Lexique Théosophique

Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.

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EMPOUSA (gr.)

Une goule, un vampire, un mauvais démon revêtant plusieurs formes.

EN (chaldéen)

Particule négative analogue à a (privatif) en grec et en sanskrit. La première syllabe de "En-soph" (V.) ou aucune chose qui commence ou finisse. Le "sans fin".

EN (ou AIN)

SOPH (héb.). Le sans fin et sans limites. Le principe déifique absolu, impersonnel et inconnaissable. Cela signifie littéralement "aucune-chose", c'est-à-dire, rien qui puisse être classé avec quelque chose d'autre. Le mot et les idées sont équivalents à la conception védantique du Parabrahman. (w.w.w.). Cependant certains Cabalistes occidentaux s'efforcent de faire de CELA, un "Lui" personnel, une divinité masculine au lieu d'être une divinité impersonnelle.

ENAPTO (gr.)

Litt., "être revêtu", d'où initiation. Identique à Epopteia.

ENFER

Les Anglo-saxons ont évidemment dérivé le mot Hell (enfer) du nom de la déesse Hela (V.) et, par les Slavons, du grec Hadès, l'enfer étant dans les langues russe et slave – âd, et la seule différence entre l'enfer froid des Scandinaves et l'enfer chaud des Chrétiens devant être recherchée dans leurs climats respectifs. Mais même l'idée de ces régions surchauffées n'est pas d'origine européenne, de nombreux peuples ayant nourri la conception d'un climat souterrain, et nous pouvons aussi bien localiser notre enfer dans le centre de la terre. Toutes les religions exotériques – les croyances des Brâhmanes, des Bouddhistes, des Zoroastriens, des Musulmans, des Juifs et d'autres peuples font de leur enfer un lieu brûlant et ténébreux bien que certains soient plutôt plus attirants que terribles. L'idée d'un enfer brûlant est une idée plus tardive, déformation d'une allégorie astronomique. Chez les Egyptiens, l'enfer ne devient un lieu de châtiment par le feu que lors de la dix-septième ou dix-huitième dynastie, lorsque, d'un dieu qu'il était, Typhon fut transformé en diable. Mais en tout temps cette affreuse superstition fut implantée dans la tête des pauvres masses ignorantes, et l'idée d'un enfer de feu et des âmes qui y sont tourmentées est purement égyptienne. Râ (le soleil) devint le Seigneur de la Fournaise en Karr, l'enfer des Pharaons, et le pécheur était menacé de tortures "dans la chaleur des feux infernaux". Le Dr. Birch écrit "Il y avait là un lion qu'on appelait le monstre rugissant". Un autre décrit le lieu comme le "puits sans fond et le lac de feu dans lesquels sont jetées les victimes (à rapprocher de l'Apocalypse). Le mot hébreu gaï-hinnom (Géhenne) n'a jamais eu vraiment la signification qui lui a été donnée dans l'orthodoxie chrétienne.

ENOICHION (gr.)

Litt., "l'œil intérieur", le "Voyant", une référence au troisième œil intérieur, ou œil spirituel, le véritable nom d'Enoch déformation de Chanoch.

ENS (gr.)

Identique au grec To On "être", ou la véritable Présence dans la Nature.

EPHESE (gr.)

Célèbre pour son grand collège métaphysique où l'occultisme.(Gnose) et la philosophie platonicienne étaient enseignés à l'époque de l'apôtre Paul. Ville regardée comme le foyer des sciences secrètes, et de cette Gnose, ou Sagesse, qui est l'antagoniste, jusqu'à ce jour, de la perversion du christo-ésotérisme. C'est à Ephèse que se trouvait le grand collège des Esséniens et tout le savoir que les Tanaïm avaient rapporté des Chaldéens.

EPIMETHEE (gr.)

Litt., "Celui qui prend conseil après" l'événement. Frère de Prométhée dans la mythologie grecque.

EPINOIA (gr.)

Pensée, invention, projet. Nom adopté par les Gnostiques pour le premier éon passif.

EPOPTE (gr.)

Initié. Celui qui a franchi le dernier degré de l'initiation.

EPOUSEE

La dixième sephira, Malkuth, est appelée par les Cabalistes l'épousée du Microprosope ; elle est l'He final du Tétragramme. D'une façon analogue, l'Eglise chrétienne est dite l'épousée du Christ. (w.w.w.).

