Lexique Théosophique

Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.

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INITIE

Du latin Initiatus. Désignation de quiconque a été reçu dans les secrets et mystères soit de la Maçonnerie soit de l'occultisme, secrets qui lui ont été révélés. Aux temps antiques, ceux qui avaient été initiés à la connaissance secrète enseignée par les hiérophantes des Mystères. Et dans nos temps modernes ceux qui ont été initiés par la science des adeptes du savoir mystique dans la mystérieuse connaissance qui, en dépit du passage des âges, n'a encore sur terre qu'un très petit nombre de vrais sectateurs.

INNOCENTS

Un surnom donné aux initiés et cabalistes avant l'ère chrétienne. Les "Innocents" de Bethléhem et de Lud (ou Lydda) qui furent mis à mort par Alexandre Jannée, au nombre de plusieurs milliers (en 100 Av. J.C. ou vers cette date), ont donné naissance à la légende des 40.000 bébés innocents assassinés par Hérode à la recherche de l'enfant Jésus. Le premier est un petit fait historique mal connu, le second une fable, ainsi que l'a suffisamment prouvé Renan dans sa Vie de Jésus.

IRKALLA (chaldéen)

Dieu de l'Hadès, endroit que les Babyloniens appelaient "le pays non vu".

ISARIM (héb.)

Initiés esséniens. IŚATVA (sans.). Pouvoir divin.

ISHIM (chaldéen)

Les B'ne-Aleim, les "magnifiques fils de dieu", les originaux et prototypes des "anges déchus" postérieurs.

ISHMONIA (ar.)

Ville près de laquelle se trouve ensevelie dans le désert ce qu'on appelle la "cité pétrifiée." Des légendes font état de salles et de chambres souterraines immenses, de passages et de bibliothèques qui y sont cachées. Après le coucher du soleil, les Arabes en redoutent la proximité.

ISHTAR (chaldéen)

La Vénus babylonienne appelée "l'aînée du ciel et de la terre" ; elle est fille d'Anu, le dieu du ciel. C'est la déesse de l'amour et de la beauté. La planète Vénus, en tant qu'étoile du soir, est identifiée à Ishtar, et en tant qu'étoile du matin à Anunit, déesse des Akkadiens. Il existe une très remarquable histoire de sa descente dans l'Hadès, sur les 6ème et 7ème tablettes assyriennes en argile déchiffrées par feu G. Smith. Tout occultiste qui lit le récit de son amour pour Tammuz, assassiné par Izdubar, le désespoir de la déesse et sa descente à la recherche du bien- aimé à travers les sept portes de l'Hadès et finalement sa libération du sombre séjour, y reconnaîtra la belle allégorie de l'âme à la recherche de l'esprit.

ISIS

Issa en égyptien, la déesse vierge-mère, la nature personnifiée. En égyptien ou copte, Uasi, reflet féminin d'Uasar ou Osiris. C'est la "femme vêtue de soleil" de la terre de Chemi. Isis-Latone est l'Isis romaine.

ISRAEL (héb.)

Les Cabalistes d'Orient font dériver son nom d'Isaral ou Asar, le dieu-soleil. "Isra-el" signifie "luttant avec dieu" ; le "soleil se levant sur Jacob-Israel" signifie le dieu-soleil Isaral (ou Isar-el) luttant avec la matière et la fécondant, qui possède le pouvoir avec "Dieu et avec l'homme" et souvent l'emporte sur les deux. Esaü, Æsaou, Asu, est aussi le soleil. Esaü et Jacob, les jumeaux allégoriques, sont les emblèmes du principe double toujours en lutte dans la nature – le bien et le mal, les ténèbres et la lumière solaire – et le "Seigneur" (Jehovah) est leur antitype. Jacob-Israel est le principe féminin d'Esaü, comme Abel est celui de Caïn, tous les deux, Caïn et Esaü étant le principe mâle. C'est pourquoi, comme Malach-Iho, le "Seigneur", Esaü combat avec Jacob et ne l'emporte pas sur lui. Dans la Genèse XXXII, le dieu-soleil combat d'abord avec Jacob, lui brise la cuisse (symbole phallique) et est pourtant battu par son type terrestre – la matière ; et le dieu-soleil se dresse sur Jacob et sa cuisse en alliance. Tous ces personnages bibliques leur "Seigneur Dieu" y compris sont des symboles représentés en récits allégoriques. Ce sont les types de la Vie et de la Mort, du Bien et du Mal, de la Lumière et des Ténèbres, de la Matière et de l'Esprit dans leur synthèse, tous étant présentés sous leurs aspects opposés. IŚVARA (sans.). Le "Seigneur" ou le dieu personnel – esprit divin en l'homme. Litt., existence souveraine (indépendante). Titre donné à Śiva et à d'autres dieux en Inde.

