loka), ou naît à nouveau sur terre dans une autre forme humaine. L'étudiant de la philosophie ésotérique reconnaîtra aisément la portée de ces allégories. YAMABOOSHEE, ou Yamabusi (japon.). Secte au Japon de très anciens et vénérés mystiques. Ce sont des moines "militants" et des guerriers, si besoin est, comme le sont certains Yogins au Rajputana et les Lamas au Tibet. Les membres de cette fraternité Mystique habitent principalement près de Kyoto, et sont renommés pour leurs pouvoirs guérisseurs, dit l'Encyclopœdia, qui traduit le nom par "Frères Ermites" : "ils prétendent posséder les arts magiques, et vivent dans les recoins perdus des montagnes et les escarpements rocailleux d'où ils sortent pour dire la bonne aventure (?), écrire des charmes et vendre des amulettes. Ils mènent une vie mystérieuse et n'admettent personne dans leurs secrets, sauf après une préparation fatigante et difficile par le jeûne et un genre d'exercice gymnastique violent" (!!) YASNA, ou Yaçna (pehlvi). Le troisième fragment de la première des deux parties de l'Avesta, l'Ecriture des Parsis zoroastriens. Le Yasna est composé de litanies du même genre que le Vispêrad (le second fragment) et de cinq hymnes ou gâthas. Ces gâthas sont les plus vieux fragments de la littérature zoroastrienne connue des Parsis, car ils sont écrits "dans un dialecte particulier, plus ancien que le langage ordinaire de l'Avesta" (Darmsteter). (Voir "Zen-Avesta"). YATI, (sans.) Une mesure de trois pieds en prosodie. YATU, ou Yâtudhâna (sans.). Un genre de démons aux formes animales. Esotériquement, les passions humaines animales.

YAZATHAS (zende)

