Lexique Théosophique

Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.

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2 222 notices

MLECHCHHAS (sans.)

Hors castes. Nom donné à tous les étrangers et à ceux qui ne sont pas Aryens.

MNEVIS (égypt.)

Le taureau Mnévis, fils de Ptah et symbole du dieu- soleil Râ, de même qu'Apis était supposé être Osiris sous la forme du taureau sacré. Sa demeure se trouvait à Héliopolis, la Cité du Soleil. Il était noir et portait sur ses cornes l'uræus sacré et le disque.

MOBEDS (Zende)

Prêtres parsis ou zoroastriens.

MOIRES (gr.)

Identique au latin Fatum – destin, destinée ; pouvoir qui gouverne les actions, les souffrances, la vie et les luttes humaines. Mais ceci n'est pas Karma : c'est seulement une de ses forces d'exécution.

MOKSHA (sans.)

La "Délivrance". Identique à Nirvâna ; un état post- mortem de repos et de béatitude de l' "Ame-pèlerin".

MOMIE

Nom donné aux corps humains embaumés et conservés selon l'antique méthode égyptienne. L'exécution de la momification est un rite d'une extrême antiquité sur la terre des Pharaons, et on la considérait comme l'une des cérémonies les plus sacrées était, de plus, une opération qui dénotait un savoir considérable en chimie et en chirurgie. Des momies vieilles de 5.000 ans et plus réapparaissent parmi nous aussi conservées et fraîches que lorsque pour la première fois elles sortirent des mains des Parashistès.

MONADE (gr.)

L'unité, l'un, mais en occultisme ce mot désigne souvent la triade unifiée Atma-Buddhi-Manas, ou la duade, Atma-Buddhi, cette partie immortelle dans l'homme qui se réincarne dans les règnes inférieurs, et qui graduellement s'achemine à travers eux jusqu'à l'homme et ensuite jusqu'au but final – Nirvâna.

MONAS (gr.)

Identique au mot Monade ; "le Seul" – une unité. Dans le système de Pythagore, la duade émane de la Monas plus sublime et solitaire, qui est ainsi la "Cause Première". MONDAIN, Œuf ou Arbre, ou tout autre espèce d'objet symbolique dans les Mythologies du monde. Meru est une "Montagne Mondaine" ; l'Arbre Boddhi, ou Ficus Religiosa, est l'arbre mondain des Bouddhistes tout comme l'Ygdrasil est l'arbre mondain des Scandinaves ou Nordiques.

MONDE

Utilisé comme préfixe pour montagnes, arbres, etc..., il dénote une croyance universelle. Ainsi la "Montagne du Monde" des Hindous était le Meru. Comme il est dit dans Isis Dévoilée : "...on doit considérer que toutes les montagnes du monde et les œufs mondains, les arbres mondains, les serpents et les piliers mondains, renferment des vérités en philosophie naturelle scientifiquement démontrées. Toutes ces montagnes contiennent, avec des variantes insignifiantes, la description allégorique de la cosmogonie primitive ; les arbres mondains représentent l'évolution postérieure de l'esprit et de la matière ; les serpents et les piliers mondains, les rappels symboliques des divers attributs de cette double évolution dans sa corrélation sans fin avec les forces cosmiques. Dans les solitudes mystérieuses de la montagne – matrice de l'univers – les dieux (puissances) préparent les germes atomiques de la vie organique, et, en même temps, le breuvage de vie qui, une fois goûté, éveillera dans l'homme-matière, l'homme-esprit. Le Soma, le breuvage sacrificiel des hindous, est cette boisson sacrée. En effet lors de la création de la prima materia, tandis que ses parties les plus grossières étaient employées pour le monde physique embryonnaire, son essence plus divine pénétrait l'univers, pénétrait invisiblement le nouveau-né et l'enfermait dans ses vagues éthérées, développait et stimulait son activité, au fur et à mesure que, lentement, il sortait de l'éternel chaos. De cette poésie des conceptions abstraites, ces mythes mondains passèrent graduellement aux images concrètes des symboles cosmiques, telles que l'archéologie les retrouve aujourd'hui (Isis Dévoilée, Vol. I., 228.). Un autre préfixe encore plus usuel pour tous ces objets est "mondain". (Voir "Œuf Mondain", "Arbre Mondain", et "Ygdrasil").