ERIDANUS (lat.)

Eridanos, le nom grec pour le fleuve Pô en Italie.

ESHMIN (héb.)

Les cieux, le firmament où se trouvent le soleil, la planètes et les étoiles ; vient de la racine Sm voulant dire placer, disposer : de là les planètes en tant que choses disposées. (w.w.w.). ESOTERIQUE (gr.). Caché, secret. Du grec esoterikos, "intérieur", dissimulé.

ESPRIT

Le manque d'accord mutuel entre écrivains sur l'emploi de ce mot a abouti à une affreuse confusion. Communément on en fait un synonyme d'âme, et les lexicographes en favorisent l'usage. Dans les enseignements théosophiques, le terme "esprit" est seulement appliqué à ce qui appartient directement à la Conscience Universelle, et qui est son émanation homogène et sans mélange. Ainsi, l'intelligence supérieure dans l'homme ou son égo (Manas) est, lorsqu'elle est unie indissolublement à buddhi, un esprit ; tandis que le terme "âme", humaine ou même animale (le manas inférieur agissant chez les animaux comme instinct), est appliqué seulement à kâma-manas, et qualifié d'âme vivante. Ceci, en hébreu, est nephesh, le "souffle de vie". L'esprit, sans forme et immatériel, est, lorsqu'il est individualisé, d'une substance spirituelle très élevée – śuddhasattva, l'essence divine dont est formé le corps des Dhyânis manifestés les plus hauts. C'est pourquoi les membres de la Société Théosophique rejettent l'appellation "esprits" pour ces fantômes qui apparaissent dans les manifestations phénoménales des spirites, et les appellent "coques" et leur donnent divers autres noms. (Voir Sûkshma Śarîra"). Bref, l'esprit n'est pas une entité dans le sens de quelque chose qui possède une forme ; car, comme la philosophie bouddhique le dit, là où se trouve une forme, là se trouve une cause pour la douleur et la souffrance. Mais chaque esprit individuel – cette individualité ne durant que le temps du cycle de vie manvantarique – peut être décrit comme un centre de conscience, un centre auto-sensible et auto-conscient ; un état, mais non un individu conditionné. Ceci est la raison pour laquelle en sanskrit on trouve une telle richesse de mots pour exprimer les différents états de l'Etre, des Etres et des Entités, chaque appellation présentant une différence philosophique, le plan auquel une telle unité appartient, et le degré de sa spiritualité ou de sa matérialité. Malheureusement ces termes sont presque intraduisibles dans nos langues occidentales.

ESSASUA

Sorciers et charmeurs de serpents, d'Afrique et d'Asie.

ESSENIENS

Terme hellénisé tiré du mot hébreu Asa, "guérisseur". Secte mystérieuse de Juifs dont Pline dit qu'ils avaient vécu près de la mer Morte pendant des milliers de siècles – per millia sœculorum –. "Certains supposaient qu'ils étaient Pharisiens extrémistes, et d'autres – ce qui peut être l'hypothèse exacte – les descendants des Benim-nabim de la Bible ; ils pensent qu'ils étaient "Kénites" et Nazaréens. Ils possédaient beaucoup d'idées et de pratiques bouddhiques ; et il est remarquable que les prêtres de la Grande Mère à Ephèse, Diana-Bhavani, celle aux multiples seins, portaient aussi la même désignation. Eusèbe, et après lui de Quincey, ont déclaré qu'ils étaient identiques aux premiers chrétiens, ce qui est plus que probable. Le titre de "frère" employé dans la primitive Eglise était essénien. Ils constituaient une fraternité, ou koïnobion, ou communauté comme les premiers convertis". (Isis Dévoilée).

