Lexique Théosophique

Le vocabulaire de la Sagesse Antique — termes sanskrits, tibétains, hébreux, grecs, égyptiens — d'après le Glossaire Théosophique de H. P. Blavatsky et les index des huit autres ouvrages.

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2 222 notices

BHAGAVAD-GITA (sans.)

Litt., Le "Chant du Seigneur" ; partie du Mahâbhârata, le grand poème épique de l'Inde. Il contient un dialogue dans lequel Krishna – l' "Aurige" – et Arjuna, son chelâ ont une discussion sur la plus haute philosophie spirituelle. L'ouvrage est éminemment occulte ou ésotérique. BHAGAVAT (sans.). Titre du Bouddha et de Krishna ; littéralement, "le Seigneur".

BHAO (sans.)

Cérémonie de divination dans les tribus kolariennes de l'Inde centrale.

BHARATA VARSHA (sans.)

Le pays des Bhârata, ancien nom donné à l'Inde.

BHARGAVAS (sans.)

Ancienne race de l'Inde ; d'après le nom de Bhrigu, le Rishi.

BHASHYA (sans.)

Un commentaire.

BHASKARA (sans.)

Un des titres de Sûrya, le Soleil : signifie "donneur de vie" et "faiseur de lumière".

BHAVA (sans.)

Etre, ou état d'être ; le monde, une naissance et aussi un nom de Siva.

BHIKSHU (sans.)

En pâli, Bikkhu. Le nom donné aux premiers disciples du Bouddha Śâkyamuni : Litt., "mendiant érudit". Le Sanskrit Chinese Dictionary explique correctement le terme en divisant les Bhikshus en deux classes de Śramanas (moines et prêtres bouddhistes), savoir, "les mendiants ésotériques qui contrôlent leur nature par la loi (religieuse) et les mendiants exotériques qui contrôlent leur nature par le régime", et il ajoute avec moins de justesse : "Tout véritable Bhikshu est supposé faire des miracles". BHONS ou BONS (tibétain). Les fidèles de la vieille religion des aborigènes du Tibet, des temples pré-bouddhistes et du ritualisme ; identiques aux Dugpas, "bonnets rouges", quoique cette dernière appellation ne s'applique d'ordinaire qu'aux sorciers.

BHOUTAN

Un pays de Bouddhistes hérétiques et de Lamaïstes au- delà du Sikkhim, où règne le Dharma Râja, un vassal nominal du Dalaï Lama. BHRANTIDARŚANA (sans.). Litt., "fausse compréhension ou fausse appréhensibilité : quelque chose conçue sur ces fausses apparences, comme une forme mâyâvique, illusoire.

BHRIGU (sans.)

Un des grands Rishis védiques. Manu l'appelle "Fils", et lui confie ses Instituts. C'est un des Sept Prajâpatis, ou progéniteurs de l'humanité, ce qui revient à l'identifier avec un des dieux créateurs placés par les Purânas dans le Krita Yuga, ou le premier âge, celui de la pureté. Le Dr. Wynn Westcott nous rappelle le fait que feu le très érudit Dr. Kenealy (qui orthographiait le nom, Brighoo), fit de ce Muni (Saint) le quatrième des douze "messagers divins" au monde, ajoutant qu'il apparut au Tibet en 4.800 A.N. et que sa religion se répandit en Grande-Bretagne où ses disciples érigèrent le temple mégalithique de Stonehenge. Ce n'est naturellement qu'une hypothèse qui s'appuie seulement sur les spéculations du Dr. Kenealy.

BHUMI (sans.)

La terre, appelée aussi Prithivî. BHUR-BHUVAH (sans.). Une incantation mystique, pour Om, Bhûr, Bhuvah, Svar, dont la signification est "Om, la terre, l'air, les cieux". C'est là l'explication exotérique.

BHUR-LOKA (sans.)

Un des 14 lokas ou mondes du Panthéon hindou ; notre Terre.

BHURANYU (sans.)

"Le rapide" ou le léger à la course. Se dit d'un projectile – c'est également un équivalent du grec Phoroneus.

BHUTA-SARGA (sans.)

Création élémentale ou débutante, c'est-à- dire lorsque la matière était de plusieurs degrés moins matérielle qu'elle ne l'est maintenant.

BHUTA-VIDYA (sans.)

L'art des exorcismes, du traitement et de la guérison de possessions démoniaques. Littéralement, "connaissance des démons ou des revenants".

