Lexique Théosophique

Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.

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2 222 notices

PRIYAVRATA (sans.)

Le nom du fils de Manu Svâyambhûva dans l'Hindouisme exotérique. En occultisme, la désignation secrète de l'une des races primitives.

PROCLUS (gr.)

Ecrivain et philosophe mystique grec, connu comme le commentateur de Platon, et surnommé le Diadoque. II vécut au cinquième siècle, et mourut, âgé de 75 ans, à Athènes, en 485 Ap. J.C. Son dernier disciple, un ardent partisan ainsi que traducteur de ses ouvrages en anglais, fut Thomas Taylor de Norwich, qui, d'après le Frère Kenneth Mackenzie, "fut un mystique moderne qui adopta la foi païenne parce qu'elle était l'unique et vraie foi, sacrifiant réellement des colombes à Vénus, un bouc à Bacchus et... se destinait à immoler un taureau à Jupiter" lorsqu'il en fut empêché par sa propriétaire.

PROMETHEE (gr.)

Le logos grec : celui qui dota les humains de raison et de mental en apportant sur terre le feu divin (intelligence et conscience). Prométhée est le type hellène de nos Kumâra ou Egos, ceux qui en s'incarnant dans l'homme, en firent des dieux potentiels à la place d'animaux qu'ils étaient. Les dieux (ou elohim) étaient opposés à ce que les hommes deviennent "comme l'un de nous" (Genèse, III., 22.), avec la connaissance "du bien et du mal". C'est pourquoi nous voyons ces dieux dans toutes les légendes religieuses punissant l'homme pour son désir de connaître. Comme le mythe grec nous le présente, c'est pour avoir dérobé le feu qu'il apporta du Ciel aux hommes, que, par ordre de Jupiter, Prométhée fut enchaîné sur un rocher escarpé dans les montagnes du Caucase.

PROPATOR (gr.)

Terme gnostique. La "Profondeur" du Bythos, ou En-Aiôr, la lumière insondable. Cette dernière est seule le Soi-Existant et l'Eternel – Propator est seulement périodique. PROPHETES, Ecole des. Ecoles fondées par Samuel pour l'entraînement des Nabim (prophètes). Leur méthode était conduite selon des lignes identiques à celles utilisées pour un chelâ ou un candidat à l'initiation aux sciences occultes, c'est-à-dire, le développement de facultés anormales ou clairvoyance conduisant à la Voyance. De ces écoles, on en trouvait beaucoup dans les temps anciens en Palestine et en Asie Mineure. Que les Hébreux aient adoré Nebo, le dieu chaldéen du savoir secret, est tout à fait certain, puisqu'ils adoptèrent son nom comme le substitut de Sagesse.

PROTO-ILOS (gr.)

La première matière primordiale.

PROTOGONOS (gr.)

Le "premier né" : on l'utilise pour tous les dieux manifestés et pour le soleil dans notre système.

PROTOLOGOI (gr.)

Les sept forces créatrices primordiales lorsqu'elles sont anthropomorphisées en Archanges ou Logoï.

PROTYLE (gr.)

Un mot nouvellement forgé en chimie pour désigner la première substance primordiale homogène. PSCHENT (égypt.). Un symbole en forme d'une double couronne, dont la signification est la présence de la Divinité dans la mort comme dans la vie, sur terre comme au ciel. Ce Pschent n'est seulement porté que par certains dieux.

PRÉEXISTENCE

Ce terme est utilisé pour indiquer que nous avons vécu auparavant. Sa signification est identique à celle de réincarnation dans le passé. Quelques-uns tournent l'idée en dérision, d'autres la rejettent, et d'autres encore la déclarent absurde et incohérente ; cependant, depuis une antiquité immémoriale, c'est la croyance la plus ancienne et la plus universellement acceptée. Et si cette croyance était universellement acceptée par les esprits philosophiques les plus fins du monde pré-chrétien, sûrement il ne serait pas mauvais de voir quelques-uns de nos intellectuels modernes y croire également, ou du moins accorder à cette doctrine le bénéfice du doute. Même la Bible y fait allusion plus d'une fois Saint Jean Baptiste était considéré comme la réincarnation d'Elie, et les Disciples ont demandé si l'aveugle était né aveugle à cause de ses péchés, ce qui revient à dire qu'il aurait vécu et péché avant d'être né aveugle. Comme M. Bonwick le dit fort bien, c'était "un travail de progression spirituelle et de discipline de l'âme. Le jouisseur dorloté retournait mendiant ; l'oppresseur orgueilleux, esclave ; la femme du monde égoïste, ouvrière couturière. Un tour de roue accordait une chance au développement de l'intelligence et du sentiment négligés ou mal employés, d'où la popularité de la réincarnation sous tous les climats et à toutes les époques... ainsi la purgation du mal était... graduellement mais sûrement accomplie". En vérité, "une action mauvaise suit un homme, traversant cent mille transmigrations" (Panchatantra). "Toutes les âmes possèdent un véhicule subtil, réplique du corps, qui entraîne cette âme, alors dans un état passif, d'une demeure matérielle à une autre" dit Kapila, alors que Basnage donne cette explication des Juifs : "Par cette seconde mort ce n'est pas l'enfer que l'on considère, mais ce qui arrive lorsqu'une âme, pour la seconde fois, vient animer un corps". Hérodote apprend à ses lecteurs que les Egyptiens "sont les premiers à avoir parlé de cette doctrine, suivant laquelle l'âme de l'homme est immortelle, et qu'après la destruction du corps, elle entre dans un être nouvellement né,. Lorsque, disaient-ils, elle a passé dans tous les animaux de la terre et de la mer, et chez tous les oiseaux, elle entrera une fois encore dans le corps d'un être humain nouveau-né". Ceci est la Préexistence. Déveria montrait que les inscriptions funéraires des Égyptiens disent clairement "que la résurrection n'était en réalité qu'un renouvellement, conduisant à une nouvelle enfance et à une nouvelle jeunesse". (Voir "Réincarnation").