ITHYPHALLIQUE (gr.)

Qualification des dieux mâles et hermaphrodites, tels que la Vénus barbue, Apollon en vêtements de femme, Ammon le générateur, Ptah embryonnaire, et ainsi de suite. Pourtant le phallus, tellement visible et, selon nos idées collet-monté, si indécent, était, dans les religions Indienne et Égyptienne, associé dans le symbolisme ancien, avec des notions bien plus pures que celles de la création sexuelle. Comme le montrent beaucoup d'orientalistes, il exprimait la résurrection, la sortie en vie de la mort, et même l'autre signification n'avait en soi rien d'indécent : – "Ces images symbolisent simplement d'une façon très expressive les forces créatrices de la nature sans intention obscène" écrit Mariette Bey qui ajoute, "ce n'est qu'une autre façon d'exprimer la génération céleste qui ferait entrer le défunt dans une nouvelle vie". Les Chrétiens et Européens en général s'en prennent durement aux symboles phalliques des anciens. Les dieux et déesses nus, et leurs emblèmes générateurs et leurs statues, ont des départements secrets qui leurs sont assignés dans nos musées : pourquoi alors adopter et préserver les mêmes symboles pour le Clergé et les Laïcs ? Les fêtes d'amour dans l'Église primitive – ses agapes – étaient aussi pures (ou impures) que les fêtes phalliques des païens. Les longues robes sacerdotales des Eglises romaine et grecque, et les longs cheveux portés dans cette dernière, les goupillons d'eau bénite et le reste, sont là pour montrer que le ritualisme chrétien a conservé de façon plus ou moins modifiée tout le symbolisme de l'Egypte antique. Quant au symbolisme de nature purement féminine, nous sommes contraints d'avouer qu'au regard de tout archéologue impartial, les toilettes à demi-nues des dames de la bonne Société sont bien plus suggestives du culte du sexe féminin que ne le sont les rangées de lampes en forme de yoni, allumées le long des chemins menant aux temples en Inde.

IU-KABAR ZIVO (gnosticisme)

Connu également comme NebatIavar-bar-Iufin-Ifafin, "Seigneur des Eons" dans le système nazaréen. C'est le procréateur (émanateur) des sept vies saintes (les sept Dhyân Chohans primordiaux, ou Archanges, chacun représentant une des vertus cardinales), et il est lui-même appelé la troisième vie (le troisième Logos). Dans le Codex on s'adresse à lui comme "au gouvernail et à la vigne de l'aliment de vie". Il est donc identique au Christ (Christos) qui dit : "Je suis la vraie vigne et mon père est le vigneron" (Jean xv. 1). Il est bien connu que le Christ est regardé par l'Eglise catholique romaine comme le "chef des Eons", et aussi comme Michel "qui est comme dieu". Telle était aussi la croyance des Gnostiques.

IURBO ADONAI

Terme gnostique, ou nom composé pour Iao- Jehovah, que les Ophites considéraient comme une émanation de leur Ilda- Baoth, fils de Sophia Achamoth – le dieu orgueilleux, ambitieux et jaloux et l'esprit impur, que beaucoup de sectes gnostiques regardaient comme le dieu de Moïse. "Iurbo est appelé par les Avortons (les Juifs) Adonaï" dit le Codex Nazarœus (vol. III., p. 13). "Avortons" et Avortés étaient des surnoms donnés aux Juifs par leurs adversaires gnostiques.

IWALDI (scandin.)