BHUTADI (sans.)

Substances élémentaires, origine et essence germinale des éléments.

BHUTESA (sans.)

ou BHUTEŚVARA ; litt., "Le Seigneur des êtres ou des vies existantes". Un nom que l'on applique à Vishnu, à Brahmâ et à Krishna. BHUTS, Bhûta (sans.). Revenants, fantômes. Les appeler des "démons comme le font les orientalistes, n'est pas correct. Car, si d'une part un Bhûta est "un esprit malin" qui hante les cimetières, se tapit dans les arbres, anime des cadavres, enfin égare et dévore des êtres humains", selon l'imagination populaire, aux Indes, au Tibet et en Chine, on entend aussi par Bhûtas des "hérétiques" qui barbouillent leur corps de cendres, ou des ascètes śivaïstes (Śiva étant tenu aux Indes pour le roi des Bhûtas).

BHUVAH-LOKA (sans.)

Un des 14 mondes. BHUVANEŚVARA (sans.). Un nom de Rudra ou Siva, une personne de la Trimûrti (trinité) indienne.

BIFROST (scandin.)

Pont construit par les dieux afin de protéger Asgard. Le "troisième dieu du glaive connu sous le nom d'Heimdal ou Riger" s'y tient jour et nuit, ceint de son sabre car c'est le veilleur choisi pour protéger Asgard, le séjour des dieux. Heimdal est le chérubin scandinave au glaive flamboyant "qui tourne dans toutes les directions pour garder l'accès à l'arbre de vie".

BIHAR GYALPO (tibétain)

Roi déifié par les Dugpas. Patron de tous leurs édifices religieux.

BINAH (héb.)

Compréhension. La troisième des 10 Sephiroth, la troisième de la Triade supérieure, puissance féminine correspondant à la lettre hé du Tétragramme I H V H. Binah est appelée AIMA, la Mère Céleste, et la "grande mer". (w.w.w.).

BIRS NIMROUD (chaldéen)

Les orientalistes croient que c'est le site de la Tour de Babel. Le grand amas de Birs Nimroud est près de Babylone. Sir H. Rawlinson et plusieurs assyriologues ont examiné les fouilles des ruines et trouvé que cette tour consistait en sept étages de maçonnerie, chacun d'une couleur différente, ce qui montre que le temple était consacré aux sept planètes. Même avec ses trois plates-formes ou étages supérieurs en ruine, elle s'élève encore actuellement à une cinquantaine de mètres au- dessus du niveau de la plaine (voir "Borsippa"). B'NE ALHIM ou Beni Elohim (héb.). "Fils de Dieu", littéralement et plus correctement "Fils des Dieux", puisqu'Elohim est le pluriel d'Eloah. Groupe de pouvoirs angéliques qu'on peut, par analogie, rattacher à la Sephira Hôd (w.w.w.). BOAZ (héb.). L'arrière grand-père de David. Le mot est formé de b, signifiant "dans" et oz "force", nom symbolique d'un des piliers du portail du temple du Roi Salomon (w.w.w.).

BODHA-BODHI (sans.)

Connaissance-Sagesse. BODHI ou Sambodhi (sans.). Intelligence réceptive, par opposition à Buddhi qui est la potentialité de l'intelligence.

BODHIDHARMA (sans.)

Religion-sagesse : ou la sagesse contenue dans le Dharma (éthique). C'est également le nom d'un grand Kshatriya Arhat (de la caste des guerriers), le fils d'un roi. C'est son guru Panyatara qui lui "donna le nom de Bodhidharma pour marquer sa compréhension (bodhi) de la Loi (dharma) du Bouddha" (Sanskrit Chinese Dictionary). Bodhidharma qui vivait au sixième siècle voyagea en Chine, où il apporta une relique précieuse, à savoir le bol à aumônes du Seigneur Bouddha.

BODHIDRUMA (sans.)

L'arbre Bo ou Bodhi ; l'arbre de la "connaissance", le Pippala ou ficus religiosa en botanique. C'est l'arbre sous lequel Śâkyamuni médita pendant sept ans puis atteignit l'état de Bouddha. Il avait à l'origine, à ce qu'on dit, 133 m de haut, mais quand Hiuan-Tsang le vit, vers 640 de notre ère, il n'avait plus que 16 m. Ses boutures ont été portées dans tout le monde bouddhique et sont plantées devant presque tout Vihâra ou temple renommé en Chine, au Siam, à Ceylan et au Tibet.