MONDES

Les Quatre. Les Cabalistes reconnaissent Quatre Mondes d'Existence, savoir : – Atziluth ou archétypal ; Briah ou créateur, la première réflexion du plus élevé : Yetzirah ou formateur ; et Assiah, le monde des Coques ou Klippoth, et l'univers matériel. L'essence de la Divinité se manifeste d'abord dans le Monde Atziluthique en se concentrant dans les Sephiroth, et les réflexions de ces dernières sont produites successivement dans chacun des quatre plans, avec une diminution graduelle de l'éclat et de la pureté, jusqu'à ce que le monde matériel soit atteint. Quelques auteurs nomment ces quatre plans les Mondes Intellectuel, Moral, Sensuel et Matériel. (w.w.w.). MONDES INFERIEURS et SUPERIEURS. Les occultistes et les cabalistes sont d'accord pour diviser l'univers en mondes supérieurs et inférieurs, les mondes de l'Idée et les mondes de la Matière. "Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut", affirme la philosophie hermétique. Ce monde inférieur est formé d'après son prototype – le monde supérieur ; et "chaque chose dans l'inférieur n'est que l'image (une réflexion) du supérieur". (Zohar, II., folio 20a).

MONOGENES (gr.)

Litt., "l'unique engendré" ; un nom appliqué à Proserpine et à d'autres dieux et déesses. MORIAH, Mont. Selon la Tradition, le site du premier temple du roi Salomon à Jérusalem. C'est vers cette montagne qu'Abraham se rendit pour offrir Isaac en sacrifice. MORT, Baiser de la. Selon la Cabale, le disciple sérieux ne meurt pas du pouvoir du mauvais esprit, Yetzer-ha-Rah, mais du baiser de la bouche de Jehovah Tétragrammaton, alors qu'il le rencontre dans le Haïkal Ahabah ou Palais d'Amour. (w.w.w.). MORYA ou MAURYA (sans.). Une des maisons royales bouddhiques de Magadha, à laquelle appartenaient Chandragupta et Aśoka son petit- fils ; c'est aussi le nom d'une tribu rajput.

MOT (phénicien)

Identique à Ilus, boue, chaos primordial ; mot employé dans la cosmogonie tyrrhénienne (Voir "Suidas"). MOUT ou Mouth (égypt.). Déesse-mère ; la déesse primordiale, car dit-on, tous les dieux sont nés de Mouth". Astronomiquement, la lune.

MU (senzar)

Le mot mystique (ou plutôt une partie de celui-ci) dans le Bouddhisme du Nord. Au cours des pratiques de Yoga, il signifie, lorsqu'il est utilisé, "la destruction de la tentation.

MUDRA (sans.)

Appelé le sceau mystique. Système de signes occultes que l'on produit avec les doigts. Ces signes imitent les anciens caractères sanskrits chargés de pouvoir magique. D'abord employés dans l'école Yogâchârya du Bouddhisme du Nord, ils furent plus tard adoptés par les Tântrikas hindous, mais souvent mésusés par eux à des fins de magie noire. MUKTA & MUKTI (sans.). Libération de la vie sensible ; celui qui est béatifié ou délivré ; un candidat à Moksha ; délivrance de la chair et de la matière, ou de la vie sur cette terre. MULAPRAKRITI (sans.). La racine parabrahmique ; le principe divin, féminin et abstrait – la substance indifférenciée. Akâśa. Littéralement, "la racine de la nature" (prakriti) ou matière.

MULIL (chaldéen)

Nom du Bel chaldéen.

MULUK-TAOOS (ar.)

