Lexique Théosophique

Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.

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NASTIKA

(sans). Athéiste, ou mieux, celui qui ne rend de culte ni ne reconnaît les dieux et leurs effigies.

NATHA (sans.)

Un Seigneur ; appellation utilisée pour les dieux et des choses matérielles, comme Badrinâth (Seigneur des montagnes), un endroit célèbre pour ses pèlerinages ; Gopinâth (le Seigneur des bergères), que l'on utilise pour Krishna.

NAVA NIDHI (sans.)

Litt., "les neuf joyaux" : dans le parler du mysticisme, c'est l'accomplissement de l'épanouissement spirituel.

NAZAR (héb.)

Celui qui "est mis à part" : une catégorie monastique temporaire de célibataires dont on parle dans l'Ancien Testament ; ils ne se mariaient ni n'usaient de vin pendant la durée de leur vœu, et portaient les cheveux longs, ne les coupant qu'à leur initiation. Paul doit avoir appartenu à cette classe d'Initiés, car il dit lui-même aux Galates (i. 15) qu'il fut séparé ou mis à part depuis le moment de sa naissance et qu'il eut ses cheveux coupés à Cenchréa, parce qu' "il avait fait un vœu" (Actes, XVIII., 18), c'est-à-dire, qu'il avait été initié comme Nazar, après quoi il devint un "maître-constructeur" (I Cor. III. 10). On donne le titre de Nazar à Joseph (Genèse, XLIX., 26). Samson et Samuel étaient également des Nazars, et beaucoup d'autres.

NAZARÉENS (héb.)

Identiques aux Chrétiens de Saint-Jean, appelés Mendéens ou Sabéens. Ces Nazaréens qui quittèrent la Galilée il y a plusieurs centaines d'années et qui s'établirent en Syrie, à l'est du Mont Liban, s'appellent aussi Galiléens, bien qu'ils donnent au Christ l'appellation de "faux Messie" et qu'ils ne reconnaissent que saint Jean Baptiste qu'ils appellent le "Grand Nazar". Les Nabathéens, à très peu de différence près, adhéraient à ces mêmes croyances comme les Nazaréens et les Sabéens. Qui plus est ! – les Ebionites, que Renan montre comptant dans leur secte toute la parenté de Jésus qui vivait encore, semblent avoir été les partisans de cette même secte si nous devons en croire saint Jérôme qui écrit : "Je reçus des Nazaréens la permission de traduire l'évangile qu'ils utilisaient à Béraée en Syrie (l'évangile de Matthieu écrit en hébreu)... L'Evangile que les Nazaréens et les Ebionites utilisent, et que récemment j'ai traduit d'hébreu en grec". (St. Jérôme, Commentaire de Matthieu, Livre II, chapitre XII, et St. Jérôme, Des Hommes Illustres, chapitre 3). Or ce prétendu évangile de Matthieu, quelqu'en fût son auteur, "exposait son sujet", comme Jérôme s'en plaint (loc. cit.), "ayant en vue non l'édification mais la destruction" (du Christianisme). Mais le fait que les Ebionites, les Chrétiens primitifs authentiques, "aient rejeté le restant des écrits apostoliques, ne faisant usage que de cet évangile (l'hébreu de Matthieu)" (Contre les Hérétiques, I., 26) suggère bien des choses. Car ainsi qu'Epiphane le déclare, les Ebionites croyaient fermement, avec les Nazaréens, que Jésus n'était qu'un homme "né de la semence d'un homme" (Epiphanius in Contra Ebionites). De plus nous savons d'après le Codex des Nazaréens, dont une partie était constituée de l' "évangile selon Matthieu", que ces Gnostiques, qu'ils soient Galiléens, Nazaréens ou Gentils, appelaient Jésus, selon leur Codex et dans leur haine de l'astrolâtrie, Nabou-Meschiha ou "Mercure". (Voir "Mendéens"). Ceci ne dénote pas beaucoup de Christianisme orthodoxe chez les Nazaréens ou les Ebionites, mais semble plutôt prouver que le Christianisme des premiers siècles et la théologie chrétienne moderne sont deux choses totalement antagonistes. NEBBAN ou NEIBBAN (chinois). Identique à Nirvâna ; Nippang au Tibet. NEBO (chaldéen). Identique à l'hindou Budha, fils de Soma, la Lune, et de Mercure, la planète. (Voir "Nabu").