PSYCHE (gr.)

L'Ame animale et terrestre : le Manas inférieur.

PSYCHISME

Vient du grec psyché. Un terme maintenant utilisé pour désigner très abusivement tous les genres de phénomènes mentaux, par exemple, la médiumnité et la sensibilité supérieure, la réceptivité hypnotique et la prophétie inspirée, la simple clair-voyance dans la lumière astrale et la réelle Voyance divine : en un mot, le terme recouvre toutes les phases et toutes les manifestations des pouvoirs et des puissances des Ames humaine et divine.

PSYCHOGRAPHIE

Un mot d'abord utilisé par les théosophistes : il signifie écrire sous la dictée ou sous l'influence du "pouvoir de son âme", quoique les spirites l'aient maintenant adopté pour désigner l'écriture produite par leurs médiums sous la conduite d'Esprits guides.

PSYCHOLOGIE

Dans les temps anciens la science de l'Ame : une science qui servait d'inévitable fondement à la physiologie. Tandis qu'à notre époque moderne, c'est la psychologie qui se trouve fondée (grâce à nos grands savants) sur la physiologie.

PSYCHOMETRIE

Litt., "Mesurer l'Ame" : en lisant ou en voyant, non pas avec les yeux physiques, mais avec l'âme ou la Vue intérieure.

PSYCHOPHOBIE

Litt., "Crainte de l'Ame" : cela peut s'appliquer aux matérialistes et à certains athées, qui deviennent saisis de démence à la simple mention de l'Ame ou de l'Esprit.

PSYLLES (gr.)

Charmeurs de serpent de Cyrénaïque et d'Egypte. PTAH, ou Phtah (égypt.). Le fils de Cneph dans le Panthéon égyptien. Il est le principe de Lumière et de Vie à travers lequel la "création" ou plutôt l'évolution avait lieu ; le logos créateur d'Egypte, le Démiurge. Une très ancienne divinité, car, d'après Hérodote, Ménès, le premier roi d'Egypte, lui avait élevé un temple. Il est "le donneur de vie", le né de lui- même, et le père d'Apis – le taureau sacré – conçu par l'entremise d'un rayon du Soleil. Ptah est ainsi le prototype d'Osiris, une divinité plus récente. Hérodote fait de lui le père des Cabires, les dieux mystérieux ; et le Targoum de Jérusalem relate : "Les Egyptiens donnaient à la Sagesse de la Première Intelligence le nom de Ptah". Il s'ensuit qu'il est Mahat, la "divine sagesse", bien que sous un autre aspect il soit Svabhâvat, la substance qui se crée elle-même, ainsi que le proclame une prière qui lui est adressée dans le Livre des Morts, après que Ptah eût été nommé "père des pères et de tous les dieux, géniteur de tous les humains produits de sa substance" : "Tu es sans père, étant engendré de ta propre volonté ; tu es sans mère, étant né du renouvellement de ta propre substance de laquelle procède la substance".

PU-TSI K'IUN-LING (chinois)

Litt., "le Sauveur universel de tous les êtres". Un titre d'Avalokiteśvara, et aussi de Buddha. PYGMALION (gr.). Sculpteur et statuaire célèbre de l'île de Chypre, qui s'éprit de la statue qu'il avait faite. Aussi la Déesse de la Beauté, le prenant en pitié, la changea en une femme vivante (Ovide, Métamorphoses). Cette histoire est une allégorie de l'âme.

PUJA (sans.)

