Lexique Théosophique

Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.

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2 222 notices

ALAPARUS (chaldéen)

Le deuxième roi divin de Babylone qui régna "trois Sari". Le premier roi de la Dynastie divine était, selon Bérose, Alorus. C'est le "Berger désigné du peuple" et il régna dix Sari (ou 36.000 ans, un Saros durant 3.600 ans).

ALAYA (sans.)

L'Ame Universelle (voir la Doctrine Secrète, Vol. I, p. 29). Ce nom appartient au système tibétain de l'Ecole contemplative Mahâyâna. Identique à Akâśa dans son sens mystique, et à Mûlaprakriti dans son essence, puisque c'est la base ou racine de toutes choses.

ALBA PETRA (lat.)

La pierre blanche de l'Initiation. La "cornaline blanche" mentionnée dans l'Apocalypse de Saint Jean.

ALCHIMIE

En arabe, Ul-Khemi est, comme le nom le suggère, la chimie de la nature. Ul-Khemi ou Al-Kîmîa n'est cependant qu'un mot arabisé tiré du grec Xηµεια (chemeia) d'après Xuµός ; – "jus", sève extraite d'une plante. Le Dr. Wynn Westcott dit : "L'emploi le plus ancien du terme 'Alchimie' se trouve dans les œuvres de Julius Firmicus Maternus qui vivait au temps de Constantin-le-Grand. La Bibliothèque Nationale de Paris contient le plus ancien traité alchimique connu en Europe ; il fut écrit par Zosime-le-Panopolitain vers 400 ans après J.C. en grec ; celui qui vient juste après, est celui d'Enée de Gaza, 480 après J.C.". Il traite des forces subtiles de la nature et des diverses conditions dans lesquelles on voit qu'elles agissent. En cherchant sous le voile du langage, plus ou moins artificiel, pour transmettre au non-initié autant du mysterium magnum qu'on peut le faire sans danger à un monde égoïste, l'alchimiste postule comme premier principe l'existence d'un certain Solvant Universel par lequel tous les corps composés sont réduits à la substance homogène dont ils ont été évolués, substance qu'il appelle l'or pur ou summa materia. Ce solvant, aussi appelé menstruum universale, possède le pouvoir de retirer toutes les semences de maladie du corps humain, de renouveler la jeunesse et de prolonger la vie. C'est la Pierre Philosophale. Telle est la Lapis Philosophorum. C'est grâce à Geber, le grand sage et philosophe arabe du 8ème siècle de notre ère, que l'Alchimie a tout d'abord fait son entrée en Europe, mais elle avait été connue et pratiquée il y a de longs siècles en Chine et en Egypte, car on a exhumé et conservé sous le nom générique de "Traités Hermétiques" de nombreux papyrus sur l'Alchimie, et d'autres preuves établissent que c'était l'étude favorite des rois et des prêtres (voir "Table d'Emeraude"). L'Alchimie est étudiée sous trois aspects différents qui admettent beaucoup d'interprétations diverses, savoir, le Cosmique, l'Humain et le Terrestre. Ces trois méthodes ont pour types les trois propriétés alchimiques – le soufre, le mercure et le sel. Différents auteurs ont déclaré qu'il y a trois, sept, dix et douze processus respectivement, mais tous sont d'accord qu'il n'y a qu'un but dans l'Alchimie qui est de transmuer le métal grossier en or pur. Mais peu de gens comprennent correctement ce qu'est cet or. Il n'y a pas de doute qu'il existe dans la nature une transmutation des métaux inférieurs en de plus nobles, ou l'or. Mais ce n'est là qu'un seul aspect de l'Alchimie, le terrestre et purement matériel, car nous sentons logiquement que le même processus a lieu dans les entrailles de la terre. Pourtant au delà, et en plus de cette interprétation, il y a en Alchimie un sens symbolique, purement psychique et spirituel. Tandis que le cabaliste-alchimiste cherche la réalisation de la première opération, l'occultiste-alchimiste méprisant l'or des mines, donne toute son attention et dirige tous ses efforts vers la transmutation du quaternaire inférieur en la trinité divine supérieure de l'homme, qui sont un lorsqu'ils ont finalement fusionnés. Les plans spirituel, mental, psychique et physique de l'existence humaine sont comparés en alchimie aux quatre éléments de feu, air, eau et terre, et sont chacun susceptibles d'une constitution triple, c'est-à-dire fixe, mutable et volatile. Le mot dit peu – ou rien – sur l'origine de cette branche archaïque de la philosophie, mais il est certain qu'elle est antérieure à la construction de tout Zodiaque connu, et comme elle traite des forces personnifiées de la nature, et probablement aussi de toutes les mythologies du monde, il n'y a pas de doute aussi que la véritable transmutation secrète (sur le plan physique) était connue jadis, et fut perdue avant l'aube de la période dite historique. La chimie moderne lui doit ses meilleures découvertes fondamentales, mais sans tenir compte du truisme indéniable de cette science qu'il n'y a qu'un seul élément, elle a placé les métaux dans la classe des éléments et ne fait que commencer à découvrir sa grossière erreur. Même certains encyclopédistes sont maintenant contraints de reconnaître que si la plupart des récits de transmutations sont des fraudes ou des tromperies, "pourtant certaines d'entre elles sont accompagnées de témoignages qui les rendent probables... Au moyen de la batterie galvanique on a trouvé que les alcalis eux-mêmes avaient une base métallique. Il faut donc laisser en suspens... la possibilité d'obtenir du métal à partir d'autres substances contenant les ingrédients qui le constituent et de changer un métal en un autre. Les alchimistes ne doivent pas non plus être considérés tous comme des imposteurs. Beaucoup ont travaillé avec la conviction d'atteindre leur but, avec une patience infatigable et pureté de cœur, ce qui est sérieusement recommandé par les bons alchimistes comme la condition principale de succès de leur entreprise." (Popular Encyclopœdia).