ETRE-TE

Terme fabriqué par les membres de la Société Théosophique pour rendre compte avec plus d'exactitude du sens essentiel du mot intraduisible Sat. Ce mot ne signifie pas "Etre" car il suppose un sentiment perceptif ou une certaine conscience d'exister. Mais comme le terme Sat ne s'applique qu'au Principe absolu, la Présence universelle inconnue et toujours inconnaissable – que le Panthéisme philosophique postule dans le Cosmos, l'appelant la racine de base du Cosmos, et le Cosmos lui-même – "Etre" n'est pas un mot qui lui convienne. En vérité, il ne s'agit même pas, comme le traduisent certains orientalistes, de l' "entité incompréhensible", car ce n'est pas plus une entité qu'une non-entité, mais les deux ensemble. Comme il est dit, c'est l'Etre-té absolu, non l'Etre, l'Unique Tout sans second, indivisé et indivisible – la racine de toute la nature visible et invisible, objective et subjective, que la plus haute intuition spirituelle peut ressentir mais jamais comprendre pleinement.

EURASIENS

Abréviation d' "Européens-Asiens". Les races mâtinées de couleur : enfants de pères blancs et de mères à peau sombre de l'Inde, ou vice-versa.

EXOTÉRIQUE

Extérieur, public ; contraire d'ésotérique ou caché.

EXTASE (gr.)

État psycho-spirituel : une transe physique qui produit la clairvoyance et un état de béatitude amenant des visions.

EXTRA-COSMIQUE

Hors du cosmos ou de la nature ; mot dépourvu de sens inventé pour affirmer l'existence d'un dieu personnel indépendant de la nature per se, ou hors d'elle, en opposition avec l'idée panthéiste que tout le cosmos est animé par l'Esprit de la divinité, la nature n'étant que le vêtement, et la matière l'ombre illusoire de la Présence invisible réelle.

EZRA (héb.)

Prêtre et scribe juif qui, vers 450 Av. J.C., compila le Pentateuque (en admettant qu'il n'en fut pas l'auteur) et le reste de l'Ancien Testament, à l'exception de Néhémie et de Malachie. (w.w.w.).

EZRA (héb.)

Identique à Azaréel et à Azriel, un grand cabaliste hébreu. Son nom total est Rabbi Azariel ben Menahem. Il vivait dans la célébrité à Valladolid (Espagne) au douzième siècle et était renommé comme philosophe et cabaliste. Il est l'auteur d'un ouvrage sur les dix séphiroth. F F Sixième lettre de l'alphabet anglais qui n'a pas d'équivalent en hébreu. C'est le double FF des Eoliens qui, pour des raisons mystérieuses, devint le Digamma. Il correspond au grec phi. Comme lettre latine, sa valeur numérique est 40 ; avec un tiret sur la lettre ( F̄ ) 400.000.

FA-HWA-KING (chinois)

Un ouvrage chinois sur la cosmogonie.

FAFNIR (scandin.)

Le Dragon de Sagesse.

FAHIAN (chinois)

Voyageur et écrivain chinois aux premiers siècles de l'ère chrétienne qui écrivit sur le Bouddhisme.

FAIZI (ar.)

Litt., le "cœur". Un écrivain qui traita de sujets occultes et mystiques.

FAKIR (ar.)

Ascète musulman de l'Inde ; "yogin" mahométan. C'est une erreur fréquente d'appliquer ce nom aux ascètes hindous, car, à strictement parler, seuls les ascètes musulmans y ont droit. Cette façon vague d'appeler les choses par des noms généraux était employée dans Isis Dévoilée, mais on y a maintenant remédié. FALK, Caïn Chenul. Juif cabaliste qui, dit-on, fit des "miracles". Kenneth Mackenzie cite, à son propos, l'œuvre du chroniqueur allemand Archenoiz sur l'Angleterre (1788) : – "Il existe à Londres un homme extraordinaire qui a été fameux depuis trente ans dans les annales des Cabalistes. Son nom est Caïn Chenul Falk. Un certain comte de Rautzow, récemment mort au service de la France avec le rang de Maréchal, certifie qu'il a vu ce Falk dans le Brunswick et que des évocations d'esprits avaient lieu en présence de témoins digne de foi". Ces "esprits" étaient des Elémentals, que Falk faisait voir grâce aux conjurations utilisées par tout cabaliste. Son fils, Johan Friedrich Falk, juif aussi, était également cabaliste réputé et fut, un temps, le chef d'un collège cabaliste de Londres. Son occupation était celle de bijoutier et polisseur de diamants, et il était riche. Encore de nos jours, les écrits mystiques et les ouvrages cabalistiques légués par lui à un homme de confiance peuvent être consultés avec grand intérêt dans une bibliothèque semi-publique de Londres, par tout étudiant sincère de l'occultisme. Les écrits même de Falk sont encore à l'état de manuscrit et certains sont chiffrés.