Une offrande : culte et honneurs divins rendus à une idole ou à quelque chose de sacré.

PULASTYA (sans.)

Un des sept "fils nés-du-mental" de Brahmâ le père putatif des Nâgas (serpents, et aussi Initiés) et autres créatures symboliques.

PUMS (sans.)

L'Esprit, le suprême Purusha, l'Homme.

PUNARJANMAN (sans.)

Le pouvoir de développer des manifestations objectives : mouvement de formes ; également renaissance.

PUNDARIKAKSHA (sans)

Litt., "aux yeux de lotus", une qualification de Vishnu. "Gloire suprême et impérissable", c'est ainsi que le traduisent quelques orientalistes.

PURANA (sans.)

Litt., "ancien". Un recueil d'écrits symboliques et allégoriques – maintenant au nombre de dix-huit – qui, suppose-t-on, aurait été composé par Vyâsa, l'auteur du Mahâbhârata.

PUROHITAS (sans.)

Prêtres familiaux ; Brâhmanes.

PURURAYAS (sans.)

Le fils de Budha, lui-même fils de Soma (la lune), et d'Ila ; renommé pour avoir été le premier à produire le feu par la friction de deux morceaux de bois, et à le rendre triple. Un personnage occulte.

PURUSHA (sans.)

"L'Homme" ; l'Homme Céleste. L'Esprit, identique à Nârâyana sous un autre aspect. Le "Soi Spirituel".

PURUSHA NARAYANA (sans.)

Le mâle primordial – Brahmâ.

PURUSHAUTTAMA (sans.)

Litt., "le meilleur des hommes" cependant métaphysiquement c'est l'esprit, l'Ame Suprême de l'univers. Une qualification de Vishnu.

PURVAJA (sans.)

"Prégénétique", identique au Protologos orphique ; une qualification de Vishnu.

PURVASHADHA (sans.)

Un astérisme.

PUSHAN (sans.)

Une divinité védique, dont la signification réelle demeure inconnue des orientalistes. Elle est qualifiée de "Nourricière", la nourrice de tous les êtres (sans ressources). La philosophie ésotérique en explique le sens. A ce propos, le Taïttirîya Brâhmana dit que, "lorsque Prajâpati façonnait les êtres vivants, Pûshan les nourrissait". C'est donc la même force mystérieuse qui nourrit le fœtus et le bébé à naître, par osmose, et qui est appelée la "nourrice atmosphérique (ou âkâśique)", et le "père nourricier". Lorsque les Pitri lunaires évoluèrent les hommes, ceux- ci demeuraient dépourvus de sens et réduits à l'impuissance, et c'est "Pûshan qui nourrit l'homme primordial". C'est également un nom du Soleil.

PUSHKALA (sans.)

, ou Pushkola. Une feuille de palmier apprêtée pour l'écriture ; utilisée à Ceylan. Tous les livres indigènes sont écrits sur de telles feuilles de papier, et durent des siècles.

PUSHKARA (sans.)

Un lotus bleu ; le septième Dvîpa ou région de Bhâratavarsha (Inde). Un célèbre lac près d'Ajmer ; également le nom propre de plusieurs personnes.

PUTO (chinois)

Une île en Chine où Kwan-Shaï-Yin et Kwan-Yin possèdent temples et monastères à profusion.

PUTRA (sans.)

Un fils.

PYMANDRE (gr.)

La "Pensée divine". Dans l'ouvrage hermétique nommé Pymandre, c'est le Prométhée égyptien et le Nous personnifié, ou lumière divine, qui apparaît à Hermès Trismégiste et l'instruit.

PYRRHA (gr.)

Une fille d'Epiméthée et de Pandore qui avait été mariée à Deucalion. Après un déluge où la race humaine fut presque anéantie, Pyrrha et Deucalion firent des hommes et des femmes en prenant des pierres qu'ils jetèrent derrière eux.

PYRRHONISME (gr.)

La doctrine du Scepticisme, telle qu'elle fut d'abord enseignée par Pyrrhon, encore que son système ait été bien plus philosophique que le refus absolu de nos modernes Pyrrhonistes.

PYTHAGORE (gr.)