ALCHIMISTES

De AL et Chemi, le feu, ou le dieu et patriarche Kham ; également le nom de l'Egypte. Les Rosicruciens du Moyen Age comme Robertus de Fluctibus (Robert Fludd), Paracelse, Thomas Vaughan (Eugenius Philalethes), Van Helmont et d'autres, étaient tous des Alchimistes qui cherchaient l'esprit caché dans toute matière inorganique. Des gens – on peut dire la majorité – ont accusé les Alchimistes de charlatanisme et d'imposture. Certes des hommes comme Roger Bacon, Agrippa, Henry Khunrath et l'Arabe Geber (le premier à introduire en Europe certains des secrets de la chimie) ne peuvent guère être traités d'imposteurs, encore moins d'imbéciles. Les savants qui réforment la science de la physique sur la base de la théorie atomiste de Démocrite, telle qu'elle a été à nouveau exposée par John Dalton, oublient – fort à propos – que Démocrite d'Abdère était alchimiste et que l'esprit qui était capable de pénétrer si profondément dans les opérations secrètes de la nature dans une direction, devait avoir de bonnes raisons d'étudier et de devenir un philosophe hermétique. Olaus Borrichius dit que le berceau de l'alchimie doit être cherché dans les temps les plus reculés, (Isis Dévoilée).

ALCYONE (gr.)

, ou Halcyone, fille d'Eole, et épouse de Ceyx qui se noya en allant consulter l'oracle en se jetant dans la mer. En conséquence tous deux furent changés en martin-pêcheurs par la compassion des dieux. On dit que la femelle pond ses œufs sur la mer et la maintient calme pendant les sept jours qui précèdent et les sept jours qui suivent le solstice d'hiver. Cela a une signification très occulte en ornithomancie.

ALECTROMANCIE (gr.)

Divination au moyen d'un coq, ou d'un autre oiseau ; on traçait un cercle qu'on divisait en espaces, et on attribuait une lettre à chacun ; des grains étaient jetés sur ces espaces et on prenait note des divisions successives, avec leurs lettres, dans l'ordre où les volatiles venaient picorer. (w.w.w.).

ALETHEIA (gr.)

Vérité ; également Alethia, une des nourrices d'Apollon.

ALETHÆ (phénicien)

"Adorateurs du Feu", vient d'Al-ait, le Dieu du Feu. Identiques aux Cabires ou Titans divins. Comme les sept émanations d'Agruerus (Saturne), ils se rattachent tous aux dieux du feu solaire et à l' "orage" (maruts).