Vient de Maluh, "le Gouverneur", forme tardive pour Moloch, Melek, Malayak et Malachim, "messagers", anges. C'est la Divinité adorée par les Yezidis, une secte de Perse, aimablement appelée par la théologie chrétienne "adorateurs du diable", sous la forme d'un paon. Le Seigneur "Paon" n'est pas Satan, ni le diable, car il est simplement le symbole de la Sagesse aux cent yeux ; de l'oiseau de Sarasvatî, la déesse de Sagesse ; de Kârttikeya le kumâra ; du célibataire vierge des Mystères de Junon, et de tous les dieux et déesses en rapport avec le savoir secret.

MUMUKSHATVA (sans.)

Le désir de la délivrance (de la réincarnation et des servitudes de la matière).

MUNDAKYA UPANISHAD (sans.)

Litt., la "doctrine ésotérique Mundaka", une œuvre de grande antiquité. Elle a été traduite par Râja Ram Mohun Roy.

MUNIS (sans.)

Saints, ou Sages.

MUR GARDIEN

Nom évocateur donné d'une manière collective à l'armée des adeptes enlevés au ciel (Narjols) ou Saints, qui sont censés veiller sur l'humanité, l'aider et la protéger. C'est la doctrine dite "Nirmânakâya" dans le Bouddhisme mystique du Nord (Voir "La Voix du Silence", partie III).

MURARIPU (sans.)

Epithète de Krishna ou Vishnu ; Litt., l'ennemi de Mura – un Asura.

MURTI (sans.)

Forme, ou signe, ou même visage, par exemple dans "Trimûrti", les "trois Visages" ou Images.

MURTIMANT (sans.)

Quelque chose d'inhérent à quelque chose d'autre ou incarné en lui et qui en est inséparable. On l'utilise pour quelques attributs de Brahmâ et autres dieux.

MUSPEL (scandin.)

Géant dans les Eddas ; dieu du Feu et père des Flammes. Ce furent les vilains fils du bon Muspel qui après avoir menacé de calamités Glowheim (Muspelheim) se rassemblèrent finalement en une formidable armée, et livrèrent leur "dernière bataille" sur la plaine de Vigrid. On traduit Muspel par "Feu du Monde (ou Mondain)". L'idée d'un Surt (V.) obscur (fumée noire), d'où jaillissent des langues de flamme, associe Muspel à l'Agni hindou. MUTHAM ou Matham (sans.). Temples en Inde, avec cloîtres et monastères pour les ascètes soumis à une règle et les érudits.

MYALBA (tibétain)

C'est, dans la philosophie ésotérique du Bouddhisme du Nord, le nom de notre Terre, appelée Enfer pour ceux qui s'y réincarnent en guise de châtiment. Exotériquement, on traduit Myalba par un enfer.

MYSTAGOGIE (gr.)

Doctrines concernant les mystères sacrés ou leurs interprétations.

