Lexique Théosophique
Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.
18 notices — lettre Z
La demeure de Dieu ; en degrés, le dixième Devakhan. D'où Zabulon, le dixième fils de Jacob.
Un des noms de divinités.
D'après Joseph (voir Antiquities, x, 8, § 6 ), Zadok fut le premier Grand-Prêtre Hiérophante du Grand Temple de Salomon. Les Maçons le rattachent à quelques-uns de leurs Degrés.
Litt., "la race sombre", la première à tomber dans la génération, d'après les légendes babyloniennes. La race Adamique, une des deux races principales qui existaient à l'époque de la "Chute de l'Homme" (d'où notre troisième Race-racine), l'autre étant appelée Sarku, ou la "race lumineuse". (Doctrine Secrète, III., 7).
L'arbre sacré de vie, aux nombreuses significations mystiques.
Grand législateur et fondateur de la religion diversement appelée Mazdaisme, Magisme, Parsiisme, Culte du Feu, et Zoroastrianisme. La date du dernier Zoroastre (car c'était un nom générique) n'est pas connue, et peut-être pour cette raison même. Xanthus de Lydie, le plus ancien écrivain grec qui mentionne ce grand législateur et réformateur religieux, le situe à environ 600 ans avant la Guerre de Troie. Mais quel est l'historien qui peut maintenant dire quand cette dernière eut lieu ? Aristote, et aussi Eudoxus, lui assignent une date qui n'est pas à moins de 6.000 ans avant l'époque de Platon, et Aristote n'était pas de ceux à faire une affirmation sans qu'il en eût de bonnes raisons. Bérose en fait un roi de Babylone environ 2.200 ans av. J.C. ; par contre, comment peut- on dire ce qu'étaient les chiffres originaux de Bérose avant que son manuscrit ne passât par les mains d'Eusèbe dont les doigts étaient si habiles à corriger les chiffres, que ce soit dans les tableaux synchroniques égyptiens ou dans la chronologie chaldéenne ? Haug situe Zoroastre au moins à 1.000 ans Av. J.C. ; et Bunsen (God in History, Vol. I, Livre III, ch. vi, p. 276) trouve que Zarathoustra Spitama vivait sous le règne du roi Vistaspa environ 3.000 ans Av. J.C., et il le décrit comme "une des intelligences les plus puissantes et un des hommes les plus grands de tous les temps". C'est avec ces dates si précises en main et avec la langue zende complètement éteinte, dont les enseignements sont interprétés, probablement de la manière la plus décousue par la traduction pehlvie – langage, comme le montre Darmsteter, qui lui-même est progressivement tombé en désuétude à une époque aussi lointaine que celle des Sassanides – que nos érudits et orientalistes ont prétendu monopoliser pour eux- mêmes le droit d'attribuer des dates hypothétiques pour l'époque du saint prophète Zurthust. Or les archives occultes revendiquent la connaissance des dates exactes de chacun des treize Zoroastres mentionnés dans le Dabistan. Leurs doctrines et particulièrement celles du dernier (divin) Zoroastre, se répandirent de la Bactriane jusqu'au pays des Mèdes ; de là, sous le nom de Magisme, et incorporées par les astronomes adeptes de Chaldée, elles influencèrent grandement les enseignements mystiques des doctrines mosaïques, peut-être même avant qu'elles n'aient atteint leur apogée dans ce qui est maintenant connu comme la religion moderne des Parsis. Comme Manu et Vyâsa en Inde, Zarathoustra est un nom générique pour de grands réformateurs et législateurs. Cette hiérarchie débuta avec le divin Zarathoustra du Vendîdâd, et se termina avec cet homme grand quoique mortel, portant ce titre, mais maintenant perdu pour l'histoire. Il y eut, comme cela est montré par le Dabistan, beaucoup de Zoroastres ou Zarathoustra. Ainsi que cela est raconté dans La Doctrine Secrète (Vol. III, 8, note 3), le dernier Zoroastre fut le fondateur du Temple du Feu d'Azareksh, bien des âges avant la période historique. Si Alexandre n'avait pas détruit un aussi grand nombre d'ouvrages précieux et sacrés des Mazdéens, la vérité et la philosophie auraient été plus disposées à se conformer à l'avis de l'histoire, en accordant à ce vandale grec le titre de "Grand".
La déesse que Merodach supposait être la mère de Nebo, dieu de la Sagesse. Un des "Serpents de Sagesse féminins"féminin.
