Lexique Théosophique

Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.

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2 222 notices

ARYASANGHA (sans.)

Fondateur de la première école Yogâchârya. Cet Arhat, disciple direct de Gautama Bouddha, est, d'une façon inexplicable, mêlé et confondu avec un personnage du même nom que l'on dit avoir vécu à Ayôdhya (Oudh) vers les cinquième ou sixième siècles de notre ère, et avoir enseigné le culte tantrique en plus du système Yogâchârya. Ceux qui ont cherché à le populariser prétendaient que c'était le même Aryasangha qui avait été disciple de Śâkyamuni, et qu'il avait 1.000 ans. L'évidence intime suffit à elle seule à montrer que les ouvrages qu'il écrivit ou traduisit vers l'an 600 de notre ère – des ouvrages qui abondent en culte tantrique, son ritualisme et ses enseignements suivis maintenant, et en grande partie, par les sectes "bonnets rouges" du Sikhim, du Bhoutan et du Petit Tibet – ne peuvent pas être les mêmes que ceux du système sublime de la première école Yogâchârya du pur Bouddhisme qui n'est ni du nord ni du sud, mais absolument ésotérique. Quoiqu'aucun des livres authentiques Yogâchârya (le Narjol chodpa) n'aient été rendus publics ou ne soient acquérables, on trouve cependant dans le Yogâchûrya Bhûmi Śâstra du pseudo-Aryasangha une grande partie du système plus ancien dans les doctrines duquel il avait pu être initié. C'est cependant si mélangé de Śivaïsme, de magie tantrique et de superstitions, que l'ouvrage va à l'encontre de ses propres intentions, en dépit de sa remarquable subtilité dialectique. On peut voir par cet exemple combien on a du mal à se fier aux conclusions de nos orientalistes et combien contradictoires sont les dates qu'ils attribuent. Tandis que Csoma de Körös [qui, soit dit en passant, n'a jamais connu les Gelukpa (bonnets jaunes), mais reçu toutes ses informations des lamas "bonnets rouges" des Marches frontalières] situe le pseudo-Aryasangha au septième siècle de notre ère, Wassiljieff qui passa la plus grande partie de sa vie en Chine, prouve qu'il vécut bien plus tôt, et Wilson (voir Royal Asiatic Society, Vol. VI, p. 240), parlant de la période où les œuvres d'Aryasangha qui existent encore en sanskrit furent écrites, pense qu'il est maintenant "établi qu'elles l'ont été entre un siècle et demi avant l'ère chrétienne au plus tôt et bien après le début de cette ère. Dans tous les cas, puisqu'il est acquis que des ouvrages religieux du Mahâyânâ ont tous été écrits avant le temps d'Aryasangha – qu'il ait vécu deux cents ans avant ou sept cents ans après J.C. – et qu'ils contiennent toutes les données fondamentales, et bien plus, du système Yogâchârya, tellement défiguré par l'imitateur d'Ayôdhya – on en déduit qu'il doit exister quelque part une traduction authentique exempte de Śivaïsme populaire et de magie de main gauche.

ARYASATYANI (sans.)

Les quatre vérités ou les quatre dogmes qui sont : (1) Duhkha, ou que la misère et la souffrance sont des concomitants de l'existence sensible (ésotériquement, physique) ; (2) Samudaya, le truisme que la souffrance est intensifiée par les passions humaines ; (3) Nirôdha, que l'extirpation et l'extinction de tous ces sentiments sont possibles pour l'homme "sur le sentier" ; (4) Mârga, la voie étroite, ou ce sentier qui conduit à ce résultat béni.

ARYAVARTA (sans.)

Le "pays des Aryas", ou l'Inde. Ancien nom du nord de l'Inde où les envahisseurs brahmaniques ("venant de l'Oxus" disent les orientalistes) s'installèrent tout d'abord. C'est une erreur de donner ce nom à l'ensemble de l'Inde, puisque Manu ne donne le nom de "Pays des Aryas" qu'à la "bande entre l'Himâlaya et la chaîne des Vindhya, de la côte orientale à la côte occidentale.

ASAKRIT SAMADHI (sans.)

Certain degré de contemplation extatique : un degré du Samâdhi.

ASANA (sans.)