ALEXANDRIE (École des Philosophes d')

Cette célèbre école vit le jour à Alexandrie d'Égypte, une ville qui pendant plusieurs siècles fut la grande capitale du savoir et de la philosophie. Fameuse pour sa Bibliothèque, qui répond au nom d' "Alexandrine", – fondée par Ptolémée Soter qui mourut en 283 av. J.C. au tout début de son règne – laquelle bibliothèque put jadis se vanter de posséder 700.000 rouleaux ou volumes (Aulu-Gelle), fameuse pour son Musée – première véritable académie des sciences et des arts, fameuse pour ses savants de réputation mondiale tels Euclide (le père de la géométrie scientifique), Apollonius de Perga (auteur du traité encore existant des "sections coniques"), Nicomaque (l'arithméticien), fameuse pour ses astronomes, ses physiciens, ses anatomistes tels Hérophile et Erasistrate, fameuse pour ses médecins, ses musiciens, ses artistes, etc., etc., elle le fut encore plus pour son Ecole Néo-platonicienne éclectique, fondée en 193 ap. J.C. par Ammonius Saccas dont les disciples furent Origène, Plotin et bien d'autres à la célébrité historique maintenant reconnue. Les plus fameuses écoles gnostiques eurent leur origine à Alexandrie. Philon-le-Juif, Josèphe, Jamblique, Porphyre, Clément d'Alexandrie, Eratosthène l'astronome, Hypathie la jeune philosophe vierge, et d'autres innombrables étoiles de second ordre appartinrent tous, à divers moments, à ces grandes écoles et aidèrent à faire d'Alexandrie un des sièges de savoir les plus justement renommés que le monde eût jamais produit.

ALHIM (héb.)

Voir "Elohim".

ALKAHEST (ar.)

Le solvant universel de l'alchimie (voir "Alchimie"), mais en mysticisme, le Soi Supérieur, principe d'unité qui est cause qu'avec la matière (le plomb) on puisse faire de l'or, et qu'on restitue à toutes les choses composées, telles le corps humain et ses attributs, leur essence primordiale. ALMADEL, Le Livre d'. Traité sur la Théurgie ou magie blanche par un auteur médiéval européen inconnu ; on le trouve assez fréquemment dans ces rouleaux manuscrits nommés Clavicules de Salomon. (w.w.w.). ALMÉES, (ar.). Danseuses identiques aux nautches de l'Inde, danseuses sacrées et publiques.

ALPHA POLARIS (lat.)

Identique à Dhruva, l'étoile polaire d'il y a 31.105 ans.

ALSWINDER (scandin.)

"Tout-vite", le nom du cheval de la lune dans les Eddas.

ALTRUISME (lat.)

Tiré d'alter qui veut dire "autre". Une qualité opposée à l'égoïsme. Des actions tendant à faire du bien aux autres, sans aucun souci pour soi.

ALZE (De Lapide Philosophico ou Liber)

Traité alchimique d'un auteur allemand inconnu, daté de 1677. On peut le trouver réimprimé dans le Cabinet Hermétique ; on y trouvera le dessin bien connu d'un homme aux jambes étendues et dont le corps est caché par une étoile à sept branches. Eliphas Lévi en a donné une copie. (w.w.w.). AMA (héb.), et AMIA (chaldéen). Mère. Titre de la Sephira Binah, dont le "nom divin est Jehovah", et qui est appelée "Mère surnaturelle".

AMANASA (sans.)

Les "sans-mental" ; les premières races de la planète. Egalement certains dieux hindous.

AMARA-KOSHA (sans.)

Le "vocabulaire immortel". Le plus ancien dictionnaire connu au monde et le vocabulaire le plus parfait de sanskrit classique d'Amara Sinha, sage du deuxième siècle.

AMBA (sans.)

Le nom de l'aînée des sept Pléiades, les sœurs célestes mariées chacune à un rishi appartenant aux Saptariksha, ou les sept Rishis de la constellation connue sous le nom de Grande Ourse.

AMBHAMSI (sans.)