MYSTERES

En grec teletaï, ou accomplissements, célébrations de l'initiation ou des Mystères. Ce furent des observances généralement tenues cachées du profane et du non-initié, dans lesquelles, au moyen de représentations dramatiques ou de toutes autres méthodes, on enseignait l'origine des choses, la nature de l'esprit humain, sa relation avec le corps, la méthode pour le purifier et le rétablir dans la vie supérieure. Les sciences physiques, la médecine, les lois de la musique, la divination, étaient entièrement enseignées de la même manière. Le serment d'Hippocrate n'était qu'une obligation mystique. Hippocrate était un prêtre d'Esculape dont quelques-uns des écrits furent par hasard rendus publics. Cependant les Asclépiadès étaient des initiés du culte du serpent d'Esculape, au même titre que les Bacchantes l'étaient des Dionysies, et les deux rites furent finalement incorporés aux Eleusinies. Les Mystères sacrés étaient accomplis dans les antiques temples par les hiérophantes initiés pour le bénéfice et l'instruction des candidats. Les Mystères les plus solennels et les plus occultes furent exécutés en Egypte par "la compagnie des gardiens des secrets", ainsi que M. Bonwick nomme les hiérophantes. En quelques lignes, Maurice décrit leur nature d'une façon très pittoresque. Parlant des Mystères exécutés à Phylæ (l'île du Nil), il dit que "c'était dans ces cavernes ténébreuses que les sublimes et mystiques secrets de la déesse (Isis) étaient expliqués à l'aspirant en adoration, tandis que l'hymne solennelle d'initiation résonnait de part en part sur toute la longue étendue de ces solitudes de pierre". Le mot "mystères" est dérivé du grec muô, "fermer la bouche", et chaque symbole relié à ceux-ci possédait une signification cachée. Ainsi que Platon et bien d'autres Sages de l'Antiquité l'affirment, les Mystères furent hautement religieux, moraux et bienfaisants, identiques à une école d'éthique. Les mystères grecs, ceux de Cérès et de Bacchus, ne furent que des imitations des mystères égyptiens ; et l'auteur d'Egyptian Belief and Modern Thought nous fait connaître que notre "mot chapelle ou capella est, dit-on, le Caph-El ou collège d'El, la divinité solaire". Les célèbres Cabires sont associés aux Mystères. En un mot, les Mystères étaient dans chaque pays une série de représentations dramatiques, dans lesquelles les mystères de la cosmogonie et de la nature en général étaient personnifiés par les prêtres et les néophytes qui exécutaient le rôle de divers dieux et déesses, répétant de prétendues scènes (des allégories) tirées de la vie de ces divinités. Celles-ci étaient expliquées sous leur signification cachée aux candidats à l'initiation, et incorporées aux doctrines philosophiques. MYSTERES, Langage des. Le jargon sacerdotal secret employé par les prêtres initiés, et utilisé exclusivement lorsqu'ils discutaient des choses sacrées. Chaque nation possédait sa propre langue des "mystères", inconnue sauf de ceux qui étaient admis aux Mystères.

MYSTERIUM MAGNUM (lat.)

"Le grand Mystère", expression dont l'on se sert en alchimie et qui est en relation avec la fabrication de la Pierre Philosophale et l' "Elixir de Vie".

MYSTES (gr.)

Dans l'Antiquité, le nom des nouveaux initiés ; maintenant, celui des Cardinaux romains, qui, parce qu'ils ont emprunté tous leurs autres rites et dogmes aux "païens" Aryens, Egyptiens et Hellènes, se sont également servis de la µύτις ; des néophytes. Ils doivent garder clos leurs yeux et leurs lèvres sur leur consécration, et sont, de ce fait, appelés Mystœ.

MYSTICA VANNUS IACCHI

Communément traduit par l'Eventail mystique ; mais sur une ancienne terre-cuite maintenant au British Museum l'éventail est une Corbeille telle que les anciens Mystères en faisaient montre et contenant des objets à caractères mystique – Inman dit avec des testicules emblématiques. (w.w.w.). N N La quatorzième lettre dans les deux alphabets anglais et hébreu. En langue hébraïque N est appelé Nûn, et signifie poisson. C'est le symbole du principe féminin ou de la matrice. Dans le système cabalistique, sa valeur numérique est 50, mais les Péripatéciens en ont fait l'équivalent de 900, et de 9.000 avec une barre au- dessus (N). Chez les Hébreux, cependant, le Nûn final représentait 700.

MŒURS DES IRANIENS

Le petit ouvrage appelé Ancient Iranian and Zoroastrian Morals, compilé par M. Dhunjibhoy Jamsetjee Medhora, théosophiste parsi de Bombay, est un excellent traité riche en enseignements moraux les plus élevés, écrit en anglais et en gujerati ; mieux que bien des volumes, il fera comprendre à l'étudiant l'éthique des anciens Iraniens.

NAASSENES

Une secte de Gnostiques chrétiens, dont le nom signifie "adorateurs du serpent", qui considéraient la constellation du Dragon comme le symbole de leur Logos ou Christ.