Troisième phase du Yoga décrit dans les Yoga ; sûtras de Patanjali ; il y est traité des attitudes et des positions du corps.

ASAT (sans.)

Terme philosophique signifiant "non-être" ou plutôt non-être-té. Le "néant incompréhensible". On parle de Sat, l'immuable, éternel, toujours-présent, et la seule véritable "Etre-té" (pas l'Etre), comme étant né d'Asat et Asat comme étant engendré par Sat." L'irréel, ou Prakriti, nature objective regardée comme une illusion. La nature, ou l'ombre trompeuse de son unique essence véritable.

ASATHOR (scandin.)

Identique à Thor. Le dieu des tempêtes et du tonnerre, héros qui reçoit Miolnir, le "marteau-tempête" des nains qui l'ont fabriqué. Grâce à lui il vainc Alwin dans une "bataille de mots", fracasse la tête du géant Hrungir, châtie Loki pour sa magie, détruit toute la race des géants à Thrymheim, et, tel un dieu bon et bienveillant, il établit immédiatement une règle de vie, sanctifie les liens du mariage, bénit la loi et l'ordre, et avec leur aide produit toutes sortes de prodiges bons ou terrifiants. C'est, dans l'Edda, un dieu qui est presque aussi grand qu'Odin (Voir "Miolnir" et le "Marteau de Thor").

ASAVA SAMKHAYA (pâli)

La "finalité dans le courant", un des six "Abhijnâs" (V.). La connaissance phénoménale de la finalité du courant de vie et de la série des renaissances.

ASBORJ

Un des pics légendaires de la chaîne de Ténériffe. Grande montagne dans les traditions de l'Iran qui, dans son sens allégorique, correspond au Méru, la montagne du Monde. Asborj est la montagne "au pied de laquelle le soleil se couche".

ASCH METZAREPH (héb.)

Le Feu Purificateur, traité cabalistique traitant de l'Alchimie et des relations entre les métaux et les Planètes (w.w.w.).

ASES (scandin.)

Les créateurs des Nains et des Elfes : les Elémentals inférieurs à l'homme dans les lais nordiques. Postérité d'Odin ; ils sont identiques aux Æsir. ASGARD, (scandin.) Royaume et habitat des dieux nordiques, l'Olympe scandinave, situé "plus haut que la demeure des Elfes de Lumière", mais sur le même plan que Jotunheim, la demeure des Jotuns, les méchants géants versés dans la magie, contre qui les dieux sont éternellement en guerre. Il est évident que les dieux d'Asgard sont identiques aux Suras indiens (dieux) et les Jotuns aux Asuras, les uns et les autres représentant les forces antagonistes de la nature – bienfaisantes et malfaisantes. Ce sont aussi les prototypes des Dieux et Titans grecs.

ASH (héb.)

Le Feu, qu'il soit physique ou symbolique. En anglais, on le trouve aussi écrit As, Aish ou Esch. ASHEN et LANGHAN (kolarien). Certaines cérémonies destinées à chasser les mauvais esprits, analogues aux cérémonies d'exorcisme des chrétiens ; elles sont en usage dans les tribus kolariennes en Inde.

ASHERAH (héb.)

Mot qui se trouve dans l'Ancien Testament et qu'on traduit généralement par "bosquet" ; il se rapporte à un culte idolâtre, mais il est probable, qu'en réalité il se rapportait à des cérémonies de dépravation sexuelle : c'est un nom féminin (w.w.w.).

ASHMOG (zende)

Dragon ou serpent : monstre ayant un cou de chameau dans l'Avesta, sorte de Satan allégorique qui, après la chute, "perdit sa nature et son nom". Appelé "le chameau volant" dans les anciens textes hébreux (cabalistiques) : évidemment une réminiscence ou une tradition, dans les deux cas, de monstres préhistoriques antédiluviens, mi- oiseau mi-reptile. ASHTADIŚA (sans.). L'espace à huit faces. Division imaginaire de l'espace représenté comme un octogone et dans d'autres cas comme un dodécaèdre.

ASHTAR VIDYA (sans.)