Nom du chef des Kumâras, Sanat-Sujâta, dont la signification est "les eaux". Cette épithète devient plus compréhensible si on se rappelle que le type ultérieur de Sanat-Sujâta fut Michel, l'Archange, qui est appelé dans le Talmud, le "Prince des Eaux" et est considéré dans l'Eglise catholique romaine comme le patron des golfes et des promontoires ; Sanat-Sujâta est le fils immaculé de la mère immaculée (Ambâ ou Aditi, chaos et espace) ou les "eaux" de l'espace illimité. (Voir Doctrine Secrète, IL, 192).

AMDO (tibétain)

Une localité sacrée, lieu de naissance de Tsongkha- pa, le grand réformateur tibétain et fondateur de l'ordre des Gelukpas (bonnets jaunes), qui est considéré comme l'avatâr d'Amita Buddha.

AME

La ψuxη, ou le nephesh de la Bible : le principe vital, ou souffle de vie, que chaque animal jusqu'aux infusoires partage avec l'homme. Dans la traduction de la Bible, ce mot représente indifféremment la vie, le sang et l'âme. "Ne tuons pas son nephesh", dit le texte original ; "ne lui ôtons pas la vie", traduisent les Chrétiens (Genèse XXXVII., 21.), et le tout à l'avenant.

AME-FIL

Identique au Sûtrâtman (V.).

AMEN

En hébreu, ce mot est formé des lettres AMN = 1, 40, 50 = 91. Il est donc une réplique de "Jehovah-Adonaï" tout ensemble = 10, 5, 6, 5 et 1, 4, 50, 10 = 91. C'est une des formes du mot hébreu dont la signification est "Vérité". Dans le langage courant, Amen prend le sens de "Ainsi soit- il !" (w.w.w.). Mais dans le parler ésotérique, Amen signifie "le dissimulé". Manéthon du nome de Sébennythès dit que le mot signifie ce qui est caché, et nous savons par Hécateus et d'autres que les Egyptiens employaient ce mot pour faire appel à leur grand Dieu du Mystère, Amon (ou "Ammas, le dieu caché") pour qu'il se manifeste devant eux. Le fameux égyptologue Bonomi, à juste titre, appelle ses adorateurs les "Amenoph" et M. Bonwick cite un auteur qui dit "Amon, le dieu caché, restera à jamais caché jusqu'à ce qu'il soit révélé anthropomorphiquement ; les dieux trop lointains sont inutiles". Amen porte le qualificatif de "Seigneur de la fête de la Nouvelle Lune". Jehovah-Adonaï est une nouvelle forme du dieu Amoun ou Amon (V.) à la tête de bélier, que les prêtres égyptiens invoquaient sous le nom d'Amen.

AMENTI (égypt.)

Esotériquement et littéralement, l'habitat du Dieu Amen, ou Amoun, ou le "caché", le dieu secret. Exotériquement, le royaume d'Osiris divisé en quatorze parties dont chacune était destinée à tenir un rôle en rapport avec l'état post-mortem du défunt. Entre autres choses, une de ces parties contenait la Salle du Jugement. C'était le "Pays de l'Ouest", la "Demeure Secrète", le pays sombre, et la "maison sans porte". Mais c'était aussi Kerneter, le "séjour des dieux" et le "pays des ombres" comme le Hadès (V.) des Grecs. C'était aussi la "Maison du Bon Père" (dans laquelle il y a "beaucoup de demeures"). Les quatorze divisions comprenaient, parmi bien d'autres, Aanrou (V.), la Salle des Deux Vérités, le Pays de Béatitude, Neter-xer, "le lieu des funérailles (ou d'enterrement)", Otamer-xer, les "Champs des Amis du Silence", et aussi beaucoup d'autres salles mystiques et de demeures, l'une identique au Shéol des Hébreux, une autre comme le Devachan des occultistes, etc... Parmi les quinze portails de la demeure d'Osiris, il y en avait deux principaux, le "portail d'entrée" ou Rustu, et le "portail de sortie" (réincarnation) ou Amh. Mais on ne trouvait en Amenti aucune salle pour représenter l'Enfer chrétien orthodoxe. La pire de toutes était la Salle de l'Eternel Sommeil et des Ténèbres. Comme le dit Lepsius, les défunts "y dorment en formes incorruptibles, ils ne s'éveillent pas pour voir leurs frères, ils ne reconnaissent plus ni père ni mère, leurs cœurs ne ressentent rien envers leurs femmes et enfants. C'est la demeure du dieu Tout-Mort... Chacun tremble pour lui adresser des prières car il n'entend pas. Nul ne peut le louer, car il ne tient pas compte de ceux qui l'adorent. Il ignore aussi les offrandes qu'on lui apporte". Ce dieu est le Décret Karmique, la terre du Silence – le séjour de ceux qui meurent dans une totale incroyance, ceux qui sont morts d'accident avant le temps prescrit, et pour finir ceux qui meurent sur le seuil d'Avîchi, une mort qui ne se situe jamais en Amenti, ni en aucun autre état subjectif sauf dans un seul cas, mais sur cette terre où la re-naissance est forcée. Ceux-ci ne s'attardaient pas très longtemps même dans leur état de lourd sommeil, d'oubli et de ténèbres, mais étaient entraînés plus ou moins rapidement vers Amh "le portail de sortie".