FARBAUTI (scandin.)

Géant dans l'Edda ; Litt., "le rameur", père de Loki dont la mère était la géante Laufey (île feuillue). C'est une généalogie qui fait faire à W.S.W. Anson la remarque suivante, dans Asgard and the Gods, que probablement le rameur, ou Farbauti, "fut... le géant qui se sauvait du déluge dans une barque, et l'autre (Laufey) l'île vers laquelle il ramait". Ce qui donne une variation additionnelle à l'histoire du déluge.

FARGARD (zende)

Un fragment ou chapitre de versets dans le Vendidad des Parsis.

FARVARSHI (pehlvi)

, FRAVASHI (vieux perse) et FARVARDIN (persan). L'Esprit absolu et sa contrepartie spirituelle dans l'homme. La Fravashi est le cinquième des éléments dont est composé l'homme. Elle est une substance divine qui retourne à sa source, et l'âme ne survit qu'à la faveur d'une fusion intime avec elle. Le terme fut francisé en Férouer par Anquetil-Duperron, traducteur du Zend-Avesta.

FAUCON

Hiéroglyphe et symbole de l'âme. Le sens varie selon la position de l'oiseau. C'est ainsi que lorsqu'il est couché avec l'apparence de la mort il représente la transition, l'état larvaire, ou le passage de la condition d'une vie à une autre. Quand il a les ailes ouvertes, cela signifie que le défunt est ressuscité en Amenti, et de nouveau en possession consciente de son âme. La chrysalide est devenue papillon.

FERHO (gnose)

Le plus haut et le plus grand pouvoir créateur chez les Gnostiques nazaréens. (Codex Nazarœus). FESTINS D'AMOUR, ou les Agapes (gr.). Ces banquets de charité, organisés par les tout premiers chrétiens, furent fondés à Rome par Clément sous le règne de Domitien. L'ouvrage du Prof. A. Kestner The Agapœ or the Secret World Society (Wiltbund) of the Primitive Christians (publié en 1819 à Iéna) parle de ces festins d'Amour comme "possédant une constitution hiérarchique et un fond de symbolisme maçonnique et de Mystères". Il montre la filiation directe entre les anciennes Agapes et les Tables de Loges ou Banquets des Francs-Maçons. Ayant cependant banni de leur souper le "baiser sacré" et les femmes, les banquets de ces derniers sont plutôt des festins pour boire que des festins d' "Amour". Les premières Agapes étaient certainement identiques aux Phallica qui "autrefois étaient aussi pures que les festins d'Amour des premiers chrétiens", ainsi que M. Bonwick le fait justement remarquer, "bien que, comme eux, ils dégénérèrent rapidement en licence". (Egyptian Belief and Modern Thought, p. 260).

FETAHIL (gnose)

Le créateur inférieur dans le Codex Nazarœus.

FEU BLANC (cabale)

Traitant du "Grand Visage" et du "Petit Visage", les symboles du Macrocosme et du Microcosme, le Zohar parle du Feu Blanc caché irradiant de ceux-ci, nuit et jour, et qui cependant n'est jamais vu. Il répond à la force vitale (par de là l'éther luminifère), et à l'électricité sur les plans supérieur et inférieur. Mais le "Feu Blanc" mystique est un nom donné à Ain-Soph. Et ceci marque la différence entre les philosophies aryenne et sémite. Les occultistes de la première parlent du Feu Noir qui est le symbole du Brahma inconnu et impensable, et affirment comme impossible toute spéculation sur ce "Feu Noir". Mais les cabalistes qui, grâce à une permutation subtile de sens, dotent même Ain- Soph d'une sorte de volonté indirecte et d'attributs, appellent blanc son "feu", entraînant ainsi de force l'Absolu dans le monde de relation et de limitation.

FEU D'HERMES

Identique au "Feu de Sainte Elme". (Voir Isis Dévoilée, I. 193).

FEU NOIR (Zohar)

Terme cabalistique pour la Lumière Absolue et la Sagesse Absolue ; "noir" parce qu'il est incompréhensible pour nos intellects finis.