Le plus ancien des ouvrages hindous sur la magie. Bien qu'on prétende que l'ouvrage tout entier soit entre les mains de quelques occultistes, les orientalistes pensent qu'il a été perdu. De très rares fragments existent encore mais ils sont très altérés. AŚIRAS, (sans.). Elémentals sans tête : litt., "sans tête". Aussi employé pour les deux premières races humaines.

ASHTASIDDHIS

(sans.). Les huit accomplissements ou perfections que les yogins obtiennent par le samprajnata samâdhi (avec semence). Obstacles sur la voie de la Délivrance finale.

ASITA (sans.)

Nom propre. Un fils de Bharata ; un Rishi et un Sage.

ASK (scandin.)

, ou Frêne. L' "Arbre de la Connaissance". Le Frêne et l'Aune (Embla) sont les arbres à partir desquels les dieux d'Asgard créèrent le premier homme.

ASKI-KATASKI-HAIX-TETRAX-DAMNAMENEUS-AISION

Ces mots mystiques qu'Athanase Kircher nous dit signifier "Ténèbres, Lumière, Terre, Soleil et Vérité" étaient, au dire d'Hésychius, gravés sur la ceinture de la Diane d'Ephèse. Plutarque dit que les prêtres récitaient ces mots sur les personnes possédées des démons. (w.w.w.).

ASMODEE

Le persan Aeshma-dev, l'Esham-dev des parsis, "le mauvais Esprit de la Concupiscence", selon Bréal, que les juifs se sont appropriés sous le nom d'Ashmedaï, "le Destructeur", créature identifiée par le Talmud à Belzébuth et à Azraël (l'Ange de la Mort), l'appelant le "Roi des Diables".

ASMONEENS

Rois-prêtres d'Israël dont la dynastie régna sur les juifs pendant 126 ans. Ils promulguèrent le Canon du Testament Mosaïque, en l'opposant aux "Apocryphes" (V.) ou Livres Secrets des Juifs (Cabalistes) alexandrins, et en maintinrent le sens littéral. Jusqu'à l'époque de Jean Hyrcan, ils furent Ascédéens (Chasidim) et Pharisiens ; plus tard, cependant, ils devinrent Sadducéens ou Zadokites, attachés à la règle sacerdotale que l'on oppose à la règle rabbinique. AŚ0KA (sans.). Célèbre roi indien de la dynastie des Maurya qui régna à Magadha. Il y eut, en réalité, deux Aśoka d'après les chroniqueurs du Bouddhisme du Nord, bien que le premier Aśoka – grand-père du second, que le Prof. Max Muller appelle le "Constantin de l'Inde" – fut plus connu sous le nom de Chandragupta. C'est le premier qui fut appelé Piyadasi (pâli), "le beau", et Devânâmpriya, "l'aimé des dieux", et aussi Kâlâśoka ; tandis que le nom de son petit-fils était Dharmâśoka – l'Aśoka de la bonne loi – à cause de son dévouement au Bouddhisme. De plus, selon la même source, le second Aśoka n'avait jamais suivi la foi brahmanique, mais était né Bouddhiste. C'est le grand-père qui, le premier, avait été converti à la nouvelle foi, après quoi il fit graver un grand nombre d'édits sur des piliers et des rochers, coutume que suivit son petit-fils. Mais c'est ce dernier qui fut le plus zélé partisan du Bouddhisme ; il entretint dans son palais entre 60.000 à 70.000 prêtres et moines qui érigèrent 84.000 stoupâs dans toute l'Inde. Il régna 36 ans et envoya des missions à Ceylan et dans le monde. Les inscriptions de divers édits qu'il publia témoignent des sentiments d'une haute moralité, spécialement l'Edit d'Allahabad sur le monument que l'on appelle la "Colonne d'Aśoka", situé dans le Fort. Les sentiments y sont élevés et poétiques, respirant la tendresse aussi bien pour les animaux que pour les hommes et une vue élevée de la mission d'un roi vis-à-vis de son peuple, qui pourrait très avantageusement être suivie à notre époque de guerres cruelles et de vivisections barbares.

ASOMATOS (gr.)

Litt., sans corps matériel : se dit des Etres célestes et des Anges. AŚRAMA (sans.). Bâtiment sacré ; monastère ou ermitage à des fins ascétiques. Toutes les sectes en Inde possèdent leurs Ashrams.