AMESHA SPENTAS (Zende)

Amshaspends. Les six anges, ou Forces divines personnifiées comme dieux, qui servent Ahura Mazda qui en est la synthèse et le septième. Ce groupe des Amshaspends est un des prototypes des "Sept Esprits" des Catholiques romains, ou Anges, avec Michel pour chef, ou l'Armée Céleste : les "Sept Anges de la Présence". Ce sont les Constructeurs, les Gouverneurs du Monde des Gnostiques (Cosmocratores) et ils sont identiques aux Sept Prajâpatis, aux Sephiroth, etc... etc... (V.).

AMITABHA (sans.)

Litt., "gloire infinie", "splendeur sans limite". On explique ce terme comme signifiant à la fois l' "Age sans limite" et la "Lumière sans limite". La conception originelle de l'idéal d'une lumière divine impersonnelle fut anthropomorphisée avec le temps ; d'où Amitâbha Buddha qui signifie "le Bouddha de Lumière infinie".

AMMONIUS SACCAS

Grand et bon philosophe qui vivait à Alexandrie entre les second et troisième siècles de notre ère, et qui fut le fondateur de l'Ecole Néo-platonicienne des Philalèthes, ou "amoureux de la Vérité". De naissance modeste et de parents chrétiens, il était doué d'une bonté si prononcée et quasi-divine qu'il fut appelé Theodidaktos, "instruit par Dieu". Il honora ce qu'il y avait de bon dans le Christianisme, mais rompit de bonne heure avec lui et ses églises, étant incapable d'y trouver quelque supériorité sur les anciennes religions.

AMON (égypt.)

Un des grands dieux de l'Egypte. Amon ou Amoun est bien plus ancien qu'Amon-Râ, et il est identique à Baal-Hammon, le Seigneur du Ciel. Amoun-Râ était Râ, le Soleil spirituel, le "Soleil de Justice", etc..., car... "le Seigneur Dieu est un Soleil". C'est le Dieu du Mystère et les hiéroglyphes de son nom sont souvent inversés. C'est Pan, ésotériquement la Toute-Nature, et par conséquent l'Univers et le "Seigneur de l'Eternité". Râ, comme le déclare une antique inscription, "fut engendré par Neith mais non produit". On le nomme le "Râ soi-engendré" et il créa la bonté d'un regard de son œil ardent, comme Set-Typhon créa le mal de la même manière. Comme Amon-Râ (aussi Amoun-Râ et Amen- Râ), il est le "Seigneur des mondes qui trônent sur le disque du soleil, et il apparaît dans l'abîme du Ciel". Une hymne très ancienne écrit le nom sous la forme d' "Amen-Râ", et salue le "Seigneur de Vérité, père des dieux, faiseur de l'homme, créateur des bêtes, Seigneur de l'Existence, Illuminateur de la Terre, naviguant dans le ciel en tranquillité... Tous les cœurs sont adoucis en Te contemplant, Souverain de la vie, de la santé et de la force ! Nous adorons Ton esprit qui seul nous fit..., etc... etc... (Voir Bonwick dans Egyptian Belief and Modern Thought.). Amon-Râ est appelé le "mari de sa mère" et son enfant (voir "Chnoumis" et "Chnouphis" ainsi que dans La Doctrine Secrète, Vol. II, pp. 78 et 80, de H.P. Blavatsky). C'était au dieu à tête-de-bélier que les Juifs sacrifiaient des agneaux, et l'agneau de la théologie chrétienne est un rappel déguisé du bélier.