BODHISATTVA (sans.)

Litt., "celui dont l'essence (sattva) est devenue intelligence (bodhi)" : ceux qui n'ont plus besoin que d'une seule incarnation pour devenir des Bouddhas parfaits, c'est-à-dire, avoir droit au Nirvâna. Cela dans la mesure où cette appellation est appliquée aux Mânushî-Bouddhas (terrestres). Dans le sens métaphysique, Bodhisattva est un titre donné aux fils des Dhyâni-Bouddhas célestes.

BODHISME ESOTERIQUE

Sagesse ou intelligence secrète, du grec esotericos "intérieur" et du sanskrit Bodhi "connaissance", intelligence – par opposition à Buddhi "la faculté de connaissance ou d'intelligence", et Bouddhisme la philosophie ou Loi de Bouddha (l'Illuminé). On l'écrit aussi "Budhisme" de Budha (Intelligence et Sagesse) le fils de Soma.

BODHYANGA (sans.)

Litt., les sept branches de connaissance ou de compréhension. Une des 37 catégories de Bodhi pakshika dharma, comprenant sept degrés d'intelligence (ésotériquement, sept états de conscience), qui sont (1) Smriti, "mémoire" ; (2) Dharma vichaya, "compréhension correcte" ou discrimination de la Loi ; (3) Vîrya, "énergie" ; (4) Prîti, "joie spirituelle" ; (5) Prasanti "tranquillité" ou quiétude ; (6) Samâdhi, "contemplation extatique" ; et (7) Upekshâ, "indifférence absolue".

BOEHME (Jacob)

Grand philosophe mystique, un des plus éminents théosophes du moyen-âge : né vers 1575 à Alt-Seidenberg, à un peu moins d'une lieue de Görlitz (Silésie), il mourut en 1624 autour de sa cinquantième année. Dans son enfance il fut petit berger, puis ayant appris à lire et à écrire dans une école de village il devint l'apprenti d'un pauvre cordonnier de Görlitz. C'était un clairvoyant naturel aux pouvoirs des plus extraordinaires. N'ayant ni instruction, ni rapports avec la science, il écrivit des œuvres qui apparaissent maintenant pleines de vérités scientifiques ; mais alors, comme il l'a dit lui-même, ce sur quoi il écrivait, il le "voyait comme dans un grand abîme dans l'Eternel". Il avait "une vision complète de l'univers comme dans un chaos" qui pourtant "s'ouvrait en lui de temps en temps, comme dans une jeune plante". C'était un parfait mystique-né, et évidemment sa constitution était des plus rares : une de ces belles natures dont l'enveloppe matérielle n'empêche pas du tout la communication directe, quoique occasionnelle, entre l'intellect et l'Ego spirituel. C'est cet Ego que Jacob Boehme, comme beaucoup de mystiques non entraînés, prit pour Dieu : "L'homme doit reconnaître", écrit-il, "que son savoir n'est pas à lui, mais vient de Dieu qui manifeste les Idées de la Sagesse à l'âme de l'homme, selon la mesure qui lui plaît". Si ce grand théosophe s'était rendu maître de l'occultisme oriental il se serait exprimé autrement. Il aurait su que le "dieu" qui parlait au moyen de son pauvre cerveau inculte et non formé était son propre Ego spirituel, la Divinité omnisciente en lui, et que ce que cette Divinité donnait n'était pas "selon la mesure qui lui plaisait", mais dans la mesure des capacités de l'habitacle mortel et momentané qu'ELLE animait.