ASSASSINS

Ordre maçonnique et mystique fondé par Hassan Sabbah en Perse au XIème siècle. Le mot est une déformation européenne d' "Hassan" qui représente la partie principale du nom. Ceux-ci n'étaient que des Soufis, et ils étaient adonnés, selon la tradition, à la consommation de Haschisch pour produire des visions célestes. Comme l'a montré feu notre frère Kenneth Mackensie, "ils enseignaient les doctrines secrètes de l'Islam ; ils encourageaient les mathématiques et la philosophie et ont produit nombre d'ouvrages de valeur. Le chef de l'Ordre était appelé Scheik-el-Djebel, traduit par le "Vieux-de-la-Montagne", et en tant que Grand Maître, il avait sur eux droit de vie et de mort".

ASSORUS (chaldéen)

Le troisième groupe des descendants (Kissan et Assorus) de la Duade babylonienne, Tauthe et Apason, selon les Théogonies de Damascius. De cette duade en émanèrent trois autres, dont la dernière de la série, Aus, engendra Bélus – "l'Architecte du Monde, le Démiurge".

ASSOUR (chaldéen)

Cité d'Assyrie : l'ancien siège d'une bibliothèque dont George Smith a extrait les premières tablettes connues, auxquelles il assigna une date d'environ 1.500 ans avant J.C., appelée Assour Kileh Shergat.

ASSURBANIPAL (chaldéen)

Le Sardanapale des Grecs, "le plus grand des souverains assyriens, bien plus mémorable à cause de sa munificente protection des connaissances que pour la grandeur de son empire", écrit feu G. Smith qui ajoute : "Assurbanipal augmenta davantage la bibliothèque royale d'Assyrie que tous les rois qui l'avaient précédé". Comme l'éminent assyriologue nous dit ailleurs dans "Babylonian and Assyrian Literature" (Chaldean Account of Genesis) que "la majorité des textes préservés appartiennent à la période antérieure à 1.600 avant J.C.", et affirme cependant "que c'est aux tablettes écrites sous son règne (d'Assurbanipal) (673 av. J.C.) que nous devons presque toute notre connaissance des débuts de l'histoire babylonienne" on a des raisons de se demander "Comment le savez-vous ?" ASSYRIENNES, Écritures Saintes. Les orientalistes nous montrent sept de ces livres : les livres de Mamit, du Culte, des Interprétations, du Voyage en Hadès ; deux livres de Prière (le Kanmagarri et le Kanmikri : Talbot), et le Kantolite, le Psautier assyrien perdu. ASSYRIEN, L'Arbre-de-Vie. "Asherah" (V.). La Bible le traduit par "bosquet", et il s'y trouve 30 fois. On l'appelle une "idole", et Maachah, grand-mère d'Asa, roi de Jérusalem, est accusée de s'être fait faire une telle idole, qui était un lingam. Pendant des siècles ce fut, en Judée, un rite religieux. Mais l'Asherah originel était un pilier comportant sept branches de chaque côté, surmonté d'une fleur globuleuse projetant trois rayons, et non pas une pierre phallique, comme en firent les juifs, mais un symbole métaphysique. "O toi Compatissant qui rappelle les morts à la vie !" était la prière prononcée devant l'Asherah, sur les bords de l'Euphrate. Le "Compatissant" n'était ni le dieu personnel des juifs qui ramenèrent ce "bosquet" de leur captivité, ni un dieu extracosmique, mais la triade supérieure de l'homme symbolisée par la fleur globuleuse avec ses trois rayons. ASTA-DAŚA (sans.). La Sagesse parfaite et suprême ; un titre de Divinité. Les Dix Demeures.

ASTER'T (héb.)

Astarté, la déesse syrienne, épouse d'Adon ou Adonaï

ASTREE (gr.)

L'antique déesse de la justice, que la méchanceté des hommes chassa de la terre au ciel où elle demeure maintenant en tant que constellation de la Vierge.

ASTROLATRIE (gr.)

Culte des étoiles.

ASTROLOGIE (gr.)