, ou Zrvana Akarna (pehlvi). Litt., "Illimité" ou "Temps sans limites", ou "Durée dans un Cercle", comme c'est traduit du Vendîdâd (fargard xix). Mystiquement, le Principe Unique, sans commencement ni fin de la Nature ; le Sat du Vedânta ; et ésotériquement, l'Espace Abstrait Universel synonyme de Divinité inconnaissable. C'est l'Aïn-Soph des Zoroastriens, d'où rayonne Ahura Mazda, la Lumière éternelle ou Logos, de qui, à son tour, émane tout ce qui a l'être, l'existence et la forme.
Le "Père des Dieux". Zeus-Zen est l'Æther ; c'est pourquoi quelques races latines nommaient Jupiter, Pater Æther. ZICU (akkadien). La matière primordiale, de Zi, l'esprit-substance, Zikum et Zigarum.
Aussi Tyr et Tius. Dans les Eddas, un dieu qui est victorieux de Fenrir le Loup et l'enchaîne, alors que ce dernier menaçait les dieux eux-mêmes dans Asgard, et qui perdit une main dans son combat avec le monstre. Il est le dieu de la guerre, et les anciens Germains lui rendaient un culte important.
Litt., la brillante, la rayonnante. Dans l'allégorie biblique de la Genèse, Zipporah est l'une des sept filles de Jethro, le prêtre madianite, l'Initiateur de Moïse, qui rencontre Zipporah (ou lumière spirituelle) près du "puits" (de la connaissance occulte) et l'épouse.
La femme de Mérodach, le grand héros divin des tablettes assyriennes. On l'identifie avec Succoth Benoth de la Bible.
Plus correctement écrit Tziruph ; un mode de divination par la Temura, ou permutation de lettres, enseigné par les Cabalistes du Moyen Age. L'école des rabbins Abulafia et Gikatilla donnait la plus grande importance à la valeur de ce procédé de la Cabale pratique. (w.w.w.).
D'après Bérose, le dernier de la dynastie des dix rois divins et le "Noé" de Chaldée. Ainsi, de même que Vishnou annonce le prochain déluge à Vaivasvata Manu et, tout en le prévenant, lui commande de construire une arche dans laquelle lui-même et les sept Rishis seront sauvés, de même le dieu Hea annonce le même événement à Ziusudra (ou Xisouthros), lui ordonnant de préparer un navire et de le sauver ainsi que quelques élus. En faisant de même, presque 8.000 ans plus tard, le Seigneur Dieu d'Israël répète l'avertissement à Noé. Donc, qui est antérieur ? L'histoire de Xisouthros, maintenant déchiffrée des tables assyriennes, corrobore ce qui avait été dit du déluge chaldéen par Bérose, Apollodore, Abydénos, etc... (voir onzième tablette dans Chaldean Account of Genesis de G. Smith, page 263 et seq.). Cette onzième tablette couvre tous les points traités dans les chapitres six et sept de la Genèse – les dieux, les péchés des hommes, l'ordre de bâtir une arche, le Déluge, la destruction des hommes, la colombe et le corbeau lâchés de l'Arche, et finalement la Montagne du Salut en Arménie (Nizir-Ararat) : tout est là. Les mots "le dieu Hea entendit, et son foie fut courroucé parce que ses hommes avaient corrompu sa pureté", et l'histoire de la destruction qu'il opéra de toute sa race, furent gravés sur des tablettes de pierre bien des milliers d'années avant que les Assyriens ne les reproduisent sur leurs tablettes cuites, et celles-ci fort assurément antidatent le Pentateuque, lui- même "écrit de mémoire" par Ezra à peine quatre siècle av. J.C. (Voir "Xisouthros").