BONA-OMA

, ou Bona Dea. Déesse romaine, patronne des Initiées et des femmes occultistes. Appelée aussi Fauna, du nom de son père Faunus. Elle était adorée comme une divinité prophétique et chaste, et son culte était l'affaire exclusive des femmes ; les hommes n'ayant pas même le droit de prononcer son nom. Elle ne révélait ses oracles qu'aux femmes, et les cérémonies de son sanctuaire (une grotte sur l'Aventin) étaient dirigées par les Vestales tous les 1er mai. Son aversion pour les hommes était si grande qu'aucune personne de sexe masculin n'avait le droit d'approcher la maison des consuls où avaient parfois lieu ses fêtes, et on retirait même les portraits et les bustes d'homme de cet édifice pour la circonstance. Clodius, qui, déguisé en femme, profana une de ces fêtes sacrées en entrant dans la maison de César où elle avait lieu, s'attira du malheur. Des fleurs et des feuillages décoraient son temple et des femmes faisaient des libations avec un vase (mellarium) plein de lait. Il n'est pas vrai que le mellarium contenait du vin, comme certains auteurs l'ont dit, voulant ainsi se venger parce qu'ils étaient des hommes. BONATI, Guido. Moine franciscain né à Florence au XIIIème siècle et mort en 1306. Il devint astrologue et alchimiste, mais échoua comme adepte Rose-Croix. Il retourna alors à son monastère. BONO, Peter. Lombard, grand adepte de la science hermétique qui voyagea en Perse pour étudier l'alchimie. Au retour de son voyage il se fixa en Istrie en 1330 et devint fameux comme Rose Croix. On attribue à un moine de Calabre, nommé Lacinius, la publication en 1702 d'un condensé de l'œuvre de Bono sur la transmutation des métaux. Il y a pourtant dans cet ouvrage plus de Lacinius que de Bono. Bono était un adepte authentique et un initié : de tels personnages ne laissent pas leurs secrets dans des manuscrits après eux.

BORJ (pers.)

La Montagne du Monde, volcan ou montagne de feu ; identique au Méru indien. BORRI, Joseph François. Grand philosophe hermétique né à Milan au ème 17 siècle. C'était un adepte, un alchimiste et un occultiste consacré à son œuvre. Il en savait trop et, en conséquence, fut condamné à mort pour hérésie en janvier 1661 après le décès du pape Innocent X. Il s'échappa et vécut de nombreuses années encore, lorsqu'il fut finalement reconnu par un moine d'un village turc, dénoncé, réclamé par le nonce du Pape et reconduit à Rome où il fut emprisonné le 10 août 1675. Mais les faits montrent qu'il s'évada de sa prison d'une façon que personne ne pût expliquer.

BORSIPPA (chaldéen)

La tour des planètes où avait lieu le culte de Bel, aux temps où les astrolâtres étaient les plus grands astronomes. Elle était consacrée à Nébo, dieu de la Sagesse. (voir "Birs Nimroud").

BOTH-AL (irl.)

Le Both-al des Irlandais est le descendant et la copie du grec Batylos et du Beth-el de Canaan, la "maison de Dieu" (V.).

BOUC ANDROGYNE (de Mendès)

Voir Baphomet.

BOUDDHA SIDDHARTA (sans.)