AMRITA (sans.)

La boisson ambrosiaque ou nourriture des dieux : la nourriture qui donne l'immortalité. L'élixir de vie baratté dans l'océan de lait de l'allégorie purânique. Un ancien terme védique pour le jus sacré du soma utilisé dans les Mystères des Temples.

AMULAM MULAM (sans.)

Litt., la "racine sans racine" : la Mûlaprakriti des Vedântins ou "racine spirituelle de la nature".

AMUN (copte)

Le dieu égyptien de la sagesse qui pour le servir comme prêtres n'avait que des initiés ou des hiérophantes.

ANA (chaldéen)

Le "ciel invisible" ou Lumière Astrale ; la mère céleste de la mer terrestre Mar, d'où est tiré très probablement l'origine d'Anne, la mère de Marie.

ANACALYPSIS (gr.)

, ou un "Effort pour retirer le voile de l'Isis de Saïs" par Godfrey Higgins. C'est un ouvrage plein de valeur qu'on ne peut se procurer qu'à un prix exorbitant ; il traite de l'origine de tous les mythes, des religions et des Mystères, et il fait preuve d'un vaste fond d'érudition classique. (w.w.w.).

ANAGAMIN (sans.)

D'anâgamana, "non-retour". Celui qui ne doit plus renaître dans le monde du désir. L'étape avant de devenir un Arhat et être prêt à entrer en Nirvâna. Le troisième des quatre degrés de sainteté sur la voie de l'Initiation finale.

ANAHATA CHAKRA (sans.)

Le siège ou "roue" de la vie ; le cœur selon certains commentateurs. ANAHATA ŚABDA (sans.). Les voix et sons mystiques entendus par le Yogin au cours de la première étape de la méditation. Le troisième des quatre états du son, autrement nommé Madhyamâ – le quatrième état existant lorsqu'il est perceptible par le sens physique de l'ouie. Le son dans ses étapes antérieures n'est pas entendu, sauf par ceux qui ont développé leurs sens spirituels internes et supérieurs. Les quatre étapes sont respectivement appelées Parâ, Pasyantî, Madyamâ et Vaïkharî.

ANAITIA (chaldéen)

Dérivé d'Anâ (V.), déesse que l'on identifie à l'hindoue Annapurna, un des noms, et le meilleur, de Kâlî – l'aspect féminin de Śiva.

ANALOGETICISTES

Les disciples d'Ammonius Saccas (V.) ainsi appelés à cause de la pratique qu'ils avaient d'interpréter les légendes sacrées, les mythes et les mystères par un principe d'analogie et de correspondance qu'on trouve maintenant dans le système cabalistique, et surtout dans les écoles de philosophie ésotérique en Orient. (Cf. "Les Douze Signes du Zodiaque", par T. Subba Row dans Five Years of Theosophy).

ANANDA (sans.)

Félicité, joie, béatitude, bonheur. Nom du disciple favori du Seigneur Gautama Bouddha.

ANANDA LAHARI (sans.)

"La Vague de Joie ; beau poème écrit par Śankarâchârya : c'est une hymne, dédiée à Pârvatî, très mystique et occulte. ANANDAMAYA-KOSHA (sans.)."L'enveloppe illusoire de Béatitude", c'est-à-dire, la forme illusoire ou mâyâvique, l'apparence de ce qui est sans forme. Veut également dire "Béatitude" ou âme supérieure. Nom vedântin pour l'un des cinq "principes", ou koshas, de l'homme : identique à notre Atma-Buddhi ou Ame spirituelle.

ANANGA (sans.)

Le "Sans corps". Une épithète de Kâma, le dieu de l'amour. ANANTA-ŚESHA (sans). Le serpent d'Eternité – la couche de Vishnu durant le Pralaya (litt., "séjour sans fin").

ANASTASIA (gr.)