Vient du mot zodion, un diminutif de zôon, animal. Ce mot est utilisé avec une double signification : il peut se référer au Zodiaque fixe et intellectuel, ou au Zodiaque mobile et naturel. "En astronomie", nous dit la science, "c'est une ceinture imaginaire dans le ciel de 16 à 18 degrés de large dans le milieu de laquelle passe la trajectoire du Soleil (l'écliptique)". Elle contient les douze constellations qui constituent les douze signes du Zodiaque, et dont elles tirent leur nom. En ce qui concerne la nature de la lumière zodiacale – cette figure triangulaire, lumineuse et allongée qui, se trouvant presque dans l'écliptique, avec sa base sur l'horizon et son sommet à des altitudes plus grandes et plus petites, n'est vue qu'au cours des crépuscules du matin et du soir – elle demeure entièrement inconnue de la science, l'origine, le sens réel et la signification occulte du Zodiaque étaient, et sont encore, un mystère pour tous, sauf les Initiés. Ces derniers conservaient bien leurs secrets. Entre l'astrologue chaldéen et son homologue moderne il existe, en vérité, jusqu'à ce jour, un large abîme, et ils errent, selon les paroles d'Albumazar, "entre les pôles, et les points célestes, entre les cercles et les épicycles, excentriques, du centre et concentriques", avec une vaine prétention qui ne dépasse pas une habileté humaine de profane. Cependant, quelques-uns des astrologues, depuis Tycho Brahé et Kepler de mémoire d'astrologue, jusqu'aux modernes Zadkiels et Raphaels, ont trouvé moyen de faire une science merveilleuse à partir de ces matériaux occultes peu abondants, tels qu'ils les avaient reçus depuis le temps de Ptolémée. (Voir "Astrologie"). Pour revenir au Zodiaque astrologique particulier, c'est néanmoins un cercle imaginaire qui passe autour de la terre dans le plan de l'équateur, son point de départ étant appelé Bélier 0 degré. Il est divisé en douze parties égales nommées "Signes du Zodiaque", chacune contenant 30 degrés d'étendue, et on y mesure l'ascension droite des corps célestes. Le Zodiaque mobile ou naturel est une succession de constellation formant une ceinture de 47 degrés de profondeur, située au nord et au sud du plan de l'écliptique. La précession des Equinoxes est "causée" par le mouvement du Soleil dans l'espace, ce qui donne aux constellations l'apparence d'un mouvement opposé à l'ordre des signes à la vitesse de 50 1/3 secondes par an. Un simple calcul montrera qu'à cette vitesse la constellation du Taureau (héb. Aleph) se trouvait être le premier signe du Zodiaque au commencement du Kali Yuga, et en conséquence le point équinoxial s'y trouvait. Egalement à cette époque, le Lion était au Solstice d'été, le Scorpion à l'Equinoxe d'automne, et le Verseau au Solstice d'hiver ; et ces faits constituent la clef astronomique de la moitié des mystères religieux du monde – y compris le système chrétien. Le Zodiaque était connu en Index et en Egypte depuis des âges incalculables, et la connaissance des sages de ces pays (les mages), à l'égard de l'influence occulte des étoiles et des corps célestes sur notre terre, était bien plus importante que ce que l'astronomie profane peut jamais espérer atteindre. Si même maintenant, alors que la plupart des secrets des Asuramayas et des Zoroastres sont perdus, il est encore amplement démontré que les horoscopes et l'astrologie judiciaire sont loin d'être basés sur la fiction, et si de tels hommes comme Képler et Sir Isaac Newton croyaient que les étoiles et les constellations influençaient les destinées de notre globe et ses humanités, cela ne demande pas un grand effort de foi pour croire que les hommes qui étaient initiés à tous les mystères de la nature, comme à l'astronomie et à l'astrologie, connaissaient précisément de quelle manière les nations et l'humanité, toutes les races aussi bien que tous les individus, étaient affectés par les soi-disants "Signes du Zodiaque". ZOHAK, ou Azhi Dahâka. La personnification du Malin ou de Satan sous la forme d'un serpent, dans le Zend Avesta. Ce serpent a trois têtes, et l'une de ces têtes est humaine. L'Avesta le décrit comme habitant la région de Bauri ou Babylonie. En réalité, Zohâk est le symbole allégorique de la dynastie assyrienne, dont la bannière est frappée au signe pourpre du Dragon. (Isis Dévoilée, IV, 155, note 32). ZOHAR, ou Sohar. Un compendium de Théosophie cabalistique, qui, avec le Sepher Yetzirah, partage la réputation d'être le plus vieux traité existant sur les doctrines religieuses ésotériques des Hébreux. La tradition en assigne la paternité au rabbin Siméon ben Yochai, 80 Ap. J.C., mais la critique moderne incline à croire qu'une très large portion de l'ouvrage n'a pas une ancienneté plus lointaine que 1280, alors que certainement il fut édité et publié par