NECROMANCIE (gr.)

L'évocation des images astrales des décédés considérée dans l'antiquité et chez les occultistes modernes comme une pratique de magie noire. Jamblique, Porphyre et d'autres théurges ont désapprouvé cette pratique, pas moins que ne le fît Moïse, qui condamna à mort les "sorcières" de son temps, les dites sorcières n'étant que des nécromants – comme dans le cas de la sorcière d'Endor et de Samuel.

NEHASCHIM (cabale)

"Les œuvres du serpent". Nom que l'on donne à la Lumière Astrale, "le grand serpent trompeur" (mâyâ), au cours de certaines opérations de magie pratique. (Voir La Doctrine Secrète, III., 511).

NEILOS (gr.)

Le fleuve Nil ; aussi un dieu.

NEITH (égypt.)

Neithès. La reine du Ciel : la déesse-lune en Egypte. Elle est diversement nommée, Nout, Nepte, Nour. (Pour le symbolisme, voir "Nout").

NEO-PLATONISME

(Litt.," Le nouveau platonisme" ou Ecole Platonicienne). Une école panthéiste éclectique de philosophie fondée à Alexandrie par Ammonius Saccas, dont le disciple Plotin fut le chef (189- 270 de notre ère). Elle cherchait à réconcilier les enseignements platoniciens et le système aristotélicien avec la théosophie orientale. Son principal intérêt était la philosophie spirituelle à l'état pur, la métaphysique et le mysticisme. La théurgie y fut introduite sur le tard. Ce néo-platonisme représente l'ultime effort de grandes intelligences en vue de contenir la superstition ignorante toujours croissante et la foi aveugle qui prévaut à toutes les époques, le dernier résultat de la philosophie grecque, qui fut finalement anéantie et mise à mort par la force brutale.

NEOCOROS (gr.)

Chez les Grecs, le gardien d'un temple.

NEPHESH (héb.)

Souffle de vie : anima, mens, vita, les penchants. Ce terme est utilisé très librement dans la Bible. Il signifie ordinairement Prâna, la "vie" ; dans la Cabale il représente les passions animales et l'âme animale. (w.w.w.). Par conséquent, comme on le soutient dans les enseignements théosophiques, Nephesh est le synonyme du principe prâna- kâmique, ou âme animale vitale dans l'homme. (H.P.B.).

NEPHESH CHIA (cabale)

Ame animale ou vivante.

NEPHILIM (héb.)

Géants, Titans : Ceux-Qui-Sont-Tombés.

NEPHTYS (égypt.)

La sœur d'Isis ; philosophiquement parlant, un de ses aspects. De même qu'Osiris et Typhon sont un sous deux aspects, ainsi Isis et Nephtys sont l'unique et même symbole de la nature sous son aspect double. C'est pourquoi, tandis qu'Isis est l'épouse d'Osiris, Nephtys est l'épouse de Typhon, l'ennemi d'Osiris et son destructeur, quoiqu'elle le pleure. On la représente souvent près du cercueil du grand dieu solaire, portant sur la tête un disque entre les deux cornes d'un croissant. Elle est le génie du monde inférieur, et Anubis, le Pluton égyptien, est appelé son fils. Plutarque a donné une explication ésotérique exacte des deux sœurs. Ainsi, écrit-il, "Nephtys désigne ce qui est sous la terre, et que l'on ne voit pas (c'est-à-dire, son pouvoir de désintégration et de reproduction), et Isis ce qui est au-dessus de la terre, et qui est visible (ou nature physique)... Le cercle de l'horizon qui divise ces deux hémisphères et qui est commun aux deux est Anubis". L'identité des deux déesses est montrée dans le fait qu'Isis est aussi appelée la mère d'Anubis. Ainsi les deux sont l'Alpha et l'Oméga de la Nature.

NERGAL (chaldéen)

Sur les tablettes assyriennes on le décrit comme le "roi géant de la guerre, seigneur de la Cité de Cutha". C'est aussi le nom hébreu de la planète Mars, invariablement associée à la mauvaise fortune et au danger. Nergal-Mars est celui qui "répand le sang". En astrologie occulte, il est moins maléfique que Saturne, mais il est plus actif dans ses associations avec les humains et les influences qu'il a sur eux.

NEROS (héb.)