Le plus fameux des philosophes mystiques, né à Samos vers 586 Av. J.C. Il semble avoir voyagé d'un bout à l'autre du monde, et avoir recueilli les éléments de sa philosophie des divers systèmes auxquels il eut accès. Ainsi étudia-t-il les sciences ésotériques avec les Brâhmanes de l'Inde, et l'astronomie et l'astrologie en Chaldée et en Egypte. Jusqu'à ce jour, on le connaît dans le premier des pays ci-dessus mentionnés sous le nom de Yavanâchârya (le "Maître Ionien"). Après en être revenu, il se fixa à Crotone, en Grande Grèce, et là, il fonda un collège où s'assemblèrent très tôt les meilleurs esprits des centres civilisés de l'époque. Son père était un certain Mnésarchus de Samos, et c'était un homme de naissance noble et un érudit. Ce fut Pythagore qui, le premier, enseigna le système héliocentrique : pour son temps, il possédait la plus grande compétence en géométrie. Ce fut lui également qui créa le mot "philosophe", composé de deux mots dont la signification est "ami de la sagesse" – philo-sophos. Pythagore a gagné une renommée impérissable comme le plus grand mathématicien, géomètre et astronome de l'antiquité historique, et aussi comme le plus sublime des métaphysiciens et des savants. Il enseignait la réincarnation telle qu'on la professe en Inde, et aussi bien d'autres éléments de la Sagesse Secrète. PYTHAGORICIEN, Pentacle (gr.). Une étoile cabalistique à six pointes avec un aigle à l'apex, et un taureau et un lion sous la figure d'un homme : symbole mystique adopté par les Chrétiens d'Orient et de Rome, lesquels placent ces animaux auprès des quatre Evangélistes. PYTHIE ou Pythonisse (gr.). Les dictionnaires modernes nous informent que le terme veut dire celle qui délivre les oracles au temple de Delphes, et "toute femme supposée être possédée par l'esprit de divination – une sorcière" (Webster). Ceci n'est ni véridique, ni juste, ni correct. Sur l'autorité de Jamblique, de Plutarque et d'autres, une Pythie était une prêtresse choisie parmi les sensitives des classes pauvres, et placée dans un temple où l'on pratiquait les pouvoirs oraculaires. C'est là qu'elle vivait dans une chambre à l'écart de tous sauf du principal hiérophante et voyant ; et une fois reconnue, elle était, telle une nonne, perdue pour le monde. Assise sur un trépied d'airain placé au-dessus d'une fissure qui s'ouvrait à même le sol, duquel s'élevaient des vapeurs enivrantes, elle était pénétrée de ces effluves souterraines, qui, s'introduisant dans tout son organisme, produisaient le délire prophétique, condition anormale dans laquelle elle délivrait ses oracles. Aristophane dans Væstas (I. reg. 28.) nomme la Pythie ventriloqua vates ou "prophétesse ventriloque", à cause de sa voix ventrale. Les anciens situaient l'âme de l'homme (le Manas inférieur) ou sa conscience personnelle, au creux de l'estomac. Nous trouvons au quatrième verset de la seconde hymne Nâbhânedishtha des Brâhmanas : "Écoutez, O fils des dieux, celui qui parle à travers son nom (nâbhâ), car il vous salue là où vous résidez !". C'est là un phénomène somnambulique moderne. Le nombril était regardé dans l'antiquité comme "le cercle du Soleil, le siège de la lumière intérieure divine. C'est pourquoi l'oracle d'Apollon résidait à Delphes, la cité de Delphus, la matrice ou abdomen – tandis que le siège du temple était appelé l'omphalos, l'ombilic. Ainsi qu'on le sait bien, de nombreux sujets mesmérisés peuvent lire des lettres, entendre, sentir et voir par cette partie de leur corps. En Inde, ainsi que chez les Parsis, il existe jusqu'à ce jour une croyance selon laquelle les adeptes ont des flammes dans leur nombril, lesquelles, pour eux, dispersent toute obscurité et dévoilent le monde spirituel. Elle est appelée, chez les Zoroastriens, la lampe de Deshtur ou du "Grand Prêtre", et la lumière ou rayonnement du Dîkshita (l'Initié) chez les Hindous.

PYTHO (gr.)

Identique à Ob – une influence satanique et diabolique : l'Ob par l'entremise duquel, dit-on, les sorciers opèrent. Q Q La dix-septième lettre de l'alphabet anglais. C'est l'éolien périmé Qoppa, et l'hébraïque Koph. Comme valeur numérique elle est 100, et son symbole est l'arrière d'une tête depuis les oreilles jusqu'au cou. Chez les occultistes d'Eolie elle représentait le symbole de la différenciation.

PÉAN (gr.)

Une hymne d'allégresse et de prière en l'honneur du dieu- soleil Apollon ou Hélios.

Q'LIPPOTH (héb.)