Le nain dont les fils fabriquèrent pour Odin la lance magique. Un des forgerons souterrains qui, avec d'autres gnomes, contribua à la fabrication d'un glaive enchanté pour Cheru le grand dieu de la guerre. Ce glaive à deux tranchants figure dans la légende de l'empereur Vitellius, qui le reçut du dieu, "pour se blesser lui-même", selon l'oracle d'une "femme sage", le négligea et fut finalement tué avec lui au pied du Capitole par un soldat germain qui avait dérobé cette arme. Le "sabre du dieu de la guerre" a une longue biographie, puisqu'il reparaît dans la biographie semi-légendaire d'Attila. Ayant épousé contre sa volonté Ildikd, la jolie fille du roi des Burgondes qu'il avait tué, son épouse obtient le glaive magique d'une mystérieuse vieille femme et avec lui tue le roi des Huns.

IZDUBAR

Nom d'un héros dans les fragments d'histoire et de théogonie chaldéennes sur ce qu'on appelle les tablettes assyriennes, qui ont été lues par feu George Smith et d'autres. Smith cherche à identifier Izdubar à Nemrod. Ceci peut être exact ou non, mais comme le nom de ce roi babylonien lui-même n' "apparaît" que comme Izdubar, son identification avec le fils de Cush peut aussi se révéler plus apparente que réelle. Les érudits ne sont que trop enclins à contrôler leurs découvertes archéologiques au moyen de texte que l'on trouve dans les livres de Moïse, beaucoup plus tardifs, au lieu de faire juste le contraire. Le "peuple élu" a eu tendance, à toutes les périodes de son histoire, à s'approprier le bien des autres. Depuis l'appropriation de l'ancienne histoire de Sargon, roi d'Akkad, et son application globale à Moïse (si c'est une réalité) plusieurs milliers d'années plus tard, jusqu'à leur "pillage" des Egyptiens, fait sous la direction et le conseil divin de leur Seigneur Dieu, tout le Pentateuque semble être fait de fragments mosaïques non reconnus, pris dans les écritures d'autres peuples. Cela aurait dû inspirer plus de prudence aux assyriologues, mais comme beaucoup d'entre eux appartiennent à la caste cléricale, ils ne sont que peu affectés par des coïncidences du genre de celle de Sargon. Une chose est certaine : Izdubar, quel qu'ait été son nom, est montré dans toutes les tablettes comme un puissant géant qui dominait en taille tous les autres hommes, comme un cèdre domine les broussailles – un chasseur, selon les légendes cunéiformes, qui combattait les lions, les tigres, les taureaux sauvages et les buffles, les animaux les plus formidables, et les détruisait. J J Dixième lettre des alphabets anglais et hébreu ; dans ce dernier elle équivaut également à y et à i, et numériquement elle est 10, le nombre parfait. (Voir Yod ou un, et aussi I).

JABALAS (sans.)

Etudiants de la partie mystique du Yajur Veda blanc.

JACHIN (héb.)

En lettres hébraïques IKIM, de la racine KUN "établir", et nom symbolique d'une des colonnes situées sous le porche du temple du roi Salomon. (w.w.w.). L'autre colonne était appelée Boaz et elles étaient respectivement blanche et rouge. Elles correspondent à plusieurs idées mystiques dont l'une est qu'elles représentent le manas double, ou les égos supérieur et inférieur ; une autre, en mysticisme slavon, rattache ces deux colonnes à dieu et au diable, au "DIEU BLANC" et au "DIEU NOIR" ou Byeloy Bog et Tchernoy Bog. (Voir "Jakin et Boaz" infra).

JACOBITES

Secte chrétienne de Syrie au VIème siècle (550) qui soutenait que le Christ n'avait qu'une seule nature et que la confession n'était pas d'origine divine. Ils avaient des signes secrets, des mots de passe et une initiation solennelle avec des mystères.

JADOU (hindi)

Sorcellerie, magie noire, enchantement.

JADOUGAR (hindi)

Sorcier ou magicien. JAGADDHATRI (sans.). Substance ; nom de la "nourrice du monde", désignation du pouvoir qui porta Krishna et son frère Balarâma en Devakî, le sein de leur mère. Titre de Sarasvatî et de Durgâ.

JAGAD-YONI (sans.)

Matrice du monde ; l'espace.

JAGAN-NATHA (sans.)