Ainsi que feu E.V. Kenealy l'a montré, ce "Cycle Naronique" était un mystère, un véritable "secret de dieu" dont la divulgation, alors que prédominaient les mystères religieux et l'autorité des prêtres, signifiait la mort. Le savant auteur paraissait tenir pour assuré que le Neros avait une durée de 600 ans, mais il se trompait (Voir "Naros"). Du reste l'établissement des Mystères et des rites de l'Initiation n'était pas dû seulement à la nécessité de perpétuer la connaissance de la véritable signification du Naros et de garder secret pour le profane ce cycle, car les Mystères sont aussi vieux que la race humaine actuelle, et il y avait à voiler des secrets bien plus importants que les chiffres de n'importe quel cycle. (Voir "Néophyte" et "I.H.S.", ainsi que "Naros"). Le mystère du 666, "le prétendu nombre du grand cœur", est bien mieux représenté par le Tau et le Resh que par 600.

NERTHUS (vieux saxon)

La déesse de la terre ; de l'amour et de la beauté chez les anciens Germains, identique a la scandinave Freya ou Frigga. Tacite mentionne les grands honneurs rendus à Nerthus lorsqu'on portait son effigie sculptée sur un char en triomphe à travers plusieurs contrées.

NESHAMAH (héb.)

L'âme : anima, afflatus. Dans la Cabale, comme on l'enseigne aussi dans l'Ordre Rosicrucien, c'est une des trois essences les plus hautes de l'âme humaine, en correspondance avec la Sephira Binah. (w.w.w.). NESKU ou Nusku (chaldéen), est décrit dans les tablettes assyriennes comme le "porteur du sceptre d'or, le dieu sublime".

NETZACH (héb.)

La "Victoire". La septième des dix Sephiroth, une puissance active masculine. (w.w.w.).

NEUF

La "Cabale des Neuf Chambres" est une forme d'écriture secrète chiffrée qui fut inventée par les rabbins hébreux, et qui fut utilisée par de nombreuses confréries à des fins de dissimulation : notamment il y a quelques grades chez les Francs-Maçons qui l'ont adoptée. On dessine une figure avec deux lignes horizontales parallèles et deux lignes verticales parallèles en leur travers ; ce procédé détermine neuf chambres : celle du centre, un simple carré ; les autres étant des figures soit à deux côtés, soit à trois côtés, que, l'on assigne aux lettres respectives dans n'importe quel ordre dont l'on convient au préalable. On trouve également une répartition cabalistique des dix sephiroth sur ces neuf chambres, mais elle n'est pas rendue publique. (w.w.w.).

NIDANA (sans.)

Les 12 causes de l'existence, ou une chaîne de causation, "un enchaînement de causes et d'effets dans toute l'étendue de l'existence d'un bout à l'autre des 12 chaînons". Ceci est le dogme fondamental de la pensée bouddhique, "dont la compréhension résout l'énigme de la vie, révélant le vide de l'existence et préparant l'esprit au Nirvâna" (Sanskrit Chinese Dictionary d'Eitel). Les 12 chaînons se présentent ainsi dans leur énumération, (1) Jâti, ou naissance, selon l'un des quatre modes pour entrer dans le courant de la vie et de la réincarnation – ou Chatur Yoni (V.), chaque mode plaçant l'être qui naît dans l'un des six Jâti (V.) ; (2) jarâmarana, ou décrépitude et mort, suivant la maturité des skandhas (V.) ; (3) Bhava, l'agent karmique qui conduit chaque nouvel être sensible à naître en ce mode d'existence ou un autre dans le Trailokya et les Jâti ; (4) Upâdâna, la cause créatrice de Bhava qui ainsi devient la cause de Jâti qui est l'effet ; et cette cause créatrice est l'attachement à la vie ; (5) Trishnâ, l'amour, soit pur, soit impur ; (6) Vedanâ, ou la sensation, la perception par les sens : c'est le 5 skandha ; (7 ) Sparśa, le sens du toucher ; (8) Shadâyatana, les six organes de sensation ; (9) Nâmarûpa, la personnalité, c'est-à-dire, une forme possédant un nom, le symbole de l'irréalité des apparences matérielles phénoménales ; (10) Vijnâna, la connaissance parfaite de chaque chose perceptible et de tous les objets dans leur enchaînement et leur unité ; (11) Samskâra, l'action sur le plan de l'illusion ; (12) Avidyâ, le manque de véritable perception, ou ignorance. Les Nidânas faisant partie des doctrines les plus subtiles et abstruses du système métaphysique oriental, il est impossible d'aller beaucoup plus avant dans le sujet.

