Lexique Théosophique

Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.

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MAGICIEN

Cette appellation, autrefois titre de renom et de distinction, en est arrivée à voir sa signification véritable complètement pervertie. Autrefois synonyme de tout ce qui était honorable et respectueux, de celui qui possédait savoir et sagesse, elle a été ravalée au rang d'épithète désignant celui qui est un simulateur et un escamoteur, bref un charlatan ou celui qui a "vendu son âme au diable", qui mésuse de son savoir et l'emploie à des usages vils et dangereux, si l'on en croit les doctrines du clergé et les dires d'une foule de fous superstitieux qui croient que le magicien est un sorcier et un "Enchanteur". Le mot dérive de Magh, Mah, en sanskrit Mahâ – grand ; un homme bien versé dans les connaissances ésotériques. (Isis Dévoilée).

MAGIE BLANCHE (La)

ou dite "Magie Bienfaisante" est la magie divine, dépourvue d'égoïsme, d'amour du pouvoir, d'ambition ou de lucre ; elle s'applique seulement à faire le bien au monde en général, et à son voisin en particulier. La plus petite tentation en vue d'utiliser ses pouvoirs anormaux pour sa propre satisfaction change l'utilisation des dits pouvoirs en sorcellerie ou magie noire.

MAGIE NOIRE (occultisme)

Sorcellerie ; nécromancie ou évocation des morts et autres abus égoïstes de pouvoirs anormaux. Cet abus peut être involontaire : cependant c'est encore de la "magie noire" que le fait de produire quoi que ce soit de phénoménal et simplement pour sa satisfaction personnelle.

MAGNA MATER (lat.)

"Grande Mère". Titre que l'on donnait dans les temps anciens à toutes les grandes déesses des nations, telles Diane d'Ephèse, Isis, Mout, et bien d'autres encore.

MAGNES

Expression utilisée par Paracelse et les théosophes médiévaux. C'est l'esprit de la lumière, ou Akâśa. Mot très employé par les Alchimistes médiévaux. MAGNETIQUE, Maçonnerie. Egalement nommée maçonnerie Iatrique. On la décrit comme une Fraternité de Guérisseurs (du mot grec iatrikê dont la signification est "art de guérir"), et ainsi que l'affirme Kenneth Mackenzie dans sa Royal Masonic Cyclopœdia, elle est beaucoup utilisée par les "Frères de la Lumière". Il semble qu'on trouve une tradition dans certains ouvrages maçonniques secrets – c'est du moins ce qu'affirme Ragon, cette grande source de savoir maçonnique – suivant laquelle il aurait existé un degré maçonnique nommé l'Oracle de Cos "institué au 18ème siècle de notre ère, provenant du fait que Cos était le lieu de naissance d'Hippocrate". Le iatrikê était une caractéristique distincte des prêtres qui se chargeaient des patients dans les antiques Asclepia, les temples où, disait-on, le dieu Asclépios(Esculape) guérissait les malades et les boiteux.

MAGNETISME

Une force à l'œuvre, dans la nature et dans l'homme. Lorsqu'elle est en action dans la nature, c'est un agent qui provoque les phénomènes divers d'attraction, de polarité, etc…Lorsque c'est chez l'homme qu'elle agit, elle devient le magnétisme"animal", par contraste avec le magnétisme cosmique et terrestre.

MAGNUM OPUS (lat.)

En alchimie, c'est l'accomplissement final, le "Grand Travail", ou Grand Œuvre, la production de la "Pierre Philosophale" et de l' "Elixir de Vie" qui, bien que n'étant pas un mythe comme voudraient le prétendre certains, et il s'en faut de beaucoup, doit cependant être accepté symboliquement, et comme tel il est chargé de sens mystiques.

MAGNÉTISME ANIMAL

Alors que la science officielle le nomme agent "présumé" et en rejette complètement la réalité, les foules innombrables de l'Antiquité et des nations asiatiques actuelles, ainsi que les occultistes, les théosophistes, les spirites, et les mystiques de tout genre et de toute désignation, déclarent qu'il est un fait bien établi. Le magnétisme animal est un fluide, une émanation. Certaines personnes peuvent l'émettre à des fins curatives par les yeux et le bout des doigts, tandis que tous les autres êtres créés, l'humanité, les animaux et même tout objet inanimé, l'émanent soit comme aura, soit comme lumière changeante et ce, qu'ils le fassent consciemment ou non. Lorsqu'on l'utilise par contact avec un patient ou par la volonté d'un opérateur humain, on l'appelle "Mesmérisme". (V).