Litt., "Seigneur du Monde", titre de Vishnu. La grande image de Jagan-nâtha sur son char, habituellement prononcé et écrit Jagernath. L'idole est celle de Vishnu-Krishna. C'est à Purî, près de la ville de Cuttack, en Orissa, que se trouve l'important siège de son culte ; et deux fois par an, un nombre immense de pèlerins assistent aux fêtes de Snânayâtrâ et de Rathayâtrâ. Durant la première, la statue est baignée, et durant la seconde elle est placée sur un char, entre les statues de Balarâma le frère de Krishna, et de Subhadrâ sa sœur, et l'énorme véhicule est tiré par des dévots qui estiment que c'est un bonheur de mourir écrasés sous les roues du char.

JAGAT (sans.)

L'Univers.

JAGRAT (sans.)

Etat de veille de la conscience. Lorsqu'il est mentionné en philosophie yoguique, Jâgrata-avasthâ est la condition éveillée, une des quatre étapes de pranava dans les pratiques ascétiques en usage chez les yogins.

JAHNAVI (sans.)

Un des noms de Gangâ, ou le fleuve Gange. JAHVA ALHIM (héb.). Le nom qui dans la Genèse remplace "Alhim", ou Elohim, les dieux. Il est utilisé au chapitre Ier, alors qu'au chapitre II, le "Seigneur Dieu" ou Jéhovah entre en scène. En philosophie ésotérique et dans la tradition exotérique, Jahva Alhim (Java Aleim) était le titre du chef des Hiérophantes, et était l'initiateur dans le bien et le mal de ce monde au collège des prêtres connu sous le nom de Collège Aleim, au pays de Ganduniyas ou Babylonie. La tradition et la voix publique affirment que le chef du temple Fo-maïyu, appelé Foh-tchou (instructeur de la loi bouddhique), un temple situé dans les lieux sûrs des grands monts Kouen- lun (entre la Chine et le Tibet), enseigne une fois tous les trois ans sous un arbre appelé Sung-Mîn-Shû, ou l' "arbre de la connaissance et (l'arbre) de vie" qui est l'arbre Bo (Bodhi) de la Sagesse.

JAIMINI (sans.)

Un grand sage, disciple de Vyâsa, transmetteur et instructeur du Sâma Veda qu'il disait avoir reçu de son guru. C'est aussi le célèbre fondateur et auteur de la philosophie Pûrva Mîmâmsâ.

JAINAS (sans.)

Vaste corps religieux de l'Inde ressemblant au Bouddhisme mais l'ayant précédé de nombreux siècles. Ils prétendent que Gautama le Bouddha était disciple d'un de leurs Tîrthakaras, ou saints. Ils nient l'autorité des Védas et l'existence de tout dieu personnel suprême, mais croient en l'éternité de la matière, la périodicité de l'univers et l'immortalité du mental humain (manas) et aussi de celui des animaux. Secte extrêmement mystique.

JAKIN ET BOAZ (héb.)

Symbole cabalistique et maçonnique. Les deux colonnes de bronze (Jakin, mâle et blanc ; Boaz, féminine et rouge), fondues par Hiram Abiff de Tyr, appelé "le fils de la veuve", pour le prétendu temple (maçonnique) de Salomon. Jakin, qui était le symbole de la sagesse (hochmah), la seconde Sephira, et Boaz, celui de l'intelligence (binah) ; le temple, situé entre les deux, étant considéré comme kether, la couronne, le Père-Mère.

JALARUPA (sans.)

Litt., "corps ou forme d'eau". Un des noms de Makâra (le signe du Capricorne). C'est un des plus occultes et des plus mystérieux signes du Zodiaque ; il figure sur la bannière de Kâma, le dieu de l'amour, et est rattaché à nos égos immortels. (Voir la Doctrine Secrète).

JAMBLIQUE (gr.)