L'existence continue de l'âme.

ANATU (chaldéen)

L'aspect féminin d'Anu (V.). Elle représente la Terre et la Profondeur, tandis que son consort représente le Ciel et la Hauteur. Elle est la mère du dieu Héa, et elle produit le ciel et la terre. Astronomiquement, elle est Ishtar, Vénus, l'Ashtoreth des Juifs.

ANAXAGORE (gr.)

Fameux philosophe ionien qui vécut 500 ans Av. J.C., étudia la philosophie avec Anaximène de Milet et se fixa à Athènes au temps de Périclès. Socrate, Euripide, Archélaüs et d'autres hommes et philosophes distingués furent parmi ses élèves et disciples. C'était un astronome de grand talent ; il fut le premier à enseigner ouvertement ce qui avait été enseigné secrètement par Pythagore, c'est-à-dire, les mouvements des planètes, les éclipses de soleil et de lune, etc... C'est lui qui enseigna la théorie du chaos d'après le principe que "rien ne vient de rien", et des atomes comme essence sous-jacente et substance de tous les corps "de la même nature que les corps qu'ils forment". Ces atomes, disait-il, sont tout d'abord mis en mouvement par le Nous (Intelligence Universelle, le Mahat des Hindous), lequel Nous est une entité immatérielle, éternelle, spirituelle ; le monde fut formé de cette combinaison, les corps matériels grossiers tombant tandis que les atomes éthérés (ou éther ardent) montaient et se dispersaient dans les régions célestes supérieures. Anticipant sur la science moderne de plus de 2.000 ans, il enseignait que les étoiles étaient de la même matière que notre terre, et que le soleil était une masse ardente ; que la lune était un corps obscur inhabitable, recevant sa lumière du soleil, que les comètes étaient des corps ou étoiles errantes, et par surcroît à toute cette science, il se déclarait totalement convaincu que l'existence réelle des choses perçues par nos sens ne pouvait pas être prouvée de façon démonstrative. Il mourut en exil à Lampsaque à soixante-douze ans. ANCIENS, Les. Nom donné par les occultistes aux Sept Rayons créateurs, nés du Chaos ou de l' "Abîme".

ANGARAKA (sans.)

Etoile de Feu : la planète Mars, en tibétain Migmar. ANGIRAS (sans.). Un des Prajâpatis. Fils de Daksha ; homme de loi, etc...

ANGIRASAS (sans.)

Le nom générique de.plusieurs individus et objets purâniques ; une classe de Pitris, ancêtres de l'homme ; rivière de Plaksha, un des sapta dvîpas (V.).

ANGRA-MAINYUS (zende)

Le nom zoroastrien pour Ahriman, le mauvais esprit de destruction et d'opposition. Dans le Vendîdâd (fargard I) Ahura Mazda dit qu' "il contre-crée par sa sorcellerie" tout beau pays que Dieu crée, car "Angra-Mainyu est la mort dans son intégralité".

ANIMA MUNDI (lat.)

L' "Ame du Monde", identique à l'Alaya des Bouddhistes du Nord ; l'essence divine qui pénètre et anime tout, depuis le plus petit atome de matière jusqu'à l'homme et dieu. En un sens, c'est la "Mère aux sept peaux" des stances de la Doctrine Secrète, l'essence des sept plans de sensation, de conscience et de différenciation morale et physique. Dans son aspect supérieur c'est Nirvâna, dans son aspect inférieur c'est la Lumière Astrale. Elle était féminine pour les Gnostiques, les premiers Chrétiens et les Nazaréens ; bisexuée pour les autres sectes qui ne la considéraient que sur les quatre plans inférieurs ; de nature ignée, éthérée dans le monde objectif de la forme (puis de l'éther), divin et spirituel dans ses trois plans supérieurs. Lorsqu'on dit que toute âme humaine est née en se détachant de l'Anima Mundi, cela signifie ésotériquement que nos Egos supérieurs lui sont identiques en essence, et qu'elle est un rayonnement de l'ABSOLU universel à jamais inconnu.

ANJALA (sans.)

Une des puissances personnifiées qui jaillissent du corps de Brahmâ – les Prajâpatis.

ANJANA (sans.)