NIDHI (sans.)

Un trésor. Neuf trésors appartenaient au dieu Kubera – le Satan védique – chaque trésor étant sous la garde d'un démon : ceux-ci sont personnifiés, et sont l'objet d'un culte pratiqué chez les tantristes.

NIDHUG (scandin.)

Le Serpent "Mondain.

NIDRA (sans.)

Sommeil. Egalement la forme féminine de Brahmâ.

NIFLHEIM (Scandin.)

L'Enfer froid des Eddas ; un endroit de non- conscience éternelle et d'inactivité.

NILAKANTHA (sans.)

Un des noms de Śiva, dont la signification est "à-la-gorge-bleue". On dit que cette couleur est la conséquence d'un certain poison administré au dieu. NIL, Le Dieu. (égypt.). On représentait par une statue de bois le dieu du fleuve qui recevait des honneurs en reconnaissance des largesses que ses eaux procurent au pays. Il y avait un Nil "Céleste", appelé dans le Rituel Nen-naou ou les "eaux primordiales", et un Nil terrestre, à qui on rendait un culte à Nilopolis et à Hapimou. Ce dernier était représenté comme un être androgyne avec une barbe et des seins, une face bleue et rebondie, des membres verts et un corps rougeâtre. A l'approche de l'inondation annuelle, la statue était transportée d'un endroit à l'autre en procession solennelle.

NIMBUS (lat.)

L'auréole placée autour des têtes de Christ ou des saints dans les Eglises Grecque et Romaine est d'origine orientale. Ainsi que chaque orientaliste le sait bien, Bouddha est décrit comme ayant la tête entourée d'un nimbe brillant de six coudées de largeur, et, comme l'a montré Hardy (Eastern Monachism), "ses principaux disciples sont représentés par les peintres locaux comme possédant une semblable marque d'élévation". En Chine, au Tibet et au Japon, la tête des saints est toujours entourée d'un nimbe.

NIMITTA (sans.)

1. Une illumination intérieure développée par la pratique de la méditation ; 2. La cause efficiente spirituelle, que l'on met en contraste avec Upâdâna, la cause matérielle, dans la philosophie Vedânta. Voir également Pradhâna dans la philosophie Sâmkhya.

NIRGUNA (sans.)

Attribut négatif : libre de Guna ou sans Guna (attribut) ; c'est-à-dire, ce qui est dépourvu de toutes les qualités, le contraire de Saguna, ce qui possède des attributs (Doctrine Secrète, III., 119) : par exemple, Parabrahman est Nirguna ; Brahmâ, Saguna. Nirguna est un terme qui montre l'impersonnalité de la chose dont on parle. NIRMANAKAYA (sans.). C'est, dans la philosophie ésotérique, quelque chose d'entièrement différent de la signification populaire qui s'y rattache, et des fantaisies des orientalistes. Quelques-uns appellent le corps Nirmânakâya, le "Nirvâna avec reste" (Schlagintweit, etc...) probablement sur la supposition que c'est une sorte de condition nirvânique durant laquelle conscience et forme sont retenues. D'autres disent que c'est une partie du Trikâya (les trois corps), avec le "pouvoir d'assumer toute forme apparente en vue de propager le Bouddhisme" (idée d'Eitel) ; et encore, que "c'est l'avatâr incarné d'une divinité" (ibidem), et caetera. D'un autre côté, l'occultisme dit que Nirmânakâya, bien que signifiant littéralement un "corps" transformé, est une condition. La forme est celle de l'adepte ou du yogin qui entre dans cette condition post-mortem ou la choisit de préférence au Dharmakâya ou état nirvânique absolu. Il le fait parce que ce dernier kâya le sépare pour toujours du monde de la forme, lui conférant un état de félicité égoïste, dans lequel aucun être vivant ne peut participer, l'adepte étant ainsi écarté de la possibilité d'aider l'humanité, ou même les devas. Cependant, comme Nirmânakâya, l'homme laisse derrière lui seulement son corps physique, et retient tous les autres "principes", sauf le kâmique – car il l'a fait sortir à tout jamais de sa nature, durant sa vie et il ne peut plus ressusciter dans l'état post-mortem qui est le sien. Ainsi, au lieu de se rendre dans une félicité égoïste, il choisit une vie d'abnégation, une existence qui ne se termine qu'avec le cycle de vie, afin de posséder le moyen d'aider l'humanité d'une manière invisible quoique des plus efficaces (Voir La Voix du Silence, 3ème traité : "Les Sept Portails"). Ainsi donc, un Nirmânakâya n'est pas, comme on le croit couramment, le corps "dans lequel un Buddha ou un Bodhisattva apparaît sur terre", mais en vérité celui, qu'il ait été durant sa vie un Chutuktu ou un Khubilkhan, un adepte ou un yogin, qui est devenu depuis un membre de cette invisible armée qui toujours protège et veille sur l'humanité à l'intérieur des restrictions karmiques. Souvent pris à tort pour un "Esprit", un Deva, Dieu lui-même, etc., un Nirmânakâya est toujours un protecteur, un compatissant, en vérité un ange gardien pour celui qui devient digne de son aide. Quelque objection que l'on puisse avancer contre cette doctrine, bien qu'elle soit à peu près niée, parce que ma foi, elle n'a jamais jusqu'ici été rendue publique en Europe et par conséquent puisqu'elle est inconnue des orientalistes, elle doit nécessairement être "un mythe d'invention moderne" – il n'y aura personne d'assez hardi pour dire que cette idée d'aider l'humanité souffrante au prix de sa propre et presque interminable abnégation, est l'une des plus grandes et des plus nobles qui ne se soit jamais développée dans un cerveau humain.