FEU VIVANT

C'est une façon de parler pour désigner la divinité, la vie "Une". Terme théurgique utilisé plus tard par les Rose-Croix. Le symbole du feu vivant est le soleil, dont certains rayons développent le feu de la vie dans un corps malade, donnent la connaissance de l'avenir à l'esprit engourdi et stimulent dans l'homme certaine faculté psychique d'ordinaire endormie jusqu'à en faire une fonction active. La signification en est très occulte. FIGURES CABALISTIQUES. Ce sont Nephesh, Ruach et Neshamah, ou les Ames animale (vitale), spirituelle et divine en l'homme – Corps, Ame et Mental.

FILS DE LA VEUVE

Nom donné aux Maçons français pour la raison que les cérémonies maçonniques sont principalement basées sur les aventures et la mort d'Hiram Abiff, "le fils de la veuve", qui est supposé avoir aidé à la construction du Temple mythique de Salomon.

FLAGAE (hermétisme)

Nom donné par Paracelse à une catégorie particulière d'anges ou génies gardiens. FLAMME, Sainte. La "Sainte Flamme" est le nom donné par les Cabalistes d'Asie orientale (Sémites) à l'Anima Mundi, l' "âme du monde". Les initiés étaient appelés "Fils de la Sainte Flamme".

FLUDD (Robert)

, généralement connu sous le nom de Robertus de Fluctibus, le patron des "Philosophes du Feu". Fameux hermétiste anglais du 16ème siècle et écrivain prolifique. Il a écrit sur l'essence de l'or et autres sujets mystiques et occultes.

FLUVII TRANSITUS (lat.)

Ou passage de la rivière (Chebar). Cornélius Agrippa livre cet alphabet. Dans l'Ars Quator Coronatorum, Vol. III, partie 2, 1890, ouvrage qui est le compte-rendu des travaux de la "Quator Coronati Lodge" des Francs-Maçons anglais, loge N° 2076, on trouvera des copies de cet alphabet et aussi les curieuses lettres anciennes dites Melachim, et l'alphabet céleste fournit par W. Wynn Westcott, P.M. Cette loge semble être la seule en Angleterre à étudier réellement et avec sérieux les "mystères cachés de la nature et de la science".

FOH-TCHOU (chinois)

Litt., "Le Seigneur du Bouddha" ; pourtant cela signifie simplement celui qui enseigne les doctrines du Bouddha. Foh signifie guru, celui qui vit ordinairement dans un temple de Śâkyamuni Buddha – le Foh-Maeyu.

FOHAT (tibétain)

Terme utilisé pour représenter la puissance active (mâle) de la Śakti (pouvoir reproducteur féminin) dans la nature. L'essence de l'électricité cosmique. Terme occulte tibétain pour Daïviprakriti, la lumière primordiale, et dans l'univers de la manifestation, l'énergie électrique toujours présente et le pouvoir incessant, destructeur et formateur. Esotériquement, c'est la même chose, car Fohat étant la force vitale motrice universelle est à la fois le moteur et ce qui en résulte.

FONS VITAE (lat.)

Ouvrage d'Ibn Gebirol, le philosophe judéo-arabe du XIème siècle qui l'appela Me-qôr Hayyîm ou la "Fontaine de Vie" (De Materia Universali et Fons Vitœ). Les cabalistes d'Occident ont proclamé que c'était un véritable ouvrage cabalistique. Plusieurs manuscrits latins et hébreux de cette œuvre merveilleuse ont été découverts par des érudits dans des bibliothèques publiques : entre autres par Munk en 1802. Le nom latin d'Ibn Gebirol était Avicebron, nom bien connu de tous les érudits orientaux.

FOUET D'OSIRIS

Le fouet qui symbolise Osiris en tant que "juge des morts". Dans les papyrus on l'appelle le nekhekh, ou le flagellum. Le Dr. Pritchard y voit un éventail ou van, l'instrument de vannage. Osiris, "dont l'éventail est dans sa main et qui purifie l'Amenti des cœurs coupables comme un vanneur balaye son plancher des grains tombés et renferme le bon froment dans le grenier". (Comparez Matthieu, III. 12).

FRAVASHI (zende)

L'Esprit absolu. (Voir "FARVARSHI").