Le nom donné à Gautama, prince de Kapilavastu à sa naissance. C'est une abréviation de Sarvârtha-siddha et signifie "la réalisation de tous les désirs". Gautama, qui signifie, "sur terre (gau) le plus victorieux (tama)" était le nom sacerdotal de la famille des Śâkya, le patronyme royal de la dynastie à laquelle appartenait le père de Gautama, le Roi Śuddhodhana de Kapilavastu. Kapilavastu était une antique cité, lieu de naissance du Grand Réformateur ; elle fut détruite de son vivant. Dans le titre de Śâkyamuni, la dernière partie muni est rendue comme signifiant "celui qui est puissant en charité, en isolement et en silence", alors que le début du nom, Śâkya, est celui de la famille. Tout orientaliste ou pundit sait par cœur l'histoire de Gautama le Bouddha, le plus parfait des hommes mortels que le monde ait jamais vu mais aucun d'eux ne semble soupçonner la signification ésotérique sous-jacente à sa biographie prénatale, c'est-à-dire, le sens de l'histoire populaire. Le Lalitavistara raconte l'histoire mais s'abstient de faire allusion à la vérité. Les 5.000 Jâtakas, ou les événements de vies antérieures (ré-incarnations) sont pris littéralement et non ésotériquement. Gautama le Bouddha n'aurait pas été un homme mortel s'il n'avait pas passé par des centaines et des milliers de naissances avant cette dernière. Pourtant le récit détaillé de celles-ci, et la déclaration qu'au cours de celles-ci il se fraya un chemin à travers toutes les étapes de la transmigration, depuis les plus bas atomes et insectes animés ou inanimés, jusqu'aux plus hautes – ou celle de l'homme, contient simplement l'aphorisme occulte bien connu : "une pierre devient une plante, une plante un animal, et un animal un homme". Tout être humain qui a jamais existé a traversé la même évolution. Mais le symbolisme caché dans la suite de ces renaissances (jâtaka) contient une histoire complète de l'évolution sur cette terre, pré et post humaine, et est un exposé scientifique de faits naturels. On trouve dans leur nomenclature une vérité non voilée mais simple et manifeste, à savoir que dès que Gautama eut atteint la forme humaine il commença à faire preuve dans toutes ses personnalités, et au suprême degré, d'altruisme, de sacrifice de soi et de charité. Bouddha Gautama, le quatrième des Sapta (Sept) Buddhas et des Sapta Tathâgatas, naquit selon la chronologie chinoise en 1024 avant J.C., mais selon les chroniques cinghalaises le 8'a jour de la deuxième (ou quatrième) lune dans l'an 621 avant notre ère. Il s'enfuit du palais de son père pour devenir ascète dans la nuit du huitième jour de la seconde lune, en 597 avant J.C., et ayant passé six années en méditations ascétiques à Gayâ, et percevant que l'auto-torture physique était inutile pour obtenir l'illumination, il décida de frayer un nouveau sentier jusqu'à ce qu'il eût atteint l'état de Bodhi. Il devint un Bouddha accompli dans la nuit du 8ème jour de la douzième lune de l'année 592 et entra finalement en Nirvâna en 543, selon le Bouddhisme du Sud. Pourtant les orientalistes ont décidé en faveur de plusieurs autres dates. Tout le reste est allégorique. Il atteignit l'état de Bodhisattva sur terre lorsqu'il était dans la personnalité nommée Prabhdpâla. Tushita représente un lieu sur ce globe et non un paradis des régions invisibles. Le choix de la famille Śâkya et de sa mère Mâyâ, comme "la plus pure sur terre", est en accord avec le modèle de nativité de tous les Sauveurs, Dieux ou Réformateurs déifiés. Le conte selon lequel il serait entré dans le sein de sa mère sous la forme d'un éléphant blanc est une allusion à sa sagesse innée, l'éléphant de cette couleur étant le symbole de chaque Bodhisattva. Les déclarations qu'à la naissance de Gautama le nouveau-né fit sept pas dans quatre directions, qu'une fleur Udumbara fleurit dans toute sa rare beauté, et que les Rois des Nâgas se mirent aussitôt à "le baptiser" sont autant d'allégories dans la phraséologie des Initiés et sont bien comprises par tout occultiste oriental. Tous les événements de sa noble vie sont donnés avec des nombres occultes, et tous les événements prétendus miraculeux– si déplorés par les orientalistes parce qu'ils jettent la confusion dans le récit et rendent impossible la séparation de la vérité et de la fiction – ne sont qu'un voile allégorique jeté sur la vérité. C'est aussi compréhensible pour un occultiste versé en symbolisme que c'est difficile à démêler pour un savant d'Occident ignorant l'occultisme. Chaque détail du récit après sa mort et avant sa crémation est un chapitre de faits, écrit en un langage qu'il faut étudier avant de le comprendre, faute de quoi la lettre morte conduira à des contradictions absurdes. Par exemple, ayant rappelé à ses disciples l'immortalité du Dharmakâya, on dit que Bouddha passa en Samâdhi et se perdit en Nirvâna – d'où personne ne revient. Et pourtant, nonobstant cette déclaration, on montre le Bouddha faisant sauter le couvercle du cercueil et en sortant : il salue, les mains jointes, sa mère Mâyâ qui soudain apparaît dans les airs, bien qu'elle soit morte sept jours après sa naissance, etc..., etc..., Comme Bouddha était un Chakravartin (celui qui tourne la roue de la Loi), son corps au moment de la crémation ne pouvait être consumé par un feu ordinaire. Que se produisit-il ? Tout-à-coup un jet de flammes s'élança de la Svastika qui était sur sa poitrine, et réduisit son corps en cendres. Nous n'avons pas la place de donner d'autres exemples. En ce qui concerne le fait qu'il était un véritable et un indéniable SAUVEUR du Monde, il suffit de dire que les missionnaires orthodoxes les plus enragés, à moins d'être des fous incurables ou de n'avoir pas la moindre considération pour la vérité historique, ne peuvent trouver la plus faible accusation contre la vie et le caractère personnel de Gautama le "Bouddha". Sans aucune prétention à la divinité, permettant à ses disciples de tomber dans l'athéisme plutôt que dans les superstitions dégradantes du culte des dévas ou des idoles, sa démarche dans la vie, du début à la fin, est sainte et divine. Pendant les 45 années de sa mission elle est pure et sans tâche comme celle d'un dieu – ou comme cette dernière devrait être. C'est un parfait exemple d'un homme divin. Il atteignit la Bouddhéité – c'est-à-dire l'illumination complète – entièrement par ses mérites personnels et du fait de ses efforts individuels, aucun dieu n'étant supposé avoir aucun mérite dans l'exercice de la bonté et de la sainteté. Les enseignements ésotériques prétendent qu'il renonça au nirvâna et abandonna la robe Dharmakâya pour demeurer un "Bouddha de Compassion" à portée des misères, de ce monde. Et la philosophie religieuse qu'il laissa a produit pendant plus de 2.000 ans des générations d'hommes bons et altruistes. Sa religion est la seule qui soit absolument non sanglante parmi toutes celles qui existent : tolérante et libérale, enseignant la compassion et la charité universelles, l'amour et le sacrifice de soi, la pauvreté, le contentement de son sort quel qu'il soit. Aucune persécution, aucune pression forcée par le feu ou le glaive ne l'ont jamais souillée. Aucun dieu crachant feu ou flammes n'est intervenu dans ses chastes commandements ; et si le code simple, humain et philosophique de vie journalière qui nous a été laissé par le plus grand Réformateur de l'Homme jamais connu devait un jour être adopté par l'ensemble de l'humanité, alors vraiment une ère bienheureuse de paix poindrait sur l'Humanité.