NIRMATHYA (sans.)

Le feu sacré produit par la friction de deux morceaux de bois – le "feu" appelé Pavamâna dans les Purâna. L'allégorie que renferme cet acte est un enseignement occulte.

NIRRITI (sans.)

Une déesse de la Mort et du Déclin.

NIRUKTA (sans.)

Un anga ou membre, une division des Veda ; un commentaire glossarial.

NIRUPADHIKA (sans.)

Sans attributs : la négation des attributs. NIRVANA (sans.). Selon les orientalistes, la totale "extinction", pareille à la flamme d'une chandelle (que l'on souffle), la complète extinction de l'existence. Mais selon l'explication ésotérique, c'est un état d'existence absolue et de conscience absolue auquel l'Ego d'un homme qui a atteint le plus haut degré de perfection et de sainteté durant sa vie, accède après la mort du corps, et occasionnellement, comme dans le cas de Gautama Bouddha et d'autres, durant la vie (voir "Nirvânî").

NIRVANI (sans.)

Celui qui a atteint Nirvâna – une âme émancipée. Ainsi que tous les érudits qui ont visité la Chine, l'Inde et le Japon en ont bien conscience ce nirvâna-là ne signifie rien de pareil à ce qui est soutenu par les orientalistes. C'est la "délivrance de la souffrance" : mais seulement de celle de la matière, l'affranchissement de kleśa, ou kâma, et la complète extinction des désirs animaux. Si l'on nous dit qu'Abhidharma définit Nirvâna "comme un état d'annihilation absolue", nous sommes d'accord, ajoutant à l'avant dernier mot le qualificatif de "toute chose reliée à la matière ou au monde physique", et ceci simplement parce que ce dernier monde (comme aussi tout ce qu'il comprend) est illusion, mâya. Le Bouddha Śâkyamuni disait, dans les derniers moments de sa vie, que "le corps spirituel est immortel" (Voir Sanskrit Chinese Dictionary). Ainsi que M. Eitel l'érudit sinologue l'explique : "Les systèmes exotériques populaires s'accordent pour définir Nirvâna négativement comme un état absolu d'exemption du cercle de transmigration ; comme un état de totale liberté à l'égard de toutes les formes d'existence, et pour commencer, un état d'affranchissement de toute passion et de tout effort, une condition d'indifférence à l'égard de toute sensation perceptible" – et il aurait pu ajouter "la mort de toute compassion pour le monde de la souffrance". Et ceci est la raison pour laquelle les Bodhisattva qui préfèrent le vêtement Nirmânakâya au vêtement Dharmakâya, se situent dans le jugement populaire à un niveau plus élevé que les Nirvânî. Mais le même érudit ajoute que : "Positivement (et ésotériquement) ils définissent Nirvâna comme l'état de félicité spirituelle le plus élevé, mais conservant l'individualité de telle manière – citons en exemple les Bouddhas – qu'après avoir pénétré en Nirvâna, ils puissent réapparaître sur terre" – c'est-à-dire, dans le futur Manvantara. NIŚABDA (sans.). L'une des sept qualités du son – l'unique et seul attribut d'âkâśa.