, ou Klippoth. Le monde des Démons ou des Coques ; le même que le monde Assiahtique, appelé également Olam Klippoth. C'est le lieu de séjour de Samael, le Prince des Ténèbres dans les allégories cabalistiques. Mais notez ce que nous lisons dans le Zohar (ii ; 43a) : "Pour le service du Monde Angélique, le Saint... fit Samael et ses légions (c'est-à-dire, le monde de l'action) qui sont, pour ainsi dire, les nuages qui doivent être utilisés (par les Esprits d'en haut ou supérieurs, nos Egos) comme véhicules dans leur descente sur terre, et servir, comme pour ainsi dire, de chevaux". Ceci, en liaison avec le fait que Q'lippoth contient la matière dont sont faits les étoiles, les planètes et même les hommes, montre que Samael avec ses légions est simplement la matière chaotique, turbulente, qui est utilisée dans son état le plus subtil par les esprits pour s'y enrober. Car parlant du vêtement ou de la forme (rûpa) des Egos qui s'incarnent il est dit, dans le Catéchisme Occulte, qu'ils, les Mânasaputras ou Fils de la Sagesse, utilisent pour la consolidation de leurs formes, afin de descendre dans les sphères inférieures, la lie de Svabhâvat, ou cette matière malléable qui est partout dans l'Espace, en d'autres termes, l'ilus primordial. Et cette lie est ce que les Egyptiens ont appelé Typhon et les Européens modernes Satan, Samael, etc... etc... Deus est Demon inversus, le Démon est la doublure de Dieu.

QABBALAH (héb.)

L'ancienne doctrine secrète chaldéenne, abrégée en Cabale. Système occulte parvenu jusqu'à nos jours par transmission orale, mais qui, bien qu'acceptant la tradition, n'est pas en lui-même composé simplement d'enseignements traditionnels, car il fut autrefois une science fondamentale maintenant défigurée par les ajouts des siècles, et par les interpolations effectuées par les occultistes d'Occident, spécialement par les mystiques chrétiens. Il traite d'interprétations jusqu'ici tenues cachées dans les Ecritures Juives, et enseigne plusieurs méthodes pour interpréter les allégories bibliques. Originellement les doctrines étaient transmises seulement "de bouche à oreille", explique le Dr. W. Wynn Westcott", d'une manière orale, de l'instructeur à l'élève qui le recevait, de là le nom Kabbalah, Qabbalah, ou Cabale, de la racine hébraïque Q B L, recevoir. En dehors de cette cabale théorique, on avait créé une branche pratique qui s'occupait des lettres hébraïques en tant que caractères de nature identique aux Sons, aux Nombres et aux Idées". (Voir "Gematria", "Notaricon", "Temura"). En ce qui concerne le livre original de la Qabbalah – le Zohar – voyez plus loin. Mais le Zohar que nous possédons maintenant n'est pas le Zohar laissé par Siméon Ben Jochaï à son fils et secrétaire, en tant que bien de famille. L'auteur de l'édition approximative actuelle fut un certain Moïse de Léon, un Juif du XIIIème siècle. (Voir "Cabale" et "Zohar"). QADMON, Adam ; ou Adam Kadmon (V.) (héb.). L'Homme du Ciel ou Céleste, le Microcosme. Il est le Logos manifesté, le troisième Logos selon l'occultisme, ou le Paradigme de l'Humanité.

QAI-YIN (héb.)

Identique à Caïn.

QANIRATHA (mazdéen)

Notre terre dans les Écritures de Zoroastre ; elle est située, ainsi qu'on l'enseigne dans La Doctrine Secrète, au milieu des six autres Karshvares, ou globes de la chaîne terrestre. (Voir La Doctrine Secrète, IV., 398).

QU-TAMY (chaldéen)

Le nom du mystique qui reçoit les révélations de la déesse-lune dans l'ancien ouvrage chaldéen, traduit en arabe, et retraduit par Chwolsohn en allemand, sous le nom d'Agriculture Nabathéenne. R R La dix-huitième lettre de l'alphabet ; "la canine", parce que le son qu'elle produit rappelle celui d'un grognement. Dans l'alphabet hébreu, elle est la vingtième et sa valeur numérique est 200. Comme Resh, elle équivaut au nom divin Rahim (la clémence), et ses symboles sont une sphère, une tête ou un cercle.

QUADRIVIUM (lat.)

Terme utilisé par les Scolastiques dans le courant du Moyen Age pour désigner les quatre derniers sentiers de la science – dont sept existaient à l'origine. Ainsi la grammaire, la rhétorique et la logique étaient appelés le trivium, et l'arithmétique, la géométrie, la musique et l'astronomie (les sciences pythagoriciennes obligatoires) étaient groupées sous le vocable de quadrivium.