MAGUS (lat.)

Dans le Nouveau Testament, ce mot signifie Sage : l'homme sage des Chaldéens. En anglais on l'utilise souvent pour désigner un magicien, tout faiseur de prodiges. Dans la Société Rosicrucienne, il est un titre de ses membres qui ont atteint le degré le plus élevé, le IXème grade ; le Suprême Magus est le Chef de l' "Ordre-à-l' Extérieur" ; les Mages de l' "Intérieur" sont inconnus excepté de ceux qui possèdent le VIIIème grade.(w w w ).

MAHA CHOHAN (sans.)

Chef d'une hiérarchie spirituelle ou d'une école d'occultisme ; le primat des mystiques trans-himalayens.

MAHA DEVA (sans.)

Litt., "grand dieu" titre de Śiva.

MAHA GURU (sans.)

Litt., "grand instructeur". L'Initiateur.

MAHA KALPA (sans.)

"Grand Age".

MAHA MANVANTARA (sans.)

Litt., le grand intermède entre les "Manus". Période d'activité universelle. Manvantara veut simplement dire ici une période d'activité, lorsqu'il est mis en opposition au Pralaya, ou repos – sans référence aucune à la durée du cycle.

MAHA MAYA (sans)

La grande illusion de la manifestation. Cet univers et tout ce qu'il contient, considéré sous l'angle de leur mutuelle relation, est appelé la grande illusion ou Mahâ mâyâ. C'est également le titre usuel donné à la Mère Immaculée de Gautama Bubbha – Mâyâdevî, ou "Grand Mystère", ainsi que la nomment les mystiques.

MAHA PARINIBBANA (pâli)

L'une parmi les plus autorisées des écritures sacrées des Bouddhistes.

MAHA PRALAYA (sans.)

L'opposé du Mahâ Manvantara ; littéralement la "grande dissolution", la "Nuit" qui suit le "Jour de Brahmâ". C'est le grand repos ou sommeil de toute la nature après une période d'active manifestation ; les chrétiens orthodoxes s'y réfèreraient comme à la "Destruction du Monde".

MAHA RAJIKAS (sans.)

Une gana ou classe de dieux au nombre de 236. Dans les enseignements ésotériques, on nomme ainsi certaines forces. MAHA ŚUNYATA (sans.). L'espace ou la loi éternelle ; le grand vide ou chaos.

MAHA TALA (sans.)

Un certain enfer.

MAHA VIDYA (sans.)

La grande science ésotérique. Les plus hauts Initiés seuls sont en possession de cette science universelle

MAHA YOGIN (sans.)

Le "grand ascète". Titre de Śiva.

MAHA YUGA (sans.)

La somme totale des quatre Yugas, ou âges, de 4.320.000 années solaires. Un "Jour de Brahmâ" dans le système brahmmani ; littéralement "le grand âge".

MAHA-BUDDHI (sans)

Mahat. L'Ame intelligente du monde. Les sept Prakritis ou sept "natures" ou plans, sont comptés depuis Mahâ- buddhi vers le bas.

MAHABHARATA (sans.)

Litt., "grande bharâtiade" ou "grande bataille des Bharatas". Le célèbre poème épique de l'Inde (probablement le plus long poème du monde) qui comprend à la fois le Râmâyana et la Bhagavad Gîtâ, le "Chant Céleste". Il n'y a pas deux orientalistes qui soient d'accord sur sa date. Mais il est indéniable qu'il est extrêmement ancien.

MAHABHARATA (Période du)

5.000 ans Av. J.C., selon les meilleurs commentateurs hindous et Svami Dayanand Sarasvati.

MAHABHASHYA (sans.)

Le grand commentaire de Patanjali sur la grammaire de Pânini.

MAHABHUTAS (sans.)

Les principes élémentaires grossiers de la matière.

MAHABUTIQUE (sans.)

Qui appartient aux principes macrocosmiques.

MAHAKALA (sans.)

"Temps Universel". Nom de Śiva dans sa fonction de "Destructeur", et de Vishnu dans celle de "Préservateur".

MAHAR LOKA (sans.)

Région où habitent les Munis ou "Saints" durant le Pralaya, d'après les récits purâniques. C'est la demeure habituelle de Bhrigu, un Prajâpati (ancêtre) et un Rishi, un des sept dont il est dit qu'ils sont co-existants avec Brahmâ. MAHASURA (sans.) Le grand Asura ; exotériquement Satan, ésotériquement le grand dieu.