NABATHEENS

Membres d'une secte dont les croyances étaient presque identiques à celles des Nazaréens et des Sabéens, et qui témoignaient plus de révérence pour Jean Baptiste que pour Jésus. Maïmonidès les identifie aux astrolâtres... "Quant aux croyances des Sabéens", écrit-il, "le livre le plus fameux qui en traite est l'Agriculture des Nabathéens". Et nous savons que les Ebionites, dont les premiers, selon la Tradition, étaient les amis et les parents de Jésus – en d'autres termes les plus anciens parmi les Chrétiens et les premiers d'entre eux – "furent, si l'on en croit Epiphanius et Théodoret, les compagnons directs et les disciples des. Nazaréens" (Voir le Contra Ebionites d'Epiphanius, et se reporter à "Nazaréens").

NABHI (sans.)

Le père de Bharata, celui qui donna son nom à Bhâratavarsha (terre) ou Inde.

NABIA (héb)

Voyance, divination. Dans la Bible, ce nom est donné à la prophétie, un des phénomènes mystiques les plus anciens et les plus respectés ; c'est à juste raison qu'on l'inclut parmi les pouvoirs spirituels, tels la divination, les visions clairvoyantes, les conditions extatiques et les oracles. Mais, tandis que les enchanteurs, les devins et même les astrologues sont strictement condamnés dans les livres de Moïse, la prophétie, la voyance et les nabia sont présentés comme des dons particuliers du ciel. Aux époques primitives, on les nommait tous Epoptaï (voyants), le terme grec pour Initiés ; ils étaient également désignés par Nebim, le pluriel de Nebo, le dieu babylonien de la sagesse". Le Cabaliste fait une distinction entre voyant et magicien : l'un est passif, l'autre actif ; Nebirah, est celui qui regarde dans l'avenir : c'est un clairvoyant, et Nebipoel, celui qui possède les pouvoirs magiques. Nous remarquons qu'Elie et Apollonius avaient recours aux mêmes moyens pour s'isoler des influences perturbatrices du monde extérieur, savoir, s'envelopper entièrement la tête dans un manteau de laine, parce qu'elle est, ainsi qu'on doit le supposer, un corps électrique non-conducteur.

NABU (chaldéen)

Ordinairement Nebu ou Nebo, le dieu chaldéen de la Sagesse Secrète, nom d'où était dérivé le terme biblique et hébreu Nabiim (prophètes). C'est à Borsippa principalement que l'on rendait un culte à ce fils d'Anu et d'Ishtar mais il avait aussi son temple à Babylone, consacré aux sept planètes, et situé au-dessus de celui de Bel. (Voir "Nazaréens" et "Nébo").

NAGA (sans.)