QUATRE ANIMAUX

Les animaux symboliques de la vision d'Ezéchiel (la Mercabah). "Pour les premiers chrétiens la célébration des mystères de la Foi s'accompagnait de la présence de sept lumières allumées, d'encens, du chant du Trishagion et de la lecture du livre des Evangiles sur lequel était reproduit, à la fois sur la couverture et sur les pages, l'homme ailé, le lion, le taureau et l'aigle" (Qabbalah d'Isaac Myer, LLB). Jusqu'à nos jours ces animaux sont représentés avec les quatre évangélistes et sont placés en frontispice de leurs évangiles respectifs dans les éditions de l'Église Grecque. Chacun représente une des quatre classes inférieures de mondes ou plans, à la ressemblance desquels chaque personnalité est moulée. Ainsi l'Aigle (associé à Saint Jean) représente l'esprit cosmique ou Ether, l'Œil du Voyant qui voit tout ; le Taureau de Saint Luc, les eaux de la Vie, l'élément qui génère tout et la force cosmique ; le Lion de Saint Marc, l'énergie farouche, le courage inflexible et le feu cosmique ; tandis que la Tête humaine ou l'Ange qui se tient près de Saint Matthieu est la synthèse des trois combinés dans l'Intellect supérieur de l'homme et dans la spiritualité cosmique. Tous ces symboles sont égyptiens, chaldéens ou indiens. Les dieux à tête d'aigle, de taureau ou de lion sont nombreux et tous représentaient la même idée, que ce soit dans les religions égyptiennes, chaldéenne, indienne ou juive. Mais commençant au corps astral elles ne montaient pas plus haut que l'Esprit cosmique ou Manas Supérieur – l'Atma-Buddhi ou Esprit absolu et l'Ame Spirituelle qui en est le véhicule étant impossible à symboliser par des images concrètes.

QUETZALCOATL (mexicain)

Le dieu-serpent dans les Ecritures sacrées et les légendes mexicaines. Sa baguette et ses autres "marques distinctives" le présentent comme un grand Initié de l'antiquité, à qui l'on attribua le nom de "Serpent", eu égard à sa sagesse, sa longévité et ses pouvoirs. Jusqu'à nos jours, les tribus aborigènes du Mexique s'attribuent le nom de diverses espèces de reptiles, d'animaux et d'oiseaux. QUICHES, Cosmogonie des. Appelée Popol Vuh ; elle fut découverte par l'abbé Brasseur de Bourbourg. (Voir "Popol Vuh").

QUIETISTES

Une secte religieuse fondée par un moine espagnol nommé Molinos. Leur doctrine principale était que la contemplation (un état intérieur de repos complet et de passivité) n'était que la seule pratique religieuse possible, et constituait la totalité des observances religieuses. Ce furent les Hatha Yogin d'Occident, et ils passèrent leur temps à essayer de séparer leur esprit des objets des sens. Cette pratique devint à la mode en France et également en Russie durant le premier quart de ce siècle (Le XIXème. N. d. T).

QUINANES

Une très ancienne race de géants, dont on trouve les nombreuses traditions, non seulement dans le folklore d'Amérique Centrale mais encore dans l'histoire de cette région. La science occulte enseigne que la race qui précéda notre race humaine fut une race de géants qui décrut graduellement jusqu'à la taille présente de l'homme après que le déluge atlantéen les eût presque balayés de la surface de la terre.

QUINDECEMVIR (lat.)

Le prêtre romain qui était commis à la garde des Livres Sibyllins.

RA (égypt.)

L'âme divine universelle sous son aspect manifesté – la lumière qui brûle perpétuellement ; c'est également le Soleil personnifié.

RA'HMIN SETH (héb.)

D'après la Cabale (ou Qabbalah), les "âmes- étincelles", contenues dans Adam (Kadmon), s'établirent dans trois sources, dont les têtes de file furent ses trois fils. Ainsi, tandis que l' "âme- étincelle" (ou Ego) appelée Hesed se rendit chez Abel, et que Ghebourah se rendit chez Qai-yin (Caïn) – Ra'hmin alla chez Seth, et ces trois fils se divisèrent en septante espèces humaines, appelées "les principales racines de la race humaine".

RABBINS (héb.)