le rabbin Moïse de Léon, de Guadalajara, en Espagne. Le lecteur devra faire référence à ces deux noms. Dans Lucifer (Vol. I, p. 141) on trouvera aussi des notes sur le sujet : on peut trouver un examen plus étendu dans les ouvrages de Zunz, Graetz, Jost, Steinschneider, Frankel et Ginsburg. L'ouvrage de Franck (en français) sur la Cabale peut être consulté avec profit. La vérité semble se situer dans une voie moyenne, à savoir, que Moïse de Léon fut le premier à produire l'ouvrage intégralement, mais qu'une grande partie de ses traités essentiels est représentée par des dogmes traditionnels et des illustrations qui proviennent de l'époque de Siméon ben Yochai et du second Temple. Il y a des portions de cette doctrine du Zohar qui portent l'empreinte de la pensée et de la civilisation de la Chaldée, à laquelle la race juive fut confrontée durant la captivité de Babylone. Cependant, d'un autre côté, condamner la théorie qu'il est ancien dans son intégralité, c'est relever que les Croisades y sont mentionnées, qu'on y fait une citation d'une hymne d'Ibn Gebirol, 1050 Ap. J.C., que le prétendu auteur, Siméon ben Yochai, est mentionné comme étant plus éminent que Moïse, qu'il fait usage des points-voyelles qui ne furent pas utilisés jusqu'à ce que le rabbin Mocha (50 ap. J C) ne les introduisît pour fixer la prononciation des mots pour aider ses élèves, et finalement, qu'il mentionne une comète qui, le contexte le prouve à l'évidence, n'est apparue qu'en 1264. Il n'existe aucune traduction anglaise du Zohar dans sa totalité pas même en latin. Les éditions hébraïques qu'on peut se procurer sont celles de Mantoue, 1558 ; Crémone, 1560 ; L'ouvrage de Knorr von Rosenroth, Kabbala Denudata, comprend plusieurs des traités du Zohar, mais pas tous, en hébreu et en latin. Mac Gregor Mathers a publié une traduction anglaise de trois de ces traités, le Livre du Mystère Caché, la Grande Assemblée Sainte et la Petite Assemblée Sainte, et son ouvrage comprend une introduction originale sur le sujet. Les traités principaux que le Zohar comprend sont : – "Le Midrash Caché", "Les Mystères du Pentateuque", "Les Maisons et les Demeures du Paradis et de la Géhenne", "Le Berger Fidèle", "Le Secret des Secrets", "Discours sur le vieillard dans Mishpatim" (châtiment des âmes), "Le Januka ou discours du Jeune Homme", et "Le Tosephta et le Mathanithan" qui sont des essais additionnels sur l'Emanation et les Sephiroth en addition aux trois importants traités mentionnés ci-dessus. Dans cette collection on peut trouver l'origine de tous les développements ultérieurs de l'enseignement cabalistique. (w.w.w.).
Forme grecque de Zarathoustra (V.).
ou Zamyad Yaht comme certains l'épellent. Un des fragments mazdéens conservés. Il traite de questions métaphysiques et des êtres, spécialement des Amshaspends ou les Amesha Spenta – les Dhyân Chohans des livres de l'Avesta.
Le plus bas degré dans le système exotérique des Rose- Croix : une sorte de probationnaire ou de chelâ d'un niveau peu élevé. ZEND-AVESTA (pehlvi). Le nom général des livres sacrés des Parsis, adorateurs du feu ou du soleil, comme on les appelle par ignorance. On a compris si peu de chose des grandes doctrines qui restent encore à découvrir dans les divers fragments qui composent tout ce qui a maintenant été laissé de cette collection d'ouvrages religieux, que le Zoroastrianisme est appelé indifféremment culte du Feu, Mazdaisme, ou Magisme, Dualisme, culte du Soleil, et cætera. L'Avesta a deux parties qui sont maintenant réunies, la première contenant le Vendîdâd, le Vispêrad et le Yasna ; et la seconde, appelée le Khorda Avesta (Petit Avesta), est composée de courtes prières du nom de Gâh, Nyâyish, etc. Zend a la signification de "un commentaire ou une explication", et Avesta (du vieux persan âbashtâ), "la loi". (Voir Darmsteter). Comme le traducteur du Vendîdâd le remarque dans une note (voir Int. XXX) : "ce qu'il est d'usage d'appeler 'la langue zende', doit être nommé 'le langage de l'Avesta', le zende n'étant pas un langage du tout ; et si l'on peut utiliser le mot comme désignation d'une langue, il ne peut être appliqué à juste titre qu'au pehlvi". Par contre, le pehlvi lui-même n'est que le langage dans lequel sont traduites certaines parties originales de l'Avesta. Quel nom pourrait-on donner au vieux langage de l'Avesta, et spécialement au "dialecte particulier, plus ancien que le langage courant de l'Avesta" (Darmsteter), dans lequel sont écrites les cinq gâthas du Yasna ? Jusqu'à ce jour les orientalistes sont muets sur le sujet. Pourquoi le zende ne serait-il pas de la même famille que le senzar, sinon identique à lui, mot dont la signification est aussi la parole qui explique le symbole abstrait, ou "langage des mystères", utilisé par les Initiés ?