FRENE YGDRASIL

, Le. (scandin.). L' "Arbre du Monde". Symbole du monde pour les anciens Nordiques, "arbre de l'univers du temps et de la vie". Il est toujours vert car les Nones du Destin l'aspergent chaque jour avec l'eau de la fontaine d'Urd qui coule en Midgard. Le dragon Nidhogg ronge sans cesse ses racines, le dragon du Mal et du Péché. Cependant le Frêne Ygdrasil ne peut se dessécher jusqu'à ce que la dernière bataille soit livrée (la septième race de la septième ronde), lorsque la vie, le temps et le monde s'évanouiront et disparaîtront.

FRERE DE L'OMBRE

Nom donné par les occultistes aux sorciers, et particulièrement aux Dugpas tibétains (Bonnets Rouges), et il en existe un grand nombre dans la secte Bön. Le terme s'applique à tous ceux qui pratiquent la magie noire ou de main gauche. FREYA ou Frigga (scandin.). Dans l'Edda, Frigga est la mère de tous les dieux, comme Aditi l'est dans les Vedas. Elle est identique à la Frea nordique des Germains et dans son aspect inférieur on l'adorait comme la Mère Terre, celle qui nourrit tout. Elle siégeait sur son trône d'or formé de fils de lumière dorée, avec trois vierges divines comme servantes et messagères. Elle était occupée à filer des fils d'or pour récompenser les hommes bons. Elle est Isis et Diane tout en même temps, car elle est aussi Holda, la puissante chasseresse, et elle est Cérès-Déméter qui protège l'agriculture – la lune et la nature.

FYLFOT (scandin.)

L'arme de Thor, semblable au Svastika, ou la Jaïna, la croix à quatre pieds, ordinairement appelée le "Marteau de Thor". G G Septième lettre de l'alphabet anglais. En grec, chaldéen, syriaque, hébreu, assyrien, samaritain, étrusque, copte, dans les modernes romaïque (langue moderne des Grecs, N. du T.) et gothique, il occupe la troisième place de l'alphabet, tandis qu'en cyrillique, glagolithique (de glagol, le plus ancien alphabet slavon utilisé en Istrie et en Dalmatie autrefois, N. du T.), croate, russe, serbe et valaque, il occupe la quatrième. "Comme le mot anglais pour dieu, "god", commence par cette lettre (en syriaque, gad ; suédois, gud ; allemand, gott ; anglais, god ; perse, gada ; etc..., etc...) il y a une raison occulte à ceci que seuls les étudiants de la philosophie ésotérique et de la Doctrine Secrète – expliquée ésotériquement – comprendront à fond ; elle se rapporte aux trois logoï – le dernier, les Elohim, et leur émanation, l'androgyne Adam Kadmon. Tous ces peuples ont tiré le nom de "dieu" de leurs traditions respectives, échos plus ou moins clairs de la tradition ésotérique. Le langage parlé et le "Langage Silencieux" (l'écriture) sont un "don des dieux" disent toutes les traditions nationales, depuis le vieux peuple aryen au parler sanskrit qui prétend que son alphabet, le Devanâgari (Litt., langage des devas ou dieux) lui fut donné du ciel, jusqu'aux Juifs qui parlent d'un alphabet, ancêtre de celui qui a survécu, comme ayant été un symbolisme céleste et mystique donné aux Patriarches par les Anges. C'est pourquoi chaque lettre avait un sens multiple. Elle- même, symbole d'un être céleste et d'objets, elle était, à son tour, représentée sur terre par des objets semblables de correspondance dont la forme symbolisait l'allure de la lettre. La lettre que l'on étudie présentement, appelée en hébreu gimel et symbolisée par le long cou d'un chameau, ou mieux par un serpent dressé, est associée au troisième nom divin sacré, Ghadol ou Magnus (grand). Sa valeur numérique est quatre, elle représente le Tétragramme et la Tetraktys sacrée ; de là découle son caractère sacré. Pour d'autres peuples elle valait 400 et, surmontée d'un tiret, 400.000.