MAHARAJAH (Les Quatre)

(sans). Les quatre grandes divinités karmiques chez les Bouddhistes du Nord, placées aux quatre points cardinaux pour veiller sur l'humanité.

MAHAT (sans.)

Litt., "grand", et par extension "le grand être". Le premier principe de l'Intelligence Universelle et de la Conscience. Dans la philosophie purânique, c'est le premier produit de la nature racine ou Pradhâna (identique à Mûlaprakriti), le producteur de Manas, le principe pensant, et d'Ahamkâra, égotisme ou sentiment du "Je suis Je" (dans le manas inférieur).

MAHATMAN (sans.)

Litt., "grande âme". Adepte du plus haut rang. Ce sont des êtres exaltés qui, étant parvenus à la maîtrise de leurs principes inférieurs, vivent ainsi sans aucun obstacle en provenance de "l'homme de chair", et sont en possession du savoir et de la puissance proportionnée au stade qu'ils ont atteint dans leur évolution spirituelle. En pâli, on les appelle Rahats et Arhats.

MAHATMYA (sans.)

"Magnanimité" et aussi "position élevée" ; appellation distinctive pour un sanctuaire ou tout endroit sacré.

MAHATOVARAT (sans.)

Employé pour Parabrahman ; plus grand que la plus grande des sphères.

MAHATTATTVA (sans.)

La première des sept créations respectivement nommées dans les Purânas – Mahattattva, Chûta, Indriya, Mukhya, Tiryakśrotas, Urdhvaśrotas et Arvâkśrotas.

MAHAVANSO (pâli)

Ouvrage bouddhique d'histoire rédigé par le bhikshu Mohânâma, l'oncle du roi Dhatusma, qui fait autorité en matière d'histoire du Bouddhisme et de sa propagation dans l'île de Ceylan.

MAHAYANA (pâli)

Une école ; Litt., "le grand véhicule". Système mystique fondé par Nâgârjuna. Les ouvrages de cette école furent rédigés au 2ème siècle avant notre ère.

MAHORAGA (sans.)

Mahâ uraga, "grand serpent" – Śesha ou n'importe quel autre.

MAITREYA BUDDHA (sans.)

Identique au Kalki Avatâr de Vishnu (l'Avatâr du "Cheval Blanc"), à Sosiosh et aux autres Messies. La seule différence réside dans les dates de leurs apparitions. Ainsi, alors que l'on s'attend à ce que Vishnu apparaisse sur son cheval blanc à la fin du présent âge de Kali Yuga "en vue de la destruction finale du méchant, du renouvellement de la création et la restauration de la pureté", Maitreya est attendu plus tôt. L'enseignement exotérique ou populaire présente de légères variantes avec la doctrine ésotérique et affirme que Śâkyamuni (Gautama Buddha) lui rendit visite en Tushita (une demeure céleste) et le chargea d'en sortir et de se rendre sur terre comme son successeur à l'expiration des cinq mille ans qui suivraient sa mort (celle du Bouddha). Ceci devrait se passer dans moins de 3.000 ans. La philosophie ésotérique enseigne que le prochain Bouddha apparaîtra dans le courant de la septième (sous) race de cette Ronde. C'est un fait que Maitreya fut un partisan du Bouddha, un Arhat bien connu, quoiqu'il ne fût pas son disciple direct et qu'il fût le fondateur d'une école ésotérique de philosophie. Ainsi que Eitel le montre (Sanskrit Chinese Dictionary) "des statues en son honneur furent érigées à une époque aussi ancienne que 350 avant notre ère".

MAKARA (sans.)

"Le Crocodile". En Europe, le Capricorne lui est similaire : le dixième signe du Zodiaque. Esotériquement une classe mystique de Devas. Chez les Hindous, il est le véhicule de Varuna, dieu de l'eau.

MAKARA KETU (sans.)

Nom de Kâma, dieu hindou de l'amour et du désir. MAKARAM ou Panchâkâram (sans.). Dans la symbologie occulte, c'est un pentagone, une étoile à cinq pointes, les cinq membres ou les cinq extrémités de l'homme. Très mystique.

MAKARAS (sans.)

Les cinq Ms des Tântrikas. (Voir "Tantra").

MALACHIM (héb.)

Messagers ou anges.

MALKUTH (héb.)

Le royaume : la dixième Sephira, correspondant à l'H (hé) final du Tétragramme ou IHVH. C'est la Mère Inférieure, la Fiancée du Macroprosope (V.), aussi appelée la "Reine". Dans un sens, c'est la Shekinah. (w.w.w.).