Litt., "Serpent". Dans le panthéon indien, le nom du Serpent ou des esprits des Dragons, et des habitants de Pâtâla, l'Enfer. Mais comme Pâtâla veut dire antipodes, et qu'il fut le nom que les anciens donnèrent à l'Amérique, continent qu'ils connaissaient et visitaient avant que l'Europe n'en eût jamais entendu parler, le terme est probablement analogue au mexicain nagal, appellation des sorciers (de maintenant) et des hommes-médecine. Les Nâgas sont les Nats birmans, les dieux- serpents, ou "démons du dragon". Dans l'ésotérisme, cependant, et ainsi que cela a déjà été dit, c'est le surnom des "hommes-sages" ou adeptes. En Chine et au Tibet, on regarde les "Dragons" comme les divinités tutélaires du monde en général et de nombreux endroits sur terre en particulier, et on explique ce mot comme voulant dire adeptes, yogins et narjols. Le terme fait simplement référence à leur grand savoir et à leur sagesse. Ce terme se trouve également dans les vieux Sûtras et les biographies du Bouddha. Le Nâga est toujours un homme sage, doté de pouvoirs magiques extraordinaires, en Amérique du Sud et Centrale comme en Inde, en Chaldée et aussi en ancienne Egypte. En Chine, le "culte" des Nâgas était répandu, et il est devenu encore plus marqué depuis que Nâgârjuna (le "grand Nâga", littéralement le "grand adepte"), le quatorzième patriarche bouddhiste, visita la Chine. Les "Nâgas" sont regardés par les Célestes comme "les Esprits tutélaires ou dieux des cinq régions, ou les quatre points de la boussole et le centre, et comme les gardiens des cinq lacs et des quatre océans" (Eitel). Ceci, repris à son origine et traduit ésotériquement, signifie que les cinq continents et leurs cinq races-racines ont toujours été sous la protection des "divinités terrestres", c'est-à-dire, des sages Adeptes. La tradition qui veut que des Nâgas lavèrent Gautama Bouddha à sa naissance, le protégèrent à sa mort, montre et conservèrent les vestiges de son corps à sa mort, montre à nouveau que les Nâgas ne sont que des hommes sages, les Arhats, et non pas des monstres ou des Dragons. Ceci est également corroboré par les innombrables histoires de la conversion des Nâgas au Bouddhisme. Le Nâga d'un lac situé dans une forêt près de Râjagriha et bien d'autres "Dragons" furent ainsi convertis par Bouddha à la Bonne Loi. NAGA DVIPA (sans.). Litt., "l'île des Dragons" ; selon les Purâna, l'une des sept divisions du Bhâratavarsha ou Inde moderne. Nulle preuve ne subsiste pour savoir qui furent les Nâgâs (un peuple historique cependant) ; la théorie en faveur veut qu'ils aient été de race scyte. Mais il n'en existe aucune preuve. Lorsque les Brâhmanes envahirent l'Inde, ils "trouvèrent une race d' hommes sages, demi-dieux, demi-démons", assure la légende, des hommes étaient les instructeurs des autres races et qui devinrent pareillement les instructeurs des Hindous et des Brâhmanes eux- même. On croit avec juste raison que Nagpur est virtuellement au Rajputana, près d'Udaïpur, d'Ajmer, etc…. Et n'est-il pas bien connu qu'il fut un temps où les Brâhmanes allaient s'instruire en sagesse secrète chez lesRajputs ? De plus une tradition affirme qu'Apollonuis de Tyane fut instruit en magie par les Nâgas du Cachemire

NAGAL

Le titre d'un chef Sorcier ou " homme-mèdecine" de certaines tribus d'Indiens du Mexique. Ceux-ci gardent toujours un daïmon, ou dieu, sous la forme d'un serpent – et quelquefois quelque autre animal sacré – qui, dit-on, les inspire.

NAGARAJAS (sans.)

Nom usuel donné à tous les supposés "Esprits gardiens" des lacs et des rivières, signifiant littéralement"Rois-Dragons". Dans les chroniques bouddhique, tous sont montrés comme ayant été convertis à la vie monastique bouddhique : c'est-à-dire, comme devenant Arhats, de Yogins qu'ils étaient auparavant.

NAGARJUNA (sans.)

Un arhat ; un ermite (natif de l'Inde de l'ouest) converti au Bouddhisme par Kapimala, quatorzième Patriarche, et considéré maintenant comme un Bodhisattva Nirmânakâya. Il fut fameux pour la subtilité de sa dialectique dans les discussions métaphysiques ; il fut celui qui le premier enseigna la doctrine d'Amitâbha ; c'est un représentant de l'Ecole Mahâyâna. Considéré comme le plus grand philosophe des Bouddhistes, on se réfère à lui comme à "l'un des quatre soleils qui illumine le monde". Il naquit en 223 avant l'ère chrétienne, et après sa conversion s'en fut en Chine convertir à son tour tout le pays au Bouddhisme.