Grand théurge, mystique et écrivain des 3ème et 4ème siècles, Néo-platonicien et philosophe, né à Chalcis en Cœlésyrie (Syrie Creuse, entre les Monts du Liban, N. d. T.). Il n'y a jamais eu de biographie correcte de lui à cause de la haine des chrétiens ; mais ce qu'on a pu rassembler de sa vie dans des fragments isolés tirés d'ouvrages écrits par des auteurs impartiaux et indépendants, montre combien son caractère moral était excellent et saint, et son savoir étendu. On peut l'appeler le fondateur de la magie théurgique chez les Néo-platoniciens et celui qui avait fait revivre les mystères pratiques hors des temples et sanctuaires. Tout d'abord, son école fut distincte de celle de Plotin et de Porphyre, fortement adversaires de la magie cérémonielle et de la théurgie pratique parce que dangereuse, quoique, plus tard, il convainquit Porphyre de sa justification en certains cas, et tous deux, maître et élève, crurent fermement à la théurgie et à la magie, dont la première est certainement la façon la plus élevée et la plus efficace de communiquer avec son égo supérieur par l'intermédiaire de son propre corps astral. La théurgie est une magie bienveillante, et elle devient goëtique ou sombre et mauvaise seulement quand on en use pour la nécromancie ou à des fins égoïstes ; mais une telle magie ténébreuse n'a jamais été pratiquée par aucun théurge ou philosophe dont les noms nous sont parvenus non entachés d'une mauvaise action quelconque. Porphyre (qui devint l'instructeur de Jamblique en philosophie néo-platonicienne) en était tellement convaincu que, quoique ne pratiquant jamais la théurgie lui-même, il donna cependant des instructions pour l'acquisition de cette science sacrée. C'est ainsi qu'il dit dans un de ses écrits, "Quiconque est familier avec la nature des apparitions divinement lumineuses (Φασµατα) sait aussi pour quelle raison il est demandé de s'abstenir de tous les oiseaux (et de nourriture animale) et particulièrement pour celui qui se hâte vers la libération de tout ce qui est de nature terrestre pour être intégré aux dieux célestes". (Voir Select Works par Thomas Taylor, p. 159). De plus, le même Porphyre mentionne, dans sa Vie de Plotin, un prêtre d'Egypte qui "à la demande d'un certain ami de Plotin lui fit voir dans le temple d'Isis à Rome, le daimon familier de ce philosophe". En d'autres termes, il fit l'évocation théurgique (voir "Théurge") par laquelle l'hiérophante égyptien ou le mahâtma indien d'autrefois, pouvait recouvrir, son propre double astral, ou celui d'une autre personne, de l'apparition de son Ego Supérieur, ou ce que Bulwer Lytton appelle le "Soi Lumineux", l' "Augoeidès", et s'entretenir familièrement avec Lui. C'est ce que Jamblique et beaucoup d'autres, y compris les Rose-Croix médiévaux, entendaient par union avec la Divinité. Jamblique écrivit beaucoup d'ouvrages mais il n'en existe plus que quelques-uns, par exemple ses Mystères Egyptiens et un traité Sur les Esprits, dans lequel il condamne avec sévérité tous rapports avec eux. Il fut un biographe de Pythagore et en connaissait très bien le système ; il fut aussi versé dans les Mystères des Chaldéens. Il enseignait que l'Unique ou MONADE Universelle était le principe de toute unité aussi bien que de toute diversité, ou de l'homogénéité et de l'hétérogénéité ; que la duade, ou deux ("principes"), était l'intelligence, ou ce que nous appelons buddhi- manas ; que trois était l'âme (le manas inférieur), etc., etc. Il y a beaucoup d'idées théosophiques dans son enseignement, et ses œuvres sur les diverses espèces d'esprits (élémentals) sont une source de connaissance ésotérique pour l'étudiant. Ses austérités, la pureté de sa vie et sa conviction étaient grandes. On attribuait à Jamblique une lévitation à dix coudées au-dessus du sol, comme cela peut arriver à des yogins modernes, et même à de grands médiums.

JAMBU-DVIPA (sans.)

Une des principales divisions du globe dans le système purânique. Elle comprend l'Inde. Certains disent que c'était un continent – d'autres une île – ou l'une des sept îles (sapta dvîpa). C'est "l'empire de Vishnu". Dans son sens astronomique et mystique, c'est le nom de notre globe, séparé par le plan de l'objectivité des six autres globes de notre chaîne planétaire.

JAMIN (héb.)

Le côté droit de l'homme, jugé le plus digne. Benjamin signifie "fils du côté droit", c'est-à-dire testicule. (w.w.w.).

JANADEVAS (sans.)

Une certaine classe d'êtres célestes que l'on dit habiter Maharloka. Ce sont les régents de notre kalpa (cycle) et pour cela ils sont appelés kalpâdhikarins, ou Seigneurs des kalpas. Ils ne vivent qu'un unique Jour de Brahmâ.

JANAKA (sans.)