BOUDDHISME

Le Bouddhisme est maintenant divisé en deux Eglises différentes : celle du Sud et celle du Nord. On dit que la première représente la forme la plus pure, ayant préservé plus religieusement les enseignements originaux du Seigneur Bouddha. C'est la religion de Ceylan, du Siam, de la Birmanie et autres endroits, tandis que le Bouddhisme du Nord est limité au Tibet, à la Chine et au Népal. Pourtant une telle distinction est incorrecte. Si l'Eglise du Sud est plus proche, en ce sens qu'elle ne s'est pas écartée, sauf peut-être pour des dogmes insignifiants incorporés par les nombreux conciles tenus après la mort du MAITRE, des enseignements publics ou exotériques de Śâkyamuni – l'Eglise du Nord est le résultat des enseignements ésotériques de Siddhârta Bouddha, qu'il réservait aux Bhikshus choisis et aux Arhats. En fait, le Bouddhisme à notre époque ne peut être en bonne justice jugé ni par l'une ni par l'autre de ses formes populaires exotériques. Le véritable Bouddhisme ne peut être apprécié que par la fusion de la philosophie de l'Eglise du Sud et la métaphysique des Ecoles du Nord. Si l'une semble trop iconoclaste et austère, et l'autre trop métaphysique et transcendante et même envahie par les mauvaises herbes de l'exotérisme indien – bien des dieux de son Panthéon ayant été transplantés sous de nouveaux noms dans le sol tibétain – c'est entièrement dû à l'expression populaire du Bouddhisme dans les deux Eglises. On pourrait par correspondance les comparer aux rapports existants entre le Protestantisme et le Catholicisme romain. Tous deux pèchent par excès de zèle et interprétations erronées, bien que le clergé du Bouddhisme, ni dans l'Eglise du Nord ni dans celle du Sud, ne se soit écarté consciemment de la vérité, et ait encore moins agi selon les dictats d'une prêtrocratie, de l'ambition, ou en considérant les avantages ou le pouvoir personnels, comme les deux Eglises chrétiennes l'ont fait.

BOUDHASP (chaldéen)

Chaldéen présumé ; mais, selon l'enseignement ésotérique, un Bouddhiste (un Bodhisattva) d'Orient qui fut le fondateur de l'école ésotérique du Néo-Sabéisme, et dont les rites secrets étaient le baptême, passé de plain pied dans le rite chrétien de même nom. Pendant presque trois cents ans avant notre ère, des moines bouddhistes parcoururent tout le pays de Syrie, passèrent dans les vallées de Mésopotamie et visitèrent même l'Irlande. Les noms Ferho et Faho du Codex Nazaræus ne sont qu'une corruption de Fho, Fo et Pho, noms que les Chinois, les Tibétains et même les Népalais donnent à Bouddha. BRAGADINI, Marc-Antoine. Rose-Croix vénitien accompli, occultiste et cabaliste qui fut décapité en Bavière en 1595 pour avoir fabriqué de l'or.