A l'origine, instructeurs des secrets mystères, la Qabbalah ; ultérieurement, tout Lévite de la caste sacerdotale devint un instructeur et un rabbin. (Voir la série des rabbins cabalistes par w.w.w.). 1. RABBIN ABOULAFIA de Saragosse, né en 1240, organisa une école de Cabale qui porta son nom. Ses œuvres principales furent Les Sept Sentiers de la Loi et l'Epitre au Rabbin Salomon. 2. RABBIN AKIBA. Auteur du fameux ouvrage cabalistique, "l'Alphabet de R.A.", lequel traite chaque lettre comme le symbole d'une idée et l'emblème d'un certain sentiment. Le Livre d'Hénoch fut à l'origine une partie de cet ouvrage qui parut à la fin du huitième siècle. Ce n'était pas purement un traité cabalistique. 3. RABBIN AZARIEL BEN MENACHEM (1160 de l'ère chrétienne). Auteur du Commentaire sur les Dix Sephiroth qui est le plus ancien ouvrage purement cabalistique existant, mis à part le Sepher Yetzirah, qui, bien que plus ancien, ne traite pas des Sephiroth cabalistiques. Il fut l'élève d'Isaac l'Aveugle, lequel est le père putatif de la Cabale européenne et qui fut l'instructeur de l'aussi fameux R. Moise Nachmanide. 4. RABBIN MOISE BOTAREL (1480). Auteur d'un fameux commentaire sur le Sepher Yetzirah ; il enseigna que par une vie ascétique et l'usage des invocations, les rêves d'un homme pouvaient être rendus prophétiques. 5. RABBIN CHAJIM VITAL (1600). Le grand interprète de la Cabale comme l'enseignait R. Isaac Loria. Auteur de l'ouvrage le plus fameux, Otz Chiim, ou l'Arbre de Vie ; c'est de cet ouvrage que Knorr von Rosenroth a pris le Livre sur le Rashith ha Gilgalim, les révolutions des âmes, ou système des réincarnations. 6. RABBIN IBN GEBIROL. Fameux rabbin hébreu, auteur de l'hymne Kether Malcuth, ou le Diadème Royal, qui parut vers 1050. C'est un beau poème qui incorpore les doctrines cosmiques d'Aristote, et maintenant il constitue même une partie du service spécial juif du soir précédant le grand jour annuel d'Expiation (Voir Ginsburg et Sachs dans Religious Poetry of the Spanish Jews). On connaît aussi cet auteur sous le nom d'Avicebron. 7. RABBIN GIKATILLA. Un cabaliste distingué qui florissait vers 1300. Il écrivit les livres fameux, Le Jardin des Noix, Le Portail des Points-Voyelles, Le Mystère du Métal luisant, et Les Portes de la Droiture. Il insista fortement sur l'usage de la Gematria, du Notaricon et de la Temura. 8. RABBIN ISAAC L'AVEUGLE de Posquiero. Le premier qui enseigna publiquement en Europe, aux environs de 1200 Ap. J.C., les doctrines théosophiques de la Kabbalah. 9. RABBIN LORIA (écrit également Luria, et aussi nommé Ari d'après ses initiales). Fonda une école de Cabale vers 1560. Il n'écrivit aucun livre, mais ses disciples conservèrent pieusement ses enseignements, et R. Chajim Vital les publia. 10. RABBIN MOISE CORDOVERO (1550 Ap. J.C.). Auteur de plusieurs ouvrages cabalistiques de grande réputation, savoir, Une Douce Lumière, Le Livre de la Solitude, et Le Jardin des Grenades ; ce dernier peut être lu en latin dans la Kabbalah Denudata de Knorr von Rosenroth, sous le titre Tractatus de Animo, ex Libro Pardes Rimmonim. Cordovero est remarquable pour son adhésion à la partie strictement métaphysique, ignorant la branche "qui permet de faire des prodiges" que le rabbin Sabbatai Zevi pratiquait, à la poursuite de laquelle il faillit en périr. 11. RABBIN MOISE DE LÉON (vers 1290 de l'ère chrétienne). Rédacteur et premier éditeur du Zohar, ou "Splendeur", le plus fameux de tous les ouvrages cabalistiques et presque le seul dont une grande partie ait été traduite en anglais. On affirme que ce Zohar est dans l'ensemble l'œuvre de l'encore plus fameux rabbin Siméon ben Yochaï, qui vécut sous le règne de l'empereur Titus. 12. RABBIN MOISE MAIMONIDE (mourut en 1304). Fameux rabbin hébreu et auteur, qui condamna l'usage des charmes et amulettes, et s'opposa à l'utilisation cabalistique des noms divins. 13. RABBIN SABBATAI ZEVI (né en 1641). Très fameux cabaliste qui, dépassant les dogmes, acquit une grande réputation comme thaumaturge. Plus tard dans sa vie il prétendit avoir atteint l'état de Messie et tomba entre les mains du Sultan Mahomet IV de Turquie, et aurait été tué s'il n'avait sauvé sa vie en adoptant la religion musulmane. (Voir Jost dans Judaism and its Sects). 14. RABBIN SIMEON BEN YOCHAI (écrit aussi Jochaï) (vers 70-80 de l'ère chrétienne). C'est autour de ce nom qu'est rassemblé tout le mystère et la poésie de l'origine de la Cabale regardée comme don de la divinité à l'humanité. La tradition prétend que la Cabale était une divine théosophie tout d'abord enseignée par Dieu à la compagnie des anges, et que quelques aperçus de sa perfection furent accordés à Adam ; et que sa sagesse se transféra de lui jusqu'à Noé ; de ce dernier à Abraham, de qui les Egyptiens de cette époque apprirent une fraction de la doctrine. Moïse recueillit une initiation partielle dans le pays de sa naissance, qu'il perfectionna par des communications directes avec la divinité. De Moïse elle passa aux soixante-dix anciens de la nation juive, et d'eux, le système théosophique passa de génération en génération : David et Salomon particulièrement devinrent des maîtres de cette doctrine cachée. La légende nous dit qu'aucun essai ne fut tenté afin de mettre par écrit le savoir sacré jusqu'à l'époque de la destruction du second Temple par Titus, lorsque le rabbin Siméon Ben Yochaï, s'échappant de Jérusalem assiégée, se dissimula dans une caverne où il demeura pendant douze ans. C'est en cet endroit, que, déjà Cabaliste, il reçut de nouvelles instructions du prophète Elie. C'est là que Simon instruisit ses disciples, et les principaux d'entre eux, le rabbin Eliezer et le rabbin Abba, mirent par écrit ces enseignements que, à des époques ultérieures, l'on apprit à connaître comme le Zohar, et qui furent certainement publiés de nouveau en Espagne vers 1280 par le rabbin Moïse de Léon. Une furieuse dispute a fait rage pendant des siècles parmi les savants rabbins d'Europe autour de l'origine de la légende, et il semble tout à fait inutile de jamais compter arriver à une décision précise quant à savoir quelle portion du Zohar, s'il y en a une, est aussi vieille "Zohar"). (w.w.w.). RADHA (sans.). La bergère, parmi les Gopîs (bergères) de Krishna, qui était l'épouse du dieu.