MAMITU (chaldéen)

La déesse du Destin ; sorte de Némésis.

MANA PURUSHA (sans.)

Suprême ou Grand Esprit ; titre de Vishnu

MANAS (sans.)

Litt., "le mental", la faculté intellectuelle qui fait de l'homme un être intelligent et moral, et le distingue du simple animal ; synonyme de Mahat. Esotériquement, cependant, il signifie, lorsqu'il ne possède aucun qualificatif, l'Ego Supérieur ou le Principe conscient qui se réincarne dans l'homme. Lorsqu'il possède un qualificatif, les Théosophistes l'appellent Buddhi-Manas ou Ame Spirituelle par opposition à sa réflexion humaine – Kâma-Manas. MANAS, Kâma (sans.). Litt., "le mental du désir". Chez les Bouddhistes, c'est le sixième des Shadâyatanas (V.), ou six organes de la connaissance, d'où le plus élevé de ceux-ci, synthétisés par le septième appelé.Klishta, la perception spirituelle de ce qui souille ce Manas (inférieur), ou "âme humaine-animale", comme les occultistes la désignent. Tandis que le Manas Supérieur, ou Ego, est directement relié à Vijnâna (le 10ème des 12 Nidânas) – qui est la connaissance parfaite de toutes les formes de connaissance, qu'elles se rapportent soit à un objet soit à un sujet dans l'enchaînement nidânique de causes et d'effets – le manas inférieur, c'est-à-dire le Kâmamanas, n'est qu'un des Indriyas ou organes (racines) des Sens. On ne peut dire ici que très peu de choses du double Manas parce que la doctrine qui en traite n'est correctement présentée que dans les ouvrages ésotériques. En faire mention ne peut ainsi qu'être fait très superficiellement.

MANAS SAMYAMA (sans.)

La concentration parfaite du mental, et son contrôle, au cours des pratiques du Yoga.

MANAS TAIJASI (sans.)

Litt., le Manas "radieux" ; une condition de l'Ego Supérieur que seuls les plus grands métaphysiciens sont capables de réaliser et de comprendre. MANASA ou manasvin (sans.). "L'effusion du mental divin" que l'on commente comme voulant signifier que cette effusion désigne le mânasa ou les fils divins de Brahmâ-Virâj. Nîlakantha qui est à la source de cette affirmation explique plus loin le terme manomâtraśarîra. Dans une autre version, ces Mânasas sont les Arûpa ou fils incorporels de Prajâpati Virâj. Mais comme Arjuna Miśra identifie Virâj avec Brahmâ, et comme Brahmâ est Mahat, le mental universel, le voile exotérique devient intelligible. Les Pitris sont identiques aux Kumâras, aux Vairâjas, aux Mânasaputras (fils du mental), et sont finalement identifiés avec les "Egos" humains. Les Mânasas dotèrent l'humanité du manas ou intelligence, l'EGO immortel dans l'homme. (Voir "Manas"). MANASA DHYANIS (sans.). Les plus grands Pitris dans les Purânas, les Agnishvâttas – ou Ancêtres Solaires de l'Homme – ceux qui firent de l'Homme un être raisonnable, en s'incarnant dans les formes dénuées de sens des hommes de la troisième race à la contexture charnelle semi- éthérique (Voir Doctrine Secrète, Vol. III.).

MANASASAROVARA (sans.)

Prononcé phonétiquement Mansoravara. Lac sacré au Tibet, dans les Himâlayas, appelé également Anavatapta. Mânasasarovara est le nom de la divinité tutélaire de ce lac et les croyances populaires affirment qu'elle est un nâga, un "serpent". Ceci, traduit ésotériquement, désigne un grand adepte, un sage. Pour les Hindous, ce lac est le grand centre d'un pèlerinage annuel ; on prétend également que les Védas auraient été écrits sur ses rives.

MANAVA (sans.)

Territoire de l'Inde ancienne ; Kalpa ou cycle. Nom d'une arme utilisée par Râma ; veut dire "de Manu" comme dans... (voir l'article suivant). MANAVA DHARMA ŚASTRA... (qui) est l'ancien code de lois de Manu ou promulguées par lui.

MANDAKINI (sans.)

La Gangâ céleste ou Gange.

MANDALA (sans.)

Un cercle ; également les dix divisions des Védas.

MANDARA (sans.)

Dans les Purânas, la montagne que les dieux utilisèrent comme trique pour baratter l'océan de lait.

MANDRAGORE (gr.)