Un des rois de Mithilâ de la race solaire. Il fut un grand sage royal et il vécut vingt générations avant Janaka, père de Sîtâ, qui fut roi de Videha.

JANARDANA (sans.)

Litt., "l'adoré de l'humanité", un titre de Krishna.

JANARLOKA (sans.)

Le monde où les Munis (les Saints) sont supposés vivre après leur mort corporelle (voir les Purânas). C'est également une localité terrestre.

JAPA (sans.)

Pratique mystique de certains yogins. Elle consiste en la répétition de diverses formules magiques et de mantras.

JARA (sans.)

"Vieillesse" Nom allégorique du chasseur qui tua Krishna par erreur ; un nom qui montre la grande ingéniosité des Brâhmanes et le caractère symbolique des Ecritures Sacrées du monde en général. Comme le dit bien le Dr. Crucefix, Franc-Maçon de haut grade, "pour préserver le mysticisme occulte de leur ordre à l'égard de tout le monde, à l'exception de leur propre classe, les prêtres ont inventé des symboles et des hiéroglyphes pour incorporer des vérités sublimes".

JATAYU (sans.)

Fils de Garuda. Ce dernier est le grand cycle, ou mahâkalpa, symbolisé par l'oiseau géant qui servait de coursier à Vishnu et autres dieux, dans leur rapport avec le temps et l'espace. Jatâyu est appelé "le roi de la tribu emplumée" dans le Râmâyana. Pour avoir défendu Sîtâ enlevée par Râvana, le roi géant de Lankâ, ce dernier le tua. Jatâyu est également appelé le "roi des vautours".

JATI (sans.)

Les six (ésotériquement sept) conditions de l'existence sensible. Elles sont divisées en deux groupes : les trois sentiers supérieurs et les trois inférieurs. Au premier appartiennent les dévas, les asuras et les hommes (immortels), au second (dans les enseignements exotériques) les créatures en enfer, les pretas ou démons affamés et les animaux. Cependant dans l'explication ésotérique, les trois derniers sont les personnalités en kâma loka, les élémentals et les animaux. Le septième mode d'existence est celui des Nirmânakâyas (V.).

JAVIDAN KHIRAD (persan)

Ouvrage de préceptes moraux.

JAYAS (sans.)

Les douze grands dieux des Purânas qui négligent de créer l'homme, et sont donc condamnés par Brahmâ à la malédiction de la renaissance "dans chaque manvantara (racial) jusqu' au septième". Autre forme ou aspect des égos réincarnateurs.

JEBAL DJUDI (ar.)

La "montagne du Déluge des légendes arabes. Identique à l'Ararat, et la montagne babylonienne de Nizir où Xisouthros toucha terre avec son arche.

JESOD (héb.)

Fondation ; la neuvième des dix séphiroth, puissance active masculine, complétant les six qui forment le Microprosope. (w.w.w.).

JETZIRAH (héb.)

Voir "Yetzirah". JETZIRAH, Sepher ; ou Livre de la Création. Le plus occulte de tous les ouvrages cabalistiques actuellement en possession des mystiques modernes. L'origine qu'on lui attribue – d'avoir été écrit par Abraham, est bien évidemment une absurdité ; mais sa valeur intrinsèque est grande. Il se compose de six perakim (chapitres), subdivisés en trente-trois courtes mishnas ou sections ; il traite de l'évolution de l'univers dans un système de correspondances et de nombres. On y dit que la divinité a formé ("créé") l'univers au moyen des nombres "par trente deux sentiers (ou voies) de sagesse secrète" ; on fait correspondre ces voies aux vingt-deux lettres de l'alphabet hébreu et aux dix nombres fondamentaux. Ces dix sont les nombres primordiaux d'où procède tout l'univers, et ils sont suivis par les vingt-deux lettres divisées en trois mères, sept consonnes doubles et douze consonnes simples. Celui qui voudrait comprendre convenablement le système ferait bien de lire l'excellent petit traité sur le Sepher Jetzirah, du Dr. W. Wynn Wescott. (Voir "Yetzirah" et "Sepher Yetzirah").

JIGTEN GONPO (tibétain)

Un nom d'Avalokiteśvara, ou Chenresi- Padmapâni, le "Protecteur contre le Mal".

JISHNU (sans.)