RAGA (sans.)

Un des cinq Kleśas (afflictions) dans la philosophie du Yoga de Patanjali. Dans le Sâmkhya Kârikâ, c'est l' "obstacle" appelé amour et désir dans le sens physique ou terrestre. Les cinq Kleśas sont : Avidyâ, ou l'ignorance ; Asmitâ, l'égoïsme ou l'état qui découle de l'affirmation "Je-suis" ; Râga, la passion ; Dvesha, l'aversion ; et Abhiniveśa, le désir de vivre.

RAGNAROK (scandin.)

Une sorte d'entité métaphysique appelée le "Destructeur" et le "Crépuscule des Dieux", dont les deux-tiers que Siméon ben Jochaï. (Voir sont détruits à l' "Ultime Bataille", dans l'Edda. Ragnarok repose enchaîné sur le rebord d'un rocher aussi longtemps qu'il existe quelques hommes de bien dans le monde. Mais lorsque toutes les lois sont violées et que toute vertu et tout bien en disparaissent, alors Ragnarok sera détaché et il lui sera permis d'apporter tous les maux et malheurs imaginables au monde condamné. RAGON, J.M. Maçon français, écrivain distingué et grand symboliste qui essaya de ramener la Maçonnerie à sa pureté primitive. Il naquit à Bruges en 1789, fut reçu alors qu'il était encore jeune homme dans la Loge et le Chapitre les "Vrais Amis", et dès qu'il se transporta à Paris fonda la Société des Trinosophes. On murmure qu'il fut le possesseur de nombreux documents qui lui auraient été donnés par le fameux comte de Saint- Germain, et c'est de ceux-ci qu'il tenait cette connaissance remarquable sur la Maçonnerie ancienne. Il mourut à Paris en 1866, laissant une quantité de livres qu'il avait écrits et une foule de manuscrits qu'il légua au "Grand Orient". On ne peut trouver qu'un très petit nombre de la quantité d'ouvrages qu'il publia, tandis que d'autres ont complètement disparus. Cela est dû à de mystérieuses personnes (les Jésuites, dit-on) qui se sont empressés de faire l'achat de toutes les éditions qu'elles purent trouver après sa mort. En un mot, ses œuvres sont maintenant extrêmement rares.

RAHASYA (sans.)

Un nom pour les Upanishads. Litt., essence secrète de connaissance.

RAHAT

Identique à "Arhat" ; l'adepte qui devient entièrement libre de tout désir sur ce plan, par l'acquisition de la connaissance divine et de pouvoirs.

RAHU (sans.)

Un Daitya (démon) dont les parties inférieures étaient identiques à celles d'un dragon. Il se rendit immortel en dérobant un peu d'Amrita aux dieux – l'élixir de la vie divine – pour lequel ils barattent l'océan de lait. Incapable de le déposséder de son immortalité, Vishnu l'exila de la terre et en fit la constellation du Dragon, sa tête étant appelée Râhu et sa queue Ketu – astronomiquement les nœuds ascendant et descendant. Avec ce dernier apanage, il a depuis livré une guerre de destruction contre les dénonciateurs de son larcin, le soleil et la lune, et (durant les éclipses) on dit qu'il les avale. Evidemment cette fable possède une signification mystique et occulte.