BRAGI (scandin.)

Le dieu de la Vie Nouvelle, de la ré-incarnation de la nature et de l'homme. On l'appelle "le chanteur divin" sans tâche ni reproche. On le représente glissant dans le vaisseau des Nains de la Mort durant la mort de la nature (pralaya), dormant sur le pont avec sa harpe aux cordes d'or près de lui, et rêvant le rêve de la vie. Quand l'esquif passe le seuil de Naïn, le Nain de la Mort, Bragi s'éveille et parcourant les cordes de sa harpe, chante un chant qui se répercute sur tous les mondes, chant qui décrit les ravissements de l'existence et éveille la nature muette et endormie de son long sommeil semblable à la mort.

BRAHMA (sans.)

L'étudiant doit distinguer Brahma, le neutre, de Brahmâ, le créateur masculin du Panthéon indien. Le premier, Brahma ou Brahman, est le principe impersonnel, suprême et inconnaissable de l'univers, de l'essence duquel tout émane, et en qui tout retourne, qui est incorporel, immatériel, sans naissance, éternel, sans commencement ni fin. Il pénètre tout, animant le dieu le plus haut comme le plus infime atome minéral. Brahmâ, d'autre part, le prétendu Créateur masculin, existe seulement et périodiquement dans la manifestation, puis retourne au pralaya, c'est-à-dire disparaît et est anéanti.

BRAHMA PRAJAPATI (sans.)

"Brahmâ le Progéniteur" littéralement le "Seigneur des Créatures". Sous cet aspect, Brahmâ est la synthèse des Prajâpatis ou Forces créatrices.

BRAHMA VACH (sans.)

Brahmâ masculin et féminin. Vâch est aussi parfois appelé le Logos féminin ; car Vâch, littéralement, signifie Parole. (voir Manu I et Vishnu Purâna).

BRAHMA VIDYA (sans.)

La connaissance, la science ésotérique au sujet des deux Brahmas et de leur véritable nature.

BRAHMA VIRAJ (sans.)

Même chose : Brahmâ séparant son corps en deux moitiés, mâle et femelle, crée en elles Vâch et Virâj. Plus simplement et ésotériquement, Brahmâ, l'Univers, en se différenciant, produisait par ce moyen la nature matérielle, Virâj, et la nature intelligente spirituelle, Vâch – qui est le Logos de la Divinité ou l'expression manifestée de l'Idéation divine éternelle. BRAHMACHARIN, (sans.). Ascète Brâhmane : celui qui est voué au célibat, virtuellement un moine, ou un étudiant religieux. BRAHMAJNANIN, (sans.). Celui qui possède la Connaissance complète ; en langage ésotérique, un Illuminatus.

BRAHMAN (sans.)

La plus haute des quatre castes de l'Inde ; celle qu'on croit ou plutôt qui s'imagine elle-même aussi haut placé parmi les hommes que Brahman, l'Absolu des Védantins, l'est parmi les dieux, ou au-dessus d'eux. BRAHMANA, Période. (sans.). Une des quatre périodes en lesquelles les orientalistes ont divisé la littérature védique.

BRAHMANAS (sans.)

Livres sacrés hindous. Ouvrages composés par les Brâhmanes et pour eux. Commentaires sur les parties des Védas qui étaient destinées à l'emploi du rituel et aux directives des "deux fois nés" (Dvija) ou Brâhmanes. BRAHMANASPATI (sans.). La planète Jupiter ; divinité du Rig Veda, connue dans les ouvrages exotériques comme Brishaspati, dont l'épouse Târâ était emportée par Soma (la Lune). Ceci conduisit à une guerre entre les dieux et les Asuras.

BRAHMAPURI (sans.)

Litt., la "Cité de Brahmâ".

BRAHMAPUTRAS (sans.)

Les Fils de Brahmâ. BRAHMARANDHRA (sans.). Un point situé au sommet de la tête, relié par Sushumnâ, cordon de l'épine dorsale, au cœur. Terme mystique n'ayant sa signification que dans le mysticisme.

BRAHMARSHIS (sans.)

Les Rishis brahmaniques. BRIAH ou Monde Briatique (héb.). Ce monde est le second des quatre mondes des Cabalistes et se rapporte aux "Archanges" créés les plus élevés ou aux Purs Esprits. (w.w.w.).

BRIAREE (gr.)