"Chef des Armées Célestes", titre d'Indra, qui, dans la guerre entre les Dieux et les Asuras, conduisit l' "armée des Devas". C'est le "Michel, chef des Archanges" de l'Inde.

JIVA (sans.)

La Vie, en tant qu'Absolu également la monade ou "âtma-buddhi".

JIVANMUKTA (sans.)

Un adepte ou yogin qui a atteint l'état ultime de sainteté, et s'est séparé de la matière un Mahâtma ou Nirvânî, un "habitant de la félicité" et de l'affranchissement. Virtuellement, celui qui a atteint Nirvâna durant la vie. 2 Ne pas oublier que cet ouvrage fut publié en 1892 (N. d. T.)

JIVATMAN (sans.)

Ordinairement, la vie universelle UNIQUE ; mais également l'esprit divin dans l'homme.

JNANA (sans.)

La connaissance comme on comprend ce terme dans les sciences ésotériques ; Sagesse occulte.

JNANA BHASKARA (sans.)

Ouvrage sur Asuramâya, astronome et magicien atlante, ainsi que sur d'autres légendes préhistoriques.

JNANA DEVAS (sans.)

Litt."Les Dieux du savoir". La plus haute catégorie de dieux ou devas ; les fils "nés du mental" de Brahmâ et d'autres, y compris les mânasaputras (fils de l'intellect). Esotériquement nos Egos réincarnateurs.

JNANAM (sans.)

Identique à jnâna (V.). JNANA ŚAKTI (sans.). Le pouvoir de la véritable connaissance (intelligence), une des sept grandes forces de la Nature (six, exotériquement).

JNANENDRIYAS (sans.)

Les cinq voies de connaissance.

JNATA (sans.)

L'Ego cosmique ; l'Ame consciente et intelligente du Cosmos.

JORD

Chez les Germains du nord, la déesse de la Terre, identique à Nerthus et à la scandinave Freya ou Frigga. JORMUNGAND (scandin.). Un nom du serpent Midgard dans l'Edda, dont le frère est le loup Fenrir, et dont la sœur est l'horrible monstre Hel – les trois enfants de la fomentatrice du mal Loki et d'Angerboda (le porteur d'angoisse) – une géante redoutée. Le serpent mondain des Norses, le monstre engendré par Loki mais façonné par les émanations putrides continuelles provenant du corps tue du géant Ymir (la matière de notre globe), produit à son tour une émanation continuelle qui sert de voile entre le ciel et la terre, c'est la Lumière Astrale.

JOTUNHEIM (scandin.)

Le monde des Hrimthurses ou Géants de la Gelée.

JOTUNS (scandin.)

Les Titans ou géants. Mimir, qui enseigna la magie à Odin – le "trois fois sage" – était un Jotun.

JOUR DE BRAHMA

Période de 4.320.000.000 années pendant laquelle Brahmâ, ayant émergé de son œuf d'or (hiranyagarbha), crée et façonne le monde matériel (il est simplement la force fertilisante et créatrice de la nature). Après cette période, les mondes étant détruits tour à tour par le feu et par l'eau, il disparaît avec la nature objective et ensuite la Nuit de Brahmâ s'établit. JOYAUX, Les Trois Précieux. Dans le Bouddhisme du Sud, ce sont les livres sacrés, les bouddhas et le clergé. Dans le Bouddhisme du Nord et ses écoles secrètes, le Bouddha, ses enseignements sacrés et les Narjols (Bouddhas de Compassion).

JUL (scandin.)

La roue du soleil d'où vient Yuletide ("période de Noël" en anglais), qui était consacré à Freyer, ou Fro, le dieu-soleil, celui qui porte à maturité champs et fruits, admis plus tard dans le cercle des Ases. Comme dieu de la lumière solaire et des moissons fécondes, il vivait dans la demeure des Elfes de Lumière. JUPITER, (lat.). De la même racine que le grec Zeus, le plus grand dieu des anciens Grecs et Romains, aussi adopté par d'autres nations. Parmi bien d'autres, ses noms sont : (1) Jupiter-Aërios ; (2) Jupiter- Ammon d'Egypte ; (3) Jupiter Bel-Moloch, le Chaldéen ; (4) Jupiter- Mundus, Deus Mundus, "Dieu du Monde" ; (5) JupiterFulgur, "le Fulfurant", etc..., etc...