La science qui définit l'action des corps célestes sur les affaires du monde, et prétend prédire les événements à venir d'après la position des astres. Son antiquité est telle qu'il faut la placer parmi les plus anciennes annales historiques du savoir humain. Pendant de longs âges, en Orient, elle demeura une science secrète, et son expression finale l'est restée jusqu'à nos jours, mais son application exotérique n'a été amenée, en Occident, jusqu'à un certain degré de perfection, que depuis le moment où Varaha Muhira écrivit son livre sur l'Astrologie il y a quelque 1.400 ans. Claudius Ptolémée, le fameux géographe et mathématicien, a écrit son traité Tetrabiblos vers 135 après J.C., et c'est encore la base de l'astrologie moderne. La science des Horoscopes, à l'heure présente, est surtout étudiée sous quatre dénominations, savoir : (1) Mondiale, dans son application à la météorologie, la sismologie, l'agriculture, etc ; (2) Judiciaire ou civique, quant au destin des nations, des rois et des chefs d'état ; (3) Horaire, se rapportant à la solution de doutes susceptibles de s'élever dans l'esprit à propos de n'importe quel sujet ; (4) Génethliaque, dans son application au destin des individus, depuis le moment de leur naissance jusqu'à leur mort. Les Égyptiens et les Chaldéens furent parmi les plus anciens adeptes de l'Astrologie, bien que leur façon de lire dans le ciel ait été extrêmement différente des pratiques modernes. Ils prétendaient que Bélus, le Bel ou Elu des Chaldéens, rejeton de la Dynastie divine, ou Dynastie des dieux-rois, avait appartenu à la terre de Chemi, et l'avait quittée pour fonder une colonie partie d'Égypte sur les bords de l'Euphrate, où un temple desservi par des prêtres des "seigneurs des étoiles" fut construit, les dits prêtres adoptant le nom de Chaldéens. On sait deux choses : (a) que Thèbes (en Égypte) revendiquait l'honneur de l'invention de l'Astrologie, et (b) que ce furent les Chaldéens qui enseignèrent cette science aux autres nations. Or Thèbes est bien antérieure, non seulement à l' "Ur des Chaldéens", mais aussi à Nipour où on adora tout d'abord Bel – Sin, son fils (la Lune) étant la divinité qui présidait à Ur, pays de naissance de Terah, sabéen et astrolâtre, et de son fils Abram le grand astrologue de la tradition biblique. Tout tend donc à corroborer la prétention égyptienne. Si par la suite le nom de l'astrologie tomba en discrédit à Rome et ailleurs, c'était dû au charlatanisme de ceux qui voulaient gagner de l'argent au moyen de ce qui faisait partie de la Science Sacrée des Mystères, et qui, l'ignorant, élaborèrent un système entièrement fondé sur les mathématiques, au lieu de la métaphysique transcendante, et qui avait les corps physiques célestes pour Upâdhi ou base matérielle. Pourtant, en dépit de persécutions, le nombre des adeptes de l'astrologie parmi les esprits les plus cultivés et scientifiques fut toujours très grand. Si Cardan et Képler furent parmi ses ardents partisans, alors les astrologues ultérieurs n'ont pas à rougir, même de sa forme actuelle imparfaite et déformée. Comme il est écrit dans Isis Dévoilée (I, 339) : "L'astrologie est à l'astronomie exacte ce que la psychologie est à la physiologie exacte. En astrologie et en psychologie on doit franchir le monde visible de la matière et on entre dans le domaine de l'esprit transcendant". (Voir "Astronomos").

ASTRONOMOS (gr.)