Serpent ; fils du rishi Kaśyapa.

ANNAMAYAKOSHA (sans.)

Terme vedântin. Identique à Sthula Śarîra ou corps physique. C'est la première des cinq "enveloppes" acceptées par les Vedântins, une enveloppe étant ce qu'en Théosophie on nomme un "Principe".

ANNAPURA (sans.)

Voir "Anâ".

ANNEAUX MAGIQUES

On les a trouvés comme talismans dans tous les folklores. En Scandinavie, de semblables anneaux sont toujours rattachés aux elfes et aux nains, qui, prétendait-on, étaient les possesseurs de talismans et qui, occasionnellement, les donnaient à ceux des êtres humains qu'ils désiraient protéger. Selon les paroles du chroniqueur : "Ces anneaux magiques portaient bonheur à leur possesseur aussi longtemps qu'ils étaient soigneusement conservés ; mais leur perte était accompagnée de terribles malheurs et de tourments indicibles". ANNEAUX et RONDES. Termes utilisés par les Théosophistes dans leur explication de la cosmogonie orientale. On les utilise pour marquer les différents cycles évolutifs dans les règnes Elémental, Minéral, etc..., par lesquels la Monade passe sur n'importe quel globe ; le terme Ronde n'étant employé que pour signifier le passage cyclique de la Monade autour de la chaîne entière de sept globes. Pour parler communément, les Théosophistes emploient le terme anneau comme synonyme de cycle, soit cosmique, géologique, métaphysique, ou de n'importe quel autre type.

ANNEDOTUS (gr.)

Le nom générique des Dragons ou HommesPoissons qui étaient cinq. L'historien Bérose raconte qu'à plusieurs reprises, on vit sortir de la mer Erythréenne un demi-démon nommé Oannès ou Annedotus qui, quoiqu'à demi-animal, enseigna pourtant aux Chaldéens les arts utiles et tout ce qui pouvait les humaniser (Voir Lenormant, Chaldean Magic, p. 203 ; et aussi "Oannès"). (w.w.w.).

ANNÉES DE BRAHMA

La période entière d'un Age de Brahmâ (100 années). Elle est égale à 311.040.000.000.000 d'années. (Voir "Yuga").

ANOIA (gr.)

"Manque de compréhension", "folie". Anoia est le nom donné par Platon et d'autres au Manas inférieur quand il est trop étroitement allié à Kâma, qui est irrationnel (agnoia). Le mot grec agnoia est évidemment apparenté au mot sanskrit ajnâna (phonétiquement, agnyana) ou ignorance, irrationalité, absence de connaissance, et il en dérive. (voir "Agnoia" et "Agnostique").

ANOUKI (égyp.)

Une forme d'Isis ; la déesse de la vie, dont le nom a donné la dérivation hébraïque Ank, la vie. (Voir "Anuki").

ANSUMAT (sans.)

Personnage purânique, le "neveu de 60.000 oncles", les fils du roi Sagara, qui furent réduits en cendres par un seul regard de l' "Œil" du rishi Kapila.

ANTA-KATAHA (sans.)

La couverture extérieure – ou coque – de l'œuf de Brahmâ : l'aire dans laquelle notre univers manifesté est contenu.

ANTAHKARANA (sans.)

, ou Antaskarana. Ce mot possède des sens divers qui varient avec chaque école de philosophie et chaque secte. C'est ainsi que Sankarâchârya lui donne le sens de "compréhension", d'autres d' "instrument interne, l'Arne formée du principe pensant et de l'égoïsme", tandis que les occultistes l'expliquent comme le sentier ou le pont entre les Manas supérieur et inférieur, l'Ego divin, et l'Ame personnelle de l'homme. Il sert de moyen de communication entre les deux et transmet de l'égo inférieur à l'Ego Supérieur toutes ces impressions et pensées personnelles des hommes qui peuvent, par leur nature, être assimilées et amassées par l'Entité impérissable, et être ainsi rendues immortelles avec elle, cela constituant les seuls éléments de la Personnalité évanescente qui survivent à la mort et au temps. Il va sans dire que seul ce qui est noble, spirituel et divin en l'homme peut témoigner dans l'Éternité qu'il a vécu.