De purs esprits célestes, que le Vendîdâd montre ayant une fois partagé leur nourriture avec les mortels, qui ainsi participèrent à leur existence. YEHEEDAH (héb.). Litt., "Individualité" ; ésotériquement, l'individualité la plus élevée ou Atma-Buddhi-Manas, lorsqu'ils sont réunis. Cette doctrine se trouve dans le Livre Chaldéen des Nombres, qui enseigne une division septénaire des "principes" humains, comme le fait la Cabale dans le Zohar, selon le Livre de Salomon (III., 104 a, comme elle est traduite dans la Qabbalah de Myer). Au moment de la conception, le Saint "envoie un d'yooq-nah, ou le fantôme de l'ombre de l'image" pareil au visage d'un homme. Il est dessiné et sculpté dans le tzelem divin, c'est-à- dire, l'ombre de l'image des Elohim. "Elohim créa l'homme à son (leur) tzelem "ou image, dit la Genèse (i. 27). C'est le tzelem qui attend l'enfant et le reçoit au moment de sa conception, et son tzelem est notre linga Śarîra. "Le Ruach forme avec le Nephesh la personnalité réelle de l'homme", et aussi son individualité, ou s'il (l'homme) le mérite, la combinaison des deux qui est appelée Yeheedah, comme cela est exprimé par le Cabaliste. Cette combinaison est ce que le théosophiste appelle le Manas double, l'Ego supérieur et l'Ego inférieur, uni à Atma-Buddhi et devenu un. Car, comme c'est expliqué dans le Zohar (i., 205 b, 206 a, Brody Edition) : – "Neshamah, l'âme (Buddhi), comprend trois degrés, et donc elle a trois noms, comme le mystère ci-dessus : qui sont, Nephesh, Rua'h, Neshamah", ou le Manas inférieur, l'Ego supérieur, et Buddhi, l'Ame divine". On doit aussi noter que le Neshamah a trois divisions", dit la Qabbalah de Myer, "la plus élevée est le Ye-hee-dah" – ou Atma-Buddhi-Manas, ce dernier, une fois de plus, comme unité ; "le principe médian est Hay-yah" – ou Buddhi et le Manas double ; "et le troisième et dernier, le Neshamah, à proprement parler" – ou l'Ame en général. "Ils se manifestent, en Ma'hshabah, la pensée, Tzelem, le fantôme de l'image, Zurath, les prototypes (formes mâyâviques, ou rûpas), et le D'yooq-nah, l'ombre de l'image du fantôme. Le D'mooth, ressemblance ou similitude (corps physique), est une manifestation inférieure" (p.392). Ici donc, nous trouvons l'écho fidèle de la science ésotérique exposée dans le Zohar et dans d'autres ouvrages cabalistiques, une parfaite division septénaire ésotérique. Tous les Théosophistes qui ont étudié les doctrines esquissées tout d'abord dans le Monde Occulte de M. Sinnett et dans le Bouddhisme Exotérique du même auteur, et plus tard dans The Theosophist, dans Lucifer, et dans d'autres écrits, les reconnaîtront dans le Zohar. Comparez par exemple ce qui est enseigné dans les ouvrages théosophiques à propos des états pré et post-mortem des trois principes supérieurs et des quatre principes inférieurs humains, avec ce qui suit, tiré du Zohar : – "Parce que tous ces trois forment un groupe comme le précité, dans le mystère de Nephesh, Rua'h, Neshamah, ils sont tous un, et liés en un. Nephesh (Kâma- Manas) n'a pas de lumière à partir de sa propre substance ; et c'est pour cette raison qu'elle est associée au mystère du guff, le corps, afin de procurer le plaisir et la nourriture et tout ce dont il a besoin... Rua'h (l'Esprit) est ce qui est monté sur ce Nephesh (l'âme inférieure) et la dirige et l'éclaire (l'approvisionne) de tout ce dont elle a besoin (par exemple, avec la lumière de la raison), et le Nephesh est le trône (véhicule) de ce Rua'h et l'éclaire avec cette Lumière de Vie, et ce Rua'h dépend de Neshamah et reçoit d'elle la lumière, laquelle l'illumine... Lorsque la Neshamah supérieure s'élève (après la mort du corps), elle s'en va à... l'Ancien des Anciens, le Caché parmi tous les Cachés, pour recevoir l'Eternité. Le Rua'h ne va pas (encore) à Gan Eden (Devakhan) parce qu'il est (mélangé à) Nephesh... le Rua'h monte à l'Eden, mais sur un niveau qui n'est pas si élevé que celui de l'âme, et Nephesh (le principe animal, l'âme inférieure) reste en bas dans la fosse (ou en kâma-loka)". (Zohar, ii., 142 a, Edition de Crémone, ii., folio 63 b, col. 252). Il serait difficile de ne pas reconnaître dans ce qui vient d'être dit notre Atma (ou la Neshamah supérieure), Buddhi (Neshamah), Manas (Rua'h), et Kâma Manas (Nephesh) ou l'âme animale inférieure, parmi lesquels le premier va, après la mort de l'homme, se joindre à son tout intégral, le second et le troisième se rendent en Devakhan, et le dernier ou le Kâmarûpa, "reste dans sa tombe", autrement appelée le Kâmaloka ou Hadès. YENE, Angânta. La signification de l'Angânta Yêné est connue de toute l'Inde. C'est l'action d'un élémental (bhût), qui, attiré dans le corps sensitif et passif d'un médium, en prend possession. En d'autres termes, angânta yênê signifie littéralement "obsession". Les Hindous craignent cette calamité maintenant aussi fortement qu'il y a des milliers d'années. "Pas un Indien, un Tibétain, ou un Cingalais, à moins qu'il ne soit d'une caste et d'une intelligence très inférieure, ne peut voir, sans un frémissement d'horreur, les signes de "médiumnité" se manifester chez un des membres de sa famille, ou sans dire, comme un Chrétien le ferait maintenant, "il est possédé du diable". Ce "don, bénédiction, et mission sacrée", comme on l'appelle ainsi en Angleterre et en Amérique, est regardé comme un terrible malheur chez les anciens peuples dans les pays berceaux de notre race, où une plus longue expérience que la nôtre leur a enseigné davantage de sagesse spirituelle".

YESOD (héb.)

La neuvième Sephira : dont la signification est base ou fondation.

YETZIRAH (héb.)

Le troisième des quatre mondes cabalistiques qui se rapporte aux Anges : le "Monde de la Formation" ou Olam Yetzirah. On l'appelle aussi Malahayah, ou "des Anges".C'est la demeure de tous les Génies gouverneurs (ou Anges) qui contrôlent et dirigent les planètes, les mondes et les sphères.