NAGKON VAT

Nom thaïlandais de ruines imposantes situées dans la province de Siem Réap au Cambodge occidental, si ruines elles peuvent être appelées. Un édifice abandonné, aux dimensions les plus gigantesques, dont les vestiges, avec, ceux du grand temple d'Angkor Thom, sont les mieux conservés du passé de l'Asie toute entière. Après les Pyramides, c'est l'édifice le plus secret du monde entier. De forme oblongue, il a 262 m. dans sa longueur et 194 m dans sa largeur : il est entièrement bâti en pierre, le toit compris, mais sans mortier – comme pour les Pyramides de Gizeh – les pierres s'ajustant si étroitement que maintenant les joints y sont à peine perceptibles. Il possède une pagode centrale de 82 m. 50 de hauteur à partir du premier étage, et quatre pagodes plus petites aux quatre coins, chacune d'environ 58 m. d'élévation. Selon les paroles d'un voyageur, (The Land of the white Elephant, Frank Vincent, p. 209) : "... par le style et la beauté de son architecture, par la solidité de sa construction, par le fini et la magnificence de ses découpages et de ses sculptures, le grand Nagkon Vat n'a pas de supérieur, certainement aucun rival, debout de nos jours". (Voir Isis Dévoilée, II, 313).

NAHASH (héb.)

"Le Dépossédé", le Diable ou le Serpent selon les Cabalistes d'Occident.

NAHBKOUN (égypt.)

Le dieu qui unit les "doubles", un terme mystique se rapportant aux "principes humains" désincorporés.

NAIMITTIKA (sans.)

Occasionnel ou accidentel : employé pour l'un des quatre types de Pralaya (Voir "Pralaya").

NAIN (scandin.)

Le "Nain de la Mort".

NAIN-DE-LA-MORT

Dans les Eddas des Nordiques, Ivald, le Nain- de-la-Mort, cache la Vie dans les profondeurs du grand océan, puis l'en retire et l'envoie dans le monde au bon moment. Cette Vie est Idunn, la belle jeune fille, la fille du "Nain". Elle est l'Eve des Laïs scandinaves, car elle donne des pommes de jouvence aux dieux d'Asgard ; mais ceux-ci, au lieu d'être maudits pour en avoir mangées, et voués à la mort, donnent par ce moyen annuellement une jeunesse renaissante à la terre et aux hommes, après chaque sommeil bref et doux qu'ils prennent dans les bras du nain. Idunn est tirée de l'océan quand Bragi (V.), le rêveur de la Vie, qui n'a pas da flétrissure et est sans reproche, traverse en dormant les étendues silencieuses des eaux. Bragi est l'idéation divine de la Vie, et Idunn la Nature vivante – Prakriti, Eve.

NAINS NOIRS

Nom des Elfes des Ténèbres qui grouillent dans les sombres cavernes de la Terre et fabriquent des armes et des ustensiles pour leurs pères divins, les Æsir ou Ases. Appelés également les "Elfes noirs".

NAJO (hindi)

Sorcière, une magicienne.

NAKSHATRA (sans.)

Les astérismes lunaires.

NAMAH (sans.)

Namo en pâli. Le premier mot d'une invocation quotidienne chez les Bouddhistes, voulant dire "Je me confie humblement", ou "j'adore", ou "je confesse" (je reconnais) le Seigneur ; comme dans : "Namo tasso Bhagavato Arahato", etc..., adressé au Seigneur Bouddha. Les prêtres, qu'ils soient Bouddhistes ou Taoïstes, sont appelés "Maîtres de Namah", parce que ce terme est utilisé dans la liturgie et dans les prières, dans l'invocation du Triratna (V.), et, avec un changement insignifiant, dans les incantations secrètes adressées aux Bodhisattvas et aux Nirmânakâyas

NANDA (sans.)

Un des rois de Magadha, dont la dynastie fut renversée par Chandragupta (V.).

NANDIN (sans.)

Le taureau blanc sacré de Śiva et son Vâhana (véhicule).

NANNA (scandin.)