Le titre donné à l'Initié du Septième Degré lors de sa réception dans les Mystères. Jadis l'astronomie était synonyme d'astrologie, et la grande Initiation astrologique avait lieu à Thèbes en Égypte, là où les prêtres perfectionnèrent cette science si même ils ne l'inventèrent pas totalement. Ayant passé par les degrés de Pastophores, de Néocores, de Mélanophores, de Kristophores et de Balahala (le degré de la Chimie des Étoiles) le néophyte recevait l'enseignement des signes mystiques du Zodiaque, en une danse circulaire représentant la course des planètes (la danse de Krishna et des Gopis célébrée encore aujourd'hui dans le Rajpoutana). Ensuite il recevait une croix, le Tau (ou Tat), devenant un Astronomos et un Guérisseur. (Voir Isis Dévoilée, Vol. IV, 25). L'astronomie et la chimie étaient inséparables dans ces études. "Hippocrate avait une foi si vivante dans l'influence des étoiles sur les êtres animés et sur leurs maladies, qu'il recommande expressément de ne pas se confier à des médecins ignorant l'astronomie" (Arago). Malheureusement la clef de la porte finale de l'Astrologie et de l'Astronomie est perdue pour l'astrologue moderne, et sans elle comment peut-il être jamais capable de répondre à la remarque pertinente faite par l'auteur de Mazzaroth qui écrit : "on dit que les gens sont nés sous un signe, tandis qu'ils sont en réalité nés sous un autre, parce que le soleil est maintenant vu parmi différentes étoiles à l'équinoxe" ? Cependant même les quelques vérités qu'il connaît réellement ont amené à sa science des croyants aussi éminents et scientifiques que Sir Isaac Newton, les évêques Jérémy et Hall, l'archevêque Usher, Dryden, Flamstead, Ashmole, John Milton, Steele et une foule de Rosicruciens de renom.

ASURA MAZDA (sans.)

Dans la langue zende, Ahura Mazda. Iden tiques à Ormuzd ou Mazdeô ; c'est le dieu de Zoroastre et des Parsis.

ASURAMAYA (sans.)

Connu aussi comme Mayâsura. Astronome atlante, considéré comme un grand magicien et sorcier ; bien connu dans les ouvrages sanskrits.

ASURAS (sans.)

Exotériquement des élémentals et des dieux mauvais – considérés comme maléfiques : ce sont des démons et non pas des dieux. Mais ésotériquement, c'est le contraire. Car dans les parties les plus anciennes du Rig Veda, le terme est employé pour l'Esprit Suprême, et les Asuras sont donc spirituels et divins. Ce n'est que dans le dernier livre du Rig Veda – sa dernière partie, dans l'Atharva Veda, et dans les Brâhmanas, que l'épithète, qui avait été donnée à Agni, la plus grande divinité védique, à Indra et à Varuna, en est venue à signifier le contraire d'un dieu. Asu signifie souffle, et c'est par son souffle que Prajâpati (Brahmâ) crée les Asuras. Lorsque le ritualisme et les dogmes prirent le dessus dans la Religion-Sagesse, la lettre initiale a fut adoptée comme préfixe négatif et le terme finit par dire "pas un dieu", et Sura seulement, une divinité. Mais dans les Védas, les Suras ont toujours été rattachés à Sûrya, le soleil, et regardés comme des divinités inférieures, des dévas. AŚVAMEDHA (sans.). Le sacrifice du Cheval : c'est une antique cérémonie brahmanique. AŚVATTHA (sans.). L'arbre Bo, l'arbre de la connaissance : ficus religiosa. AŚVINS (sans.), ou Aśvina, double ; ou encore Aśvini-Kumâra. Ce sont, de toutes les divinités, les plus mystérieuses et les plus occultes : celles qui ont "embarrassé les plus anciens commentateurs". Litt., ce sont les "Cavaliers", les "divins auriges", car ils se déplacent dans un chariot d'or tiré par des chevaux, des oiseaux ou des quadrupèdes, et "disposent de nombreuses formes". Ce sont deux divinités védiques, les fils jumeaux du soleil et du ciel qui deviennent la nymphe Aśvinî. En symbolisme mythologique ce sont les "brillants avant-coureurs d'Ushas, l'aurore" qui sont "toujours jeunes et beaux, brillants et agiles, rapides comme des faucons", qui "préparent la voie pour l'aurore brillante pour ceux qui ont patiemment attendu toute la nuit". On les appelle aussi les "médecins de Svarga" (ou Devachan), en ce sens qu'ils guérissent toute souffrance et toute maladie. Astronomiquement ce sont les astérismes. Ils étaient adorés avec enthousiasme comme le montrent leurs épithètes. Ce sont les "nés de l'Océan" (c'est-à-dire, nés de l'espace) ou Abdhijâ, "couronnés de lotus bleus" ou Pushkara-srajam, etc... Yâska, le commentateur dans le Nirukta, est d'avis que les "Aśvins représentent la transition des ténèbres à la lumière" – cosmiquement, et nous pouvons ajouter métaphysiquement aussi. Mais Muir et Goldstücker penchent à voir en eux d'anciens "cavaliers de grande réputation" parce qu'en vérité la légende dit que "les dieux refusèrent d'admettre les Aśvins à un sacrifice pour la raison qu'ils avaient été en rapports trop familiers avec les hommes." C'est vrai parce que, comme l'explique le même Yâska, "ils sont identifiés au ciel et à la terre". Mais c'est pour une raison très différente. En vérité ils sont comme les Ribhus, "à l'origine des mortels de renom (mais aussi occasionnellement ils n'ont pas cette réputation) qui au cours du temps sont transférés à la compagnie des dieux", et ils montrent un caractère négatif, "résultat de l'alliance de la lumière et des ténèbres", simplement parce que ces jumeaux sont, en philosophie ésotérique, les Egos-Kumâra, les "Principes" réincarnateurs de ce Manvantara.