NISHADA (sans.)

La septième note de l'échelle musicale hindoue ; un "hors-caste", la postérité d'un père brâhmane et d'une mère śûdra.

NISHADHA (sans.)

Une chaîne de montagnes au sud du Mérou, mais au nord des Himâlayas.

NISSI (chaldéen)

L'un des sept dieux chaldéens.

NITI (sans.)

Litt., prudence ; utilisé en éthique.

NITYA PARIVRITTA (sans.)

Litt., continuelle extinction.

NITYA PRALAYA (sans.)

Litt., pralaya "perpétuel" ou dissolution. Ce sont les changements constants et imperceptibles subis par les atomes qui durent aussi longtemps qu'un Mahâmanvantara, un âge entier de Brahmâ, lequel requiert quinze chiffres pour s'écrire. C'est une condition de changement chronique et de dissolution : les périodes de croissance et de déclin. C'est la durée de "Sept Eternités" (Voir Doctrine Secrète, II, p. 80 ; et III, pp. 86 et 387). Il y a quatre sortes de pralaya, ou conditions d'immutabilité. Le Naïmittika, lorsque Brahmâ sommeille ; le Prâkritika, un pralaya partiel de n'importe quelle durée durant le manvantara ; Atyantika, lorsque l'homme s'est lui-même identifié avec l'UN ABSOLU – un synonyme de nirvâna ; et Nitya, spécialement pour les choses physiques, comme un état de sommeil profond et sans rêves.

NITYA SARGA (sans.)

L'état de constante création ou évolution, tel qu'il s'oppose au Nitya Pralaya – l'état de dissolution perpétuelle et incessante (ou changement d'atomes), désintégration de molécules, d'où changement de formes.

NIXIES

Les esprits des eaux, Ondines. (Folklore germanique)

NIYASHES (mazdéen)

Prières parsies.

NIZIR (chaldéen)

La "Montagne du Déluge", l'Ararat des Babyloniens avec "Xisouthros" comme Noé.

NOFIR-HOTPOU (égypt.)

Identique au dieu Khonsou, le dieu lunaire de Thèbes. Litt., "celui qui est dans un repos absolu". Nofir-Hotpou est l'une des trois personnes de la trinité égyptienne, composée dAmon, de Mout et de leur fils Khonsou ou Nofir-Hotpou.

NOGAH (chaldéen)

La planète Vénus : splendeur étincelante.

NOM INEFFABLE

Pour les Juifs, le substitut du "nom mystérieux" de leur divinité tribale Eh-yeh, "Je suis" ou Jehovah. Le troisième commandement interdisant, mais en vain, l'emploi de ce dernier nom, les hébreux lui ont substitué Adonaï ou le "Seigneur". Mais les Chrétiens Protestants qui, traduisant littéralement Jehovah et Elohim – qui est aussi un substitut perse, en plus d'être un nom de divinité inférieure – par les mots "Seigneur" et "Dieu", sont, en l'occurrence, devenus plus Catholiques que le Pape, et ont fait entrer les deux noms dans l'interdiction. Cependant de nos jours, ni les Juifs ni les Chrétiens ne semblent se rappeler ni même soupçonner la raison occulte pour laquelle le fait de qualifier Jehovah ou Y H V H est devenu répréhensible, et la majorité des Cabalistes occidentaux semblent aussi l'ignorer. La vérité est que le nom qu'ils mettent en avant comme "ineffable", ne l'est pas du tout. C'est l' "indicible" ou plutôt le nom qu'on ne doit pas prononcer, pour ne pas dire plus ; et cela pour des raisons symboliques. Tout d'abord le "Nom Ineffable" du véritable occultiste n'est pas du tout un nom, celui de Jehovah. Ce dernier implique, même dans la signification ésotérique cabalistique, une nature androgyne,

NONNES

Il y avait des nonnes dans l'ancienne Egypte ainsi qu'au Pérou et dans la vieille Rome païenne. C'étaient les "vierges fiancées" à leurs dieux (solaires) respectifs. Comme le rapporte Hérodote, "les fiancées d'Amon sont exclues de tout commerce sexuel avec les hommes", elles sont les "fiancées du Ciel" ; et virtuellement elles deviennent mortes au monde, précisément comme elles le sont actuellement. Au Pérou, c'étaient les "Pures Vierges du Soleil", et dans certaines inscriptions on se réfère aux Pallakistes d'Amon-Râ comme à ses "épouses divines". La sœur d'Ounnefer, le Premier Prophète d'Osiris, durant le règne de Ramsès II, est décrit comme "Taia, Dame Abbesse des Nonnes" (Mariette Bey).