YEU (chinois)

"Etre" : synonyme de Subhâva, ou "la substance donnant substance à elle-même".

YEUX DIVINS

Les "yeux" que le Seigneur Bouddha développa en lui-même à la vingtième heure de sa veille lorsqu'il était assis sous l'arbre Bô, en train d'atteindre l'état de Bouddha. Ce sont les yeux de l'esprit glorifié, pour lequel la matière n'est plus un obstacle physique, et qui ont le pouvoir devoir toutes choses dans l'espace de l'Univers sans limites. Au matin qui suivit cette nuit, à la fin de la troisième veille, le "Compatissant" atteignit le Savoir Suprême.

YGDRASIL (scandin.)

L' "Arbre mondain de la cosmogonie des Nordiques ; le frêne Ygdrasil ; l'arbre de l'univers, du temps et de la vie". Il possède trois racines qui descendent jusqu'au froid Hel, et de là s'étendent à Jotunheim, la terre des Hrimthurses, ou "Géants de la Gelée", et à Midgard, la terre et la demeure des enfants des hommes. Ses rameaux supérieurs se déploient dans le ciel et ses plus hautes branches protègent Valhalla, le Devakhan des héros tombés. L'Ygdrasil est toujours frais et vert, parce qu'il est journellement arrosé par les Nornes, les trois sœurs fatales, le Passé, le Présent et l'Avenir, avec les eaux de la vie de la fontaine d'Urd qui s'écoulent sur notre terre. Il fanera et disparaîtra seulement le jour où la dernière bataille entre le bien et le mal sera livrée ; lorsque le premier prévalant, la vie, le temps et l'espace sortiront de la vie et de l'espace et du temps. Tous les anciens peuples avaient leur arbre-mondain. Les Babyloniens avaient leur "arbre de vie", qui était l'arbre-du-monde, dont les racines pénétraient dans la grande profondeur inférieure ou Hadès, dont le tronc était sur terre, et dont les branches élevées atteignaient au-dessus, Zikum, le ciel, le plus élevé. Au lieu de s'étendre dans le Valhalla, ils plaçaient son feuillage supérieur dans la sainte maison de Davkina, la "grand-mère" de Tammuz, le Sauveur du Monde – le dieu-Soleil mis à mort par les ennemis de la lumière.

YI-KING (chinois)

Ancien ouvrage chinois, écrit par des générations de sages.

YIMA (zende)

Dans le Vendîdâd, le premier homme, et sous son aspect d'ancêtre spirituel de l'humanité, il est identique à Yama (V). Ses autres fonctions ne sont pas données dans les livres zendes, parce qu'un grand nombre de ces anciens fragments ont été perdus, détruits, ou de quelque autre façon on les a empêchés de tomber dans des mains profanes. Yima n'était pas né, car il représente les trois premières Races-racines humaines, dont la première n'est pas née ; mais il est le "premier homme qui meurt", parce que la troisième race, celle qui fut animée par les Egos supérieurs doués de raison, fut la première qui vit son humanité se séparer en mâle et femelle, et "l'homme vivait et mourait, et renaissait". (Voir La Doctrine Secrète, IV., 205 et seq.).

YMIR (scandin.)

La matière personnifiée de notre globe à l'état bouillant. Le monstre cosmique sous la forme d'un géant, qui est tué dans les allégories cosmogoniques des Eddas par les trois créateurs, les fils de Bor, Odin, Vili et Ve, qui, dit-on, ont conquis Ymir, et créèrent le monde à partir de son corps. Cette allégorie montre les trois principales forces de la nature – séparation, formation et croissance (ou évolution) – conquérant la matière "géante", turbulente et déchaînée, et la forçant à devenir un monde, ou un globe habité. Il est curieux qu'un peuple païen, ancien, primitif et non cultivé, si philosophique et si précis dans ses opinions sur l'origine et la formation de la terre, ait dû, afin d'être considéré comme civilisé, accepter ce dogme que le monde fut créé de rien !

YOD (héb.)