ATALA (sans.)

Une des régions des lokas hindous, et une des sept montagnes. Mais ésotériquement Atala se trouve sur le plan astral et fut jadis une île réelle sur cette terre.

ATALANTA FUGIENS (lat.)

Fameux traité de l'éminent Rose Croix Michel Maier. Il est orné de beaucoup de belles gravures de symbolisme alchimique : c'est là qu'on trouve l'image d'un homme et d'une femme dans un cercle entouré d'un triangle, et celui-ci d'un carré. L'inscription est : "Du premier ens procèdent deux contraires, de là viennent les trois principes et de ceux-ci les quatre états élémentaires ; si vous séparez le pur de l'impur, vous aurez la Pierre Philosophale". (w.w.w.).

ATARPI (chaldéen)

, ou Atarpi-nisi, l' "homme". Personnage qui était "pieux devant les dieux", et qui pria le dieu Héa d'écarter les calamités de la sécheresse et d'autres choses avant que le Déluge fût envoyé. L'histoire est trouvée sur une des plus anciennes tablettes babyloniennes et se rapporte au péché du monde. Selon ce que dit G. Smith, "le dieu Elu ou Bel convoque une assemblée des dieux, ses fils, et leur raconte qu'il est irrité du péché du monde", et dans les expressions fragmentaires de la tablette : "...je les ai faits... leur méchanceté, j'en suis irrité, leur châtiment ne sera pas médiocre... que les aliments s'épuisent, qu'en haut Vul boive toute sa pluie", etc., etc. En réponse à la prière d'Atarpi le dieu Héa annonce sa résolution de détruire le peuple qu'il a créé, ce que, pour finir, il fait au moyen d'un déluge.

ATASH BEHRAM (zende)

Le feu sacré des Parsis, préservé perpétuellement dans leurs temples du feu.

ATEF (égypt.)

, ou Couronne d'Horus. Elle consistait en un haut bonnet blanc avec des cornes de bélier, et l'urœus au milieu. Ses deux plumes représentent les deux vérités – la vie et la mort.

ATHAMAZ (héb.)

Identique à l'Adonis des Grecs ; les juifs ayant emprunté tous leurs dieux.

ATHANOR (occultisme)

Le fluide "astral" des alchimistes, leur levier d'Archimède ; exotériquement, le fourneau de l'alchimiste.

ATHARVA VEDA (sans.)

Le quatrième Veda : Litt., incantation magique contenant des aphorismes, des incantations et des formules magiques. Un des livres les plus anciens et les plus respectés des Brâhmanes.

ATHENAGORAS (gr.)

Philosophe platonicien d'Athènes qui écrivit en 177 une Apologie Grecque pour les chrétiens, et l'adressa à l'empereur Marc-Aurèle pour prouver la fausseté des accusations portées contre eux, en particulier l'inceste et la consommation d'enfants assassinés.

ATHOR (égypt.)

"Mère Nuit". Le Chaos primordial dans la cosmogonie égyptienne. La déesse de la nuit.

ATIVAHIKAS (sans.)

Pour les Viśishtâdvaitas, ce sont les Pitris ou Dévas, qui aident l'âme désincarnée ou Jîva dans son transit du corps mort au Paramâpadha.

ATLANTES (gr.)