NOOR ILAHEE (ar.)

Litt., "la Lumière des Elohim". Certains Musulmans croient que cette lumière est transmise aux mortels "par une centaine de prophètes-guides". Connaissance divine ; Lumière de la Sagesse Secrète.

NOOT (égypt.)

L'abîme céleste dans le Rituel ou Livre des Morts. Dans les Veda, c'est l'espace infini personnifié par Aditi, la déesse qui, semblable à Noun (V.), est la "mère de tous les dieux".

NORNES (scandin.)

Dans les Eddas, les trois déesses sœurs qui font connaître aux hommes les décrets d'Orlog ou du Destin. On les montre comme venant de distances inconnues enveloppées d'un voile sombre, se dirigeant vers le Frêne Ygdrasil (V), et "l'aspergeant journellement avec l'eau de la Fontaine d'Urd, afin que, ne se desséchant pas, il demeure vert, frais et fort" (Asgard and the Gods). Elles ont pour nom respectivement "Urd", le Passé ; "Vervandi", le Présent ; et "Skuld", le Futur, "qui est soit riche d'espérances soit obscurci par les larmes". Ainsi révèlent-elles les décrets du Destin, "car les événements et les actions du Futur naissent du Passé et du Présent" (loc. cit.).

NOTARICON (cabale)

Une division de la cabale pratique qui traite de la formation des mots à partir des initiales ou des terminales des mots de chaque phrase ; ou réciproquement, elle forme une phrase à partir des mots dont les initiales ou les terminales sont celles d'un certain mot. (w.w.w.).

NOU (égypt.)

Les eaux primordiales de l'espace appelées "Père- Mère" ; la "face de l'abîme" de la Bible, car au-dessus de Nou plane le Souffle de Khnoum, que l'on représente avec l'Œuf Mondain dans sa bouche.

NOUM (égypt.)

Sculpteur céleste dans les légendes égyptiennes qui crée une ravissante jeune fille qu'il envoie, telle une autre Pandore, à Batou (ou l' "homme") dont le bonheur est ensuite détruit. Le "sculpteur" ou l'artiste est identique à Jéhovah, l'architecte du monde, et la jeune fille est "Eve".

NOUMENON (gr.)

La nature essentielle et véritable de l'être que l'on distingue des objets illusoires des sens.

NOUN (égypt.)

Le fleuve céleste qui coule en Nout, l'abîme cosmique ou Nou. Comme tous les dieux ont été générés dans le fleuve (le plérôme gnostique), on l'appelle le "Père-Mère des dieux".

NOUS (gr.)

Terme platonicien pour le Mental Supérieur ou Ame. Il signifie Esprit lorsqu'on le considère comme distinct de l'âme animale – psyche ; divine conscience ou esprit dans l'homme, Nous était la désignation donnée à la divinité suprême (troisième logos) par Anaxagoras. Emprunté à l'Egypte, où on l'appelait Nout, il fut adopté par les Gnostiques pour leur premier Eon conscient qui, chez les occultistes, est cosmiquement le troisième logos, et le troisième "principe" (en comptant depuis le haut) ou manas, dans l'homme. (Voir "Nout").

NOUT (égypt.)

Dans le panthéon égyptien ce terme désignait "le Seul et l'Unique", parce que dans leur religion populaire ou exotérique, ils n'allaient pas plus haut que la troisième manifestation qui émet un rayonnement depuis l'Inconnu et l'Inconnaissable, le premier (non- manifesté) et le second Logoï dans la philosophie ésotérique de chaque nation. Le Nous d'Anaxagoras était le Mahat du Brahmâ hindou, la première divinité manifestée – "l'Intelligence ou l'Esprit puissant par lui- même" ; ce Principe créateur naturellement le primum mobile de tout dans l'univers – son Ame et son Idéation. (Voyez les "Sept Principes" de l'homme.)

NUIT DE BRAHMA

La période comprise entre la dissolution de l'univers et sa vie active qui, par contraste, est appelé "Jour de Brahmâ".