GABRIEL

Selon les Gnostiques, l' "Esprit" ou Christos, le "messager de vie", et Gabriel ne font qu'un. Le premier "est parfois appelé l'Ange Gabriel en hébreu "le puissant de Dieu", et chez les Gnostiques il prit la place du Logos, tandis que le Saint-Esprit était considéré comme un avec l'éon Vie (voir Irénœus I., XII). C'est pourquoi nous trouvons Théodoret disant (Dans Hoeret. Fab., II., VII) : – "Les hérétiques sont d'accord avec nous (chrétiens) au sujet du commencement de toutes choses..., mais ils disent qu'il n'y a pas qu'un seul Christ (Dieu), mais un en haut et l'autre en bas. Et ce dernier, autrefois demeurait chez beaucoup, mais le Jésus, ils disent à un moment qu'il provient de Dieu, à un autre ils l'appellent un Esprit". La philosophie ésotérique en donne la clef. L' "esprit" pour les Gnostiques était exotériquement une puissance féminine, c'était le rayon provenant du Manas supérieur, l'Ego, et ce que les ésotéristes appellent le kâma-manas ou l'égo personnel inférieur qui est rayonné en chaque personnalité humaine par l'Ego Supérieur ou Christos, le dieu en nous. Par conséquent ils étaient en droit de dire "il n'y a pas un seul Christ, mais un en haut et l'autre en bas". Tout étudiant de l'occultisme le comprendra, et aussi que Gabriel – ou "le puissant de Dieu" – est un avec l'Ego Supérieur. (Voir Isis Dévoilée).

GAFFARILLUS

Alchimiste et philosophe qui vécut au milieu du dix- septième siècle. C'est le premier philosophe connu qui affirme que tout objet naturel (par ex., les plantes, les créatures vivantes, etc...), lorsqu'il est brûlé, retient sa forme dans ses cendres et qu'il peut en être reconstitué. Cette prétention a été justifiée par l'éminent chimiste Du Chesne et après lui, Kircher, Digby et Vallemont se sont assurés du fait en démontrant que les formes astrales des plantes brûlées pouvaient être évoquées de leurs cendres. Une recette pour produire de tels fantômes astrals de fleurs est donnée dans l'ouvrage d'Œtinger, Thoughts on the Birth and Generation of Things. GAGANEŚVARA (sans.). "Seigneur du Ciel", un des noms de Garuda.

GAI-HINNOM (héb.)

Le nom de l'Enfer dans le Talmud.

GAMBATRIN (scandin.)

Le nom du "bâton magique" d'Hermodur dans l'Edda.

GAN-EDEN (héb.)

Egalement Ganduniyas. (Voir "Eden"). GANEŚA (sans.). Le Dieu de la Sagesse, à tête d'Eléphant, fils de Śiva. Il est identique à l'égyptien Thoth-Hermès, et à Anubis ou Hermanubis (V.). La légende le montre ayant perdu sa tête d'homme qui lui fut remplacée par celle d'un éléphant.

GANDAPADA (sans.)

Célèbre instructeur brâhmane, auteur de Commentaires sur le Sâmkhya Kârikâ, la Mândûkya Upanishad et autres ouvrages.

GANDHARA (sans.)

Note musicale de grand pouvoir occulte dans la gamme hindoue – la troisième de la gamme diatonique.

GANDHARVA (sans.)

Les choristes et musiciens célestes de l'Inde. Dans les Védas, ces divinités révèlent les secrets du ciel et de la terre ainsi que la science ésotérique aux mortels. Ils étaient commis à la garde de la plante sacrée Soma et de son jus, l'ambroisie bue dans le temple, et qui donne l'omniscience.

GANGA (sans.)

Le Gange, principal fleuve sacré de l'Inde. Son mythe offre deux versions : l'une relate que Gangâ (la déesse) s'étant transformée en fleuve s'écoule du gros orteil de Vishnu ; l'autre que le Gangâ tombe goutte à goutte de l'oreille de Śiva dans le lac Anavatapta, en sort par la bouche de la vache d'argent (gômukhi), traverse toute l'Inde orientale pour tomber dans l'océan méridional. M. Eitel remarque dans son Sanskrit Chinese Dictionary qu' "une superstition hérétique attribue aux eaux du Gange un pouvoir de purification des péchés". Ce n'est pas plus une "superstition", pourrait-on dire, que de croire que les eaux du baptême et le Jourdain ont un "pouvoir de purification des péchés".