Aïeux des Pharaons et ancêtres des Egyptiens selon certains, et comme l'enseigne la Science Esotérique (Voir la Doctrine Secrète, Vol. III, et le Bouddhisme Esotérique). Platon entendit parler de ce peuple hautement civilisé, derniers restes de ceux qui avaient été submergés 9.000 ans avant son époque, par Solon qui le tenait des Grands Prêtres d'Egypte. Voltaire, l'éternel railleur avait raison de dire que les "Atlantes (notre quatrième Race-Racine) firent leur apparition en Egypte... C'est en Syrie et en Phrygie aussi bien qu'en Egypte qu'ils instituèrent le culte du Soleil". La philosophie occulte enseigne que les Egyptiens étaient un reste des derniers Atlantes aryens.

ATLANTIS (gr.)

Ce continent fut submergé dans les océans Atlantique et Pacifique, selon les enseignements secrets et Platon.

ATMA (ou ATMAN)

(sans.). L'Esprit Universel, la Monade divine, le ème 7 Principe ainsi appelé dans la constitution septénaire de l'homme. L'Ame Suprême.

ATMA-BHU (sans.)

L'Existence ou l'âme, ou existence en tant qu'âme (voir "Alaya").

ATMA-BODHA (sans.)

Litt., "Auto-connaissance" ; titre d'un traité védântin par Śankarâchârya.

ATMA-JNANI (sans.)

Le Connaisseur de l'Ame du Monde, ou Ame en général.

ATMA-MATRASU (sans.)

Entrer dans les éléments du "Soi Unique" (voir la Doctrine Secrète, Vol. II, 40-41). Atmamâtra est l'atome spirituel par contraste avec l'atome différencié élémentaire ou molécule et s'y opposant.

ATMA-VIDYA (sans.)

La plus haute forme de connaissance spirituelle : litt., "Connaissance de l'Ame". ATRI, Fils d' (sans.). Une classe de Pitris, les "ancêtres de l'homme", ou ceux qu'on appelle Prajâpati, "progéniteurs" ; un des sept Rishis qui forment la constellation de la Grande Ourse.

ATTAVADA (pâli)

Le péché de la personnalité.

ATYANTIKA (sans.)

Une des quatre sortes de pralaya ou dissolution. Le pralaya de l' "absolu".

ATZILUTH (héb.)

Le plus élevé des quatre mondes de la Cabale se rapportant uniquement au pur Esprit de Dieu (w.w.w.). Voir "Aziluth" pour une autre interprétation.

AUDLANG (scandin.)

Dans les légendes des Nordiques, le second Ciel créé par la Divinité, au-dessus du champ d'Ida.

AUDUMBLA (scandin.)

Le symbole de la nature dans la mythologie nordique ; la vache qui lèche le bloc de sel, d'où naît le divin Buri avant la création de l'homme. La Vache de la Création, la "Nourrisseuse" de qui coulaient quatre courants de lait qui nourrissaient le géant Ymir ou Orgelmir (matière en ébullition) et ses fils, les Hrimthurses (Géants de la Glace) avant l'apparition des dieux ou des hommes. N'ayant rien à paître, elle léchait le sel des rochers de glace et produisit ainsi Buri, le "Producteur", qui, à son tour, eut un fils, Bdr (le né) qui épousa une fille des Géants de la Glace et en eut trois fils, Odin (l'Esprit), Wili (la Volonté) et We (la Sainteté). La signification de cette allégorie est évidente. C'est l'union pré-cosmique des éléments, de l'Esprit ou Force Créatrice, de la Matière, rafraîchie et encore bouillante, qu'il forme en accord avec la Volonté universelle. Puis les Ases, "les piliers et soutiens du Monde" (Gouverneurs du Monde), entrent en scène et créent, comme le Père-de- Tout veut qu'ils le fassent.

AUGOEIDES (gr.)

Bulwer-Lytton l'appelle le "Soi Lumineux" ou notre Ego Supérieur. Mais l'occultisme en fait quelque chose qui en est distinct. C'est un mystère. L'Augoeidès est le rayonnement divin lumineux de l'Ego qui, lorsqu'il est incarné, n'est que son ombre – si pur soit-il déjà. C'est expliqué avec les Amshaspends et leurs Ferouers. (Voir "Amesha Spenta" et "Farvarshi").

AUM (sans.)

La syllabe sacrée ; l'unité en trois lettres : donc la trinité en un.