La belle fiancée de Balder, qui se battit avec l'aveugle Hoder ("celui-qui-règne-sur-les-ténèbres") et qui lui donna la mort par arts magiques. Balder est la personnification du Jour, Hoder de la Nuit, et la ravissante Nanna, de l'Aurore. NANNAK (chaldéen), également Nanar et Sin. Nom de la Lune qui, dit-on, est le fils de Mulil, Bel l'Ancien et le Soleil, dans la mythologie plus récente. Mais dans la mythologie plus ancienne, la Lune est bien plus vieille que le Soleil.

NARA (sans.)

"Homme" ; l'homme originel et éternel.

NARA (sans.)

Les eaux de l'Espace, ou le Grand Abîme : d'où le nom de Nârâyana ou Vishnu.

NARA SIMHA (sans.)

Litt., "homme-lion" : un avatâr de Vishnu.

NARADA (sans.)

L'un des sept grands Rishis, un fils de Brahmâ. Ce "géniteur" est l'un des personnages les plus mystérieux de la symbologie sacrée brahmanique. Esotériquement Nârada est celui qui préside aux événements au cours de divers cycles karmiques, et la personnification, dans un certain sens, du grand cycle humain c'est un Dhyân Chohan. Il joue un grand rôle dans le Brahmanisme qui lui attribue quelques-unes des hymnes les plus occultes du Rig Veda, ouvrage sacré dans lequel on le décrit comme faisant "partie de la famille des Kanvas". On l'appelle Deva- Brahmâ, mais comme tel il possède un caractère distinct de celui qu'il assume sur terre – ou sur Pâtâla. Daksha le maudit pour son intervention dans la conduite de ses 5.000 et 10.000 fils qu'il persuada de demeurer yogins et célibataires, afin de renaître maintes et maintes fois sur cette terre (Mahâbhârata). Mais ceci est une allégorie. Il inventa la vîna, une sorte de luth, et fut un grand "législateur". Son histoire est trop longue pour être donnée ici. NARAKA :(sans.). Dans la conception populaire, c'est un enfer, une "prison sous terre". Les enfers chauds et froids, chacun au nombre de huit, ne sont que les symboles des globes de notre chaîne septénaire, avec, en addition, la "huitième sphère" qui, suppose-t-on, est située dans la lune. C'est un voile cousu de fil blanc, puisque ces "enfers" sont appelés enfers vivifiants car, ainsi qu'on l'explique, tout être mourant dans l'un naît immédiatement dans le second, puis dans le troisième et ainsi de suite ; et dans chacun d'eux, la vie a une durée de 500 ans (c'est un voile sur le nombre des cycles et des réincarnations). Comme ces enfers constituent l'un des six jâti (conditions d'existence sensible), et comme l'on dit que les gens renaissent dans l'un ou l'autre selon leurs mérites ou démérites karmiques, le voile saute aux yeux. De plus ces Nârakas sont davantage des purgatoires que des enfers, puisque la délivrance de chacun est possible grâce aux prières et aux intercessions des prêtres contre rémunération, exactement comme dans l'Église catholique romaine qui, en ceci, semble avoir copié le ritualisme chinois d'assez près. Ainsi qu'on l'a dit précédemment, la philosophie ésotérique retrouve les antécédents de chaque enfer dans la vie sur terre, dans l'une ou l'autre forme de l'existence sensible.

NARAYANA (sans.)

"Celui qui se meut sur les Eaux" de l'espace : titre de Vishnu sous son aspect de Saint-Esprit, lorsqu'il se déplace sur les Eaux de la Création (Voir Lois de Manu, Livre II). Dans la symbologie ésotérique il représente la manifestation primordiale du principe vital qui se propage dans l'espace infini.

NARGAL (Chaldéen)

Les chefs chaldéens et assyriens des Mages (Rab Mag).

NARJOL (tibétain)

Saint : adepte glorifié. NAROS ou Neros (héb.). Ainsi que les orientalistes le décrivent, c'est un cycle qui comprend 600 ans. Mais de quelles années s'agit-il ? Il existait trois sortes de Neros : le plus grand, le moyen et le plus petit. C'est seulement ce dernier cycle qui avait une durée de 600 ans. (Voir "Neros").