La dixième lettre de l'alphabet ; la première dans le symbole quadruple du nom composé Jah-hovah (Jehovah) ou jah-Eve, la force et l'existence hermaphrodite dans la nature. Sans les dernières voyelles, le mot Jehovah est écrit IHVH (la lettre Yod représentant l'ensemble des trois lettres anglaises y, i, ou j, comme les circonstances peuvent l'exiger), et il est mâle-femelle. La lettre Yod est le symbole du lingam, ou organe mâle, sous sa triple forme naturelle, comme la Cabale le montre. La seconde lettre He, a pour symbole le yoni, la matrice ou "ouverture-de-la-fenêtre", comme la Cabale le dit ; le symbole de la troisième lettre, le Vau, est une houlette ou un clou (la crosse de l'évêque y trouvant son origine), une autre lettre mâle, et la quatrième est la même que la seconde – la signification entière est ou existe sous l'une de ces formes ou l'une et l'autre. Ainsi le mot ou nom est phallique par excellence. C'est celui du dieu combattant des Juifs, le "Seigneur des Armées" ; du "Yod agressif" ou Zodh, Caïn (par permutation), qui tua son frère femelle, Abel, et répandit son sang. Ce nom, sélectionné parmi de nombreux par les premiers écrivains chrétiens, était un nom infortuné (malchanceux) pour leur religion du fait de ses associations et de sa signification originelle : c'est au mieux un nombre, un organe en réalité. Cette lettre Yod s'est changée en God et Gott (Dieu en anglais et en allemand. N. d. T).

YOGA (sans.)

(1) Une des six Darśanas ou écoles de l'Inde : une école de philosophie fondée par Patanjali, bien que la réelle doctrine du Yoga, celle dont on dit qu'elle aida à préparer le monde pour la prédication du Bouddha, soit attribuée, avec de bonnes raisons, au sage plus ancien, Yâjnavalkya, l'auteur du śatapatha Brâhmana, du Yajur Veda, du Brihad Aranyaka, et autres ouvrages célèbres. (2) La pratique de la méditation comme moyen de conduire à la libération spirituelle. Des pouvoirs psycho- spirituels sont ainsi obtenus, et les états extatiques produits mènent à une perception claire et correcte des vérités éternelles dans l'univers visible aussi bien qu'invisible.

YOGACHARYA (sans.)

(1) Une école mystique. (2) Litt., un instructeur (âchârya) de Yoga, celui qui a maîtrisé les doctrines et les pratiques de la méditation extatique – dont la culmination sont les Mahâsiddhis. Il est inexact de confondre cette école avec l'école du Tantra, ou du Mahâtantra fondée par Samantabhadra, car il existe deux écoles Yogâchârya, l'une ésotérique, l'autre populaire. Les doctrines de cette dernière furent compilées et interprétées par Asamgha au sixième siècle de notre ère, et ses tantras mystiques et mantras, ses formulaires, litanies, charmes et mudrâs, si l'essai en était fait sans un Guru, serviraient plutôt les buts de la sorcellerie et de la magie noire que le vrai Yoga. Ceux qui entreprennent d'écrire sur le sujet sont généralement de savants missionnaires mais des ennemis de la philosophie orientale en général. On ne peut attendre de ceux-ci aucune opinion exempte de préjugés. Donc lorsque nous lisons dans le Sanskrit-Chines Dictionary d'Eitel, que la récitation des mantras (qu'il appelle "charmes" !)" doit être accompagnée par de la musique et des contorsions de doigts (mudrâ), qu'un état de fixité mentale (Samâdhi) pourrait être atteint" – celui qui a une connaissance, même faible, de la pratique réelle du Yoga ne peut que hausser les épaules. Ces contorsions des doigts ou mudrâ sont nécessaires, d'après ce que l'auteur pense, pour atteindre le Samâdhi, "caractérisé par le fait qu'il n'y a plus de pensée ni d'annihilation de la pensée, et qui consiste en un bonheur (yogi) six fois corporel et mental d'où résulterait un état où l'on serait doté du pouvoir surnaturel de faire des miracles". On ne peut que trop prévenir les Théosophistes contre de telles explications fantastiques et remplies de préjugés.

YOGIN (sans.)

(1) Ce n'est pas "un état de bonheur six fois corporel (sic) et mental comme résultat de la méditation extatique" (Eitel), mais un état qui, lorsqu'il est atteint, rend celui qui le pratique maître absolu de ses six "principes", il est maintenant absorbé dans le septième. Cela lui donne un contrôle total, grâce à la connaissance qu'il a du soi et du Soi, sur ses conditions corporelles, intellectuelles et mentales, qui, incapables de l'entraver plus longtemps, ou d'agir sur son Ego supérieur, le laissent libre d'exister dans sa condition originelle, pure et divine. (2) Aussi le nom du dévot qui pratique le Yoga.