Géant fameux dans la Théogonie d'Hésiode. Fils de Cœus et de Terra ; monstre ayant cinquante têtes et cent bras. Il se fait remarquer dans les guerres et les combats entre dieux.

BRIHADARANYAKA (sans.)

Nom d'une Upanishad. Un des livres sacrés et secrets des Brâhmines ; un Aranyaka est un traité rattaché aux Védas et considéré comme un sujet d'étude particulier par ceux qui se sont retirés dans la jungle (forêt) à des fins de méditations religieuses.

BRIHASPATI (sans.)

Nom d'une Divinité, et aussi d'un Rishi. C'est en même temps le nom de la planète Jupiter. C'est le Guru personnifié et le prêtre des dieux en Inde ; aussi le symbole du ritualisme exotérique, par opposition au mysticisme ésotérique. D'où l'adversaire du roi Soma – la lune, mais aussi le jus sacré bu lors de l'initiation – le père de Budha, la Sagesse Secrète.

BRISEUS (gr.)

Nom donné au dieu Bacchus d'après Briso, nom de sa nourrice. Il avait aussi un temple à Brisa, promontoire de l'île de Lesbos. BUBASTE, (égypt.). Cité d'Egypte qui était consacrée aux chats et où se trouvait leur principal sanctuaire. Plusieurs centaines de milliers de chats étaient embaumés et enterrés dans les grottes de Beni-Hassan-el- Amar. Le chat, étant un symbole de la lune, était consacré à Isis, sa déesse. Il voit dans l'obscurité et ses yeux ont une phosphorescence qui effraie les oiseaux de nuit de mauvaise augure. Le chat était aussi consacré à Bast, et pour cela appelé "le destructeur des ennemis du Soleil (Osiris)".

BUDDHA (sans.)

Litt., "L'Illuminé". Le plus haut degré de la connaissance. Pour devenir un Buddha il faut briser les chaînes des sens et de la personnalité, acquérir une perception complète du SOI RÉEL et apprendre à ne pas le séparer des autres sois, apprendre par expérience, avant toute chose, la totale irréalité de tous les phénomènes du Cosmos visible, atteindre un complet détachement de tout ce qui est évanescent et fini, et vivre, en étant encore sur Terre, dans l'immortelle et l'éternelle "solité", dans un suprême état de sainteté.

BUDDHACHHAYA (sans.)

Litt., "l'ombre du Bouddha". On dit qu'elle devient visible à l'occasion de certains grands événements et au cours de certaines cérémonies impressionnantes célébrées dans les temples en commémoration d'actes glorieux de la vie du Bouddha. Hiuan-Tsang, le voyageur chinois, nomme une certaine caverne où elle apparaît, à l'occasion, sur le mur, mais il ajoute que seuls ceux "dont le mental est parfaitement pur" peuvent la voir.

BUDDHAPHALA (sans.)

Litt., "le fruit de Buddha", la réalisation d'Arhattvaphala, ou de la dignité d'Arhat.

BUDDHI (sans.)

L'Ame Universelle ou Mental Universel. Mahâbuddhi est un nom de Mahat (voir "Alaya") ; c'est aussi l'Ame spirituelle de l'homme (sixième principe), véhicule d'Atman, exotériquement le septième.

BUDDHOCHINGA (sans.)

Nom d'un grand arhat indien qui se rendit en Chine au 4ème siècle pour propager le Bouddhisme et convertit beaucoup de gens au moyen de miracles et d'exploits magiques les plus merveilleux.

BUDHA (sans.)

"Le Sage et l'Intelligent", fils de Soma, la Lune, et de Rokini ou Taraka, épouse de Brishaspati, enlevée par le roi Soma, aboutissant ainsi à la grande guerre entre les Asuras, qui étaient du parti de la Lune, et les dieux qui prirent parti pour défendre Brihaspati (Jupiter) qui était leur Purohita (prêtre familial). Cette guerre est connue sous le nom de Târakamâyâ. C'est l'original de la guerre sur l'Olympe entre les Dieux et les Titans et aussi de la guerre (Apocalypse) entre Michel (Indra) et le Dragon (personnifiant les Asuras).

BUMAPA (tibétain)

Ecole d'hommes ; d'ordinaire un collège d'étudiants mystiques.

BUNDA-HISH

Ancien ouvrage d'Orient dans lequel, entre autres choses, l'anthropologie est traitée de manière allégorique.