Plante dont les racines ont la forme humaine. En occultisme, les magiciens noirs l'utilisent à de nombreuses fins illicites, et quelques occultistes de la "main gauche" en font des homunculi. En anglais on l'appelle communément mandrake, et on suppose qu'elle crie lorsqu'on l'extrait du sol. MANES ou Mânes (lat.). "Dieux" bienveillants, c'est-à-dire "spectres" du monde inférieur (kâmaloka) ; ombres divinisées du mort du profane de l'Antiquité – et revenants "matérialisés" des spirites modernes, que l'on prit pour les âmes des défunts alors que, en vérité, ils étaient seulement leurs coques vides ou images.

MANICHÉENS (lat.)

Secte du troisième siècle dont les membres croyaient en deux éternels principes du bien et du mal, le premier fournissant les âmes à l'humanité, et le second ses corps. Cette secte fut fondée par un semi-chrétien, un certain Manès, qui se déclara publiquement comme le "Consolateur" attendu, le Messie et le Christ. Bien des siècles plus tard, après l'extinction de la secte, une Fraternité naquit dont les membres se nommaient "Manichéens" ; cette fraternité, à caractère maçonnique, avait plusieurs degrés d'initiation. Les idées de ces Manichéens étaient d'ordre cabalistique ; mais ils furent incompris.

MANJUSRI (tibétain)

Dieu de sagesse. Dans la philosophie ésotérique, un certain Dhyân Chohan.

MANO (gnosticisme)

Le Seigneur de Lumière. Rex Lucis, dans le Codex Nazarœus. Il est la Seconde "Vie" de la deuxième trinité ou trinité manifestée, "la vie et la lumière célestes, et plus ancien que l'architecte du ciel et de la terre" (Codex Naz., Vol. I, p. 145). Ces trinités se présentent ainsi : – le suprême Seigneur de splendeur et de lumière, lumineux et resplendissant, devant qui nul autre n'existe, est nommé Corona (la Couronne) ; le Seigneur Ferho, la vie non révélée qui existait dans le premier (Corona) de toute éternité ; et le Seigneur Jourdain – l'esprit, l'eau vivante de la grâce (Ibid. II., pp. 45-51). Il est le seul au moyen duquel nous pouvons être sauvés. Ces trois constituent la trinité in abscondito. La seconde trinité est composée des trois vies. La première est à la ressemblance du Seigneur Ferho, duquel elle provient ; et ce second Ferho est le Roi de Lumière – Mano. La seconde vie est Ish Amon (le Plérôme), le vase d'élection contenant la pensée visible de Jordanus Maximus – le type (ou sa réflexion intelligible), le prototype de l'eau vivante, qui est le "Jourdain spirituel" (Ibid., II, p. 211). La troisième vie, qui est le produit des deux autres, est ABATUR (Ab, le Parent ou le Père). Ceci est le mystérieux et décrépit "Vieillard des Vieillards", l'antique "Senem sui obtegentem et grandœvum mundi". Cette dernière vie, la troisième, est le Père du Démiurge Fétahil, le Créateur du Monde, que les Ophites nomment Ilda-Baoth (V.), bien que Fétahil soit le seul engendré, la réflexion du Père, Abatur, qui l'engendre en regardant dans l' "eau ténébreuse". Sophia Achamoth engendre également son fils Ilda-Baoth, le Démiurge, en regardant dans le chaos de la matière. Mais le Seigneur Mano, le "Seigneur de Sublimité, le Seigneur de tous les Génies", est plus élevé que le Père dans ce Codex cabalistique – l'un est purement spirituel, l'autre matériel. Ainsi, par exemple, tandis que celui qui est le seul engendré d'Abatur est le génie Fétahil, le créateur du monde physique, le Seigneur Mano, le "Seigneur d'Elévation", qui est fils de Celui qui est "le Père de tous ceux qui prêchent l'Evangile", produit également un "fils unique", le Seigneur Lehdaio, un "Seigneur Juste". Il est le Christos, l'oint qui répand la "grâce" de l'invisible Jourdain, l'Esprit de la couronne la plus élevée (pour informations complémentaires, voir Isis Dévoilée, Vol. III, pp. 254 et suivantes).

MANODHATU (sans.)

Litt., le "Monde du Mental", signifiant non seulement toutes nos facultés mentales, mais également l'une des divisions du plan de l'intellect. Chaque être humain possède son Manodhâtu ou plan de la pensée, proportionné au degré de son intelligence et de ses facultés mentales, au delà duquel ce n'est que par l'étude et le développement de ses facultés spirituelles supérieures qu'il peut accéder à l'une des sphères supérieures de la pensée.