YONG-GRUB (tibétain)

Un état de repos absolu, identique au Paranirvâna.

YONI (sans.)

Matrice : le principe féminin.

YUDHISHTHIRA (sans.)

Un des héros du Mahâbhârata. Le frère aîné des Pândavas, ou les cinq princes Pându qui combattirent contre leur immédiate parenté, les Kauravas, les fils de leur oncle maternel. Arjuna, le disciple de Krishna, était son plus jeune frère. La Bhagavad Gîtâ donne les détails mystiques de cette guerre. Kuntî était la mère des Pândavas, et Draupadî la femme commune des cinq frères – une allégorie. Mais Yudhishthira est également, au même titre que Krishna, Arjuna, et bien d'autres héros, un personnage historique, qui vécut il y a quelques 5.000 ans, à une période où le Kali Yuga commençait.

YUGA (sans.)

La 1.000ème partie d'un Kalpa. Un âge du monde dont il existe quatre, et dont la série se déroule en succession pendant le cycle manvantarique. Chaque Yuga est précédé d'une période que les Purânas nomment Samdhyâ, crépuscule, ou période de transition, et est suivi d'une autre période d'égale durée appelée Samdhyâmsa, "portion de crépuscule". Chacune est égale à un-dixième de Yuga. Le groupe des quatre Yugas est d'abord calculé en années divines, ou "années des dieux" – chacune de ces années étant égale à 360 années de l'humanité mortelle. Ainsi nous avons, en années "divines" : 1 Krita ou Satya Yuga 4.000 Samdhyâ 400 Samdhyâmsa 400 4.800 2 Tretâ Yuga 3.000 Samdhyâ 300 Samdhyâmsa 300 3.600 3 Dvâpara Yuga 2.000 Samdhyâ 200 Samdhyâmsa 200 2.400 4 Kali Yuga 1.000 Samdhyâ 100 Samdhyâmsa 100 1.200 Total 12.000 Ceci, exprimé en années mortelles, équivaut à : 4.800 x 360 = 1.728.000 3.600 x 360 = 1.296.000 2.400 x 360 = 864.000 1.200 x 360 = 432.000 Total 4.320.000 Le total ci-dessus est appelé un Mahâyuga ou Manvantara. 2.000 de ces Mahâyugas, ou une période de 8.640.000.000 années, donnent un Kalpa : ce dernier n'étant qu' "un jour et une nuit", ou vingt-quatre heures, de Brahmâ. Ainsi un "âge de Brahmâ", ou une centaine de ses années divines, doit être égal à 311.040.000.000.000 de nos années mortelles. Les anciens Mazdéens ou Mages (les Parsis modernes) ont les mêmes calculs, bien que les orientalistes ne semblent pas le remarquer, car même les Mobeds parsis eux-mêmes l'ont oublié. Mais leur "Temps Souverain de la Longue Période" (Zervan Dareghô Hvadâta) dure 12.000 ans, et ceux-ci sont les 12.000 années divines d'un Mahâyuga comme indiqué ci-dessus, alors que le Zervan Akarana (Temps illimité), mentionné par Zarathoustra, est le Kâla, au-delà de l'espace et du temps, de Parabrahm.

YURBO ADONAI

Une épithète méprisante donnée par les partisans du Codex Nazarœus, les Gnostiques de Saint Jean, au Jehovah des Juifs. (Voir Iurbo Adonai). Z Z La vingt-sixième lettre de l'alphabet anglais. En valeur numérique, elle représente 2.000, et avec un tiret au-dessus, de cette manière, Z, est égale à 2.000.000. C'est la septième lettre de l'alphabet hébreu – zayin, son symbole étant un genre de sceptre égyptien, une arme. Le zayin équivaut au nombre sept. Le nombre vingt- six est regardé comme très sacré par les Cabalistes, car il équivaut à la valeur numérique des lettres du Tétragramme – ainsi : – he vau he yod 5 + 6 + 5 + 10 = 26